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Discours, le 12/04/2003
Tenir, durer et gagner
Discours au conseil national du MNR
Paris Babylone


Chers amis,

Nous voici réunis de nouveau après notre conseil national du 17 novembre dernier. Après ce conseil qui a dénoué la crise que nous avons connue. Nous voici réunis à nouveau, et cette fois de façon amicale et fraternelle, pour construire et agir.

Depuis le 17 novembre, nous n’avons pas perdu de temps : nous avons tout simplement sauvé notre mouvement. Car il était, on peut le dire aujourd’hui, au bord du précipice. Les dettes considérables nous menaçaient de dépôt de bilan, les querelles internes nous faisaient risquer l’explosion et les coups de boutoir répétés du système nous affaiblissaient toujours davantage.

Aujourd’hui, nous avons mis un terme à ce processus. Les dettes, Alain Vauzelle nous en parlera, ont été consolidées, réduites et rééchelonnées et nous ne sommes plus sous le coup d’une cessation de paiement. L’appareil a été reconstitué là où il avait été blessé ou amputé. La nouvelle équipe nationale s’est mise au travail avec dynamisme et détermination. Les cadres défaillants ont été remplacés et, si toutes les fédérations ne sont pas encore remises sur pied, le taux de départements en difficulté n’est guère plus élevé qu’au cours des années passées.

Nous avons donc remis notre mouvement en ordre de marche même si beaucoup de difficultés demeurent. L’essentiel de ce qui fait un appareil politique est de nouveau en état de fonctionnement. Notre siège a été rénové et tourne de nouveau, même si ses effectifs ont été réduits. Notre mensuel le Chêne destiné à nos adhérents paraît à nouveau régulièrement. Le site Internet est opérationnel, la radio MNR fonctionne et s’est encore améliorée. Des réunions se tiennent un peu partout dans les fédérations. Nous avons lancé une campagne d’opinion contre l’entrée de la Turquie dans l’Europe avec affiches et tracts. Bref, même si nous sommes en convalescence, le MNR existe et continue son combat.

Et de tout cela, chers amis, je voudrais vous remercier. Vous avez accompli un nouveau tour de force. Votre fidélité, votre attachement à notre idéal, votre constance et votre détermination dans notre combat sont en tous points exemplaires.

Alors, cela dit, je le sais, maintenant que la période critique est passée, maintenant que le sursaut a été provoqué pour éviter la catastrophe, maintenant que le mouvement, vaille que vaille, a été remis sur les rails, certains, en relevant la tête et en se tournant vers l’avenir, s’interrogent. Où allons-nous, quelles sont nos perspectives ?

Je sais, au-delà des sentiments d’honneur et de fidélité, au-delà de la volonté et de la détermination, au-delà du sens du devoir, on ne peut pas faire taire sa raison et empêcher les interrogations et les inquiétudes. Où allons-nous ? Quelles sont nos perspectives ?

Eh bien ! chers amis, je voudrais vous donner une réponse. Oh ! une réponse qui va peut-être vous décevoir, car ce n’est pas un scénario, avec des étapes et des progressions programmées. Ce n’est pas une révélation, car je ne suis pas devin. Mais la réponse que je voudrais vous donner n’en est pas moins fondée sur une certitude. Une certitude absolue qui me saute aux yeux comme une évidence et qui me conforte chaque fois que j’y songe.

Ce que nous représentons est la réponse à ce dont notre peuple, notre nation et notre civilisation ont aujourd’hui besoin. Nous incarnons ce qui peut être le renouveau de la France et de l’Europe. En clair, le rôle du MNR tel que nous le concevons correspond à une nécessité impérieuse. Et aucune autre force politique n’apporte cette réponse.

Si ce que nous incarnons, ce que nous voulons était accompli par d’autres, ou si d’autres, plus puissants, montraient qu’ils pourraient le moment venu l’accomplir, on pourrait alors se poser la question de l’utilité du MNR.

Mais précisément, il n’en est rien. Car, derrière l’état de grâce apparent et d’ailleurs bien déclinant du gouvernement, derrière l’unanimisme d’ailleurs bien fragile contre la guerre en Irak, rien n’est changé. Aucun véritable courant de renouveau ne s’est levé en France.

M. Raffarin et sa nouvelle gouvernance ne constituent qu’un nouvel habillage de la même politique menée depuis des années et des années alternativement par la droite et la gauche institutionnelles. Derrière le personnage tout en rondeur qui, c’est vrai, rompt avec le style technocratique d’un Juppé, il y a en réalité la même pensée unique, la même soumission au politiquement correct.

Alors, Raffarin, Chirac et leurs ministres font semblant d’avoir retenu la leçon des élections. Ils prétendent vouloir écouter le peuple, ils assurent même l’avoir compris. Oui, peut-être, mais pas pour faire ce que le peuple demande. Non ! Il ont compris qu’il fallait habiller et présenter autrement la même politique pour mieux la faire passer. Ce qu’ils ont compris, ce n’est pas qu’ils suivaient une mauvaise route, ce n’est pas qu’ils se trompaient dans la politique qui est la leur depuis trente ans. Non ! Ce qu’ils ont compris, c’est qu’ils la présentaient mal, c’est qu’ils tenaient un discours trop provocateur pour les Français, trop décalé par rapport à leurs préoccupations. Et donc la nouvelle gouvernance, ce n’est pas une nouvelle politique, c’est une nouvelle façon de présenter la même politique. Le changement, il n’est pas dans le fond, il est dans la forme.

