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Discours, le 07/03/2004
Le MNR, le renouveau.
Discours à la convention électorale du MNR - Paris


Cette convention électorale du MNR à la veille des élections régionales est déjà le signe d'un vrai succès pour notre mouvement. Vous l'avez vu tout au long de l'après-midi avec l'intervention des têtes de liste, le MNR est en ordre de bataille pour les élections du 21 mars prochain. Et nous avons réussi à gagner notre pari.

Lorsque nous avions annoncé que nous présenterions des listes aux élections régionales, beaucoup n'y croyaient pas. Nos adversaires qui nous considéraient comme morts pensaient qu'il s'agissait de notre part d'un coup de bluff. Même dans nos rangs certains doutaient que nous pourrions réussir à relever ce défi. Eh bien nous l'avons fait. Nous avons treize listes. Nous sommes présents auprès de 75 % de la population. Nous avons plus de listes que le PC, plus de listes que les Verts, presqu’autant de listes que l’UDF.

Et cela, chers amis, sans l'argent de l'État, sans l'aide des médias, sans le soutien institutionnel de qui que ce soit. Tout cela grâce au travail, à l'engagement, aux convictions, à la persévérance des militants, des cadres, des élus de notre mouvement. Et de cela, chers amis, je voudrais vous féliciter car cela montre, plus que n'importe quel discours, la vitalité et la force du MNR.

Nous avons ainsi réussi un tour de force qui nous replace dans le débat public. Comme nous l'avions prévu, les médias locaux et nos adversaires sont obligés de tenir compte de nous et les Français ont découvert que le MNR était toujours là et qu'il continuait son chemin. Avant même de connaître le résultat de ces élections dans quinze jours nous pouvons donc considérer que notre mouvement a remporté un premier succès en parvenant à assurer sa présence politique aux élections régionales.

Et cette présence est indispensable car notre pays se porte mal et la classe politique, toutes tendances confondues, UMP, PS, PC, FN et UDF, est incapable de faire face aux fléaux majeurs qui menacent la France.

Je pense d’abord au déclin économique qui frappe de plein fouet notre pays et qui cause à beaucoup de nos compatriotes un très grave préjudice. Car si tout continue comme avant, la France pourrait bien devenir le champion d’une nouvelle catégorie de pays : les pays en voie de sous-développement. Et je n’exagère pas car nous assistons à la conjonction de plusieurs phénomènes qui vont tous dans le même sens.

Il y a la désindustrialisation qui frappe toutes nos régions avec son cortège de plans sociaux, de dépôts de bilan, de licenciements collectifs et de délocalisations. La concurrence sauvage liée à la mondialisation débridée provoque un véritable déménagement de nos usines de la France vers l’étranger et notamment vers la Chine. Mais pendant que les usines s’en vont, M. Chirac déroule le tapis rouge devant le président chinois. Ils nous dépossèdent de notre puissance industrielle et nous leur disons merci en nous excusant !

Mais il y a plus. Car tout est fait en France pour décourager ceux qui travaillent. Les charges, les taxes et les impôts sont toujours aussi lourds. M. Chirac a certes annoncé une diminution de l’impôt sur le revenu mais à cause de la décentralisation, les impôts locaux vont continuer d’augmenter. Et on parle déjà, pour cet été, après les élections, d’une augmentation de la CSG pour financer la Sécurité sociale.

Si l’on ajoute à cela la loi sur les 35 heures que le gouvernement a été trop faible pour remettre en cause, on s’aperçoit que tout est fait dans notre pays pour décourager ceux qui créent, qui innovent, qui entreprennent et qui produisent. Des Français de plus en plus nombreux parmi les plus brillants de nos compatriotes en tirent maintenant les conséquences et quittent la France pour les États-Unis ou la Grande-Bretagne.

La recherche, qui est indispensable au développement économique, est en pleine crise et si notre pays se maintient encore, c’est en vivant sur ses acquis, mais ceux-ci s’effritent peu à peu en même temps que nos entreprises sont rachetées par l’étranger.

