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Discours, le 30/08/2004
Pour le retour du politique
Discours de clôture de l'université d'été du MNR - Flavigny


Lorsque l'on contemple le spectacle attristant qu'offre aujourd'hui notre malheureux pays, on ne peut pas ne pas s'interroger. Et au premier abord, on peut comprendre ceux qui, se laissant prendre par l'inquiétude, l'angoisse et même le désespoir clament que tout est terminé, qu'il n'y a plus d'espoir, qu'il ne sert plus à rien de combattre, et qu'il est temps de renoncer et de se replier sur sa vie personnelle.

Et bien, chers amis, je voudrais vous faire part de ma conviction la plus profonde. L'espoir est toujours là. Rien n'est joué. Le renouveau peut venir et cela pour des raisons très concrètes et tout à fait essentielles.

Oh certes la situation de la France n'est pas brillante. Il y a bien sûr l'état démographique dans lequel se trouve notre pays et qui pourrait bien, si rien ne change, conduire à la disparition pure et simple du peuple français et même des peuples européens. Au-delà, il y a la montée inexorable de l'immigration. Une immigration massive et incontrôlée qui ne cesse de prendre de l'ampleur et de marquer en profondeur notre sol, notre société et notre civilisation. Une immigration qui n'est pas seulement de peuplement mais qui s'apparente maintenant à une forme de colonisation, avec un islam de plus en plus présent, tantôt discret et conciliant, tantôt agressif et conquérant, mais dans tous les cas un islam qui affirme sa présence avec force.

Il y a aussi cette idéologie socialiste qui a triomphé dans notre pays depuis de nombreuses décennies et qui a marqué de son empreinte toute notre société. N'a-t-elle pas fait triompher le matérialisme, l'égalitarisme et le parasitisme, érigeant le ressentiment comme moteur d'évolution sociale et créant une attitude générale d'égoïsme et de laisser-aller qui entrave gravement les capacités d'initiative, de création et d'invention de notre peuple ?

Une idéologie qui a de surcroît réussi à casser nos valeurs traditionnelles en les remettant systématiquement en cause, en cherchant à les discréditer et à les ridiculiser. Ne prône-t-elle pas le relativisme généralisé ? Tout vaut tout, il n'y a pas de hiérarchies, pas de bien ni de mal, pas de beau ni de laid, pas de vrai ni de faux !

Et il y a enfin cette mondialisation sauvage que rien ne semble pouvoir arrêter et qui broie littéralement notre pays, en cassant notre industrie, mais aussi en déracinant notre culture et en procédant à un nivellement généralisé qui abaisse notre peuple et le soumet.

Alors oui ! Quand on observe tout cela, on peut s'inquiéter. Car ce sont toutes nos structures de sociétés, celles qui ont fait la grandeur de notre nation qui partent à vau l'eau. La famille, l'éducation nationale, l'armée, la justice, les métiers, le travail, la vie culturelle, les libertés et les droits fondamentaux, la solidarité nationale et la souveraineté populaire, toutes ses valeurs et ses institutions sont aujourd'hui en périls.

Et face à ce déclin incontestable, vous pourriez me dire que ceux qui nous ont quittés sont lâches d'abandonner le combat parce qu'il est perdu, mais sur le fond ils ont raison : le combat est sans espoir.

Eh bien non ! Soyons clairs ! Qu'il n'y ait pas de malentendus entre nous ! Si nous devons continuer notre lutte, ce n'est pas pour l'honneur, ce n'est pas parce que nous préférons mourir les armes à la main plutôt que de nous rendre. Non ! Si nous continuons, c'est parce que nous croyons, je dirais même parce que nous savons, que rien n'est joué, que tout demeure possible, que le déclin peut être enrayé et que le renouveau peut venir.

Et, à ceux qui doutent encore au-delà de cette enceinte, je voudrais faire la même réponse que celle que j'ai faite à Jean Raspail à propos de son article dans le Figaro. Un article défaitiste mais ô combien lucide et courageux. Raspail nous avait tous éblouis il y a plus de trente ans lorsque, tel un visionnaire, il avait écrit le Camp des saints dénonçant avant tout le monde le danger majeur de l'immigration. Mais Raspail nous précipite aujourd'hui dans la morosité en affirmant que « les carottes sont cuites » et que « notre destin de français est scellé ».

Eh bien comme je l'ai écrit à Jean Raspail, avec tout le respect l'estime qu'il mérite, je vous le dis : non ! Notre destin n'est pas scellé, les carottes ne sont pas cuites.

«Je ne peux me résoudre à désespérer du peuple français et je ne crois nullement qu'il soit voué, comme vous semblez le penser, à la disparition. Certes, je partage votre diagnostic quant aux conséquences mortelles des phénomènes démographiques et migratoires actuels. Mais je sais aussi que l'histoire n'est écrite nulle part et qu'elle est riche en retournements, parfois soudains et violents, parce qu'en dernier ressort, ce sont les hommes qui la font.