Avant, on disait qu’il n’y avait pas d’insécurité. Maintenant, on dit que la lutte contre l’insécurité est une priorité. Mais on ne fait rien de plus, on se contente de s’indigner avec les Français de l’action des voyous. Et d’ailleurs, le personnage même de Raffarin est à l’image de cette imposture. Quand on regarde M. Raffarin, l’homme du Poitou, on croit voir un personnage du terroir, un homme enraciné dans la province française, un homme qui s’est fait tout seul. Peut-être était-il garagiste, comme M. Monory. Un homme proche du peuple qui porte sur les choses le regard neuf et de bon sens de celui qui s’est colleté comme chaque Français avec les réalités de la vie quotidienne. Eh bien ! cette image ne correspond en rien à la réalité. M. Raffarin est aux antipodes de ce personnage qu’il s’est forgé. Raffarin vient d'une grande école française et c’est un spécialiste de la communication. Il a dirigé une grande agence de publicité. Son métier, ses références, son expérience, c’est la pub. La pub qu’il met au service de la politique.

Il y a donc entre la politique que prétend mener M. Raffarin et celle qu’il conduit en pratique autant de différence qu’il y a entre l’image qu’il veut donner et ce qu’il est réellement. C’est-à-dire au fond autant de distance qu’il y a entre un agriculteur du Poitou et un publicitaire du quatrième arrondissement. Soyons donc lucides, avec Raffarin et l’UMP, rien de fondamental ne va changer, tout hélas va peu ou prou continuer comme avant.

Et, du côté du Front national, de la même manière il n’y a rien à attendre. Le FN n’est pas le grand mouvement en réserve de la république qui pourrait demain assurer le renouveau de notre pays. Et de cela on peut être, hélas je dirais, totalement sûr, puisqu’on en a eu la démonstration spectaculaire au cours des six derniers mois.

Aux présidentielles, ce parti a été propulsé au plus haut, au plus loin. Une chance historique tout à fait unique lui a été offerte. Et qu’en a-t-il fait ? Rien. Il a tout gâché. Rien pour rassembler, rien pour rassurer, rien pour ouvrir, rien pour être crédible, constructif et positif. Et au lendemain de cette élection majeure, tout a recommencé comme avant. Nos idées ne sont pas mieux placées et le FN a retrouvé aux législatives sa place habituelle de force protestataire.

Et la meilleure preuve que la France ne peut rien attendre de ce parti, c’est qu’au lendemain de ce score historique, il n’y a eu aucune dynamique, aucune perspective. Aucun espoir ne s’est levé qui ferait penser que, si cela n’a pas été possible cette fois-ci, ce sera possible la prochaine fois.

D’ailleurs, ce fiasco, vous en êtes vous-mêmes les témoins dans vos départements : après ce score historique, le FN a toujours aussi peu de troupes et de cadres. Il est toujours aussi faible, toujours aussi démuni en hommes, toujours aussi isolé. De ce côté-là non plus, il n’y a aucun espoir pour la France et pour les Français.

Et c’est pourquoi le MNR, malgré ses faiblesses actuelles, est si nécessaire. Et c’est pourquoi, même s’il ne dispose aujourd’hui apparemment d'aucun débouché, rien n’est dit et tout demeure possible.

Car la situation politique est en réalité beaucoup plus fragile, beaucoup plus instable qu’il n’y paraît. Derrière le calme apparent, c’est un édifice institutionnel très précaire qui occupe pour l’instant la scène publique. Oh ! certes, l’UMP a aujourd’hui tous les pouvoirs, elle jouit d’une aura liée à la nouveauté et au sentiment de force et d’unité. Mais tout cela ne peut être qu’éphémère. Car il s’agit là d’une construction abstraite et artificielle. L’idée qui sous-tend l’UMP est celle du bipartisme, c’est l’idée que la démocratie française, pour devenir moderne, doit fonctionner comme dans le monde anglo-saxon à partir de deux grands partis uniques.

Or, chacun le sait, cette vision est totalement contraire à la tradition française. Et, de plus, l’UMP ne reproduit même pas le schéma anglo-saxon. Car, en Grande-Bretagne comme aux États-Unis, chacun des deux grands partis rassemble en son sein toutes les sensibilités de son espace politique. Si l’UMP devait être l’équivalent du Parti conservateur britannique ou du Parti républicain américain, elle devrait rassembler depuis Bayrou jusqu’à Le Pen en passant par nous. Or, il n’en est rien. C’est un parti unique à pensée unique, de surcroît sous la présidence d’un Juppé qui ne veut voir qu’une seule tête. Dès lors, l’UMP est vouée à éclater ou à se réduire pour n’occuper qu’une seule partie de l’espace électoral de droite.

