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Discours, le 22/11/2001
Un projet pour la France
Discours de lancement de la campagne présidentielle - Paris Salle Wagram


Mesdames, Messieurs, chers amis,

Je suis candidat à la présidence de la République. J’ai annoncé officiellement ma décision au Stade de France le 14 novembre dernier.

Cette candidature est pour moi un engagement qui marque une date majeure dans ma vie. Il ne s’agit pas pour moi de jouer un coup politique ou de passer par une étape traditionnelle pour un chef de parti. Bien sûr, tout cela existe, mais cette candidature va bien au-delà, car nous ne jouons pas un jeu politicien ou un coup électoral. Ce n’est pas d’une démarche de carrière ou d’appareil qu’il s’agit, mais d’une affaire qui concerne la France et son destin.

La présidence de la République est la clef de voûte de nos institutions. Celui qui occupe cette charge est le chef de l’État, le chef de nos armées, le chef de l’exécutif. Il incarne la France, son peuple et son avenir. Il exerce la lourde responsabilité de protéger nos compatriotes, d’assurer l’identité et la souveraineté de notre nation, de garantir la sécurité et les libertés de notre peuple et de défendre les valeurs qui ont fait notre civilisation. Et c’est en pensant à cette responsabilité éminente, en endossant mentalement les charges écrasantes qui s’y attachent que je mesure l’importance de l’acte que j’ai accompli l’autre jour à Saint-Denis.

On me répondra sans doute que je n’ai aucune raison de prendre la chose avec autant de gravité puisque je n’ai aucune chance d’être élu. Peut-être, mais me dire cela, c’est bien mal me connaître. Car, si je me présente aujourd’hui, c’est bien pour être élu un jour, quoi qu’il en coûte et le plus vite possible. Si je m’engage, ce n’est pas pour faire un coup. Ma candidature n’est pas une démarche de circonstance, mais un acte de fondation pour créer la grande force de droite nationale et républicaine dont notre pays a besoin pour garantir son avenir. Si je me présente c’est bien pour assurer le plus vite possible ce renouveau de notre pays auquel aspire une large majorité de nos compatriotes. Et c’est pourquoi cette déclaration de candidature a été pour moi comme le passage du Rubicon. Quels que soient les circonstances, les obstacles ou les revers, je ne renoncerai pas. J’irai jusqu’au bout, je continuerai ce combat que nous menons ensemble et je le continuerai jusqu’à la victoire. Et cet engagement, je le prends bien sûr pour des raisons politiques mais je le prends surtout parce que je me sens lié par ceux de nos compatriotes qui me font confiance, par ceux qui aspirent à notre victoire, par ceux qui n’ont plus d’espoir qu’en nous et qui nous attendent.

Oh! je sais, ils se font discrets, ces Français-là. On peut même dire qu’ils ne nous soutiennent pas beaucoup, certains d’entre eux, et ils sont hélas nombreux, ne votent plus ou ne votent pas encore pour nous. Mais ils sont le peuple français, avec ses faiblesses mais aussi avec ses grandeurs cachées, ils sont les descendants de ceux qui ont fait la France et qui eux aussi en d’autres époques ont pu douter ou faiblir. Et ces Français je les aime, ils sont mes compatriotes et beaucoup d’entre eux souffrent dans leur chair et dans leur cœur des maux qui accablent notre pays. Beaucoup d’entre eux sont blessés de voir notre nation régresser, s’abaisser et se dénaturer. Ils sont le peuple français qui se désespère d’être ainsi abandonné par ceux-là mêmes qui devraient les protéger et les aider. Ils sont la France et je sais qu’il suffirait de peu pour qu’ils retrouvent l’espoir, la fierté et la volonté de se battre. Et c’est pourquoi je suis convaincu que les Français vont se réveiller dès lors que les circonstances seront réunies.

Car je sens venir la rencontre qui provoquera le sursaut. La montée des menaces, l’exaspération croissante des Français et la consolidation du mouvement de renouveau que nous incarnons. Et, croyez-moi, ce ne sont pas alors les manipulations médiatiques, les sondages arrangés ou les opérations politiciennes qui pourront empêcher que ce qui doit arriver survienne. Voilà pourquoi je suis serein, confiant et plein d’espoir malgré les turbulences que nous traversons. Car, comme toujours en de pareilles circonstances, il n’y a qu’une attitude et une seule qui soit bénéfique : suivre sa route imperturbablement sans en dévier d’un pouce. C’est ce que nous faisons et c’est ce que j’ai fait en présentant il y a huit jours ma candidature au Stade de France. Le Stade de France où notre équipe nationale de football avait gagné la Coupe du monde, ce qui avait été, en dépit des interprétations tendancieuses du système, un grand moment de patriotisme, je dirais l’une des rares occasions où le patriotisme avait été autorisé.

