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Discours, le 24/05/2005
Votez non à la constitution pour une Europe européenne, indépendante et puissante

Le 29 mai au matin, la ville rayonnait encore de toutes ses splendeurs. Depuis 53 jours déjà elle résistait aux assauts de l'immense armée islamique. Ses terribles murailles qui l'avaient protégée depuis près de huit siècles étaient sur le point d'être submergées. Déjà, aux Blachernes, dans le palais de l'empereur Constantin XI, les salles d'apparat, les cours, les escaliers et les antichambres étaient déserts.

Dans quelques heures Byzance allait tomber entre les mains des Turcs. Cette ville extraordinaire, capitale d'un immense empire, qui avait repris le flambeau de Rome, qui avait maintenu jusqu'aux confins de l'Orient l'éclat de la civilisation occidentale et chrétienne, cette ville unique dans l'Histoire allait disparaître. Dans quelques heures sa population serait réduite en esclavage, ses richesses pillées, ses églises profanées, Sainte Sophie transformée en mosquée. Dans quelques heures Byzance ne sera plus, son empire aura disparu. Avec la prise de Constantinople par les Turcs le 29 mai 1453, c'est tout un monde qui va disparaître.

Et le 29 mai prochain ce sera donc le 552e anniversaire de cet événement majeur. Ce sera aussi le jour du vote pour le référendum sur le projet de constitution européenne.

Vous me direz : quel rapport entre ces deux événements ? N'exagérons rien, ils n'ont nullement la même portée. Ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Et pourtant, la date est symbolique et devrait résonner comme un coup de gong pour alerter nos compatriotes.

Oh certes, cette constitution ne fait que reprendre les traités antérieurs et, à ce titre, elle ne devrait pas constituer un bouleversement majeur. Les partisans du oui nous l'expliquent d'ailleurs en long en large et en travers. Pourtant cette constitution ne doit pas être jugée seulement en fonction de ce qu'elle contient mais aussi et peut-être surtout en fonction de ce qu'elle représente et de ce qu'elle cautionne.

Ce n'est pas par hasard si on l'a baptisé du nom pompeux de constitution. Dans la forme ce n'est rien d'autre qu'un nouveau traité européen, destiné à se substituer à tous ceux qui l'ont précédé. Mais on a voulu en faire un acte fondateur pour donner une nouvelle dimension à ce qui se construit à Bruxelles depuis des décennies maintenant.

Derrière la constitution c'est donc cette construction dans son ensemble qui est en jeu. Et ce référendum, au-delà du traité constitutionnel, porte donc aussi et peut-être surtout sur l'Europe bruxelloise. Non pas sur l'Europe qui est une réalité de civilisation multiséculaire voir multimillénaire, mais sur l'Europe bruxelloise, c'est-à-dire ce machin tentaculaire, tatillon et informe que personne n'aime et qu'on veut nous vendre à tout prix.

Or si l'on doit juger cette Europe que l'on construit dans le dos des peuples par des méthodes oligarchiques et bureaucratiques alors, c'est clair, il faut voter non ! Car cette Europe, chacun le ressent bien, elle nous expose sans protection à la mondialisation sauvage, aux délocalisations, à la désindustrialisation et donc au chômage et à la précarité. Elle nous impose aussi l'immigration massive et incontrôlée, elle nous soumet à l'islamisation. Elle détruit les nations, elle veut briser leur identité et leur souveraineté.

C'est déjà catastrophique mais aujourd'hui on sait que c'est encore pire. Car derrière le projet annoncé, il y a un projet caché. Derrière les discours officiels, il y a un dessein que l'on dissimule aux peuples et qu'on veut leur imposer contre leur volonté.

On s'en doutait, on le subodorait, on le pressentait. C'est d'ailleurs pour cela qu'il y avait tant de réticences, tant de désamour pour cette entreprise bruxelloise. Chacun sentait bien qu'on nous manipulait, qu'on ne faisait pas ce qu'on nous disait. Mais maintenant les masques sont tombés, le rideau s'est déchiré : ils ne construisent pas l'Europe ! Ils ne construisent pas l'Europe, c'est évident puisqu'ils veulent y faire entrer la Turquie !

Ils veulent faire entrer dans l'Europe un pays asiatique et musulman. Et ils en ont la ferme volonté : Le mandat a été donné à la Commission pour négocier l'entrée de la Turquie. Et, pour être sûr d'obtenir le résultat qu'ils recherchent, ils ont rejeté la proposition que certains avaient faite qu'une autre solution soit trouvée, celle d'un partenariat privilégié avec la Turquie. Ils ont délibérément laissé comme seule issue à la négociation l'échec ou l'adhésion, avec la ferme volonté de déboucher sur l'adhésion.