Quant au Front national, sa puissance électorale est aujourd’hui de plus en plus fragile. Car il est clair qu’elle ne repose que sur un seul homme. On l’a vu au cours des trois années écoulées, le FN en tant que mouvement est moribond. Placé dans les conditions où nous nous trouvons, il aurait disparu depuis longtemps. Il n’existe en tant qu’organisation qu’au travers de ses différents cadres et élus rémunérés. Mais au plan électoral, il n’a de l’audience qu’au travers de Le Pen, j’allais dire au travers de la marque Le Pen. Retirez la figure-clé, et tout s’écroule. Et cela d’autant plus que l’intéressé ne veut pas assurer au-delà de lui-même la pérennité de son mouvement. Le Pen, c’est clair, est un imposteur, qui ne cherche pas à faire progresser ses idées et à agir pour son pays. Il les a diabolisées, il les a décrédibilisées, et il agit pour lui, pour son clan familial, pour les avantages matériels et médiatiques qu’il peut en retirer.

Il est frappant d’entendre Le Pen prétendre aujourd’hui qu’il veut conquérir la région PACA alors qu’en 1998, il aurait pu le faire et qu’il a délibérément saboté cette possibilité. C’est donc clair, Le Pen ne veut pas qu’il y ait une suite après lui. Après avoir délibérément provoqué une crise dans son mouvement en 1998, il crée aujourd’hui une nouvelle fracture pour éliminer Gollnish et tout ce qu’il reste d’un tant soit peu politique au FN. C’est tout le sens de la mise en orbite de sa fille. Et quand celle-ci aura évincé ses rivaux, le FN ne sera plus réduit qu’à une officine familiale lepéniste qui ne pourra que décliner avec son chef et disparaître avec lui.

Le FN comme l’UMP sont aujourd’hui, au-delà des apparences, d’une grande fragilité. Et c’est donc toute la scène politique qui se trouve n'être dès lors qu'une construction de plâtre qui se fissure et se lézarde.

D’ailleurs, ne l’oublions pas, M. Chirac qui a aujourd’hui tous les pouvoirs a été certes élu avec 80% des voix, mais au premier tour, il n’a rassemblé que 20% des suffrages exprimés. Il ne représente donc que 14% des électeurs ! Le système politique français est aujourd’hui aussi instable qu’une pyramide inversée.

Aussi, pour notre mouvement, rien n’est joué. Tout demeure possible dès lors que nous demeurons vivants. Car si nous avons échoué jusqu’à présent, ce n’est pas pour des causes structurelles de fond mais bien plutôt en raison d’une conjoncture et d’un environnement qui nous ont été systématiquement défavorables.

Nous avons donc la nécessité de continuer notre combat en misant sur ce que j’appelle la stratégie de la fenêtre. Car, si la conjoncture nous a été défavorable, sur la scène politique mouvante et fragile qui est celle de notre pays, elle peut demain se retourner à notre avantage. Nous devons donc rester vivants pour exploiter la fenêtre de tir qui, demain, pourra se présenter à nous. Nous devons durer pour pouvoir, le moment venu, saisir l’occasion, l’opportunité qui se présentera. Tel est notre devoir et notre mission. Car une chose est certaine : si nous arrêtons, si nous posons le sac, nous ne pouvons que laisser passer les occasions qui se présenteront et nous serons responsables de n'avoir pas saisi une chance historique qui se présentait pour notre pays.

Voilà chers amis, pourquoi nous devons continuer notre route, avec courage et persévérance. Alors, je sais, certains me diront : «oui, mais si aucune occasion ne survient, nous sommes condamnés». Eh bien ! oui, c’est vrai. Les choses sont en réalité toutes simples : notre combat pour la France est si difficile, si surhumain que nous ne pourrons pas réussir, en effet, si le destin ne nous offre pas une opportunité. Mais, soyons-en certains, si notre pays a encore un avenir, si notre nation peut encore connaître un renouveau, il y aura un signe, une occasion, une chance et ce sera à nous de les saisir. Notre sort est donc lié à celui de la France. Et nous n’avons pas de raisons de douter : si la France doit connaître un renouveau, nous aurons notre chance. Si notre pays est définitivement condamné au déclin, alors oui, il est naturel que nous soyons nous aussi voués à l’échec.

Mais, moi, je crois dans l’avenir, je crois que rien n’est dit et que tout demeure possible. Et que nous pourrons demain œuvrer au renouveau. Encore faut-il, bien sûr, que nous soyons toujours là pour le faire. Et, pour cela, je sais pouvoir compter sur vous. Mais il faut que nous puissions aussi compter sur nos amis, adhérents, sympathisants, électeurs. Et vous devez donc leur expliquer le sens de notre démarche. Car ils sont nombreux, les électeurs, les sympathisants ou même les adhérents à compter sur nous pour l’avenir mais à nous dire aujourd’hui : «Le moment venu, je serai là, mais d’ici là, je me tourne vers le FN ou vers l’UMP car, pour l’instant ils sont, chacun à leur façon, les seuls à pouvoir faire avancer un peu les choses» Et qui de voter UMP, et qui d’adhérer au FN.

Cela est absurde et dangereux. D’abord parce que nous avons besoin de voix et d’adhésions pour survivre. C’est pour nous capital. Et puis, parce que tout ce qui renforce les partis de l’imposture que sont l’UMP et le FN ne fait que retarder le moment des bouleversements bénéfiques. Tout ce qui peut précipiter leur chute est donc positif pour notre pays. Et nous ne devons avoir aucun état d’âme à ce sujet. Plus vite le FN et l’UMP se déliteront, plus vite viendra le temps du renouveau.