Mais le Stade de France est aujourd’hui hélas plus tristement le symbole de l’humiliation subie par notre pays. Car, il y a plus d’un mois, lors d’un match de football soi-disant amical entre la France et l’Algérie, notre pays a été insulté. Il ne l’a pas été par les supporters algériens de l’Algérie qui ont été très corrects, ni bien sûr pas les supporters français de la France. Non, il a été conspué par les supporters français de l’Algérie. Je veux parler de ces étrangers qui portent la nationalité française, qui sont, paraît-il parfaitement intégrés et qui ont eu pour la première fois à choisir entre la France et l’Algérie. On a vu quelle est leur attitude lorsqu’ils sont placés devant un tel choix : non seulement ils choisissent l’Algérie, mais ils choisissent l’Algérie contre la France, n’hésitant pas à siffler la Marseillaise, à insulter nos joueurs, à canarder la tribune officielle et à scander Ben Laden, Ben Laden ! Dix millions de téléspectateurs ont donc pu constater en direct que l’intégration est un échec et que l’immigration est une menace pour notre pays. Et tous les Français ont pu mesurer à cette occasion à quel point le gouvernement est incapable de défendre la France puisque là aussi, symboliquement, le Premier ministre M. Jospin n’a rien fait et rien dit. Face à l’affront, il a quitté le stade, humilié et silencieux, en baissant la tête.

Si donc j’ai présenté ma candidature au Stade de France, c’est parce que je veux laver l’affront fait à notre pays. Et ma candidature est une réponse à tous ceux qui défient la France, bafouent nos lois, détruisent nos valeurs et diluent notre identité. Elle est la réponse à ces politiciens qui laissent faire, qui subissent, se résignent et se soumettent. Elle est une main tendue à tous ces Français blessés dans leur chair et dans leur cœur par les maux qui rongent notre société. Elle est un espoir offert à tous mes compatriotes qui souffrent de voir notre pays se laisser humilier. Ma candidature est un acte de foi dans la France, son génie et sa grandeur à un moment où nous traversons une période critique de notre histoire.

Car, c’est vrai, la situation que connaît notre pays est particulièrement inquiétante. C’est l’avenir de notre peuple et de notre nation qui se trouve désormais en cause. L’ensemble des valeurs sont inversées : aujourd’hui, à cause de la pensée unique, ce qui est bien est mal, ce qui est normal est condamnable, ce qui est bénéfique est interdit, ce qui est néfaste est encouragé.

Aujourd’hui, à cause du politiquement correct, l’État se retourne contre la nation et la justice contre les patriotes. Les droits des voyous sont sans cesse renforcés quand le droit à la sécurité est quotidiennement bafoué. Les parasites reçoivent toujours plus de subsides quand ceux qui travaillent sont de plus en plus ponctionnés. Les enfants français sont de moins en moins nombreux mais les familles de plus en plus pénalisées. Les entreprises sont soumises à une concurrence de plus en plus sauvage quand l’État leur impose toujours plus de contraintes. L’immigration devient de plus en plus massive mais les clandestins sont régularisés et les frontières de plus en plus ouvertes. L’islamisme menace notre pays mais l’islam est promu et les mosquées subventionnées. Le patriotisme est admiré chez les autres mais il est pourchassé et condamné chez nous.

Et, dans cette épouvantable litanie, c’est sans doute l’explosion de la violence qui est la plus inquiétante. Car elle constitue le signe clinique évident de la grave maladie sociale qui mine notre pays. Lorsqu’il n’y a plus de sécurité, lorsque les criminels peuvent agir en quasi-impunité sous couvert de lois qui leur donnent sans cesse de nouveaux droits, lorsque ce ne sont plus seulement de simples citoyens qui se font assassiner mais aussi des policiers et que ceux qui sont chargés d’assurer la sécurité ont peur pour leur propre sécurité, c’est la civilisation qui s’efface et l’on n’est plus très loin de la barbarie. Dès lors, aucune activité ne peut plus fonctionner normalement. Le commerce devient difficile en raison des vols et du racket. L’enseignement devient impossible car la violence des élèves se substitue à l’autorité des maîtres. Les transports deviennent périlleux et les échanges plus limités. Et toutes les règles de la société sont progressivement remplacées par la loi du plus fort et la violence brutale.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Comme beaucoup de Français en ont eu le sentiment lorsqu’ils ont appris le meurtre des deux policiers du Plessis-Trévise, une commune pourtant réputée calme du Val-de-Marne. Il y a d’abord eu l’émotion devant le drame. Le gardien de la paix, Yves Martier, 27 ans, dont l’épouse attend un enfant, et le brigadier Patrick Leroux, 34 ans, père d’une fillette de deux ans, sont abattus dans le dos par des malfaiteurs lourdement armés.

