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Discours, le 04/03/2002
La volonté de gouverner :
L'exemple des droites en Europe
Colloque "Aujourd'hui l'Europe, demain la France".


Mesdames, Messieurs, chers amis,

Je voudrais d’abord remercier les orateurs qui m’ont précédé pour le très beau voyage à travers l’Europe qu’ils nous ont offert. Des colonnes d’Hercule aux brumes d’Héligoland, des vertes collines de l’Erin aux majestueux sommets du Tyrol et du Tessin, de Rome à Anvers en passant par la Lombardie, de Madrid à Saint-Petersbourg avec un détour par le port d’Amsterdam, ils nous ont montré le formidable réveil des peuples européens.

Ce réveil s’opère bien sûr différemment d’un pays à l’autre, chacun selon son génie propre et en fonction de la configuration particulière qui est la sienne.

Dans certains pays, on a vu apparaître de nouveaux partis politiques “nationaux populistes” qui ont ouvert un espace électoral, comme en Norvège, aux Pays-Bas ou, plus anciennement, en Flandre. Ailleurs, ce sont les partis de la droite traditionnelle qui ont su faire évoluer leur discours en prenant en compte les réalités comme en Suisse ou en Autriche. Le plus souvent, le succès a été précédé, comme au Danemark par exemple, par l’aggiornamento d’un parti populiste, aggiornamento résultant d’une scission coûteuse dans un premier temps, mais fructueuse ensuite. Dans d’autres pays, dont l’Italie est le meilleur exemple, cet aggiornamento a rendu possible de nouvelles alliances électorales et gouvernementales qui ont ainsi permis aux mouvements de la droite nationale de participer aux institutions et de s’intégrer parfaitement au jeu démocratique.

Mais, quelle que soit la forme par laquelle se manifeste ce renouveau politique, il y a à l’évidence comme une lame de fond qui se lève et qui pourrait bien balayer notre continent tout entier. Beaucoup de nos idées commencent à être mises en œuvre par des gouvernements proches de notre famille politique. Beaucoup de pays connaissent l’émergence de mouvements de droite nationale puissants et victorieux. Certes, nous n’adhérons pas à tout ce qu’ils peuvent dire, nous n’approuvons pas nécessairement tout ce qu’ils peuvent faire. Mais peu importe, nous ne sommes pas sectaires et, pour ma part, je constate que tout cela va dans le bon sens et que cette évolution constitue pour nous un formidable espoir. A l’évidence, le vent de l’histoire souffle dans notre sens et nous pousse en avant. Car ce réveil de la droite, de la vraie droite, de la droite nationale, se traduit par une victoire idéologique contre la gauche et le politiquement correct. Dans tous les pays qui ont été cités par les orateurs qui m’ont précédé, les thèmes de la souveraineté nationale, de l’identité, du rejet de l’immigration et du fiscalisme que les partis en place avaient tenté d’escamoter sont désormais au centre des débats politiques.

Et c’est à chaque fois une victoire de nos idées car l’ensemble des partis de l’échiquier politique, y compris la gauche, ont été contraints d’infléchir leurs discours pour inclure ces nouvelles thématiques et respecter les aspirations populaires. Nos adversaires se retrouvent ainsi placés dans une situation défensive. Ce sont eux qui doivent résister à la progression de nos idées, lesquelles prennent, là-bas, un caractère institutionnel et se trouvent auréolées de la légitimité des lois et du pouvoir. Et ce sont les tenants du politiquement correct qui doivent dès lors chercher à reconquérir une opinion qui majoritairement les abandonne.

De ce fait, l’arrivée au pouvoir, même partielle, même indirecte de la droite nationale, provoque un véritable renversement idéologique et politique qui, il faut en être bien conscient, crée une dynamique de renouveau de grande ampleur. Une dynamique qui sera d’ailleurs d’autant plus puissante qu’elle gagnera d’autres pays européens et que des synergies de droite se mettront dès lors en place au sein des institutions européennes. Aussi, pour que ce grand courant de renouveau national gagne au plus vite la France, devons-nous examiner les conditions qui ont permis ailleurs ces succès. J’en vois pour ma part six.