Alors, oui, notre mission pour aujourd’hui, pour les mois qui viennent, est donc de rassembler une avant-garde éclairée et déterminée qui comprenne que l’avenir est dans notre camp, que le seul engagement utile, le seul soutien qui peut demain provoquer un vrai changement, c’est l’engagement et le soutien au MNR. En agissant ainsi, oui, nous constituerons une véritable élite. Car, je vous le dis, à une époque de médiocrité où seuls semblent prévaloir les sentiments d’intérêts les plus bas et les plus mesquins, nous montrons que les termes d’honneur et de fidélité ont un sens.

Alors que la période est sombre, qu’aucun avantage dans l’immédiat ne peut venir récompenser nos efforts, nous restons là, tenaces et fiers.

Et tous ensemble, nous exprimons cette volonté farouche de vie et de combat. Et malgré les épreuves, malgré les nuages lourds et sombres qui barrent toujours notre horizon, nous continuons. Car nous incarnons une flamme, un projet, une vision qui n’existeraient plus sans nous. Et nous avons dans le cœur cet espoir qui nous pousse, cet idéal qui nous anime, cette force qui nous dépasse.

On veut nous faire disparaître, on veut nous tuer. Eh bien ! je le dis haut et fort, je le dis en votre nom, au nom du MNR, nous ne nous coucherons pas, nous ne nous soumettrons pas. Nous n’abandonnerons pas. C’est pour nous une question d’honneur. Et il y va de l’avenir de notre peuple, de la France et de l’Europe.


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Intervention de l'après-midi : "L'espoir au-delà des épreuves"

Chers amis,
Notre réunion s’achève. Elle a été, je crois, particulièrement riche en idées, en échanges, et très révélatrice de notre détermination et de nos convictions. Nous avons ainsi démontré, malgré les difficultés qui sont encore les nôtres, la grande vitalité de notre mouvement.

Et je voudrais, pour conclure notre journée, vous dire ma conviction profonde. Malgré les épreuves du temps présent, nous avons des motifs d’espérer. En dépit des difficultés considérables qui handicapent notre combat, il y a des raisons majeures pour croire que tout peut encore changer et que le renouveau peut venir.

Et quand je dis cela, je ne parle pas principalement du MNR. Je parle de la France. Je dis qu’au-delà des problèmes qui assaillent nos compatriotes, il y a des perspectives d’évolution très porteuses pour l’avenir.

Alors, il est vrai que tout cela est encore peu visible, mais il s’agit, je crois, de réalités de fond qui vont aller en prenant de l’ampleur.

D’abord, l’imposture de Chirac et du gouvernement Raffarin va progressivement apparaître au grand jour. Et cela pour une raison toute simple : leur discours en trompe-l’œil va être rattrapé par la réalité.

Déjà, on peut le dire, l’UMP ne va résoudre aucun des problèmes de notre pays. Car, derrière les apparences, c’est bien au fond la même politique que celle menée par les gouvernements précédents qui est suivie par M. Raffarin. C’est vrai même dans le domaine de l’insécurité qui est pourtant considéré aujourd’hui comme le secteur où l’action gouvernementale est la plus novatrice et la plus énergique !

Alors, oui, en apparence, M. Sarkozy a pris le taureau par les cornes et s’engage dans la bonne voie. D’ailleurs, je lui en ai donné acte. Et lorsqu’une mesure positive est prise, nous le reconnaissons et nous l’approuvons. Ainsi, nous avons pu apprécier un certain nombre d’initiatives comme la loi sur la sécurité intérieure ou l’expulsion des clandestins par charters. Ces mesures, nous les approuvons d’autant plus qu’elles figurent dans le programme du MNR. Nous approuvons aussi l’espèce de dynamisme qui pousse le ministre de l’Intérieur à remotiver les forces de police et à les recentrer sur leur mission principale qui est la répression de la délinquance et de la criminalité.

Tout cela est très bien, mais totalement insuffisant pour changer les choses. Passé les effets d’annonces, l’inertie va reprendre le dessus et rien de réellement positif n’en sortira. Et cela pour une raison essentielle : aucune mesure structurelle n’est prise pour résoudre le problème au fond. Rien n’est fait sur la question de l’immigration. Rien n’est fait en matière de justice.

Chacun sait bien pourtant que l’une des causes majeures de l’insécurité est la montée d’une immigration massive et incontrôlée. Or, sur ce terrain, Sarkozy est comme tous les autres : terrorisé par le politiquement correct. Certes, il a pris quelques mesures publicitaires mais, sur le fond, rien n'a changé.

Le meilleur exemple en est l’affaire de Sangatte. Sarkozy est nommé ministre et l’une de ses premières mesures consiste à fermer le centre de Sangatte. Nous applaudissons, car nous avions réclamé cette fermeture depuis longtemps. C’est très bien, sauf que nous demandions, nous, la fermeture du centre et l’expulsion hors de France des clandestins qui s’y trouvaient. Or, qu’a fait M. Sarkozy ? Il leur a donné satisfaction. Il est même allé jusqu’à négocier pour eux avec son homologue britannique les fameux visas qu’ils réclamaient. Résultat : le centre est fermé, le coup médiatique a été réussi, mais les clandestins reviennent maintenant beaucoup plus nombreux et ils investissent d’autres centres quand ils n’investissent pas purement et simplement les rues des communes côtières du Pas-de-Calais. Sarkozy, ou l’art d’aggraver les problèmes en faisant semblant de les résoudre !