Et puis il y a eu l’indignation et la colère quand on a appris qui étaient les meurtriers et pourquoi ils avaient pu frapper. Prenons le cas de celui qui a été arrêté le premier. Il s’agit d’un certain Djamel Bezzari. Djamel n’est pas étranger. A cause du laxisme gouvernemental, Djamel, bien que né à Oran après l’indépendance de l’Algérie, est français. Il ne devrait pas l’être, mais il l’est. Djamel est aussi un braqueur multirécidiviste, il n’aurait donc pas dû se trouver en liberté, mais il l’est. Parce que les juges l’ont relâché, comme son chef “ le Chinois ”, sans même les juger, en sachant pourtant parfaitement qui ils sont et ce qu’ils ont fait. Autant dire que les coupables du meurtre des policiers, ce sont bien sûr Djamel et ses acolytes, mais ce sont aussi les autorités. Les juges qui les ont relâchés et les politiciens qui ont fait les lois autorisant de tels scandales. Ces gens-là, je le dis, devraient être poursuivis. Les juges, si prompts à condamner un maire, un ingénieur, un chef d’entreprise quand se produit un accident, devraient être poursuivis pour leur responsabilité dans ce double meurtre. Et, au-delà, ce sont nos gouvernants qui devraient rendre des comptes aux familles, eux qui se préoccupent du sort des voyous, des délinquants et des détenus mais jamais de celui des victimes, des honnêtes citoyens et des forces de l’ordre.

Car le pire c’est que ce drame du Plessis-Trévise n’est pas isolé. Il y a quelques jours, à Amiens, d’autres crapules probablement du même acabit ont monté une véritable embuscade à caractère militaire. Ils ont appelé le commissariat en se faisant passer pour des automobilistes agressés et quand les policiers sont arrivés, ils les ont pris sous les feux croisés de leurs tirs comme dans une action de guerre.
Aujourd’hui en France, certains tirent du flic comme on va à la chasse. Il est vrai qu’à force de dire comme M. Delanoë et sa plaque commémorative du Pont-Saint-Michel que les immigrés sont des victimes et les policiers des bourreaux, on finit par faire croire aux voyous étrangers qu’ils sont des héros. Il est temps que cela cesse. Nous ne voulons plus voir les policiers livrés impuissants aux coups de bandits arrogants. Et je dédie notre campagne à la mémoire de Yves Martier et de Patrick Leroux. Pour que leur mort dramatique ne soit pas inutile, pour que la souffrance de leurs proches ne soit pas subie en vain, pour que les Français réagissent et bousculent ces politiciens indignes qui se rangent dans le camp des malfrats contre les honnêtes citoyens.

Pour illustrer encore l’irresponsabilité politique, je voudrais évoquer la récente catastrophe du tunnel du Saint Gothard qui a provoqué onze morts et des dizaines de blessés. A la suite de ce drame, tout le monde a réclamé le ferroutage et la limitation de la circulation des poids lourds. Pourquoi pas, je ne suis pas contre. Mais cela aurait dû surtout conduire les responsables à se poser d’autres questions. En l’occurrence, pour empêcher de tels drames, il ne faut pas fermer les tunnels aux poids lourds mais bien plutôt fermer les frontières aux étrangers illégaux. Car le chauffeur du camion qui a provoqué l’accident était turc, ce qui bien sûr n’est pas un crime, mais il était surtout immigré clandestin. Alors on me répondra que la responsabilité va surtout à l’employeur qui a recruté illégalement un clandestin. Eh bien ! justement, on ne peut pas dire cela, car la société elle aussi était clandestine et dirigée par un Turc clandestin qui exploitait des clandestins sans respecter aucune des règles sociales et de sécurité qui s’imposent aux sociétés régulières en Europe. Ce qui permet d’ailleurs à ce type d’entreprise de proposer ses prestations à des prix qui défient toute concurrence et à acculer au dépôt de bilan les sociétés du cru qui respectent les lois et payent, elles, leurs charges et leurs impôts ! Et ce drame illustre bien le terrible désordre que nous subissons : d’un côté les pouvoirs publics ne cessent de multiplier les règlements à destination des entreprises nationales et de l’autre ils ferment les yeux sur les activités clandestines qui, échappant ainsi à toute règle, déstabilisent les entreprises légales.