Les projections démographiques auxquelles vous faites référence sont parfaitement exactes et mériteraient d'être connues du plus grand nombre. Cependant, ces projections sont impuissantes à décrire l'avenir. Elles ne décrivent qu'un avenir possible, parmi d'autres. Elles ne dévoilent pas ce qui va se produire, mais seulement ce qui surviendra si rien n'est fait pour inverser les tendances actuelles.

Car le processus de décadence que connaît notre pays ne saurait être comparé à la dégénérescence qui frappe les cellules du corps humain au soir de la vie : il n'est pas naturel mais artificiel. Le déclin n'est pas spontané, il est provoqué. Non pas de façon occulte, mais de la manière la plus visible qui soit, par les élites et les gouvernements qui se succèdent à la tête de l'État.

Ainsi, contrairement à ce que l'on croit parfois, l'immigration massive qui frappe l'Europe n'est pas un phénomène inéluctable que l'on ne parviendrait pas à maîtriser malgré tous les efforts déployés. C'est un phénomène accepté, encouragé et soutenu à tous les niveaux de l'État. De même, l'effondrement de la natalité française et européenne résulte, pour l'essentiel, de décisions politiques délétères. Certains feront observer que la situation actuelle tient également à un certain effondrement des valeurs. Mais, là aussi, ce processus est souvent initié par les politiques qui, loin de «prendre acte de l'évolution des mœurs», la précèdent et la suscitent.

Je ne cherche pas à vous convaincre que les politiques ont une responsabilité majeure dans le déclin de notre pays. Cela vous le savez bien. Ce dont je voudrais vous convaincre c'est que cette trahison des élites doit, paradoxalement, nous donner des raisons d'espérer. Car si les maux qui frappent notre pays résultent de l'action néfaste de la classe politique actuelle, cela signifie, à l'inverse, qu'un gouvernement ayant retrouvé le sens du bien commun peut réussir un travail de réhabilitation et de renouveau. Ce qui a été sciemment détruit par certains peut être demain rebâti par d'autres».

Et c'est là la pierre angulaire des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Car si notre pays était dirigé par des équipes politiques fortes, courageuses, conscientes des enjeux, qui menaient avec intelligence une action déterminée contre les facteurs de la décadence ; si nous avions à la tête de l'État des hommes d'envergure, désintéressés, prêts à sacrifier leur carrière à leur pays, qui agissaient avec autorité pour imposer l'intérêt général et préserver notre pays et notre nation ; et si, malgré tous les efforts déployés, le déclin s'accentuait ; si malgré la qualité des dirigeants, notre pays continuait de sombrer ; si, malgré la pertinence des politiques suivies, la situation allait toujours en se dégradant, alors là oui ! On pourrait s'inquiéter, douter et désespérer. Alors là oui ! On pourrait penser que tout est fini et que plus rien n'est possible.

Mais telle n'est pas du tout, mais alors pas du tout, la réalité. Car la classe politique actuelle ne joue absolument pas ce rôle. Face à la décadence de notre pays, les dirigeants du système sont évanescents, lâches et soumis. Ils refusent de voir la réalité. Ils refusent de combattre les fléaux. Ils n'agissent plus pour la France, ils gèrent leur carrière.

Dès lors on les voit se consacrer à l'accessoire avec beaucoup d'enthousiasme mais rester impuissants face à l'essentiel. Le pouvoir politique a cessé de détenir un vrai pouvoir et ne maîtrise plus la situation qui est maintenant soumise à d'autres influences autrement plus puissantes.

La société et le pouvoir lui-même sont notamment soumis au pouvoir médiatique lequel est devenu le premier et le principal pouvoir. Un pouvoir qui n'est contrôlé par personne, qui n'est soumis à aucune déontologie, et qui devient omnipotent, agissant sans la moindre contrainte au service d'une idéologie destructrice et niveleuse. Un pouvoir médiatique concurrencé dans le contrôle de la société par le pouvoir judiciaire qui lui aussi étend son imperium et sa tutelle sur le pouvoir politique en appliquant en toute autonomie la même idéologie politiquement correcte que celle des médias.

Et au cours de cet été, les politiques nous ont fournis de nouvelles et pitoyables démonstrations de leur servilité à l'égard des médias. Tenez, je pense à l'affaire Marie-Leonie. Vous vous souvenez : cette jeune femme avec son bébé dans le train qui avait été molestée, le landau renversé, parce que ses agresseurs croyaient qu'elle était juive. Vous vous souvenez, à peine l'information était-elle connue que c'était le déchaînement politique et médiatique. Et vous les avez vus ou entendu, tous ces ministres se bousculer devant les micros ou les caméras pour exprimer leur indignation et leur compassion. Cette affaire était devenue une affaire d'État. Le président de la République, le Premier ministre s'en sont saisis, sont intervenus, ont annoncé des mesures.

