Accueil   Réflexions d'actu   Lu, vu, entendu   Côté Privé   Côté public   Tout savoir   Écrits 
     
A la une
 Qui est Bruno Mégret
 Son parcours politique
 Ses options de A à Z
 Son autobiographie
 Ses ouvrages
 Découvrez le site du MNR

  Contacter Bruno Mégret

Discours, le 29/01/2003
Vœux 2003 pour l'Europe, la France et la droite
Intervention à l'occasion des vœux 2003 - Paris Cronstadt


Je voudrais vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2003.

Vœux pour la paix dans le monde
Je forme des vœux pour la paix dans le monde alors que 2003 s'ouvre au son des bruits de bottes en Irak. Ma position est à ce sujet parfaitement claire : je suis opposé à toute intervention militaire en Irak. En effet, rien ne justifie une agression contre ce pays qui connaît depuis des années un embargo particulièrement injuste et meurtrier pour le peuple irakien. Je condamne clairement le régime de Saddam Hussein qui n’a rien pour recueillir notre sympathie, mais nous considérons qu’il ne menace pas la paix et qu’il ne met pas en cause les intérêts de la France et de l’Europe.

Cela ne veut pas dire que je suis systématiquement opposé à toute intervention militaire. Lorsqu’il s’agit de combattre le terrorisme et l’islamisme, je suis d’accord pour que les nations européennes et occidentales prennent les moyens qui s’imposent. C’est ainsi que j’avais approuvé l’intervention américaine contre l’Afghanistan des talibans. Aujourd’hui, la situation est tout autre car ce n’est pas principalement l’Irak, et de loin, qui finance l’islamisme dans le monde. Ce n’est pas lui qui fournit les fonds pour la construction de mosquées chez nous, c’est principalement l’Arabie Saoudite. Dans cette affaire, M. Bush se trompe de cible.

Il est vrai que les Américains ne se préoccupent que de leurs propres intérêts et qu’on ne peut que dénoncer l’arrogance de leur gouvernement et le mépris dans lequel il tient ceux qui ne les approuvent pas servilement. Récemment encore, le secrétaire d’état américain, M. Donald Rumsfeld, a opposé les vieux pays qui ne les suivent pas aux nations jeunes sur lesquelles ils peuvent compter aveuglément. La France et un certain nombre de pays européens étaient visés par ces déclarations. Et il est inacceptable qu’il en soit ainsi.

Vœux pour l’Europe
Et dans cette affaire, c’est une fois de plus l’absence d’une véritable Europe qui apparaît. Il manque dans le monde une Europe forte et puissante capable de défendre ses intérêts, son indépendance, son identité et sa civilisation et qui soit en mesure de faire prévaloir ses valeurs. C’est pour l’avènement d’une telle Europe que je forme aujourd’hui des vœux très pressants.

Car, malheureusement, ce n’est pas ce qui se dessine actuellement. Il est frappant à cet égard de constater que la France et l’Allemagne, les deux pays qui tentent actuellement d’opposer une timide résistance aux États-Unis se trouvent être, comme par hasard, les deux pays qui se font actuellement tancer par Bruxelles pour leur politique budgétaire.

Beaucoup plus grave, le dernier sommet européen a quasiment entériné et programmé l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Soyons clairs, il s’agit pour le MNR d’une décision scandaleuse, absurde et suicidaire. Faire entrer la Turquie dans l’Europe, c’est détruire l’Europe. Car on ne peut pas organiser notre communauté de civilisation en y intégrant des nations qui n’en procèdent pas. La Turquie est un beau pays qui mérite tout notre respect et notre amitié, mais elle n’est pas européenne, ni par la géographie, ni par l’histoire, ni par la religion. La Turquie dans l’Europe, ce serait pour l’Union européenne des frontières communes avec la Syrie ou l’Iran : on croit rêver !

Ajoutons que la Turquie, membre de l’Europe, serait le pays le plus peuplé et donc institutionnellement le plus important devant l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. Ce serait aussi une accélération dramatique du processus déjà inquiétant de l’islamisation de notre continent. Enfin, la Turquie entrant dans l’Europe, ce serait pour nous le poids d’un pays du tiers monde, avec tous les déséquilibres que cela produirait, notamment sur le plan du chômage et de la fiscalité.

Vœux pour la France
Au-delà, je forme des vœux pour notre pays : que la France réussisse à interrompre son déclin et puisse commencer à résoudre les graves problèmes auxquels son peuple est actuellement confronté.

Aujourd’hui, il est vrai, notre pays vit encore sous le contrecoup des élections de mai dernier et le gouvernement connaît un relatif état de grâce. Mais, au-delà des symboles et des images médiatiques, aucune rénovation de fond n’est réellement engagée.

Sur le plan de la sécurité publique, M. Sarkozy développe une activité qui va dans le bon sens et que nous approuvons d’autant plus qu’un certain nombre de mesures qu’il a engagées font partie de notre programme. Mais il n’aborde pas les problèmes de fond. Il se comporte comme un cycliste d’appartement. Il pédale certes dans le bon sens, mais sa bicyclette est boulonnée au sol, non pas dans un appartement d’ailleurs, mais sur une scène sous le feu des projecteurs.