Et tout cela ne survient pas par hasard, tout cela est le fait délibéré, construit, organisé du pouvoir en place et de son chef actuel, M. Jospin. Jospin, que j’accuse d’avoir abaissé, ruiné et handicapé la France. Le PS a publié récemment son bilan, mais, si ce bilan est bon pour les idéologues du PS, il est catastrophique pour les Français.

Jospin s’en est pris à la famille en allongeant les délais légaux de l’avortement, en instaurant le PACS, en relâchant les liens du mariage traditionnel et en diminuant les prestations familiales.
Jospin s’en est pris à la nation en régularisant les clandestins, en organisant l’accès automatique à la nationalité française, l’inscription automatique des binationaux sur les listes électorales, l’assouplissement des critères d’obtention des titres de séjour et l’accélération de la construction des mosquées.
Jospin s’en est pris à notre prospérité en augmentant encore les charges et les impôts, en imposant les 35 heures obligatoires, en rationnant les dépenses de santé et en tiers-mondisant les hôpitaux.
Jospin s’en est pris à la république en laissant se développer la délinquance violente et les zones de non-droit, en affaiblissant notre outil de défense, en faisant le jeu des indépendantistes corses, en créant des quotas sexistes et en donnant de nouveaux droits aux voyous.

Alors, il est vrai qu’il nous promet maintenant de lutter contre l’insécurité. On nous a ainsi annoncé une augmentation du budget de la police de 700 millions de francs. Mais c’est dérisoire. C’est à peine ce que la Sécurité sociale va dépenser pour le congé de deux semaines accordé aux pères lors d’une naissance. Et quand on sait que le budget de la police et de la gendarmerie n’est que de 60 milliards sur les 1 800 milliards du budget de l’État et que le pouvoir consacre 100 milliards aux mesures dites d’accompagnement des 35 heures, comment ne pas comprendre que Jospin se moque du monde ? Quand Jospin part en croisade pour la loi et l’ordre, cela lui va comme la démocratie aux communistes ou le gaullisme à Chirac.

Car la vrai nature de Jospin, on l’a retrouvée tout récemment sous la plume d’un de ses proches, le président du Haut Conseil à l’intégration, M. Fauroux, qui affirme, je le cite : «Le système de concours dans la fonction publique suppose l’acquisition de certains codes alors que les personnes issues de l’immigration ont parfois l’infortune de ne pas être conformes au modèle dominant.» En d’autres termes, puisque les immigrés ne parviennent pas à s’adapter à l’administration française, c’est l’administration qui doit s’adapter à eux. Et, pour ceux qui n’ont pas compris, M. Fauroux met les points sur les i : «L’administration doit refléter la composition sociologique de ceux qu’elle sert. Nous sommes dans un pays métissé. Les personnes qui jugent, enseignent ou servent dans la police doivent être à l’image de ce métissage.»

Voilà, tout est dit sur ce qui nous attend si M. Jospin est élu président de la République. Cet homme est un extrémiste, le Premier ministre de gauche le plus extrémiste d’Europe. Et voilà pourquoi nous devons le combattre. Voilà pourquoi avec les Français nous devons dire non à Jospin !

S’agissant de Chirac, c’est différent. On peut difficilement critiquer son bilan, il n’en n’a pas !
Il est d’ailleurs très fort, Chirac. Il a réussi à être le premier président de la Ve république à n’avoir rien fait pendant cinq des sept années de son mandat. Il a été élu et très vite il a été embarrassé de sa majorité et alors, avec une bonne dissolution, il s’en est débarrassé et il a passé le bébé à la gauche. Et, depuis, il regarde passer les réformes socialistes comme les vaches regardent passer les trains. Tous les mercredis matin, il dit oui à Jospin et, pour s’occuper, il voyage. Il va de réunions internationales en sommets européens, d’assemblées générales de l’Onu en visites chez M. Bush. Il est de tous les cocktails internationaux et de toutes les garden-parties diplomatiques. Mais, au bout de sept ans, on se demande en quoi cela a servi la France. Car M. Chirac manifestement est plus efficace pour les questions mondaines que dans les affaires mondiales. En réalité, M. Chirac a tout de même joué un rôle pendant ces cinq dernières années. Il a débarrassé M. Jospin de toute opposition. Et, en ce sens, les deux hommes se sont partagés le travail : Chirac détruit la droite et Jospin détruit la France.