Donc tout s'éclaire : contrairement à ce qu'on nous dit ce n'est pas l'Europe que l'on construit. Et l'article I-1 de la constitution indique d'ailleurs clairement que, pour entrer dans l'Union, un État doit simplement, je cite, "adhérer aux valeurs de l'Union", c'est-à-dire les droits de l'homme et accessoirement l'économie de marché mondialisée. Dans ces conditions, si la Turquie fait encore quelques efforts sur les droits de l'homme, elle y a sa place, tout comme le Maroc et les pays du Maghreb.

Vous connaissez la formule de Johnny ? Johnny Hallyday, est une grande figure du showbiz et à ce titre un fidèle auxiliaire du politiquement correct. Il a donc été sollicité pour le oui et, avec la candeur - je n'ai pas dit la bêtise -, avec la candeur qui le caractérise, il a lâché le morceau : '' Je suis pour le oui, a-t-il dit, je suis pour l'Europe, je me sens bien partout en Europe, en France, en Italie, au Maroc. ''

Et le pire c'est que ça ne s'arrête pas là. Collin Powell, l'ancien secrétaire d'État américain, à lui été encore plus loin. Vantant les mérites du Kirghizstan qui a rejoint le camp des démocraties, et qui accessoirement abrite des bases militaires américaines, Collin Powell a estimé que le Kirghizstan pourrait à ce titre faire partie de l'Union européenne. Quand on sait que le Kirghizstan est un pays islamique d'Asie centrale, qu'entre le Kirghizstan et la Turquie il y a l'Ouzbékistan, le Turkménistan, l'Azerbaïdjan et l'Iran et que le Kirghizstan a des frontières communes avec la Chine, on a le vertige !

Alors je sais, on va me dire, mais vous exagérez, ça n'est pas Collin Powell et encore moins Johnny Hallyday qui vont fixer les frontières de l'Europe. Et en tout cas ça n'a rien à voir avec la constitution.

Eh bien si ! Ça a tout à voir avec la constitution. Johnny Hallyday a en effet des excuses car la constitution ne fixe pas les frontières limites de l'Europe. Et Collin Powell peut raconter ce qu'il veut, le texte fondateur de l'Europe ne le contredit pas. Et ça n'est pas un hasard. C'est volontaire et délibéré. Ils n'ont pas définis les frontières de l'Europe parce qu'ils veulent y faire entrer la Turquie, le Maroc et d'autres États encore. Et selon cette démarche, fixer des frontières à l'Europe les aurait amenés à tracer une ligne allant du Sahara à la Mésopotamie, du Niger à l'Euphrate, des confins de la forêt équatoriale à ceux de l'Himalaya ! Et comme évidemment c'était impensable d'afficher ouvertement un tracé aussi absurde, on n'a donné aucunes frontières à l'Europe dans la constitution.

Voilà un texte qui se veut fondateur et qui ne définit même pas le territoire sur lequel doit s'implanter l'entité politique qu'on veut fonder. Et pour cause, on prétend faire l'Europe mais c'est autre chose que l'on veut construire.

Et croyez-moi c'est la réalité. Nous en avons d'ailleurs une autre preuve dans la constitution : Celle-ci ne définit pas non plus l'identité de l'Europe. Dans son préambule, elle fait référence, je cite : "aux héritages culturels, religieux et humaniste de l'Europe." Mais toutes les civilisations ont un héritage culturel, religieux et humaniste. Si on ne définit pas cet héritage, on ne dit rien. Or vous le savez certains avaient voulu faire référence au christianisme. Et cette référence a été rejetée au nom de la laïcité. Pourtant il ne s'agissait nullement de mettre en cause la séparation des églises et de l'État. Il ne s'agissait donc pas d'une question religieuse. Il s'agissait de définir l'identité de notre civilisation européenne qui prend ses racines dans l'Antiquité grecque et romaine, dans les apports germains et celtes mais aussi dans le christianisme. Car, que l'on soit chrétien ou non, pratiquant ou non, personne ne peut nier que notre civilisation a été façonnée par quinze siècles de christianisme. C'est un fait.

Et refuser de prendre en compte ces réalités, celle du christianisme comme celle d'Athènes et de Rome, dans le texte fondateur de l'Union européenne, c'est refuser de fonder l'Europe sur sa réalité charnelle, sur son identité et sur sa civilisation. Et là encore ce n'est pas un hasard, c'est parce qu'ils ne construisent pas l'Europe. Quelqu'un là encore a lâché le morceau en lançant la célèbre formule : ''l'Europe ne doit pas être un club chrétien.'' Mais bon sang, si l'Europe est islamique elle n'est plus l'Europe !

Aussi ce qui était autrefois implicite est maintenant très officiel. Aujourd'hui ils annoncent leur volonté de faire entrer la Turquie dans l'Europe. Dans la constitution, il refuse de définir ses frontières et de fonder l'Union sur la commune civilisation des peuples européens. Maintenant c'est donc claire, ils ne construisent pas l'Europe.