Sur la question de l’immigration, par exemple, le gouvernement marche à reculons et rien n’a été engagé de positif à ce sujet. La fermeture du centre de Sangatte est une mesure en trompe-l’oeil destinée à détourner l'attention de l’opinion, car s’il était nécessaire de fermer ce foyer d’accueil des clandestins, il fallait le faire en les expulsant, alors que les uns ont obtenu satisfaction et que les autres ont simplement été délocalisés à l’intérieur de notre territoire.

De même, à l’abri des projecteurs médiatiques, le gouvernement, sous le couvert des préfets, a accéléré le processus de régularisation des clandestins. Enfin, mesure ô combien symbolique, M. Sarkozy veut supprimer la double peine, c’est-à-dire, en clair, qu’il veut à l’avenir garder sur notre sol tous les délinquants et criminels étrangers qui s’y trouvent.

A l’évidence, le gouvernement n’est pas près de résoudre les problèmes des Français.

Vœux pour un renouveau politique
C’est pourquoi je forme des vœux pour un renouveau de la vie politique dans notre pays afin que les Français puissent être enfin représentés et écoutés et que le gouvernement puisse à nouveau agir pour changer les choses.

Aujourd’hui, nous en sommes très loin, car, avec son projet de réforme du mode de scrutin régional et européen, le gouvernement porte un coup de poignard à la démocratie en France. Malgré les discours lénifiants sur la France d’en-bas, jamais le peuple n’a été aussi méprisé. Vouloir en effet instaurer le bi-partisme, c’est prétendre accorder 100% des sièges aux deux partis dont les représentants n’ont pas dépassé 36% des voix aux dernières présidentielles. M. Raffarin et ses amis vont créer deux catégories de Français : une minorité qui aura le monopole de la représentation politique et une majorité qui sera privée de ce droit.

Pour le reste, le succès apparent de M. Raffarin ne vient pas de son action, mais de sa communication. La nouvelle gouvernance, dont il s’est fait le champion, n’est en réalité que du vin dilué dans l’eau : 10% d’action, 90% de communication. Le résultat, c’est que nous avons affaire à un exécutif qui s’indigne et pleure avec les victimes, mais qui n’agit pas.

M. Chirac est verbalement implacable à l’encontre des voyous des mers qui polluent actuellement les côtes de l’Atlantique, ses ministres s’apitoient sur le sort des sinistrés, mais rien n’est fait pour empêcher ces fléaux pourtant répétitifs de se reproduire. Or les solutions existent : un pays souverain et puissant comme les États-Unis a su les trouver et les appliquer avec succès pour protéger son littoral.

De même, lorsque les usines ferment, lorsque les plans sociaux se multiplient et que la désindustrialisation de notre pays se poursuit inexorablement, le Premier ministre s’indigne, le ministre de l’Économie proteste, mais rien n’est fait pour maîtriser la mondialisation et pour tenter de maintenir sur notre sol les industries de base pourtant nécessaires à notre puissance économique. Au lieu de cela, on voit les membres du gouvernement danser la samba à Porto Alegre ou faire du surf à Davos.

Ainsi en sera-t-il également pour les retraites dont le dossier, nous annonce-t-on, va être enfin ouvert par le gouvernement. Là encore, des mesures conjoncturelles seront prises qui n’auront d’autre effet, derrière un habillage flatteur, que d’augmenter les cotisations et de diminuer les pensions. Aucune mesure structurelle n’est actuellement envisagée pour relancer la natalité française par le biais d’une grande politique familiale, alors que cette exigence est la seule qui puisse, dans la durée, résoudre réellement le problème.

La gauche, qui est mon adversaire principal, connaît actuellement, après sa défaite électorale, une déroute idéologique de grande ampleur. Les idées de Mai-68 qui ont imprégné notre société dans la seconde moitié du XXème siècle sont aujourd’hui délégitimées et discréditées. L’UMP reste quant à elle totalement neutralisée par le politiquement correct et le Front national lepéniste, qui a atteint son apogée le 21 avril dernier, ne peut maintenant que décliner.

Il y a donc place pour une vraie droite, moderne, et déterminée, conforme aux aspirations profondes des Français. C’est à ce projet que je vais continuer à consacrer mon combat tout au long de l’année 2003.
Imprimer cet article  


  Au revoir
  Départ de Bruno Mégret
  Toujours utile à la France
  La rupture ou le simulacre
  Réussir 2007
  L'autre scénario pour 2007
  Préparons la relève
  La crise des fauteurs de crise
  Votez non à la constitution
  Quand l'UMP vire au rose
  Pour le retour du politique
  Le MNR, le renouveau
  Les lignes de fracture
  La nouvelle donne politique
  Tenir, durer et gagner
  Vœux pour une vraie droite
  Sans extrêmisme ni laxisme
  Soutien à l'armée française
  La volonté de gouverner
  Le retour de l'histoire
  Les dangers de l'islamisation
  Fermez Sangatte
  Le choc des civilisations
  Un projet pour la France
  Déclaration de Saint Denis
  L'Europe face à l'islamisme
  Riposte au 11 Septembre
  Remettre de l'ordre en France
  Liberté et démocratie
  La relève à droite
  Pour que vive la France
  Rétablir la sécurité
  Non au désordre
  Pour la nation et la république
  Tradition et modernité
  Discours à la jeunesse
  L'atout agricole de la France
  Une vraie politique étrangère
  Pour l'Europe de la puissance
  L'excellence pour l'université


   www.Bruno-Megret.com > Écrits >  Remonter en haut de page