Et il en va de même de l’expulsion des clandestins par charters. Quelle énergie ! Quelle audace ! Oui, mais pendant que l’on expulse spectaculairement quelques dizaines de clandestins, les préfets sur ordre du ministre de l’Intérieur régularisent par milliers les fameux sans-papiers.

Et ce n’est pas tout. Sarkozy, pour obtenir l’onction des médias et de la gauche, s’est déclaré opposé au maintien de la double peine. Ce qui est tout de même ahurissant pour quelqu’un qui prétend combattre l’insécurité. Car supprimer la double peine, c’est accepter que les criminels et les délinquants étrangers puissent rester sur notre sol après avoir commis leurs forfaits. M. Sarkozy a même autorisé récemment un terroriste étranger qui achevait de purger sa peine à rester chez nous. On croit rêver…

Alors on comprend mieux pourquoi le ministre de l’Intérieur est aujourd’hui la coqueluche des médias. Ceux-ci savent parfaitement qu’il n’y a rien à redouter de lui. Il fait ce qu’il faut pour calmer et rassurer le peuple. Mais, sur le fond, les initiés savent qu’il ne changera rien d’essentiel.

D’ailleurs, Sarkozy a annoncé qu’il serait, le moment venu, pour le droit de vote des immigrés aux élections locales. Et on peut compter sur lui pour installer l’islam en France. C’est lui, en effet, qui met en place, pour la première fois dans l’histoire de la République, un Conseil représentatif des musulmans de France.

Sur le plan des principes, pourquoi pas ? Il y a toujours eu des musulmans en France, pourquoi n’y aurait-il donc pas une telle instance comme il y a par exemple le CRIF pour les Français juifs ? Eh bien ! tout simplement parce que la question de l’islam est toute différente aujourd’hui. Et cela au moins pour quatre raisons. L’islam est en pleine expansion sur notre sol, il est en train de rompre les équilibres de notre société et de menacer notre identité nationale. L’islam ne fait par ailleurs pas la distinction entre le spirituel et le temporel. C’est donc une religion qui investit la société, qui ne peut pas respecter nos principes républicains et qui exigera toujours plus de changements à nos propres règles.

Ensuite, l’islam connaît une composante intégriste, extrémiste très puissante qui conçoit la religion comme un instrument de conquête politique, justifiant la violence et pratiquant le mépris de ce que nous sommes. Enfin, l’islam n’est pas organisé de façon hiérarchisée.

M. Sarkozy pourra donc négocier ce qu’il veut avec ce nouveau conseil musulman : lui et l’État français seront engagés, mais les musulmans qui ne seront pas satisfaits ne se sentiront pas liés par les engagements de leurs représentants. Ce conseil fonctionnera donc comme un marché de dupes. Il ne va pas canaliser l’islam en France, il ne va pas le soumettre à nos propres règles. Il va simplement lui donner plus de poids et plus de légitimité pour s’installer comme un corps étranger dans notre culture et notre civilisation. C’est d’ailleurs si vrai que ce conseil fait la part belle à l’UOIF, l’organisation la plus intégriste qui, dynamisée par cette reconnaissance, va intensifier son action. Et ce n’est pas moi qui le dis : ce sont des musulmans modérés comme Mme Fekkar-Lambiotte qui a d’ailleurs démissionné du conseil pour dénoncer ce grave danger.

Voilà ! Avec MM. Raffarin et Sarkozy, il n’y a donc, c’est clair, aucun vrai changement. Et si vous rajoutez à cela M. Chirac, car il ne faudrait tout de même pas l’oublier, vous pouvez être certains que rien ne sera fait en rupture avec la pensée unique. D’ailleurs, pour ceux qui en doutaient, M. Chirac a été très clair lors de son voyage en Algérie. Voyage ô combien symbolique, là encore marqué par l’imposture. Car on nous a présenté le succès extraordinaire de M. Chirac comme la conséquence de sa nouvelle stature liée à la guerre du Golfe. Alors qu’en réalité, les foules algériennes l’accueillaient en scandant “ des visas, des visas ” et l’acclamaient parce qu’il promettait de leur en donner.

Il est d’ailleurs symptomatique de voir à quel point M. Chirac est populaire parmi les immigrés ou aspirants immigrés. Déjà, rappelez-vous, son élection avec 80% des suffrages avait été saluée le soir du vote par une foule en délire, une foule d’immigrés, drapeaux algériens en tête ! La situation n’est donc pas bien différente de celle que l’on connaît depuis trente ans.

Et, si rien ne change sur la question de l’immigration, rien ne change non plus s’agissant de la justice. Là aussi, en dehors de quelques rodomontades, rien de fondamental n’est modifié.

La magistrature, et c’est le point essentiel, n’a pas été remise à sa place. Rien n’a été fait pour arrêter la dérive idéologique qui la dénature depuis tant d’années et pour la recentrer sur sa mission essentielle de répression des crimes et des délits. L’École nationale de la magistrature et le Syndicat de la magistrature ont toujours une influence aussi néfaste et aussi importante.