Quelles pitreries ! Car l'affaire s'est révélée être un montage. Tout avait été inventé de toutes pièces par la jeune femme. Et la classe politique d'un bout à l'autre de la hiérarchie s'est trouvée piégée, ridiculisée par un simple canular de très mauvais goût. Cela en dit long sur la déliquescence du pouvoir. Car ce dernier s'est fait mener en bateau pour avoir, comme toujours, suivi les médias sans réfléchir et sans résister. Cela montre à quel point le pouvoir a aujourd'hui perdu son essence légitime et combien, en se soumettant aux médias, il trahit sa vocation.

Et même si l'affaire avait été réelle, son empressement à s'indigner n'était nullement justifié. À supposer en effet que la jeune femme ait été réellement victime d'une agression, elle n'avait à l'évidence subi aucune blessure sérieuse. Or, tout de même, il y a chaque mois, sinon chaque semaine, des gens qui sont gravement blessés, qui sont même tués dans les transports en commun, sans que l'on en parle, sans que le pouvoir s'y intéresse. Alors je pose la question. L'antisémitisme est bien sûr odieux et nous le condamnons. Mais qu'est-ce qui est le plus grave : une agression sans blessures pour antisémitisme ou un meurtre pour racket ou viol ?

Et puis, même si l'on voulait saisir l'occasion de cet événement pour donner un coup d'arrêt aux actes antisémites qui se multiplient, il ne fallait pas se livrer à des incantations abstraites. Cet antisémitisme réel, il ne vient pas de nulle part. Il a une origine que chacun connaît. Il vient de certains musulmans qui, convaincu de leur impunité, reprennent chez nous les mots d'ordre des chefs islamistes extrémistes. L'antisémitisme en France est une des conséquences dramatiques de la montée de l'immigration, de l'installation de l'islam sur notre sol et du laxisme avec lequel on accepte leurs débordements. Qui le dit sur la scène politique ? Et si on ne le dit pas, comment résoudre le problème ?


Lorsque le pouvoir ne connaît plus la réalité ni la juste hiérarchie des valeurs, c'est qu'il n'a plus le discernement et donc la légitimité pour gouverner. Et à l'évidence, dans cette affaire Marie-léonie comme dans tant d'autres, le pouvoir ne juge plus par lui-même, mais au travers des médias. Les journalistes montent une affaire en épingle et les politiques suivent comme des toutous. Des toutous d'autant plus imbéciles qu'ils suivent sans même réfléchir, sans même vérifier. Et pour cause, la réalité n'est pas pour eux dans les faits, elle est dans les médias !

Tout récemment, dans l'affaire du local juif incendié à Paris, on a assisté à une scène des plus ridicules, des plus dégradantes. Car l'événement n'était plus constitué par l'attentat lui-même tout à fait odieux, mais par le fait que pour se rendre sur place exprimer son indignation et sa compassion, Raffarin avait été coiffé au poteau par Delanoë. Un petit jeu puéril digne de l'école primaire orchestrée complaisamment par des médias qui se jouent des politiques. Notez que dans ce jeu délétère, Raffarin n'est pas toujours perdant. En Savoie, il est arrivé le premier sur les lieux de l'incendie du centre équestre, il est vrai qu’il était en vacances dans la région ! Enfin bravo quand même Jean-Pierre !

On en sourit mais c'est triste car derrière tout cela il y a la souffrance des Français et il y a quelque chose d'indécent à voir les politiques jouer ainsi les mouches du coche, juste bons à bourdonner bruyamment autour des victimes.

Ainsi la classe politique fuit-elle le monde réel en se soumettant aux médias. Elle le fuit aussi en multipliant les initiatives symboliques plutôt que d'engager des actions concrètes. Ainsi, cet été, a-t-on eu droit à de nouvelles et spectaculaires commémorations de la Libération. Ce n'était pourtant pas le dixième anniversaire, ni le 25e ou le cinquantenaire, non c'était le 60e ! Pourtant cela a été grandiose et cela a occupé tout l'été. Il y a eu le débarquement de Normandie, celui de Provence, la libération de Paris. Et le pouvoir, qui est incapable de lutter aujourd'hui contre l'envahisseur islamique, s'attribue symboliquement les mérites de la victoire remportée il y a soixante ans sur l'envahisseur germanique!

Il est vrai que le gouvernement et les députés s'attaquent parfois à des sujets concrets et tout à fait contemporains. Après la lutte contre la sécurité routière et contre le tabagisme, de nouveaux fronts sont en train d'être ouverts. C'est ainsi que nos gouvernants et nos élus montrent qu'ils sont encore capables de s'enflammer pour de grandes et nobles causes et qu'ils peuvent prendre la tête de véritables croisades pour susciter de grands élans populaires.

C'est par exemple ce que propose le député Yves Jégo qui veut lancer un très vaste projet de portée nationale visant à... éliminer les sacs plastiques dans les supermarchés. Et les médias de rallier ce projet ambitieux qui demandera une mobilisation massive et des efforts considérables afin d'obtenir au plus vite l'éradication de ce terrible fléau. La victoire totale est en effet annoncée pour 2008.