Alors, c’est vrai, il y aussi M. Chevènement dont on parle beaucoup. M. Chevènement qui, je dois le reconnaître, est un grand illusionniste. Cela doit tenir à son look d’instituteur de la IIIe république. Ainsi, l’autre jour, je le voyais à la télévision et j’ai cru que mon poste était tombé en panne, car l’image était passée en noir et blanc. Tout était gris, ses cheveux, son teint, son costume et ses propos. J’ai cru un moment qu’il portait une blouse grise et qu’il allait écrire à la craie blanche sur le tableau noir.
Alors, ce côté rétro, très républicain, peut avoir son charme désuet. Mais, pour le reste, cela ne correspond à rien. D’ailleurs, c’est simple, chaque fois que M. Chevènement a été aux affaires, il a fait le contraire de ce qu’il prétend vouloir faire aujourd’hui comme candidat. Il est vrai que, chaque fois qu’il a été aux affaires, il a démissionné. C’est peut-être d’ailleurs pour cela qu’il veut être élu, car pour démissionner à nouveau il faudrait d’abord qu’il soit à nouveau élu.

S’agissant de la sécurité, son action a été catastrophique : il a limité les moyens des polices municipales, il a lancé le recrutement par quotas ethniques dans la police nationale, il a créé la police de proximité qui transforme les agents en gardiens de square. Résultat : lors des cinq dernières années, le nombre des quartiers difficiles est passé de 150 à 900 et l’insécurité a explosé.

En matière d’immigration, ce n’est pas mieux. C’est lui qui a régularisé 150 000 clandestins et il n’a même pas expulsé ceux qu’il n’a pas régularisés. C’est lui qui a instauré la loi pour faciliter l’arrivée d’immigrés pour des motifs d’ordre artistique, privé ou familial. Enfin, c’est lui qui a favorisé l’installation de l’islam en France et encouragé la construction de mosquées sur notre sol.

En réalité, M. Chevènement pourfend le politiquement correct d’une façon très très correcte. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est si bien accepté par les médias. Pour le reste, il rassemble surtout des gogos, des cocus et des dindons. Le dernier en date s’appelle Michel Pinton, ancien secrétaire général de l’UDF qui avait organisé la pétition des maires contre le PACS ainsi que la manifestation anti-PACS à laquelle nous avions participé. Or, c’est le mouvement de M. Chevènement qui est à l’origine du PACS, en l’occurrence le député Jean-Pierre Michel qui réclame maintenant le droit d’adopter des enfants pour les couples homosexuels. On croit rêver ! J’invite donc les Français à ne pas être les “Pintons de la farce” et à ne pas se laisser leurrer. Chevènement est peut-être un faux dur comme Pasqua et un faux national comme Séguin mais c’est un vrai socialiste comme Jospin. Et, en réalité, M. Chevènement est un leurre lâché par le PS. Ce n’est pas le lion de Belfort, c’est le pion de Jospin.

Pour ma part, et beaucoup plus sérieusement, je regrette ces extrémismes, ces dérobades ou ces impostures. Et j’entends remettre de l’ordre dans notre pays en prenant en compte la nouvelle donne politique et idéologique à laquelle nous sommes maintenant clairement confrontés depuis le 11 septembre dernier.

Car si le XXe siècle a été celui du choc des idéologies et s’est achevé par la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union soviétique, nous sommes entrés depuis les attentats du World Trade Center dans le XXIe siècle qui sera celui du choc des civilisations. Un choc qui met en cause l’islam et que l’on observe le long d’une ligne de fracture qui déchire le monde, que ce soit au Sin-Kiang, aux Philippines, au Timor, en Thaïlande, au Cachemire, en Tchétchénie, au Proche-Orient, au Kosovo, en Bosnie ou en Macédoine. Ligne de fracture que l’on retrouve aussi chez nous dans nos banlieues et nos cités. Entre les quartiers nord et les quartiers sud de Marseille. Entre les plateaux et le centre-ville de Dreux. Mais aussi à Creil, à Thonon-les-Bains, à Mantes-la-Jolie et dans les 900 cités sensibles où le droit français ne s’applique plus, où pompiers et policiers ne peuvent plus pénétrer sans risquer d’être lapidés, où les médecins ne peuvent plus assurer leurs visites sans risquer d’être dépouillés.