Et la justice fonctionne, quant à elle, toujours aussi mal. Un rapport récent publié dans la presse nous apprend par exemple que le délai de traitement des affaires se situe en moyenne entre sept et vingt-quatre mois pour les cours d’appel. Et que les affaires classées “ sans suite ” peuvent atteindre le taux de 40%. Le record allant à la cour d’appel d’Aix-en-Provence, à l’exception, bien sûr, des affaires concernant Vitrolles et Catherine Mégret.

Et, face à cela, que fait le gouvernement Raffarin ? Il a pris une mesure, une bonne mesure. Celle de créer des centres dits “ fermés ” pour les mineurs délinquants multirécidivistes. Très bien, nous l’avions demandé, nous sommes pour ! Mais comment le gouvernement met-il en œuvre cette mesure ? Le premier centre a été ouvert à Saint-Denis-Le-Thiboult. Il s’agit d’un château du XIIIe siècle dans un parc de deux hectares : boiseries, cheminées, salles de bain en marbre, piscine intérieure, le tout avec vingt-sept éducateurs pour les dix adolescents que ce centre est censé accueillir. Et pendant ce temps-là, les détenus s’évadent des prisons en utilisant des bazookas. On croit rêver. Les socialistes eux-mêmes n’auraient pas osé en faire autant. Hélas, rien ne change.

Et ce qui est vrai dans le domaine de l’insécurité et de l’immigration est vrai aussi en matière économique et sociale. Là non plus, aucune vraie rupture avec le socialisme n’a été engagée.

Sans compter que la situation de la France est très mauvaise. La croissance doit être revue à la baisse. Ce ne sera pas 2,5%, ni même sans doute 1,5% peut-être moins de 1%. Le moral des ménages et des entrepreneurs est au plus bas et le chômage remonte en flèche : plus de 9% de la population active, avec un taux d’augmentation de 0, 7% rien que pour le mois de janvier. Et, surtout, les plans sociaux, les liquidations judiciaires, les délocalisations se multiplient de façon lancinante. Il ne s’agit d'ailleurs plus maintenant des seules industries traditionnelles qui, nous expliquait-on, devaient s’adapter à la mondialisation ou disparaître. Maintenant, ce sont tout autant les industries de pointe comme l’électronique, les télécoms ou l’aéronautique et l’espace qui sont touchés.

Et la liste est impressionnante. Daewoo, Air Lib, Metaleurop, Arcelor, Pechiney, France Telecom, Vivendi, GIAT Industrie, Thales, EADS, etc. Notre pays connaît un réel et dramatique processus de désindustrialisation qui prouve qu’on nous a menti à propos de la mondialisation. Car, apparemment, ce processus semble sans fin, en tout cas tant qu’il y aura des industries sur notre sol.

Face à cette situation, le gouvernement invoque la mauvaise conjoncture internationale. Et il est vrai que la tendance est à la baisse un peu partout et que la guerre en Irak n’a fait qu’accélérer ce processus. M. Raffarin en profite donc pour expliquer qu’il n’y est pour rien, qu’il fait ce qu’il peut, mais qu’il est victime du retournement de conjoncture.

Eh bien ! je dis que c’est faux : certes, la conjoncture est mauvaise, mais la politique du gouvernement, parce qu’il n’a pas rompu avec le socialisme, aggrave la situation au lieu de la corriger. Car, si on y regarde de plus près, on s'apperçoit que rien d’important n’a été fait pour libérer l’économie. Il n’y a eu aucune réduction du train de vie de l’État, aucun allégement de l’étatisme, puisque le budget de l’État a augmenté entre 2002 et 2003 de près de 3%. Résultat : le déficit va atteindre les 3,4% du PNB cette année et les réductions d’impôts sont inexistantes.

Au-delà de la baisse symbolique de 5% de l’impôt sur le revenu, aucune baisse fiscale n’a été réalisée ni même programmée. M. Raffarin prétend que c’est pour l’année prochaine, mais il ne prend aucun engagement et, en attendant, ce sont les impôts locaux qui augmentent comme conséquence des transferts de compétence.

Par ailleurs, rien n’a été entrepris pour alléger significativement le carcan bureaucratique qui étouffe les entreprises. La loi sur les 35 heures n’a été modifiée que de façon très timide. Et nos entreprises restent plongées dans un environnement où tout est fait maintenant pour dissuader les Français de travailler.

Enfin, avec la montée du chômage, le gouvernement renoue avec les bonnes vieilles méthodes socialistes. Il veut créer artificiellement des emplois factices sur crédit budgétaire ce qui, chacun le sait, pour principale conséquence d’alourdir encore un peu les frais généraux de la nation et d’accélérer le processus de destruction des emplois réels.

A peine un an après son arrivée au pouvoir, le gouvernement est donc retombé dans les ornières socialistes. Les leçons du 21 avril n’ont pas suffi. Elles auront conduit à changer le discours, mais pas la réalité. Et en politique, c’est toujours la réalité qui finit par triompher du discours.

Et c’est pourquoi nous ne devons pas perdre espoir. Déjà, la cote de popularité de M. Raffarin commence à baisser et, progressivement, le phénomène va prendre de l’ampleur à mesure que l’imposture va se révéler.