Ils veulent dissoudre les nations dans un système qui doit se dissoudre lui-même dans le reste du monde. L'Europe n'est pour eux qu'une étape vers la création du village planétaire. Et c'est pourquoi quand ils détruisent les frontières entre les pays européens, ils détruisent aussi les frontières entre l'Europe et le reste du monde. C'est pourquoi, quand ils s'opposent à la préférence nationale, ils s'opposent aussi à la préférence européenne.

Au fond ils ne sont pas européens, ils sont mondialistes. Leur projet est un leurre. Et nous devons le rejeter et le combattre. Pour cela il faut voter non à la constitution. Il faut voter non pour sauver l'Europe et la France.

Car soyons clairs, leur projet détruirait et la France et l'Europe. Faire entrer la Turquie dans l'Europe, c'est détruire l'Europe. Et cela pour une raison simple, élémentaire et de bon sens : la Turquie n'est pas un pays européen. C'est un beau et grand pays qui a tout notre respect, mais ce n'est pas un pays européen.

Ce n'est pas un pays européen par la géographie, c'est l'Asie, c'est même l'Asie Mineure. Ce n'est pas un pays européen par l'histoire, c'est l'empire ottoman qui a détruit Byzance et qui a cherché à soumettre l'Europe. Et surtout ce n'est pas un pays européen par la religion puisque c'est un pays musulman. Et cette question est fondamentale. Car, disons-le clairement, l'islam n'est pas européen.

Alors je sais, on nous explique que la Turquie est un pays musulman très particulier parce qu'il est laïc. Et c'est vrai. Mais pourquoi ce pays est-il officiellement laïc ? Parce que Kemal Attaturk, au lendemain de la première guerre mondiale, a procédé par la force à la laïcisation de la Turquie. Il a interdit le port du tchador pour les femmes, le port du fez pour les hommes. Il a substitué l'alphabet latin à l'écriture arabe. Et pour maintenir cette laïcité, il a placé l'armée turque dans une position privilégiée au sein des institutions du pays avec mission de garantir la laïcité et d'intervenir au besoin manu militari en cas de dérive. C'est ainsi que l'armée turque a maintes fois utilisé ce droit au putsch légal pour ramener dans le droit chemin les politiciens qui s'égaraient.

Or que demandent les européistes à la Turquie pour entrer dans l'Europe ? Le respect des droits de l'homme et des principes de la démocratie ! Et donc la suppression du statut spécifique de l'armée turque dans les institutions.

C'est donc une histoire de fou : on nous dit que la Turquie peut entrer dans l'Europe parce qu'elle est laïque. Et pour la faire entrer on lui demande de supprimer le garde-fou qui garantissait cette laïcité. On comprend mieux d'ailleurs pourquoi les islamistes, actuellement au pouvoir en Turquie, sont pour l'entrée de leur pays dans l'Union. Ils y voient le moyen le plus efficace de faire sauter le verrou qui les empêchait jusqu'à présent de réislamiser leur pays.

Les promoteurs de l'Europe de Bruxelles sont donc de véritables apprentis sorciers. D'autant que l'islam se développe en Turquie comme partout ailleurs. Les islamistes sont tout de même au pouvoir et s'ils cherchent à montrer un visage modéré, n'oublions pas que M. Erdogan, l'actuel premier Ministre, déclarait il y a quelque temps : '' les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les mosquées nos casernes. '' J'ai même lu dans un journal au-dessus de tout soupçon puisqu'il s'agit du Monde que la polygamie se développait actuellement en Turquie, non pas dans les parties arriérées du pays mais dans la bonne société d'Istanbul et d'Ankara. Les hommes redécouvrent en effet les vertus du Coran : lorsqu'ils ont une maîtresse, au lieu de la cacher, ils l'épousent selon le rythme musulman et lui donnent ainsi un statut social ! C'est pratique ! Mais, disons-le, c'est un autre monde.

Dès lors soyons clairs, la Turquie dans l'Europe, ce serait la fin de l'Europe. C'est en effet un grand pays à la démographie galopante qui atteindra bientôt 80 millions d'habitants et qui a d'ailleurs des liens privilégiés avec les pays turcophones d'Asie centrale qui représentent eux plus de 100 millions d'habitants. Dans l'Europe, ce pays serait le plus puissant et disséminerait sa population sur tout le continent. Un sondage récent effectué en Turquie indique d'ailleurs que si leur pays entre dans l'Union, 23 % des Turcs sont décidés à émigrer en Europe occidentale, auquel il faut ajouter 21 % supplémentaires qui déclarent l'envisager sérieusement. Alors vous imaginez ce que cela pourrait donner. Ces nouvelles vagues d'immigration musulmane viendraient décupler les communautés islamiques déjà présentes sur notre sol, des communautés qui posent tant de problèmes.