Face à cette situation, je refuse l’attitude de la classe politique qui se bande les yeux et se bouche les oreilles et qui renonce à voir la réalité, cherchant par tous les moyens à l’atténuer ou à la déformer. Moi, parce que je revendique la plus haute charge de l’État, je veux regarder cette réalité et y faire face. C’est pourquoi je suis convaincu qu’il faut maintenant rendre sa force à notre pays. Mon projet est de libérer son génie et son énergie pour faire d’elle la première puissance en Europe et de l’Europe la première puissance dans le monde. Mais, pour cela, il faut commencer par remettre de l’ordre en France. Et je le dis, cela est possible. Il est possible de rétablir la sécurité, de juguler l’immigration, de favoriser la famille et la natalité et de rendre à notre pays son dynamisme économique et aux Français la fraternité qui refera d’eux un grand peuple.

A mes yeux, en effet, la priorité c’est d’abord le retour à la sécurité. Non pas en se payant de mots comme le font ceux de la classe politicienne. Non pas en multipliant les contrats administratifs, les actions pédagogiques et les initiatives associatives, mais en pratiquant une politique énergique de tolérance zéro. Le tout prévention a lamentablement échoué et, pour cause, il consiste à payer les voyous, à subventionner, aider et favoriser les délinquants, leurs quartiers, leurs écoles et leurs associations.

La vraie prévention passe au contraire par une politique familiale qui permette aux familles d'être plus solides, plus unies et plus responsables. Elle passe aussi par le rétablissement à l'école des règles de l'autorité et de la discipline et par l’enseignement des principes de la morale civique élémentaire : respect des autres, honnêteté, sens de la famille, goût du travail bien fait. Mais, pour le reste, lorsque des actes délictueux sont commis, la sanction doit s'imposer, même pour les délinquants en bas âge et pour les infractions les plus mineures. Je suis donc partisan d'une politique qui ne laisse plus impunie la moindre exaction et qui rétablisse dans l'esprit des délinquants la certitude de la sanction.

Et, pour cela, il faut renforcer considérablement les effectifs de la police et de la gendarmerie, les équiper correctement et surtout leur apporter le soutien hiérarchique de l'État et l'appui moral de la nation. Il faut ensuite que les procureurs poursuivent systématiquement toutes les infractions. Et pour les y obliger au-delà des instructions hiérarchiques qu'ils recevront, je propose que les maires soient investis du droit de se porter partie civile dans toutes les affaires criminelles et délictueuses commises sur le territoire de leur commune. Je ne vois pas au nom de quoi les associations prétendument antiracistes pourraient traîner les Français devant les tribunaux alors que les maires qui représentent les Français ne pourraient pas en faire autant à l’encontre des voyous.

Quant à la justice, elle doit retrouver sa mission première de répression des crimes et des délits. Les procédures qui font la part belle aux délinquants seront modifiées pour que les petits malfrats ne soient plus relâchés immédiatement après leur arrestation comme c'est trop souvent le cas aujourd'hui. Enfin, il est essentiel que des peines sévères et dissuasives soient prononcées et effectivement purgées. Et, pour les crimes les plus odieux, je proposerai par référendum le rétablissement de la peine de mort.

Une telle politique pourra produire très vite ses effets bénéfiques. Car mon idée est aussi de mettre hors d’état de nuire les délinquants avérés qui rendent la vie impossible aux habitants de leur quartier. En tant que multirécidivistes, je veux en effet qu’ils subissent, en plus de la sanction normale qu'ils méritent, une peine d’expulsion ou une peine d'interdiction de séjour et de liberté surveillée. Ceux qui sont à l'origine de la grande majorité des petits délits de proximité seront donc empêchés de poursuivre leur sordide activité, ce qui entraînera une diminution massive et rapide de la délinquance dans les quartiers.

Deuxième priorité : l'immigration. Je veux d’abord que les immigrés clandestins et les délinquants étrangers soient rapidement et systématiquement expulsés dans des conditions dignes et humaines mais sans délai. Avec nous, ce sera la sortie pour tous ceux qui narguent aujourd’hui notre pays. Et il n’y aura pas d’échappatoire. Toutes les pratiques dilatoires actuellement utilisées pour empêcher l'application du droit perdront leur caractère suspensif et ne pourront plus interrompre les procédures d'expulsion.