Mais les raisons d’espérer ne se limitent pas à ce processus de confrontation avec la réalité et de triomphe progressif de la vérité. Il s’agit d’ailleurs là d’un phénomène qui porte sur la situation politique conjoncturelle. Et il y a de façon plus structurelle des raisons supplémentaires et, je pense plus essentielles, d’espérer. Car des phénomènes de grande ampleur sont à l’œuvre qui pourraient bien créer dans un avenir proche une nouvelle donne particulièrement favorable à notre combat.

Il y a d’abord ce fait essentiel que la gauche connaît une crise sans précédent. Et quand je dis la gauche, ce n’est pas seulement et même peut-être pas prioritairement la gauche politique, le parti socialiste, mais la gauche au sens large, la gauche en tant que courant de pensée. La défaite de Jospin au mois d’avril dernier n’est pas qu’un phénomène conjoncturel lié à l’éclatement des candidatures de gauche et à la personnalité peu sympathique du leader socialiste. Non, il s’agit d’un phénomène beaucoup plus important qui traduit un rejet profond de l’idéologie de gauche. Je dirais même qu’après Mai-68 et trente-cinq ans d’hégémonie totale de la gauche sur la société française, après mai-81 et vingt ans de pouvoir socialiste quasicontinu sur nos institutions, la gauche française arrive aujourd’hui en fin de cycle historique.

Ce qu’elle avait à apporter, ce qu’elle avait à dire, elle l’a mis en œuvre et exprimé à satiété. Son projet et sa vision du monde ont donc été confrontés au monde tel qu’il est et la gauche s’est fracassée sur la réalité. Toute son idéologie structurée de marxisme revu et corrigé par l’esprit libertaire de Mai-68 s’est finalement trouvé déligitimée et discréditée par les faits. Le monde réel est têtu et il a eu raison des chimères socialistes.

Ce phénomène est particulièrement visible dans le monde de l’éducation nationale. Voilà un domaine où la gauche dominait sans partage, au travers de ses intellectuels, toujours de gauche, de ses enseignants presque toujours militants de gauche, de ses syndicats et de ses idées très à gauche. S’il y a bien un secteur de la vie nationale où l’idéologie de gauche a pu donner toute sa mesure sans partage, c’est bien celui de l’école. Et le résultat aujourd’hui est là : c’est le fiasco total. On a voulu ouvrir l’école sur le monde et il a fallu enfermer les établissements derrière des grilles protégés par des vigiles. On a voulu faire de tous les Français des bacheliers et même des étudiants et c’est l’illettrisme qui se développe et le niveau général qui baisse. On a multiplié le nombre des enseignants et aujourd’hui, ils ne supportent plus leur travail. On a voulu faire de l’école un outil de propagande pour l’idéologie prétendument intégrative des droits de l’homme et c’est l’école qui éclate sous les coups du communautarisme.

Et il en va de même dans tous les secteurs. Par laxisme moral, parce que le dogme idéologique considère que ce ne sont pas les délinquants mais la société qui est coupable, on a laissé se développer une insécurité majeure qui pénalise au premier chef les moins favorisés de nos compatriotes.

Au nom d’un mondialisme idéologique débridé, on a laissé se développer le libre-échangisme mondial avec, comme résultat, un grand capitalisme mondialisé et implacable qui désindustrialise notre pays, accroît les inégalités et crée un chômage structurel dont on n’a pas pu se défaire depuis les années 70.

L’idéologie de gauche a donc échoué. Et ses victimes sont justement ceux qui la soutenaient, que ce soient les fonctionnaires, notamment les enseignants, ou les classes populaires. Résultat : le désenchantement est grand, non seulement dans l’électorat de gauche mais aussi parmi les intellectuels. Au point que beaucoup se retournent contre leurs anciens idéaux et vont même jusqu’à se faire accuser d’être de “ nouveaux réactionnaires ”. Au point qu’il est maintenant branché dans ces milieux-là de trouver Sarkozy sympa.

Et cela va loin, puisque le journal le Monde, la référence de l’idéologie de gauche, est aujourd’hui attaqué et pas seulement pour ses pratiques peu déontologiques mais aussi pour son orientation idéologique. Pierre Péan et Philippe Cohen dressent dans leur ouvrage un véritable réquisitoire des options idéologiques du Monde qu’ils énumèrent et dénoncent avec une grande sévérité : «l’autonomie des individus permettant leur émancipation morale et sexuelle, l’effacement des nations, la relativisation du poids des États, la substitution des lobbies aux corporations, la conquête de nouveaux droits pour les minorités, l’émergence d’un droit international fondé sur le droit d’ingérence et la réparation, l’émancipation des pratiques artistiques de tous les carcans religieux, politiques, historiques [....]». Et encore «homosexualité, pacsification des esprits, légalisation des drogues douces, téléréalité, néo-pornographie, défense et illustration des romans de cul, peopolisation du monde, dénonciation du harcèlement, ultra-féminisme, antifascisme conventionnel», le Monde est devenu, disent-ils, «le champion toutes catégories de la rébellion de salon».