Cela conduirait inéluctablement à l'islamisation de l'Europe. Et c'est pourquoi mon propos sur la prise de Constantinople n'est pas hors sujet. Et je le dis avec beaucoup de force : si la Turquie entre dans l'Union elle réussira là où l'empire turc avait échoué : elle détruira l'Europe.

Et ça nous le refusons et c'est pourquoi nous disons : non !

Non à la Turquie ! Non à cette constitution ! Non à cette bureaucratie bruxelloise qui n'est pas européenne !

Et ce non n'est pas un refus de l'Europe, c'est un non fondateur d'une autre Europe, de la véritable Europe, de notre Europe, d'une Europe européenne, indépendante et puissante.

Car s'il faut avoir peur de ce projet bruxellois, il ne faut pas avoir peur de voter non. Si le non l'emporte, et le non doit l'emporter, il ne se passera rien de néfaste : pas de crise, pas de chaos ! On ne tombera pas dans le néant, on tombera là où nous sommes déjà. Certes la situation actuelle n'est pas extraordinaire mais c'est mieux que si c'était pire. Car c'est bien préférable à une France turquisée. Et d'ailleurs notre situation présente devrait être radieuse puisque nous vivons sous le règne des traités de Nice et de Maastricht. Or, rappelez-vous ceux qui veulent nous faire voter oui aujourd'hui nous vantaient hier les mérites de Maastricht en nous annonçant la prospérité, la fin du chômage et le retour de la croissance. Et rien de tout cela n'est venu. Le FMI a annoncé récemment ses prévisions de croissance pour 2005 : 4,3 % pour le monde, 1,6 % pour la zone euro. L'Europe, la lanterne rouge de la planète ! Ils nous ont menti hier pour Maastricht, ils nous mentent aujourd'hui pour la constitution.

On peut donc voter non sans crainte et sans réserve. Car notre non qui n'a évidemment rien à voir avec celui, ringard et passéiste de l'extrême gauche est un non pour notre Europe, pour l'Europe européenne, indépendante et puissante.

L'organisation des nations européennes est en effet nécessaire, nous en sommes bien d'accord. Mais pour une seule raison : pour que notre nation et l'ensemble des nations européennes retrouvent collectivement la puissance qu'elles ont perdue chacune prise isolément.

En ce début du 21e siècle, nous entrons en effet dans un monde qui a cessé d'être bipolaire selon le schéma Est-ouest de la guerre froide. Il ne sera pas non plus unipolaire malgré la volonté des États-Unis d'imposer une pax americana. À l'évidence il sera multipolaire. Il y aura bien sûr les États-Unis. Il y aura le Japon. Mais aussi la Chine qui fait actuellement son entrée sur la scène mondiale et qui commence déjà à bouleverser les équilibres économiques internationaux. Il y aura également l'Inde qui n'est pas ce pays de miséreux que l'on nous décrit encore trop souvent mais un pays doté d'une classe moyenne et d'une élite très entreprenantes. Il y a encore l'Amérique du Sud avec le Brésil. Et le monde islamique qui s'impose lui par sa démographie, son immigration, sa foi et parfois aussi par sa violence terroriste.

Malheureusement, il n'y aura pas la France qui est maintenant trop petite pour constituer un pôle de puissance à l'échelle du monde. La seule question qui se pose donc est de savoir si l'Europe sera l'un des grands pôles de puissance du monde de demain.

Et nous, nous disons qu'elle doit l'être, nous voulons qu'elle le soit, qu'elle s'impose de nouveau à l'échelle de la planète et qu'elle se fixe même comme objectif de devenir la première puissance mondiale. C'est utopique me diront certains. Pourtant c'est possible. Tenez, prenez les résultats des derniers jeux olympiques d'Athènes. Le premier pays c'est les États-Unis avec 103 médailles. Derrière, la Chine avec 63 médailles. Et chacun de gloser sur ces résultats qui préfigureraient le monde de demain, dominé par le couple sino-américain. Pourtant si l'on additionne les médailles obtenues par les vingt-cinq nations de l'Union européenne, cela fait 286 médailles. L'Europe arrive loin devant, écrasant tous ses concurrents.

Alors c'est vrai, il ne s'agit que de sport. Mais ces scores sont très révélateurs de la réalité de l'Europe d'aujourd'hui. Elle a en effet une population supérieure à celle des États-Unis, 450 millions contre 270 millions et un PIB égale au sien : 10 000 milliards d'euros. Potentiellement elle peut être la première puissance mondiale. Mais elle ne le sait pas et ses dirigeants ne le veulent pas.