Or, face à ce processus délétère, le gouvernement UMP reste totalement passif. Rien n’est fait par exemple pour tenter de combattre les effets néfastes de la mondialisation. Il est pourtant totalement anormal que le yuan, la devise chinoise, soit outrageusement sous-évalué, sans que l’Europe n’agisse avec énergie pour mettre fin à cette pratique déloyale. Il est consternant de constater que le déficit public de la France atteint maintenant 4% du PIB sans que le gouvernement n’engage le moindre plan de réduction du poids de l’État. Et où que l’on se tourne, c’est la même incohérence ou la même passivité, il est vrai camouflées avec plus ou moins d’adresse par une politique de communication qui tient lieu de politique tout court.

Car, dans les autres domaines, il en va de même et tout particulièrement s’agissant du processus ô combien dangereux de l’islamisation de notre pays. La France a connu dans les années 60 une immigration de main-d’œuvre à l’époque de la croissance très forte des 30-Glorieuses. Elle a subi depuis une immigration de peuplement liée au regroupement familial et à l’arrivée massive d’étrangers venant sur notre sol, non pas pour travailler, mais pour jouir des avantages sociaux extraordinaires qu’offre notre pays. Aujourd’hui, la France connaît la troisième phase de ce processus avec l’immigration de colonisation. Car c’est bien de cela dont il s’agit avec la volonté des groupes islamistes d’adapter la république à l’islam et de nous imposer leurs mœurs, leurs coutumes et leurs règles.

Il ne s’agit en rien d’un problème religieux, chacun en France peut pratiquer sa religion, et notamment les musulmans auxquels personne ne dénie ce droit. Car il faut le souligner : il n’est pas nécessaire de porter le voile dans les lieux publics pour pratiquer l’islam. Certains pays musulmans comme la Turquie ou la Tunisie interdisent en effet le port du voile sans que cela pose le moindre problème. La question de l’islamisation est donc une question politique. Ce n’est pas par hasard si l’organisateur des manifestations contre la loi sur le voile était le Parti des musulmans de France. C’est un parti politique islamiste qui veut imposer progressivement dans notre pays le programme politique de la charia. Or cela, nous ne pouvons pas l’admettre.

Ce serait mettre en cause notre identité et notre civilisation. Car ne l’oublions pas, que l’on soit chrétien ou non, pratiquant ou non, notre pays a été façonné par 1500 ans de christianisme et on ne peut donc pas accepter que tout cet héritage inscrit sur notre terre, dans nos lois, notre calendrier et nos coutumes soit remis en cause pour satisfaire les exigences de groupes extrémistes s’appuyant sur l’étranger.

Or, face à cette terrible pression, le gouvernement et la classe politique font preuve là encore d’une très grande pusillanimité. Certes, ils ont fait voter une loi pour interdire le port du tchador à l’école. Mais cette loi, qui est bénéfique et que nous avons approuvée, ne règle rien. Car elle ne va pas interrompre l’offensive lancée par les islamistes dans notre pays. Une offensive que M. Sarkozy a légitimé et institutionnalisé en créant le Conseil français du culte musulman.

Il faut défendre les principes de la République et celui de la laïcité, mais il faut faire exactement le contraire de ce que fait M. Sarkozy. Le ministre de l’Intérieur a en effet affirmé qu’il travaillait beaucoup avec les musulmans « afin qu’ils puissent rattraper leur retard lié à l’implantation récente dans notre pays, afin que l’islam puisse bénéficier des mêmes droits que les religions historiques de notre pays ».

Moi je dis que la laïcité, c’est la neutralité de la sphère publique, ce n’est pas de mettre sur le même plan toutes les religions. Il faut en effet affirmer clairement qu’on ne peut pas mettre en balance une religion qui a marqué notre pays pendant quinze siècles et une autre qui n’est présente sur notre sol marginalement que depuis vingt ans. Il faut rappeler à tous ceux qui prétendent rester en France et être Français qu’ils ne sont pas chez nous n’importe où. Nous ne sommes pas une société, nous sommes une nation qui n’existe que par son héritage et ses valeurs de civilisation. En clair, nous sommes une nation européenne de tradition chrétienne et nous entendons le rester.