Quant aux autres, ceux qui sont présents légalement sur notre sol, mais qui ne respectent pas nos coutumes et nos valeurs et ne viennent pas chez nous pour travailler mais pour vivre en parasites d'aides et de trafics, ils seront amenés à rentrer dans leur pays. Ce retour sera couplé avec une politique d'aide aux États d'origine qui permettra aux immigrés de retour chez eux de se réinsérer. Et tout sera fait, en collaboration avec les pays d'Afrique en particulier, pour rendre aussi difficiles que possible les mouvements migratoires néfastes.

Dans cet esprit, je veux que la priorité soit de nouveau accordée aux citoyens français pour les emplois et les prestations sociales. Et cette mesure ne constituera pas seulement une mesure de justice à l'égard de nos compatriotes, mais contribuera aussi à dissuader les étrangers peu scrupuleux de venir chez nous abuser de notre pays. En même temps, cette préférence nationale redonnera tout son prix à l'acquisition de la nationalité française, car celle-ci deviendra non seulement un honneur mais un avantage qui devra être mérité. A cette fin, je demande que le code de la nationalité soit modifié pour que la qualité de Français cesse d'être accordée automatiquement à n'importe qui et ne soit plus réservée, par une décision souveraine de la France, qu'à ceux qui s'en montrent dignes.

Je veux par ailleurs favoriser les familles car elles sont essentielles à l'équilibre des personnes, à l'harmonie de notre société et au renouveau de la natalité française sans lequel notre peuple risquerait de disparaître. Je veux donc instaurer un revenu parental d'environ 7 000 F par mois pour la mère ou le père qui choisira de se consacrer à plein temps à l'éducation de ses enfants. Le revenu parental poussera ainsi à la constitution de familles nombreuses et facilitera la cohésion des cellules familiales ainsi que l'éducation intellectuelle et morale des enfants. Par ailleurs, je propose d'assurer la promotion systématique de la propriété familiale afin de permettre à toutes les familles, même celles dont les revenus sont les plus modestes, de devenir propriétaires d'un logement adapté au nombre de leurs membres. Dans le même esprit, j'entends faciliter la constitution des patrimoines familiaux et pour cela supprimer purement et simplement les droits de succession en ligne directe.

Je crois par ailleurs très important de lancer une nouvelle politique sociale. Celle des socialistes a complètement échoué puisque, loin de mettre nos compatriotes à l'abri de la précarité et de la pauvreté, elle a engendré un étatisme et un fiscalisme écrasants. Il faut donc innover, rompre avec les mécanismes de l'assistanat socialiste et développer une politique sociale qui ne procède pas du socialisme. Mon idée est simple : chacun doit pouvoir vivre dignement de son travail présent ou passé sans avoir besoin de solliciter des allocations sociales auprès des collectivités publiques. Les prestations d'assistance ne doivent donc plus être considérées comme des bienfaits en eux-mêmes mais comme des palliatifs, l'objectif étant qu'elles deviennent inutiles.

En conséquence, ma priorité est de donner à chacun un emploi décent et donc de lutter avec des moyens nouveaux contre un chômage qui est loin d'avoir disparu. Plusieurs innovations doivent rendre cet objectif réalisable. Pour commencer, la généralisation du revenu parental qui va libérer des postes de travail en grand nombre, mais aussi la priorité à l'emploi accordée aux citoyens français chaque fois qu'ils sont en concurrence avec un étranger. C’est ce que fait M. Berlusconi en Italie et personne ne crie au scandale. Parallèlement, il faudra aussi freiner la délocalisation des emplois en régulant les échanges économiques internationaux. Enfin, je suis convaincu de pouvoir créer de nombreux postes de travail en baissant les charges qui pèsent actuellement sur les petites et moyennes entreprises, sur les artisans, les commerçants et les professions libérales afin qu’ils puissent embaucher davantage.

Et cette réduction massive du chômage doit s’accompagner d'un relèvement des bas salaires afin que chacun puisse vivre sans assistance des fruits de son travail. Il vaut mieux en effet que les entreprises améliorent le niveau des bas salaires plutôt que de devoir verser à l'État, sous forme de charges, les prestations sociales de complément dont leurs employés ont besoin parce qu'insuffisamment rémunérés.

Dans le même temps, les retraités verront leur niveau de vie garanti et la pension de reversion des veufs sera portée à 100 p. cent de celle de leur conjoint décédé. C’est très important, car nos compatriotes sont innombrables à s’inquiéter du niveau de leur retraite et c’est pourquoi je veux qu’un système de retraite par capitalisation, complétant les mécanismes actuels par répartition, vienne, avec la relance de la natalité, assurer la pérennité du système de retraite.