Tout d’abord, les mouvements qui ont réussi ont affiché clairement une volonté de gouverner. Ils se sont inscrits dans une démarche qui va bien au-delà de la protestation, du témoignage ou de la nostalgie d’un ordre révolu. Ils ont la volonté d’assumer pleinement les responsabilités du pouvoir en commençant souvent par l’échelon le plus bas, la commune, puis la région, pour prétendre ensuite aux responsabilités nationales, mais en bénéficiant déjà d’une forte assise locale.

Deuxième condition : le succès passe par la tenue d’un discours de vérité. Les mouvements qui ont réussi n’hésitent pas à rompre avec le politiquement correct, même si cette attitude courageuse les contraint à subir provisoirement un certain isolement politique. Les partis qui refusent de dire la vérité à leurs concitoyens et qui pratiquent la langue de bois, l’angélisme, l’utopie ou la démagogie, sont en revanche condamnés à perdre progressivement leurs électeurs.

Encore faut-il, et c’est la troisième condition du succès, accepter de moderniser les formes du combat politique. Il ne s’agit pas, bien évidemment, de trahir ses idées, mais de mieux les présenter et de moderniser les appareils politiques qui les portent. Les mouvements que nous avons cités ont su adapter leur discours et renouveler leur personnel politique afin de donner une image plus attrayante et responsable. Les nouveaux dirigeants de ces mouvements sont des personnalités respectables, sans faille, sans zone d’ombre et dont l’image n'est ni “ultra” ni extrémiste.

La quatrième condition est de choisir son camp. Aucun des mouvements qui ont réussi ne se sont placés sur une ligne “ni droite ni gauche”. Naturellement, ils ont combattu la gauche, mais aussi la droite quand elle se compromettait avec les socialistes et les communistes. Mais, dès lors que des accords électoraux, voire gouvernementaux, ont été conclus sur la base d’une partie de leur programme, c’est avec la droite et jamais avec la gauche que cela a pu être possible. Les clivages droite gauche ne sont pas dépassés et le succès passe par une hiérarchisation des adversaires et par la désignation d’un ennemi principal qui ne peut être que la gauche.

Autre condition à remplir : disposer d'un programme cohérent et complet.
Les mouvements protestataires sectoriels n’ont pas d’avenir. Ils peuvent faire des coups ponctuels à l’occasion de tel ou tel scrutin, mais ils ne peuvent rien construire dans la durée. Ils sont voués à rester marginaux et à ne jamais porter leurs idées au pouvoir. C’est vrai pour la chasse, comme c’est vrai pour les impôts, pour l’immigration ou les valeurs.

A cet égard, et c’est sans doute une sixième condition, ils ont su réaliser la bonne synthèse doctrinale : celle de la liberté et de l’identité. Les mouvements qui réussissent dénoncent tous le fiscalisme et l’excès de réglementation. En effet, ils défendent notamment les libertés économiques, lesquelles ne sont d’ailleurs pas incompatibles avec la lutte contre le mondialisme et la régulation des échanges internationaux. Car, s’ils sont partisans d’un certain libéralisme économique, il s’agit d’un libéralisme limité au territoire national ou européen qui n’a rien à voir avec l’ultra-libéralisme international et le mondialisme.

Ces mouvements nationaux attachés aux libertés économiques ne sont d’ailleurs pas dépourvus d’ambition en matière de progrès social car, en ces temps de mondialisme débridé, la nation devient le seul rempart social, le seul filet de sécurité, le dernier lieu de solidarité et de fraternité entre nationaux. Et, de plus, c’est bien la libération des énergies créatrices en économie qui est seule susceptible de permettre l’ascension sociale du plus grand nombre.