Mais, pour renouer avec notre identité, nos valeurs et nos principes et avec l’esprit créateur et entreprenant qui caractérise notre peuple, bref, pour retrouver le génie de notre civilisation, il faut autre chose que les simagrées de MM. Chirac, Raffarin et Sarkozy.

Car on le sait bien, ces gens-là ne cherchent pas à changer la réalité, ils s’efforcent d’agir sur l’opinion. Ils ne veulent pas résoudre les problèmes des Français, ils veulent leur faire croire qu’ils le font. Ils ne sont plus dans le réel mais dans le virtuel. La nouvelle gouvernance de Raffarin, c’est comme un ballon. Tout le monde court derrière mais il n’y a rien dedans. Sauf que maintenant il n’y a plus grand monde pour courir derrière, et tout le monde sait qu’il n’y a rien dedans.

Face à l’ampleur des enjeux auxquels notre nation est confrontée, il y a en effet quelque chose de pitoyable à voir le gouvernement consacrer l’essentiel de son énergie à la lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme et l’insécurité routière. Sans doute ces luttes ne sont-elles pas illégitimes mais elles ne sont pas du niveau de celles qui sont nécessaires pour enrayer le déclin de notre pays. Le pouvoir est d’une faiblesse totale à l’égard des grandes menaces qui obèrent l’avenir de notre nation et de notre civilisation, il est incapable de prendre les décisions d’envergure pour réformer l’État et la fiscalité, il est terrorisé face aux menées islamistes.

Mais en revanche, il fait preuve contre les automobilistes et les fumeurs d’une intransigeance totale, d’une autorité inflexible et développe à leur encontre une répression sans la moindre faille. Comment ne pas voir là la terrible faiblesse d’un pouvoir tellement désemparé qu’il déserte le champ de bataille principal pour aller rechercher des victoires dérisoires sur des fronts secondaires.

Agir ainsi, c’est non seulement reconnaître son impuissance et son incapacité totale à affronter la réalité et à résoudre les problèmes des Français, mais c’est aussi créer à leur encontre de terribles injustices. MM. Chirac et Raffarin se comportent à l’égard des Français comme ces contrôleurs de train qui sont impitoyables envers la vieille femme qui n’a pas oblitéré son billet mais qui font semblant de ne pas voir les voyous qui sèment la terreur dans le wagon d’à-côté. Or rien n’est pire qu’une injustice. On peut affronter des difficultés, on peut surmonter des épreuves mais il n'y a rien de plus insupportable que de devoir subir des injustices et les injustices sont aujourd’hui nombreuses dans notre pays.

C'est d'abord l'injustice grandissante dans le monde du travail. Ceux qui exercent une activité, surtout s'ils sont en situation d'être indépendants, sont de plus en plus ponctionnés, de plus en plus pénalisés. Ceux qui travaillent et qui sont par ailleurs de moins en moins nombreux supportent, à travers les taxes et les impôts, le poids grandissant de ceux qui vivent aujourd'hui en profiteurs dans notre pays.

Mais il y a aussi les injustices sociales qui sont de plus en plus lourdes. À une époque où l'on cherche à réformer la Sécurité sociale, force est de constater une fois de plus que seuls les Français sont pénalisés. Ainsi, par exemple, l'aide médicale d'État, l'AME, qui a été créée pour assurer gratuitement les soins aux immigrés clandestins, coûte de plus en plus cher. Et toutes les études montrent que les soins par tête sont beaucoup plus élevés pour les justiciables de l'AME que pour les justiciables de la sécurité sociale classique.

Ce système a sans doute été mis au point dans un esprit de charité pour éviter que ceux qui vivent en clandestins dans notre pays soient dans l'incapacité totale de se soigner. Mais il est aujourd’hui totalement dévoyé et constitue désormais une injustice institutionnelle à l'encontre des Français qui paient leur cotisation au bénéfice de ceux qui viennent vivre en assistés.