En contrepartie de tous ces avantages sociaux, une exigence de rigueur doit être imposée à tous. Les parasites en tout genre, les fraudeurs aux prestations sociales et les faux chômeurs seront découragés, pourchassés et sanctionnés. De la sorte, débarrassée des gaspillages comme de l'assistanat socialiste, cette nouvelle politique sociale pourra garantir à chacun de nos compatriotes une situation digne et décente sans pour autant pénaliser comme aujourd'hui ceux qui produisent et qui travaillent. Elle sera d'ailleurs d'autant plus facile à mettre en œuvre que je propose de mener parallèlement une grande politique de dynamisation de l'économie.

Pour ce faire, je veux réduire massivement le poids de la bureaucratie et des impôts. Il faut donc alléger l'ensemble des structures administratives tant de l'État que des collectivités décentralisées. Le nombre de ministères et de structures publiques plus ou moins autonomes doit être réduit. Quant aux collectivités locales, elles sont trop nombreuses et leur organisation est trop complexe. Il faut simplifier cet écheveau, remplacer les vingt-deux régions et les quatre-vingt-seize départements par une quarantaine de provinces, et rassembler pour les renforcer les communes urbaines dans des villes et les communes rurales dans des pays. Je veux par ailleurs mettre un terme à la bureaucratie et en finir avec les changements incessants de réglementation. Il faut obtenir enfin que chaque secteur de la vie nationale ne soit plus régi que par quelques textes clairs, courts et durables.

Cette réforme de l'État, qui vise à concentrer l'administration sur ses tâches prioritaires et à la dégager des actions parasites dont elle est aujourd'hui encombrée, rendra possible une baisse massive des prélèvements obligatoires qui redonnera de l'oxygène à notre économie. Le nombre faramineux de taxes et d'impôts, qui s'élève aujourd'hui à plus de mille, devra être ramené à cinq cents. Et, surtout, je veux que le volume global de l'ensemble de ces prélèvements soit diminué de 10 p. cent en moyenne. Un objectif ambitieux mais qui n'a rien d'inaccessible et qui devra bénéficier en priorité à ceux qui travaillent, qui produisent des richesses ou qui emploient.

Je veux que dans notre pays ceux qui ont du talent, des compétences et du courage puissent à nouveau entreprendre, créer et produire sans être ponctionnés ou persécutés par les pouvoirs publics. Je veux qu'ils puissent transmettre le fruit de leur labeur à leurs descendants sans être spoliés et qu'ils soient au contraire reconnus, estimés et encouragés.

Voilà, chers amis, comment on peut en quelques années remettre de l’ordre dans notre pays et renforcer ainsi la France pour lui permettre de faire face aux menaces extérieures. Car bien sûr, au-delà de ces mesures essentielles, il faut aussi rétablir la puissance et la souveraineté de notre pays, protéger la France des menaces islamistes, reconstruire l’armée, faire en sorte que notre pays inspire à nouveau le respect, qu’une nouvelle organisation de l’Europe permette à notre continent de retrouver sa puissance et qu’un nouveau concert des nations vienne se substituer au nouvel ordre mondial américain.

Il est possible de mettre en œuvre ces idées simples mais fortes. Il est donc possible d’assurer le renouveau de notre pays.

Les Français, chacun le sent bien, sont de plus en plus nombreux à penser comme nous. Et ils sont de plus en plus proches de nous. Nous n’avons d’ailleurs pas à les convaincre, ils sont déjà convaincus. Aussi, ceux qui refusent le désordre dans lequel la France se débat doivent maintenant cesser de se plaindre et de se lamenter. Ils doivent agir en se sentant à nouveau concernés par la politique et en cessant de soutenir les gouvernements qui sont responsables de tout ce qu’ils dénoncent.

Nous devons nous souvenir que nous sommes un grand peuple et que nous appartenons à une grande nation. Nous devons reprendre confiance en elle, nous libérer de la pensée unique, rejeter le carcan du politiquement correct et reprendre notre marche en avant.

C’est à ce sursaut que j’appelle aujourd’hui les Français. N’oublions pas que la France est notre patrie, la terre de nos ancêtres, la nation qui nous a transmis la magnifique civilisation dont nous avons hérité. Ne fermons plus les yeux sur la beauté et la richesse de tout ce qu’elle représente. Songeons au chaos qu’elle laisserait autour de nous et dans notre cœur si elle disparaissait. Retrouvons l’amour que tous au fond de nous-mêmes nous lui portons. Retrouvons la fierté de ce que nous sommes, la France a besoin de nous !
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