De son côté le député le Guen président du groupe d'étude sur l'obésité à l'Assemblée s'est lancé dans une entreprise tout aussi enthousiasmante. Il vient d'ailleurs de remporter un premier succès : l'interdiction des distributeurs de boissons et d'aliments industriels dans les établissements scolaires. Mais le combat ne fait que commencer et d'autres mesures tout aussi spectaculaires sont annoncées pour les mois qui viennent !

Comprenez-moi bien, je ne suis pas pour les sacs plastiques dans les supermarchés ou pour le développement de l'obésité chez les jeunes. Ces combats sont indéniablement bénéfiques, mais ils nécessitent des mesures techniques sur lesquelles d'ailleurs tout le monde est à peu près d'accord. Ils ne devraient donc pas être propulsés ainsi sur le devant de la scène car ils sont dérisoires au regard des grandes questions qui conditionnent l'avenir de notre nation. Il y a donc quelque chose de pathétique à voir ainsi le pouvoir renoncer secrètement à la lutte contre les fléaux majeurs pour s'en prendre à grand fracas aux questions mineures.

Cette médiatisation et cette gadgetisation de la politique révèle le vide et l'impuissance de nos dirigeants. Muets, absents ou timorés sur les sujets qui inquiètent nos compatriotes et qui compromettent l'avenir de notre pays, incapables de proposer un dessein susceptible de redonner un élan à notre vie nationale, ils s'épanouissent sans vergogne dans le subalterne.

Dans ce contexte, les Français subissent. Et même s'ils sont mécontents, même s'ils sentent implicitement qu'ils sont trompés et asservis, ils courbent l'échine et maintiennent en place le système actuel, se contentant de manifestations de mauvaise humeur lors des élections. Et quelle pitié d'observer ainsi nos compatriotes comme tétanisés par l'idéologie qu'on leur impose et la culpabilité qu'on essaye de leur faire endosser ! Des Français qui perdent peu à peu leur fierté, leur libre arbitre et leur esprit critique, que l'on flatte par le plus mauvais côté de la personne humaine, que l'on abaisse et que l'on avilit.

Car le pire dans tout cela, c'est que nos compatriotes sont sans cesse rabroués et culpabilisés par les médias et leurs dirigeants. Ainsi par exemple lorsque l'affaire Marie-Leonie a éclaté, tous les ténors de la politique et des médias se sont ligués pour dénoncer la lâcheté des Français passagers du train qui n'étaient pas venu au secours de la jeune femme. Libération a même été jusqu'à faire sa Une sur le sujet en titrant : «une affaire bien française». Et bien sûr ce qui était considéré comme bien français dans cette affaire c'est l'antisémitisme et la lâcheté. Et M. Raffarin, bien à l'abri dans les palais nationaux, d'exhorter les Français des banlieues à faire preuve d'un « courage citoyen ».

Quant à Pierre-Luc Séguillon sur LCI, il n'a pas hésité à comparer l'attitude des Français d'aujourd'hui à celle des Allemands sous le régime national-socialiste ! Et naturellement, quand la supercherie a été découverte, aucun de ces messieurs ne s'est excusé et n'a retiré ses propos. Car, comme ils l'ont dit, « ça ne change rien ». Sous-entendu : les Français sont quand même coupables.

Même observation d'ailleurs pour la commémoration de la Libération. L'essentiel du message consistait en effet à expliquer que le débarquement en Normandie, c'était les Américains, celui de Provence, les Maghrébins et la Libération de Paris, les communistes. On a pu ainsi voir M. Bouteflika à côté de M. Chirac sur le porte-avions Charles De Gaulle. Et le président de la République décerner la croix de la Légion d'honneur à la ville d'Alger baptisée pour la circonstance : « capitale de la France combattante ». Même quand on organise des manifestations patriotiques, c'est pour laisser entendre qu'au fond, les Français sont des bons à rien. Sans les Américains, sans les Algériens, sans les communistes, nous aurions disparu depuis longtemps. Et de laisser entendre à chaque occasion que nous sommes au fond collaborateurs dans l'âme, ingrats, lâches ou racistes.

Mais si tout cela est désolant et destructeur, si tout cela est à l'origine du déclin que connaît notre pays, il ne s’agit pas pour autant d'un processus que nous ne pourrions que subir sans réagir. C'est tellement vrai qu’il est de nombreux pays où de tels mécanismes d'impuissance et de culpabilité n'existent pas. Je dirais même que dans la plupart des pays du monde, ces processus de décadence sans totalement inexistants.

Dans les pays du Sud-Est asiatique et en Chine en particulier, il n'y a rien de tel. Le dynamisme, la fierté, l'esprit de conquête et d'entreprise sont aujourd'hui particulièrement vifs. Et le pouvoir chinois est tout sauf impuissant et culpabilisé. Il en va de même d'ailleurs dans les autres pays qu'on disait autrefois appartenir au tiers-monde. Et si tous sont loin de connaître un dynamisme économique comme celui de la Chine, tous cultivent un sentiment de fierté nationale qui serait considéré chez nous comme rétrograde et dangereux.