Ajoutons d'ailleurs que l'injustice est délibérément voulue par certains responsables politiques. C'est ainsi que la volonté de M. Sarkozy de créer une discrimination positive au bénéfice des immigrés conduit à donner un avantage aux étrangers par rapport aux Français ou même à ceux qui sont d'origine étrangère par rapport aux Français de souche créant ainsi une inégalité qui constitue même la suprême injustice puisqu'elle va à l'encontre de ce qui est naturel et de ce qui est ressenti comme normal.

L'injustice est également très liée aux affres de l'insécurité. M. Sarkozy a certes multiplié les initiatives et s'est surtout beaucoup préoccupé de les médiatiser mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. M. Sarkozy s’en est d’ailleurs je crois rendu compte lui-même, en pleine campagne des régionales, lorsqu’il s’est rendu dans le quartier des Halles à Paris avec M. Copé pour parler aux Français de la sécurité dans le métro. MM. Sarkozy et Copé ne s’y étaient pourtant pas rendus sans prendre leurs précautions et les garde-du-corps comme les policiers étaient nombreux dans leur entourage. Pourtant cela n’a pas suffi. Très vite ils ont été entourés, des sifflets, des insultes, des crachats ont fusé, il a fallu que ce bel aréopage se réfugie dans le poste de police le plus proche. Mais là encore la sécurité n’était pas suffisante et le premier flic de France a dû repartir par une porte dérobée en s’efforçant de ne pas courir sous la pression des jeunes qui manifestement n’avaient pas bien compris sa politique. Lorsqu’il n’y a pas de sécurité pour le ministre de l’Intérieur dans les rues de Paris, on peut se demander comment il peut y en avoir pour les Français.

Et d’ailleurs il n’y en a pas en tout cas pas pour ce qui concerne les agressions contre les personnes physiques. Les statistiques montrent que cette délinquance est en augmentation de 7%. Or, c’est la plus traumatisante et la plus insupportable pour les personnes, d'autant qu'elle ne touche bien souvent que les Français aux budgets les plus modestes. Ceux qui sont obligés de se déplacer en transport en commun et qui sont contraints de vivre dans les cités à risque.

L'injustice est d'ailleurs générale puisqu'elle touche même la justice proprement dite. Car ce serait une grave erreur de penser que la magistrature est une garantie de justice. J'ai été particulièrement choqué des réactions contre la loi Perben qui laissaient à penser que les pouvoirs nouveaux donnés aux policiers indépendamment des magistrats ne pouvaient constituer qu'une atteinte aux droits et une menace pour les libertés. Comme si les pouvoirs nouveaux donnés aux juges ne pouvaient qu'aller dans le sens de la liberté.

Ainsi, les magistrats se sont-ils indignés que la garde-à-vue des grands malfaiteurs puissent être prolongée jusqu’à quatre jours comme s’ils n’avaient pas eux-mêmes le pouvoir de les mettre en détention provisoire pendant de nombreux mois. Ils se sont émus que l’on puisse mettre des caméras et des micros dans des lieux privés pour piéger les gangsters comme s’ils n’étaient pas les premiers à utiliser les fichiers informatiques des cartes bleues, des péages autoroutiers ou des sites internet quand ils en éprouvent la nécessité. Ils se sont indignés que soit instaurée la procédure du plaider-coupable qui permet d’accélérer les procédures de justice comme s’ils n’hésitaient pas, lorsqu’il faut condamner des candidats avant une élection, à supprimer toute procédure d’instruction.

Soyons clairs, la justice aujourd’hui est plus éprise de pouvoir que d’équité et c’est pour cela qu’elle est souvent injuste.

Et en disant cela je parle d'expérience puisque j'ai été avec des membres du MNR particulièrement frappé par ces injustices institutionnelles et tout récemment encore avec cette affaire ahurissante d'inéligibilité en Champagne-Ardenne alors même que j'apportais toutes les garanties de mon attache fiscale dans la région.