Nous, nous le voulons et c'est tout le sens de notre non ! Un non qui exprime notre volonté d'une Europe puissante. Aujourd'hui l'Europe s'occupe de tout et de n'importe quoi : du diamètre des bananes, de la longueur des cigarettes, des dates d'ouverture de la chasse, du taux de TVA dans les restaurants. L'autre jour je me trouvais dans un petit village du Périgord. Je vois un immense panneau bleu étoilé d'or : travaux financés avec le concours de l'Union européenne. Je cherche les travaux en question : on était en train de refaire les bordures de trottoir. L'Europe s'occupe de tout et de n'importe quoi et intervient dans tous les domaines où les nations devraient conserver leur souveraineté. Mais elle ne se préoccupe pas de l'essentiel : la puissance de l'Europe.

Et pour rétablir sa puissance, il faut d'abord que l'Europe soit fière d'elle-même, fière de ses valeurs, de son identité et de son histoire. Il faut pour cela, une Europe européenne qui se limite au seul continent européen et qui se fonde sur notre commune civilisation. Cette civilisation qui a marqué le monde de son empreinte, qui a apporté à l'humanité l'essentiel de ses connaissances. Une civilisation dont nous devons être fiers, dont nous n'avons pas à nous excuser. Une civilisation qui doit maintenant cesser ses repentances à répétition et faire désormais son travail de mémoire mais pour les heures les plus éclatantes de son histoire.

Et dans cet esprit, il faut aussi une Europe indépendante. Or rien n'est dit à ce sujet dans la constitution. C'est même le contraire qui est affirmé puisque l'article I-41 indique, je cite, que '' la politique de l'Union (...) respecte les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord. '' Et comme si ça ne suffisait pas, le même article stipule en conclusion que, je cite '' les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'organisation du traité de l'Atlantique Nord qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l'instance de leur mise en oeuvre. ''

C'est incroyable ! On nous annonce une constitution qui est censée fonder l'Europe politique et ce texte fondateur fait référence à un traité qui lie l'Europe aux USA et qui s'avère au demeurant purement conjoncturel. Il avait en effet été signé en 1949 pour contre battre l'Union soviétique. Or celle-ci a disparu, le pacte de Varsovie n'existe plus. L'Otan aurait dû être dissoute. Elle a été maintenue et, chacun le sait, elle ne subsiste que pour assurer la tutelle militaire et politique des États-Unis sur les pays européens.

La constitution officialise donc en quelque sorte cette soumission de l'Europe aux États-Unis. C'est ahurissant. Et on voit là l'ampleur des mensonges proférés pour défendre le oui. M. Chirac, par exemple, nous explique avec beaucoup d'emphase que l'union fait la force. Oui mais la réalité c'est qu'on fait l'Union pour la faiblesse, pour la dépendance.

D'ailleurs rien n'est prévu dans cette constitution pour assurer la puissance de l'Union européenne. En matière militaire, il n'y a rien d'autre, en dehors de la soumission à l'Otan, rien d'autre que des déclarations d'intention, des promesses, des comités ou des agences. Et il n'y a pas en tout cas ce que nous réclamons : la création d'une alliance militaire européenne autonome.

Non pas une armée européenne, ce qui serait absurde, mais une alliance, c'est-à-dire une espèce d'Otan européenne qui permettrait de mettre en synergie l'ensemble des armées du continent, de standardiser leurs armements, leurs procédures et leur doctrine d'emploi. Une alliance qui permettrait de mobiliser une force militaire dont le potentiel devrait dans l'avenir être équivalent à celui des États-Unis d'Amérique ce qui est possible puisqu'en terme de population et de richesses, l'Europe en a les moyens. Une telle alliance lui permettrait de retrouver la puissance, de se faire respecter, de défendre ses intérêts et d'assurer sa protection et la paix.

Car quand j'entends dire par Sarkozy que l'Europe de Bruxelles c'est la paix, je suis scandalisé d'une telle contrevérité. Car dans toute la seconde moitié du XXe siècle, l'Europe a vécu sous la menace permanente de l'Union soviétique. Et s'il n'y avait pas eu les États-Unis, nous aurions subit la ruée des divisions blindées soviétiques et ce n'est pas l'Europe de Bruxelles qui aurait pu l'arrêter. Nous aurions connu la guerre et en plus nous l'aurions perdu. Même après l'effondrement de l'Union soviétique, l'Europe n'a pas été capable de rétablir la paix dans les Balkans. Il a fallu, là encore, qu'elle fasse appel à l'armée américaine. C'est honteux, c'est humiliant et ce sont les partis qui ont été incapables d'assumer leurs responsabilités au cours du XXe siècle qui viennent aujourd'hui nous donner des leçons !

Je dis qu'ils sont discrédités et qu'il est temps de faire autre chose avec d'autres responsables. Car s'ils ont failli dans le domaine militaire, ils ont aussi failli dans celui de l'économie. Il n'y a pas de puissance industrielle de l'Europe et rien n'est prévu en ce sens dans la constitution.