C’est donc la synthèse entre un certain libéralisme et un certain nationalisme qui semble être un peu partout en Europe à la base des succès de la droite nationale. Une combinaison gagnante qui prend en compte les deux aspirations fondamentales de l’homme que sont la liberté d’une part et l’identité d’autre part. Rien à voir avec la formule de M. Chevènement qui tente de son côté une autre synthèse, beaucoup plus périlleuse, entre le nationalisme et le socialisme étatique. Il faudrait que quelqu’un lui dise que cette combinaison “national-socialiste” a déjà été tentée par d’autres avant lui et qu’elle est très politiquement incorrecte. Il est vrai qu’avec Chevènement, on ne risque rien car chacun sait que, si son socialisme est bien solide, son nationalisme est en carton pâte.

Eh bien ! chers amis, si vous y regardez de près, toutes ces conditions qui sont à l’origine des succès de la droite nationale en Europe, au MNR nous les remplissons. Nous sommes exactement sur la ligne de succès qui est celle des mouvements victorieux d’Europe.

Ainsi, par exemple, nous observons la ligne de la lucidité et nous disons la vérité en refusant de plier devant le “politiquement correct” et ce qui est devenu aujourd’hui la forme suprême de la lâcheté, "l’islamiquement correct”. Alors quand j’entends M. Chirac, M. Jospin ou M. Chevènement parler d’insécurité sans mentionner une seule fois le problème de l’immigration, j’hésite entre dénoncer l’aveu de faiblesse ou saluer le tour de force ! Alors même que l’immigration est la cause de 80 % de la délinquance violente! Mais aussi quelle pusillanimité et quel retard par rapport à ce qui se dit et se fait en Europe, y compris en Grande-Bretagne, en Espagne ou en Allemagne, pour ne pas parler des politiques conduites à Rome ou à Vienne ! Pour ma part, je préférerai toujours la politique de l’Autriche à la politique de l’autruche...

Deuxième condition du succès que nous remplissons pleinement, celle de la responsabilité. Car, s’il ne faut pas céder au politiquement correct, il ne faut pas pour autant se livrer aux provocations ou chercher à choquer pour le plaisir de choquer. De même qu’il faut refuser les dérapages verbaux et toute les formes d’extrémisme qui dénaturent ou caricaturent notre combat. Tous ces excès, nous les rejetons, de même que nous refusons les nostalgies d’un autre temps et les revanches verbales sur les défaites d’autrefois. En un mot, il ne faut pas compter sur moi pour servir nos adversaires et endosser volontairement et par plaisir les habits de l’épouvantail.

Par ailleurs et dans le même esprit, nous refusons comme les mouvements qui ont réussi ailleurs en Europe de faire la politique du pire : au MNR, nous sommes engagés pour faire gagner les idées nationales et républicaines, non pour servir de marchepied à la gauche la plus sectaire, la plus extrémiste et la plus ringarde d’Europe. Il est possible qu’un homme de gauche qui mène une politique de gauche soit moralement supérieur à un homme de droite timoré se plaçant à la remorque de ses adversaires de gauche. Moralement supérieur peut-être, mais politiquement plus dangereux, plus nocif, plus nuisible, plus toxique. Pour ma part, je ne confonds pas la morale et la politique, car la politique n’est ni un concours de vertu, ni un concours de beauté, c’est le choix de l’adversaire principal. Et, pour nous, l’adversaire principal, c’est bien Jospin le toxique qui, avec Chevènement, a régularisé 180 000 clandestins, ouvert les portes de nos frontières avec la loi Réséda, laissé exploser l’insécurité, sacrifié le budget des armées, méprisé les familles et paralysé l’économie française.

La politique que je souhaite pour notre pays se situe aux antipodes de celle conduite par Jospin. Alors, même si aujourd’hui le loup socialiste s’est fait agneau candidat, qu’on ne compte pas sur nous pour préférer la gauche dure à la droite faible.

Enfin, quatrième point de convergence entre le MNR et la droite nationale qui gagne, nous ne nous contentons pas de protester, nous proposons. C’est pour cela qu’au MNR nous nous sommes dotés d’un programme complet et enraciné dans les réalités d’aujourd’hui. Car notre objectif affiché est clairement d’apporter des solutions concrètes aux problèmes actuels des Français. Et pour cela nous voulons arriver au pouvoir, exercer demain les responsabilités du gouvernement pour engager les grandes réformes qu’exige le renouveau de la France.