Nous sommes donc confrontés aujourd'hui à un problème majeur. La classe politique non seulement se révèle incapable d'enrayer les injustices mais on pourrait même dire que la fausse droite et la gauche en sont à l'origine. Le résultat d'ailleurs c'est que les Français sont de plus en plus déboussolés et que s'est constituée comme une spirale du désespoir ou à tout le moins du mécontentement et de la morosité. Une spirale qui conduit les électeurs à sanctionner à chaque élection ceux qui sont en place. Et pour les sanctionner9 là est le paradoxe - ils votent pour ceux qu'ils avaient sanctionné la fois précédente. Ou alors ils s'abstiennent ou votent pour des partis qui stérilisent leur voix.

Notre volonté dans cette élection est de commencer à casser ce cercle vicieux, à faire comprendre aux Français qu'il peut y avoir un changement important. Or ce changement n’est pas une utopie, il n’est nullement un vœu pieux, je l’affirme aujourd’hui, il est possible. Il est possible d’abord parce que la classe politique est en fin de cycle.

Observez la gauche : depuis le 21 avril 2002, elle connaît une crise sans précédent. Une crise qui n’a rien de conjoncturel ni de passager. C’est en effet tout son discours qui vole aujourd’hui en éclats. Sur le plan économique et social, elle n’a plus rien à proposer. Dans l’esprit du « travailler moins pour gagner plus et avoir plus de prestations », nous sommes allés au bout du chemin. Et personne n’imagine encore qu’on puisse espérer travailler 30 heures, prendre sa retraite à 50 ans, bénéficier d’un SMIC à 1500 euros et obtenir les soins et les logements gratuitement. L’utopie s’est fracassée contre la réalité.

Sur la question du mondialisme où la gauche était également en pointe, c’est aussi la fin du parcours. Car l’immigration massive a engendré l’islamisation et l’islamisation menace non seulement notre identité et nos valeurs de civilisation mais aussi l’idéologie universaliste de la gauche. Car l’islamisme met aussi en cause la philosophie des lumières, la libération de la femme, le matérialisme, les droits de l’homme et tout ce sur quoi la gauche n’a cessé de se mobiliser depuis des années. La gauche socialo-écolo-communiste est donc arrivée à son terminus.

Comment ne pas voir qu’il en va de même pour le Front national. Non pas pour des raisons de fond, cette fois, mais pour les raisons liées à la nature même de ce parti. Il n’existe plus qu’à travers Le Pen et Le Pen arrive au bout du voyage. Déjà ses électeurs en sont conscients, ils n’en attendent plus rien si ce n’est la possibilité d’utiliser le bulletin de vote F N comme instrument de protestation et de mécontentement. Mais le processus est inexorablement entamé, Le Pen en renonçant à se présenter aux régionales en PACA après avoir annoncé des succès éclatants a lui-même donné le signal du déclin. Redoutant de mauvais scores annoncés par les sondages, il a lui-même mis en scène cette inéligibilité qui dans son cas n’avait rien d’inéluctable pour jeter l’éponge et fuir devant l’obstacle. Et cette reculade est bien perçue comme telle par les observateurs et beaucoup de Français : le FN arrive en fin de course.

Certes, on me répondra que l’UMP est un parti tout neuf qui, quant à lui, vient juste de prendre son élan. Mais cette réalité n’est qu’une apparence car l’UMP n’incarne rien, ne représente rien, ne propose rien et ne défend rien. C’est un appareil électoral et politicien qui est aussi vieux que les composantes qu’il a réunies. Et c’est si vrai qu’on retrouve maintenant en son sein les mêmes tares génétiques que celles du RPR et de l’UDF ancienne façon. On peut même considérer que le fossé qui s’est creusé entre les partisans de Sarkozy et ceux de Chirac est d’ores et déjà infranchissable et que la guerre entre eux peut aller jusqu’à son terme : celui de la destruction de l’UMP.

L’avenir est donc beaucoup plus ouvert qu’il n’y paraît. La situation partisane est tout sauf figée. Mais surtout, c’est la situation politique dans laquelle se trouve notre pays qui crée des lignes de fracture majeures. Les problèmes économiques liés à la fois au mondialisme et au socialisme, en créant une régression sociale d’envergure, peuvent bouleverser la donne. Les Français ont beaucoup supporté au cours des dernières années mais ils l’ont fait parce que leur niveau de vie se maintenait malgré tout vaille que vaille. Si demain la fracture économique et sociale s’aggrave, tout pourrait changer.