Et pour cause, voici par exemple ce que dit l'article III-314 en matière de commerce : '' l'Union contribue, dans l'intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux (...) ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres. ''

Là encore c'est consternant. D'abord l'Union se fixe comme objectif l'harmonie du commerce mondial, c'est-à-dire un objectif de portée universelle. Comme si l'Europe était en charge du monde entier. On n'a jamais vu ça ! La guerre commerciale fait rage à l'échelle du monde et l'Europe ne se préoccupe pas de défendre ses positions mais veut défendre l'intérêt commun face à des adversaires qui, eux, ne se préoccupent que des leurs. C'est sans doute très généreux de la part des promoteurs de la constitution mais ce ne sont pas eux qui payent la facture. Allez donc demander ce qu'ils en pensent aux salariés des entreprises textiles qui sont en train de perdre leur emploi à cause du déferlement des t-shirts, des pantalons et des chemises chinois.

Les Américains eux ont déjà rétabli des protections et des quotas. Au niveau européen on est encore entrain de causer. Le commissaire européen applique d'ailleurs scrupuleusement l'article 314 et fait valoir les arguments chinois en expliquant que si nous voulons vendre des Airbus il nous faut accepter le textile. Comme si les Américains, en établissant leur quota, avaient renoncé à vendre des Boeing !

Alors c'est vrai, j'exagère, la commission de Bruxelles agit : elle vient de décider de réfléchir à la possibilité de constituer un groupe de travail pour examiner l'opportunité d'une étude afin de savoir si des mesures appropriées pourraient être prises le moment venu. On a même envisagé quelles pourraient être ces mesures : une restriction d'importation des T-shirts et des fils de lin ce qui représente, tenez-vous bien, 5 % des exportations totales de textile chinois. On se moque de nous ! Comment s'étonner dans ces conditions que l'Europe soit incapable d'empêcher les délocalisations et la désindustrialisation dont la France et l'Europe sont les victimes ?

Mais ça n'est pas tout. Car l'autre grand volet de la politique économique de l'Union telle que la définit la constitution est la lutte contre les entraves à la concurrence. C'est même une rengaine au point que le texte de la constitution utilise 33 fois le mot concurrence. Alors bien sûr nous sommes pour la concurrence sauf quand la lutte contre les entraves à la concurrence pénalise les intérêts européens.

Or c'est bien ce que fait la commission de Bruxelles et ce que la constitution prévoit qu'elle fasse. Ainsi par exemple, la Commission a-t-elle interdit l'achat par Péchiney de la société canadienne Alcan. Résultat : quelques années plus tard, c'est Alcan qui a acheté Péchiney. Au lieu d'avoir constitué, pour la France et l'Europe, l'un des géants de la production mondiale d'aluminium, nous avons perdu l'un des fleurons de notre industrie. De même, qui a tenté d'empêcher le gouvernement français de sauver Alstom ? La commission de Bruxelles ! Heureusement, elle a pu être circonvenue, mais il s'en est fallu de peu qu'elle exige la disparition de cet autre fleuron de notre industrie. Bruxelles là encore travaille contre l'Europe.

Aussi lorsque je vois Chirac se rendre à Toulouse sur le tarmac de l'aéroport de Blagnac et prendre comme argument pour le oui le succès d'Airbus, je bondis. Car Airbus ne doit rien à l'Europe de Bruxelles, chacun le sait. Mais c'est encore pire : Si on avait appliqué dans ce domaine les règles de Bruxelles contre les monopoles, jamais on n'aurait pu regrouper les quatre sociétés françaises, britanniques, espagnoles et allemandes puisque, ce faisant, elles constituaient évidemment un monopole en Europe et dès lors jamais Airbus n'aurait vu le jour. En clair Airbus s'est fait, non seulement en dehors de Bruxelles mais contre les institutions bruxelloises. Il n'y a donc rien dans la constitution qui vise à la puissance industrielle de l'Europe.

Pourtant ce serait essentiel car la mondialisation n'est pas cet échange harmonieux et idyllique que nous décrivent les manuels d'économie politique. La mondialisation c'est au fond la nouvelle forme que prennent la compétition et les antagonismes entre les nations. Les lois immémoriales de l'Humanité n'ont pas changé. Et si la guerre froide a été la troisième guerre mondiale, la quatrième est indéniablement la guerre économique internationale qui fait rage aujourd'hui sur la planète. Une guerre où tous les coups sont pratiqués, où il y a des vainqueurs et des vaincus, où il faut attaquer et se défendre.

Or l'Europe et la constitution semblent ignorer complètement cette réalité, appliquent les règles des manuels d'économie et se fixent des objectifs universels d'harmonie et d'intérêt commun. C'est de la folie douce.

Et le pire c'est que ce sont les responsables de toutes ces absurdités qui nous traitent d'imbécile. Vous les avez entendus, Chirac notamment, ils disent avec beaucoup de mépris que le vote non, c'est le vote de l'ignorance et de la peur. Si nous votons non, c'est que nous sommes des demeurés, des pauvres types, ignares et terrorisés. Vous savez, ils nous voient un peu comme ces hommes des cavernes qui ne connaissent rien du monde et qui sont apeurés par chacune de ses manifestations. Alors qu'eux bien sûr c'est l'élite, ils ont une intelligence aiguë des réalités du monde. Ce sont des seigneurs qui savent tout et qui ignorent la peur.