Dans la sphère occidentale, il en va de même de la Russie qui, malgré ses difficultés économiques, pourrait nous en remontrer en matière de volontarisme politique. Une Russie qui dispose encore d'un pouvoir souverain capable de se faire respecter et d'imposer sa volonté propre. Et même les États-Unis d'Amérique qui sont pourtant pour une bonne part à l'origine de l'idéologie politiquement correcte, même les États-Unis ne connaissent pas ces phénomènes délétères dont nous sommes victimes en France. Ils disposent toujours d'un État fort, capable d'imposer sa volonté. Et si les journalistes et les juges y jouent un grand rôle, les hommes politiques américains ne sont pas comme chez nous à la remorque des médias et de la justice. Le résultat, c'est que les Américains sont loin de connaître un matraquage d'autoculpabilisation comme celui que subissent les Français. Et, on l'a vu lors du 11 septembre, ils vibrent encore aux valeurs du patriotisme et savent exprimer leur fierté nationale avec force.

Les processus délétères que nous connaissons en France et en Europe occidentale ne sont donc pas des mécanismes externes que nous ne pourrions que subir. Ils sont en réalité propres à nos pays et trouvent leur origine à l'intérieur même de nos frontières. En réalité nous subissons les effets de mécanismes qui sont ouvertement et délibérément voulus par une petite intelligentsia toute puissante qui s'est octroyée comme un monopole du pouvoir. Mais dès lors tous les facteurs de décadences que nous déplorons ne sont pas le fait d'un processus qui dépasserait la volonté humaine, ils sont au contraire la conséquence de l'action délibérée de certains. Ils peuvent donc être dénoncés, remis en cause et combattus.

Encore faut-il, pour s'y opposer avec efficacité, comprendre la nature profonde de ces mécanismes délétères. Et je pense qu'ils sont au fond très simples car, indépendamment de toute considération idéologique, ils visent d'abord et avant tout à vider la politique de son sens. Ils cherchent à dénaturer l'essence même du politique qui est de décider et d'agir pour le bien commun. Ils consistent à priver notre État et notre nation de toute puissance, c'est-à-dire de toute capacité à changer la réalité, à contrer les évolutions néfastes et à promouvoir nos intérêts.

Et cela est fait pour permettre à d'autres influences de s'exercer sans partage et sans opposition. Et de fait, cela permet aux médias de s'imposer sans mesure. Pourquoi les journalistes sont-ils si prompts à dénigrer un homme politique quand ils sont toujours mielleux et flatteurs avec un chanteur, un acteur ou un footballeur ? Parce que l'homme politique peut avoir du pouvoir, ce qui n'est pas le cas des autres. Et les médias mènent bel et bien un combat pour le pouvoir dans la société française en essayant de refouler celui des politiques et d'étendre le leur. Et dès lors qu'ils ont aujourd'hui largement gagné la partie, il n'y a pas à s'étonner que les politiques soient à ce point soumis à l'opinion et aux initiatives des journalistes.

Il est d'ailleurs une autre institution qui mène contre les politiques le même combat pour le pouvoir, c'est la magistrature. Les juges ne cherchent plus à conquérir leur indépendance face au pouvoir. Il y a longtemps qu'ils l'ont obtenu. Ils cherchent maintenant à renforcer et à étendre leur pouvoir sur la société française. Et dans cette quête de contrôle, il leur faut également refouler les politiques. Et on peut là aussi se poser la question : comment se fait-il que seule la corruption des hommes politique soit pourchassée alors que rien n'est fait contre celle des syndicalistes, des journalistes, des chefs d'entreprise, des gens du show bizz ou des magistrats ? La réalité est que la lutte contre la corruption n'est qu'un prétexte et que l'objectif véritable est d'abaisser le pouvoir politique, de mettre hors-jeu certains hommes politiques et d'imposer au monde politique la prééminence de la magistrature.

Les magistrats eux-mêmes d’ailleurs ne s’en cachent pas. Lors d’une très officielle session de formation organisée sous l’égide de l’Ecole Nationale de la Magistrature, des intervenants ont froidement déclaré que la justice, « est devenue un Pouvoir et occupe dorénavant une situation centrale dans notre société », que « le juge soumet l’État au droit, il est lui-même dans l’État , il est au centre de cet État», que « le législateur se tait, le juge agit, fait parler de lui, exerce son contrôle », « Nous sommes dans l’ère du contrôle. Par le rôle des juges, des lois volent en éclat ». A tout moment, le juge « peut opérer un contrôle et écarter n’importe quelle loi, fût-elle ancienne. Le juge a entre les mains ce pouvoir ». « Le juge est le gardien des valeurs fondamentales, c’est un tiers pouvoir, à juste distance, à égale distance, il mesure l’exercice des autres pouvoirs».