Et, cela, nous le faisons en développant un programme complet de renouveau national, alliant l’impératif d’identité à celui de liberté. Nous nous battons pour la sécurité, contre l’immigration, mais aussi pour les libertés économiques, la baisse des charges et des impôts ainsi que pour une nouvelle politique sociale de fraternité française.

La droite nationale a le vent en poupe en Europe. Partout où elle a réussi, elle a adopté une stratégie claire de courage et de lucidité, mais aussi de pondération et de responsabilité. Elle a manifesté une volonté de gouverner et de rompre avec les dérives d’un autre âge, elle a adopté une démarche de proposition et de construction. Eh bien ! le mouvement qui incarne cette stratégie en France, c’est le MNR et c’est pourquoi tous les espoirs nous sont permis.

D’ailleurs, les grands mouvements nationaux européens ne s’y sont pas trompés. C’est le MNR qui a été invité pour représenter la France au congrès organisé à Vienne par le journal Zur Zeit, organe du FPÖe. Et c’est à notre congrès et à aucun autre que se sont manifestés par des messages de soutien ou l’envoi de dirigeants importants les grands mouvements nationaux d’Europe occidentale, comme l’Alliance nationale italienne, le FPÖe autrichien, le Vlaams Block flamand ou le Parti du peuple danois, tous au pouvoir ou aux portes du pouvoir.

Voilà pourquoi, au-delà des apparences savamment orchestrées par le système, notre mouvement est riche de potentialités. Voilà pourquoi nos idées ne sont pas des chimères et voilà pourquoi notre programme n’est pas un rêve. Ce sont des idées fécondes, modernes, actuelles, prêtes à s’enraciner dans la réalité comme elles le font actuellement ailleurs en Europe.

En Italie, M. Berlusconi vient de mettre en débat à l’Assemblée nationale un projet de loi qui interdit à tout étranger non européen de s’installer en Italie s’il n’a pas un contrat de travail et qui interdit à toute entreprise de signer un tel contrat si elle n’apporte pas la preuve qu’elle n’a pas trouvé d’Italien pour occuper le poste. Cela s’appelle la préférence nationale pour l’emploi. Principe qui figure dans le programme du MNR. C’est aux yeux de l’établissement ce qu’il y a de pire dans notre programme et c’est actuellement en débat au parlement italien !

En Autriche, il existe un salaire parental réservé aux familles autrichiennes et européennes. Et cela n’est pas en débat, c’est en vigueur. Une mesure au fond tout à fait comparable à la prime de naissance de Vitrolles pour laquelle on a voulu mettre ma femme en prison. Ce qui en France vous mène devant les tribunaux, en Autriche le gouvernement le met en œuvre !

Et regardez aussi ce qui se passe au Danemark. Le nouveau gouvernement a annoncé des mesures très restrictives en matière d’immigration. Ainsi, désormais, le regroupement familial se fait dans le pays où la famille est le plus nombreuse et le mieux implantée. En clair, cela veut dire que le regroupement familial s’effectue au Danemark par le retour des immigrés dans leur pays d’origine !

Voilà. Et tout cela, ce ne sont pas des utopies. Ce sont des mesures politiques mises en œuvre aujourd’hui dans de grands pays européens, des pays de haute culture, membres de l’Union européenne. Nous l’avons rêvé, ils l’ont fait. Ils l’ont fait, nous le ferons !

Mesdames, Messieurs, notre pays a été longtemps à la pointe du renouveau national, aujourd’hui d’autres peuples nous ont dépassés et nous montrent le chemin.

Mais croyez-moi, il n’y a aucune raison pour que nous restions à la traîne. Nos idées sont poussées par le vent de l’histoire, elles sont portées par une lame de fond qui, j’en suis sûr, va balayer notre vieille terre d’Europe de Gibraltar à Mourmansk. Et, dans les quelques années qui viennent, grâce au MNR, la France va revenir en première ligne du combat national. Et comme notre pays est une grande nation, ce sera l’occasion d’une vraie renaissance, non seulement pour la France, mais aussi pour l’Europe.
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