Mais est-ce bien certain ? Moi je dis que c'est le contraire. Chirac par exemple. Il a peut-être fait l'Ena, mais je me demande s'il pourrait encore réussir son certificat d'études. Tenez, il prétend que la Turquie est en Europe : zéro en géographie ! Il a affirmé que ''les racines de l'Europe sont autant musulmanes que chrétiennes '' : zéro en histoire ! Il a dit : '' je suis pour une fédération d'États souverains '' : zéro en logique. Zéro, zéro, zéro ! À l'école primaire, Chirac serait recalé ! Alors n'ayons pas de complexe et n'ayons pas peur. Ce sont eux qui ont peur. Ils ont peur de perdre leur places. Ils ont peur d'être désavoués et rejetés par les Français. Et ils ont raison d'avoir peur ! Car nous sommes lassés de leurs manoeuvres, de leur lâcheté et de leur bêtise.

C'est pourquoi, nous refusons cette constitution. Car nous voulons pour assurer l'emploi et la prospérité des Français, une grande stratégie industrielle pour l'Europe. Que l'on organise des regroupements d'entreprises européennes pour créer des groupes capables de damer le pion aux Américains ou aux Chinois. Que l'on lance dans chaque grand secteur des initiatives comme celles qui ont permis à Airbus de devenir le numéro un mondial de l'aéronautique civile. Bref il faut, comme le font les Américains, les Chinois ou les Japonais, une démarche audacieuse d'intelligence économique pour lancer la contre-offensive industrielle de l'Europe.

Dans cet esprit, je déplore que rien ne soit fait non plus pour assurer la puissance monétaire de l'Europe. Pourtant l'euro existe. Et maintenant qu'il existe autant qu'on en tirent les avantages qu'il peut nous procurer. Or si l'euro est utile, ce n'est pas en dispensant les touristes d'avoir à changer leur argent quand ils se rendent en vacances en Italie. Non, le réel avantage que nous pouvons retirer de l'euro, c'est que l'euro serve les économies européennes comme le dollar sert l'économie américaine.

Pour cela, il faudrait que l'euro devienne, comme le dollar, une monnaie de change et de réserve. Il faudrait que l'on puisse vendre nos Airbus en euro et acheter notre pétrole avec la devise européenne. Que nos industriels puissent importer et exporter sur le marché mondial en euro de façon à être totalement à l'abri des fluctuations monétaires et économiques internationales. Et puis cela nous permettrait de ne pas avoir à financer nos déficits comme les Américains peuvent le faire. Même s'il ne faut pas abuser de cette facilité, ce serait une erreur de s'en priver.

Bref un euro devenant une monnaie de change et de réserve servirait grandement les intérêts et la puissance de l'Europe. Mais naturellement, rien de tel n'est prévu dans la constitution puisque l'article III-185 indique, je cite, que '' l'objectif primordial du système européen de banques centrales est de maintenir la stabilité des prix. '' Rien n'est donc prévu pour assurer la puissance monétaire de l'Europe.

Et rien n'existe non plus pour assurer sa puissance scientifique. Là c'est vraiment le monde à l'envers. Car l'Europe a été depuis plus de cinq siècles le creuset planétaire du savoir, de la science et des arts. C'est l'Europe qui a apporté au monde l'essentiel des connaissances, des inventions et des découvertes humaines. Et aujourd'hui, ce foyer d'intelligence et de création semble en recul. Non pas d'ailleurs parce que les Européens cesseraient d'être féconds, mais parce que beaucoup de scientifiques de talent ne trouvent plus en France et sur le continent la reconnaissance, le statut social, les rémunérations et surtout les moyens pour accomplir leur travail dans les meilleures conditions. Résultat : ils émigrent notamment aux États-Unis, prennent la nationalité américaine et c'est comme Américains qu'ils obtiennent le prix Nobel.

Il est donc temps de rapatrier nos chercheurs et d'attirer ceux du monde entier. Il est temps de leur donner tous les moyens dont ils ont besoin pour inventer et trouver. La recherche, chacun le sait, conditionne l'avenir. Et il est essentiel que l'Europe redevienne ce grand pôle, ce premier pôle scientifique et culturel qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être.

Malheureusement la constitution ne crée nullement cette dynamique. Elle ne crée pas non plus de dynamique démographique. Pourtant les peuples européens connaissent une baisse catastrophique de leur natalité. Et bientôt, si rien ne change, leur population va commencer à diminuer. Or dans ce domaine il n'y a rien dans la constitution, ni sur la démographie ni sur la famille. Les deux seuls articles qui mentionnent la famille sont laconiques et moins développés que la non-discrimination, les droits de l'enfant ou la protection des données.