Or ce processus visant à confisquer le pouvoir aux politiques est particulièrement néfaste. Car il ne s'agit pas en l'occurrence de remplacer une équipe dirigeante par une autre. Il n'est pas question de placer des journalistes ou des magistrats à la place des ministres ou des députés. Non ! Si c'était le cas, ce serait moindre mal. Non ! Il s'agit de substituer au pouvoir politique c'est-à-dire au pouvoir souverain détenteur de la puissance de décider et d'agir, un pouvoir d'influence et de contrôle qui par nature ne peut rien entreprendre ni rien accomplir.

Et le résultat, c'est que notre pays se trouve progressivement dépossédé de son centre naturel de pouvoir au profit d'institutions qui agissent en marge de la réalité par l'information et le contrôle. Comment s'étonner dès lors que le pouvoir politique, voulant flatter ces pouvoirs d'influence et cherchant dans le même temps à les concurrencer, essaie de les rejoindre sur leur propre terrain. Quand par exemple un candidat, tête de liste à l'élection régionale, fait élire au conseil régional de Picardie, l’ex-Miss France et ex-pensionnaire de la Ferme Célébrités, l’émission vedette de TF1, n’est-ce pas là le signe que les politiques sont à la remorque des médias et du show bizz et rêvent de les égaler? Ainsi, les politiques s'échappent-ils dans le virtuel et le symbolique par fascination des médias et érigent-ils le principe de précaution comme ultima ratio de leur action afin de complaire aux magistrats.

Mais le virtuel ne change rien au réel et le principe de précaution entrave toute action et toute décision concrète. Dès lors, la société va à vau-l'eau. Elle n'est plus dirigée. Elle est ballottée au gré des événements médiatiques et judiciaires. Elle suit la ligne de pente qui lui est montrée par les pouvoirs de substitution.

La France se meurt de la mort du politique. Les Français dépérissent de la disparition de la puissance. Là est le nœud du problème. Là est le cœur de tous nos maux.

Mais ce constat aussi consternant soit-il est en lui-même porteur d'espoir. Car il suffit de réhabiliter la politique, de rendre la puissance à l'État et à notre pays pour que tout change. Si le pouvoir politique devient à nouveau puissant, s'il est de nouveau capable d'imposer sa volonté, de faire prévaloir l'intérêt général, s'il peut à nouveau agir avec autorité en toute indépendance, alors le renouveau peut venir.

Ainsi, par exemple, notre pays pourrait de nouveau être réformé. Aujourd'hui en effet beaucoup de nos compatriotes pensent que ce n'est plus possible, que la France est irréformable. Il est vrai que les expériences des dernières années, notamment celles du RPR ou de l'UMP, semblent conforter cette thèse. En effet, beaucoup des réformes qui ont été engagées, même si elles ont été menées avec prudence, même si elles ont été modérées dans leur ampleur et si toutes les précautions ont été prises pour les faire accepter, ont suscité des oppositions qui la plupart du temps ont poussé le pouvoir à reculer. Je pense par exemple aux réformes inachevées sur la décentralisation ou sur les retraites. Plus troublant encore, lorsqu'un gouvernement réussit à mettre en œuvre certaines réformes, il est sanctionné lors des élections suivantes. Certains en concluent qu'il est donc désormais impossible dans notre pays de réformer le système, en tout cas de le réformer par l'action politique.

Je crois qu'il n'en est rien. Ou plutôt il n'en est rien si l'on rend au pouvoir sa vraie dimension politique et la puissance qui y est attachée. Car dans ce cas, si le pouvoir a retrouvé son autorité et le sens de l'intérêt général, s'il est de nouveau capable de se projeter dans l'avenir et de faire abstraction de ses intérêts partisans, alors oui de grandes réformes peuvent être menées à bien. Encore faut-il bien sûr proposer des réformes qui règlent effectivement les problèmes qui se posent et expliquer aux Français que les sacrifices qui leur sont demandés permettront en contre-partie de leur assurer un avenir. Encore faut-il également avoir le courage de faire prévaloir l'intérêt général sur les intérêts particuliers. Mais si ces conditions sont réunies, tout devient possible. Car, porteur d'un projet qui en vaut la peine et soutenu par une large fraction de la population qui aura compris l'enjeu, le pouvoir pourra aller à l'épreuve de force et faire passer sa réforme. C'est par exemple ce qu'a accompli Mme Thatcher en son temps dans une Angleterre qui était totalement bloquée. Eh bien, ce qui a été fait hier par Mme Thatcher en Grande-Bretagne peut-être fait demain dans notre pays pour peu que le pouvoir politique retrouve sa puissance et ses prérogatives.

Et c'est possible car le pouvoir politique peut reconquérir son pouvoir et redevenir politique au sens noble du terme. Il peut retrouver sa puissance c'est-à-dire sa capacité à agir et à décider. Mais pour cela, il doit remettre à leur place les journalistes et les juges.