De même, la montée de l’islam ne touche plus seulement les Français vivant dans les cités mais elles déstabilise toute notre société. Là aussi, une fracture majeure s’est ouverte qui pourrait bien bouleverser complètement les rapports de force politique traditionnels.

Enfin, n’oublions pas l’Europe qui, avec son élargissement à 25, prend une dimension tout à fait nouvelle. Et chacun le sent bien, on ne pourra plus faire fonctionner l’Europe avec la Pologne et tous les autres pays de l’Est comme on l’a fait jusqu’à présent au sein de l’Europe des Quinze. La centralisation bureaucratique et fédéraliste sera beaucoup plus difficile à imposer dans la nouvelle Union. D’ailleurs, on l’a vu, pour les négociations sur la constitution européenne, l’Europe nouvelle crée de nouvelles fractures et change là aussi la donne.

Or, la classe politique traditionnelle est complètement décalée par rapport à ces nouveaux enjeux qui sortent du champ politiquement correct. Elle est incapable de faire face à la mondialisation et à l’islamisation et elle est totalement inapte à imaginer un nouveau modèle économique en rupture avec le socialisme comme elle est incapable de concevoir un nouveau modèle d’Europe en rupture avec l’idéologie bruxelloise.

Il y a donc clairement aujourd’hui la nécessité d’une voie nouvelle. Celle d’une vraie droite, sans laxisme ni extrémisme qui offre les solutions aux défis qui nous sont lancés. Face à l’islamisation, il faut rejeter à la fois le communautarisme et la discrimination positive et défendre notre identité et nos institutions en s’appuyant sur la république et sur notre civilisation.

Face au déclin économique, il faut rejeter à la fois le socialisme et l’ultra-libéralisme et s’appuyer sur le principe de liberté et de responsabilité. Sur la question des 35 heures par exemple, il faut remettre en cause cette loi, non pas pour revenir en arrière, mais pour assurer la liberté de choix : que ceux qui veulent travailler moins puissent le faire en gagnant moins. Que ceux qui veulent gagner plus puissent le faire en travaillant plus.

Face à la question européenne, il faut à la fois rejeter le repli chauvin sur soi et l’européisme déracinant et proposer une Europe qui soit à la fois forte, indépendante et puissante et qui respecte les nations. Rejetons la bureaucratie bruxelloise mais acceptons une Europe à la carte et créons une alliance militaire européenne.

Cette voie moderne et volontaire, c’est nous qui l’incarnons et c’est la raison pour laquelle nous devons tenir et durer car nous sommes en phase avec notre temps et avec les aspirations de nos compatriotes. Si nous tenons et si nous durons, nous réussirons. Voilà pourquoi nous devons être plein d’espoir car notre engagement aux régionales le prouve : nous sommes capables de tenir et de durer. Et d’ailleurs, au-delà des élections du 21 mars, je puis vous le dire dès aujourd’hui, nous serons présents le 13 juin aux élections européennes et au-delà aux échéances futures de 2007.

Nous devons donc nous lancer avec énergie dans la dernière ligne droite de la campagne. Allez à la rencontre de nos compatriotes et n’hésitez pas à leur parler sans fard, n’hésitez pas à les mettre face à leurs responsabilités.

La plupart d’entre eux sont mécontents, désabusés ou moroses. Vous devez les secouer et leur dire qu’ils ont une part de responsabilité dans ce qui leur arrive. Car on ne peut pas à la fois se plaindre de ce qui survient et conforter ceux qui sont en place en votant pour eux ou en stérilisant sa voix, ce qui revient au même.

Pour que ça change, il faut choisir une voie nouvelle, il faut voter pour ce qu’incarne le MNR.

Pour ouvrir les voies du renouveau, il n’y a qu’un bulletin de vote, celui du MNR, celui de la vraie droite pour la France et pour l’Europe.
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