Quant à la Commission, elle a clairement affirmé sa préférence dans un livre vert daté du 11 janvier 2005 : plutôt que la relance démographique elle préfère l'immigration. Elle annonce en effet, je cite : '' des flux d'immigration plus soutenus pourraient être de plus en plus nécessaires pour couvrir les besoins européens du marché du travail et pour assurer la prospérité de l'Europe. ''

Il est vrai que dans ce domaine, le gouvernement et n'est pas en reste. M. de Villepin a beau annoncé un plan de lutte contre l'immigration clandestine, ça c'est pour la galerie ! Mais vous l'avez vu lorsque quelques clandestins font la grève de la faim, Villepin les régularise aussitôt. Et ça c'est un message pour tous les candidats clandestins qui veut dire : vous pouvez y aller.

Eh bien nous, nous ne voulons plus qu'ils y aillent, nous ne voulons plus d'immigration, nous voulons une grande politique de relance démographique. Ce qui ne nécessite d'ailleurs pas d'européaniser ces politiques. Chaque État doit rester maître de soutenir et d'encourager les familles selon les moyens les plus appropriés. Mais l'Europe devrait ériger cet objectif nataliste parmi ses toutes premières priorités et susciter l'émulation entre les nations. Car il n'y aura pas de puissance européenne ni bien sûr de renouveau pour la France et ses voisins, sans redressement démographique.

Voilà, puissance militaire, industrielle, monétaire, scientifique et démographique. Voilà quelle devrait être les seuls et les principaux objectifs de l'Europe ! Voilà pourtant les impératifs que la constitution ignore totalement.

Et voilà pourquoi nous devons dire non au référendum. Car la voie de l'entreprise bruxelloise est une voie trompeuse qui ne mène pas à l'Europe. Mais nous ne devons pas pour autant demander l'isolement et le repli dans une démarche passéiste et ringarde. Nous devons proposer une autre voie pour l'Europe, qui est à vrai dire la seule voie réellement européenne, celle qui conduit à l'Europe européenne, indépendante et puissante.

Et en ce sens notre position est, sur la scène politique, la seule qui soit réellement porteuse d'espoir, la seule qui puisse valablement construire notre avenir. Entre ceux qui refusent de voir que la construction bruxelloise détruira non seulement les nations mais l'Europe tout entière, et ceux qui refusent de comprendre que le rejet de toute Europe prive d'avenir notre nation et avec elle toute les nations du continent. Entre ceux qui ne voient pas la réalité du projet bruxellois et ceux qui ne voient pas la réalité du monde d'aujourd'hui, entre ceux qui disent oui comme des moutons bêlants qu'on conduit à l'abattoir et ceux qui disent non comme des autruches qui se mettent la tête dans le sable, nous sommes au fond les seuls à tracer une voie nouvelle, une voie audacieuse et novatrice qui permettrait enfin d'assurer un avenir à nos valeurs, de redonner des perspectives à notre nation et de rendre un espoir à notre peuple.

Avec l'Europe des nations, telle que nous la concevons, une Europe de type confédéral qui rendrait à nos pays la plupart des prérogatives qui leur ont été confisquées mais qui leur assurerait collectivement la puissance qu'elles ont perdues individuellement, tout pourrait basculer. La France et l'Europe pourraient de nouveau peser dans le monde et écrire l'Histoire.

Car si le peuple français, et avec lui les autres peuples européens, renouent avec la puissance, c'est tout qui change. Nous pourrons à nouveau défendre nos intérêts, imaginer, créer, faire des projets et nous tourner vers l'avenir. Nous serons à nouveau capables de rayonner, d'être admirés, imités et respectés. Nous cesserons de subir et nous pourrons enfin agir pour protéger les nôtres, défendre notre identité et assurer notre prospérité.

Chers amis, la France est aujourd'hui sans projet, sans stratégie, sans volonté. Avec le non, le non fondateur que nous proposons, elle pourrait demain s'affirmer comme le foyer d'une nouvelle renaissance. Une renaissance politique, nationale, européenne.

Le non peut être dans notre pays comme sur le continent l'occasion d'un grand virage. Un virage qui nous ferait tourner le dos au déclin, à la soumission, aux repentances, à la dilution, à la misère et aux injustices.

Chers amis les Français peuvent dès dimanche prochain prendre l'initiative de lancer ce grand mouvement de renaissance. Saisissons l'occasion qui nous est donnée et affirmons notre volonté avec force.

Oui au renouveau de la France, oui à l'Europe européenne, indépendante et puissante. Et pour cela, le 29 mai prochain, votez non !

Non à la classe politique, non à l'abaissement de la France, non à la destruction de l'Europe, non à la Turquie, non à la constitution, non au référendum !
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