Aujourd'hui les politiques sont terrorisés par les journalistes. Il faut renverser la tendance. Ainsi faut-il par exemple établir des règles de déontologie et mettre en place des sanctions très contraignantes à l'encontre des journalistes ou des médias qui les transgressent. Ainsi faut-il également assurer plus clairement la pluralité des médias et notamment offrir au pouvoir politique la possibilité de s'exprimer librement sur les chaînes d'État.

Il est aussi possible de remettre à sa place le pouvoir judiciaire qui sort aujourd'hui de son rôle et cherche à contrôler la société. Ainsi faudrait-il contraindre les magistrats à appliquer les lois et à se consacrer de nouveau à leur mission première qui est celle de la répression des crimes et des délits. Il importe également de rendre les magistrats personnellement et pénalement responsables des conséquences de leurs décisions. Il est scandaleux que des juges puissent impunément mettre en prison et ruiner la réputation d'un innocent comme cela s'est produit dans le procès d'Outreau. Il est encore plus intolérable qu'ils puissent sans encourir la moindre sanction relâcher des criminels qui s'en vont ensuite commettre de nouveaux méfaits comme on l'a vu récemment dans les dramatiques affaires de meurtre d'enfants en Alsace et dans les ardennes.

Il faut également rétablir pleinement la séparation entre les pouvoirs exécutif et législatif et le pouvoir judiciaire. Il faut en finir avec l'inquisition permanente et diffuse que pratique la justice sur la vie politique et qui va bien au-delà de la lutte contre la corruption. Des lois comme la loi Gayssot, qui permettent aux magistrats de sanctionner des opinions politiques jugées non conformes, doivent être abrogées. Des sanctions comme l'inéligibilité, qui permettent aux juges de décider qui a le droit de se présenter aux élections, doivent être supprimées. De la même manière, les juges doivent rendre à la police les prérogatives qu'ils leur ont confisquées. Bref les magistrats doivent être remis à leur place et cela est vrai pour ceux du pouvoir judiciaire proprement dit comme pour ceux des autres juridictions qu'elles soient administratives ou constitutionnelles.

Alors bien sûr, on va me faire observer que nous tournons en rond et que, après avoir dit tout cela, nous ne sommes pas plus avancés. Car pour remettre à leur place les journalistes et les magistrats, pour réhabiliter le politique et redonner au pouvoir sa puissance et son autorité, il faudrait un changement qu'à ce jour nous n'avons pas réussi à provoquer.

Je répondrai que sur ce plan, la situation a considérablement mûri. D'abord, comme je l'ai expliqué à l'ouverture de cette université d'été, la vie politique française est en pleine crise. Les Français sont de plus en plus conscients des réalités et manifestent leur mécontentement en pratiquant un zapping électoral de plus en plus rapide et de plus en plus violent. Ils ne voulaient plus de la gauche, ils ne veulent plus de la droite sans pour autant vouloir de la gauche tout en refusant le FN et en s'abstenant de plus en plus nombreux.

Et pendant ce temps, les différentes familles politiques connaissent une crise aiguë. La gauche n'a toujours rien à proposer aux Français. Elle est restée dépositaire d'une idéologie qui a totalement échoué et qu'elle ne parvient pas à renouveler. L'UMP est un échec total puisqu'elle s'est révélée incapable de faire l'union de la droite et de mettre fin à ses querelles internes. Elle ne représente rien et n'apporte rien. Quant au FN, il n'est plus qu'une coquille vide qui se maintient encore grâce à Le Pen mais qui n'a plus d'autre objet que de permettre à certains électeurs de manifester leur mécontentement.

La vie politique est moribonde et il n'est pas étonnant que la scène politique soit un champ de ruines. Pourtant cette réalité apparemment désespérante peut être l'occasion d'un renouveau car ce grand vide est artificiel et il n'existe pas de société qui puisse fonctionner sans politique. Le dépérissement du politique en France ne peut donc être que passager. Lorsque les forces qui occupent l'espace politique seront allées au bout de leur déclin, elles devront être inéluctablement remplacées par des forces nouvelles qui renoueront avec le politique et le réhabiliteront.

Pourtant là n'est peut-être pas l'essentiel car il est par ailleurs un autre phénomène de plus grande ampleur encore qui peut provoquer le retour du politique, et cela indépendamment même des acteurs politiques, c'est le retour de la puissance.

La France a été de tout temps une grande nation et a contribué largement au développement de notre civilisation. Et c'est aujourd'hui le sentiment de ne plus être à la hauteur de cette brillante réalité qui explique aussi la morosité actuelle. Chacun sent bien que notre pays a perdu sa puissance et donc sa capacité à agir sur son propre destin et sur celui des autres. Dans l'espace mondialisé qui est le nôtre, nos compatriotes ont de plus en plus l'impression de ne pas peser. Dès lors chacun de s'interroger sur l'utilité de la politique : à quoi bon la politique si la France ne peut plus choisir sa voie et si les Français ne peuvent que subir ?

Cette situation conduit psychologiquement nos compatriotes à douter d'eux-mêmes et à se soumettre à l'idéologique officielle. Elle les culpabilise et les empêche de s'épanouir en tant que peuple et que nation. Si en revanche la France pouvait renouer avec la puissance et retrouver concrètement les conditions qui lui permettent d'agir, alors tout changerait.