Ainsi, l’idéologie de gauche est-elle aujourd’hui sur la défensive, en pleine crise existentielle et, j’en suis convaincu, elle n’est pas près d’en sortir. Mais, chose très positive, il n’y a pas que le socialisme à se trouver sur le recul, le mondialisme va aussi sans doute connaître des revers.

Certes, le processus est beaucoup moins avancé et, d’ailleurs, le mondialisme ne subira certainement pas une défaite idéologique comparable à celle du socialisme. Ce sont plutôt les événements qui, me semble-t-il, peuvent progressivement l’occulter et créer une situation qui le rendra beaucoup moins néfaste et virulent. C’est en tout cas ce qui a commencé à se dessiner sur le plan international et de façon très inattendue à l’occasion de la crise irakienne.

Contrairement à toute attente, les Américains ont rencontré dans leur opération irakienne une opposition diplomatique résolue et massive qui les a contraints à se passer de l’ONU et à agir pratiquement seuls avec les Britanniques. Que la superpuissance, la seule superpuissance mondiale, qui développait jusqu’à présent sans opposition son projet mondialiste à travers la planète se trouve ainsi isolée sur la scène internationale est en soi un phénomène majeur.

Mais l’autre surprise de grande ampleur est venue d’Europe. Car c’est l’Europe qui a mené la contestation contre les États-Unis. Oh ! certes pas, l’Europe de Bruxelles qui, comme toujours, s’est trouvé divisée et paralysée, mais l’Europe des peuples et des nations. Car ce sont trois grandes nations européennes, la France, l’Allemagne et la Russie qui sont montées en ligne. On m’objectera, bien sûr, que d’autres pays, comme la Grande-Bretagne, l’Italie ou l’Espagne, ont soutenu les Américains. Mais les populations n’ont pas suivi leur gouvernement et il y a bien eu un phénomène de fond qui s’est appuyé sur les nations et sur les peuples.

Alors, bien sûr, tout cela est ténu. Tout cela peut être sans lendemain. Mais je crois aussi que tout cela peut être le début d’un grand basculement géopolitique. Le monde a connu l’équilibre de la terreur entre l’Est et l’Ouest pendant toute la guerre froide. Après l’effondrement de l’URSS, les États-Unis se sont imposés comme la seule superpuissance dans le monde. Mais ceux-ci sont en réalité à la fois trop faibles et trop puissants. Trop puissants pour ne rester que dans leur sphère nord-américaine et trop faibles pour s’imposer au monde dans son ensemble. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’ils s’attaquent toujours à beaucoup plus faibles qu’eux.

La situation actuelle est donc déséquilibrée et transitoire. Et le monde qui doit suivre le monde bipolaire de la seconde moitié du XXème siècle ne sera pas un monde américain mais un monde multipolaire. Ce que nous avons vécu avec l’affaire irakienne constitue peut-être le début de ce nouveau basculement qui ne peut qu’être positif. D’abord parce qu’il mettra un frein sinon un terme à la mondialisation débridée que nous connaissons aujourd’hui et dont les Américains sont les principaux promoteurs. Et ensuite parce que cette évolution redonne toutes ses chances à une Europe telle que nous la souhaitons, c’est-à-dire un pôle de puissance capable d’assurer son indépendance, de défendre sa civilisation et de peser dans le monde.

Si, en effet, la planète devient multipolaire, si l’Europe se trouve une mission d’équilibre et de contrepoids par rapport aux USA, elle sera naturellement poussée à se libérer de la tutelle américaine et à se doter des moyens de son indépendance. Le moment viendra alors pour elle de se dégager de l’Otan et de créer une alliance militaire qui pourrait la doter d’une puissance comparable à celle des États-Unis. Le moment viendra aussi pour elle d’affirmer son autonomie sur le plan économique et stratégique. Déjà elle dispose avec l’euro, d’un instrument capable de faire contrepoids au dollar. Déjà elle bénéficie avec Airbus et Ariane d’atouts industriels et technologiques majeurs. Elle devra pousser ses avantages et elle en a les moyens. Surtout si elle s’appuie sur les nations sans chercher à les détruire.

L’Europe des nations peut demain faire reculer le mondialisme américain, comme le peuple français a commencé à rejeter l’idéologie de gauche.

Voilà, chers amis, pourquoi tout n’est pas négatif, voilà pourquoi, malgré les épreuves, nous pouvons avoir des raisons et des raisons majeures d’espérer. Le gouvernement Raffarin, malgré son discours habile et trompeur, va être rattrapé par la réalité. Et surtout, au-delà de la conjoncture politicienne, la donne peut changer. Car, si sur des plans différents, ce sont à la fois le socialisme et le mondialisme qui reculent, ce sont nos deux adversaires idéologiques qui faiblissent.

Cela veut dire, la politique ayant horreur du vide, que nos idées peuvent progresser et l’emporter.

Encore faut-il, chers amis, que nous soyons toujours là demain pour les porter politiquement. Voilà pourquoi, encore une fois, il nous faut tenir. Voilà pourquoi nous devons être présents partout dans nos départements, voilà pourquoi nous devons être présents aux échéances électorales de l’année prochaine.

Chers amis, la roue tourne, les idées que nous combattons appartiennent au siècle passé, nos idées sont celles du siècle qui s’éveille. Courage, notre heure viendra !
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