Or, la puissance, j'en suis convaincu, est en train de revenir en France et dans les autres pays européens. Elle est en train de revenir par un chemin détourné là où on ne l'attendait plus. La puissance revient par l'Europe.

Oh ! Certes rien n'a changé du côté des structures bruxelloises et notre opposition à ce système doit rester particulièrement ferme. Car l'Europe de Bruxelles ne sert pas les intérêts européens, elle soumet notre continent aux lois aveugles de la mondialisation quand elle ne le soumet pas purement et simplement aux volontés américaines.

Mais il n'en demeure pas moins que l'Europe des vingt-cinq a acquis, au-delà même de ses institutions, une réalité et un poids qui deviennent maintenant incontournables à l'échelle du monde. L'Euro est en train de s'imposer face au dollar et, sur la scène internationale, l'Europe représente maintenant une puissance potentielle considérable qui commence à être prise en compte.

Tenez, au moment où s'achèvent les jeux olympiques, n'est-il pas frappant de constater qu'ils consacrent en apparence l'émergence de la Chine sur le devant de la scène mondiale. Elle arrivait jeudi en 2eme position avec 52 médailles derrière les Etats-Unis qui en avaient obtenu 76. Pourtant, sans que cela ait été explicité, on a assisté à un regain de succès pour les équipes ou les athlètes européens. Et si l'on comptabilisait les médailles de l'Europe, elle arriverait en tête, écrasant tous les autres avec 214 médailles.

Déjà les frémissements de la puissance commencent se faire sentir au plan politique. C'est ainsi que l'Europe, non pas l'Europe de Bruxelles, mais la France, l'Allemagne et la Russie ont été en mesure de s'opposer aux États-Unis d'Amérique dans l'affaire de l'Irak. Et à ce stade, peu importe les motivations bonnes ou mauvaises qui ont animé ces trois grands pays. L'important en l'occurrence est que l'Europe, par leur intermédiaire, a existé comme une puissance face aux États-Unis.

À cette occasion, la puissance est revenue dans les mains des dirigeants européens. Et vous l'avez peut-être remarqué, ils en ont été tout surpris et, presque malgré eux ils se sont pris au jeu. Certes il ne s'agit là que d'un événement ponctuel. Mais je pense qu'il s'agit d'un événement précurseur qui annonce une réalité nouvelle et de grande ampleur. Une réalité qui pourrait bien changer la donne internationale et changer la réalité politique en France et chez nos voisins : la puissance revient à l'Europe. Et si elle revient, nos dirigeants, et derrière eux nos peuples, vont s'en trouver transformer. Quelles que soient la médiocrité des hommes politiques et l'apathie des peuples, la puissance peut les transcender.

Car, dès lors que la puissance revient beaucoup de choses changent. Appartenir à une nation puissante, c'est à nouveau avoir le sentiment de pouvoir agir, c'est donc retrouver la fierté, c'est aussi imposer du respect aux autres. Si la puissance était rendue à notre peuple, même par le truchement de l'Europe, beaucoup de problèmes qui semblent aujourd'hui insurmontables seraient presque naturellement résolus. Ainsi l'immigration qui apparaît de plus en plus insupportable prendrait une toute autre allure. Les immigrés présents sur notre sol, qui n'ont bien souvent que du mépris pour la France, pour sa faiblesse et son perpétuel sentiment de culpabilité, se verraient imposer le respect de notre pays. Avec le retour de la puissance, les Français comme les autres peuples européens reprendraient confiance en eux et se feraient naturellement respecter des immigrés. Le rapport de forces changerait et les problèmes posés par l'immigration seraient déjà à moitié résolus. Il en va de même s'agissant du dynamisme économique : si de nouveau la France, à travers l'Europe, avait le sentiment de pouvoir peser dans le monde comme une grande puissance, de nouveau le sentiment d'émulation jouerait à plein et pousserait la société française à rechercher l'excellence et à s'affirmer au premier rang dans le monde.

Voilà chers amis pourquoi rien n'est dit et pourquoi tout demeure possible. Le renouveau de notre peuple, de notre nation et de notre continent est lié au retour du politique et donc au retour de la puissance. En France, la politique s'est à ce point étiolé qu'elle ne pourra que revenir en force. Et surtout l'Europe n'est plus une simple puissance virtuelle et devient malgré toutes ses imperfections une réalité incontournable qui se dote, peut-être inconsciemment mais bien réellement, des attributs de la puissance.

Si la politique et la puissance reviennent, le renouveau suivra.

Voilà pourquoi nous ne devons pas désespérer. Voilà pourquoi nous devons persévérer. Car notre vocation est d'être des acteurs privilégiés de ce renouveau. Il nous faut donc tenir et durer pour être demain au rendez-vous du politique et de la puissance.

Tout demeure possible, ensemble gardons le cap !
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