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Discours, le 28/08/2005
La crise des fauteurs de crise
Discours de clôture de l'université d'été du MNR


Tout au long de cette Université d'été, nous nous sommes penchés sur notre nation, nous l'avons ausculté avec lucidité et inquiétude. Et c'est vrai, tous les exposés l'ont confirmé, notre pays se porte mal, la France est en crise.

Et je ne voudrais pas, en conclusion de nos travaux, reprendre le triste tableau de tout ce qui ne va pas, de tout ce qui provoque souffrance et angoisse pour nos compatriotes, de tout ce qui diminue notre pays et le pousse vers le gouffre. Je voudrais pour ma part essayer d'aller au fond des choses pour comprendre les raisons profondes de cette crise mais aussi pour y retrouver l'espoir.

Malgré tous les motifs de désespérance, je suis convaincu que rien n'est joué et qu'il est possible de sortir de la crise et de connaître le renouveau. Car si la situation semble s'aggraver, elle tend aussi à se clarifier. Beaucoup de dangers qui n'étaient pas évidents pour nos compatriotes leur apparaissent maintenant comme tels.

Certes nous n'en sommes pas encore au stade où les citoyens réagissent par un vote lucide et constructif. Mais nous sommes déjà suffisamment engagés dans le processus de prise de conscience pour que notre peuple réagisse par des votes de défiance et de rejet. Que ce soit le scrutin présidentiel de 2002, celui des régionales de 2004 ou le référendum de mai dernier, le sens de tous ces votes est clair : Les Français n'ont plus confiance dans la classe politique, ils ne croient plus dans ses actions et ses prétendus projets, ils veulent autre chose. Ils ne savent pas encore quoi mais le processus de renouveau me paraît maintenant profondément engagé.

Oh certes, rien n'est encore joué. La classe politique soutenue et dirigée par les médias n'entend pas lâcher prise. Et pour se maintenir en place, elle est prête à continuer ses manoeuvres dilatoires. Pour continuer à imposer le politiquement correct, elle est prête à toutes les manipulations. Et c'est d'ailleurs ce à quoi on assiste aujourd'hui. Jusqu'à présent la classe politique niait la réalité de la crise. Aujourd'hui elle la reconnaît. Il est vrai que pour elle, et notamment pour le gouvernement, la crise n'est pas exactement la même que pour nous.

Pour nous, la crise, c'est la montée inexorable de la mondialisation qui détruit tout sur son passage, qui provoque délocalisations, chômage, précarité et misère. Pour eux la crise n'est pas cela, car pour eux, sur tous ces sujets, il n'y a rien de dramatique. Il faut certes s'adapter à la mondialisation, il y a encore du travail à accomplir et des sacrifices à endurer, mais ensuite tout rentrera dans l'ordre.

Pour nous, la crise ce sont les vagues migratoires qui se succèdent inexorablement, créant sur notre sol de véritables communautés ethniques ou religieuses souvent hostiles à la France. Des communautés qui sécrètent la délinquance et la violence, qui entraînent des dépenses considérables et créent de profondes injustices. C'est aussi la montée de l'islam qui cherche à nous imposer ses normes, ses valeurs et ses coutumes. Pour eux, le problème est passager. Pour peu que la France investisse suffisamment et pour peu que les Français fassent davantage d'efforts, tous les étrangers vont s'intégrer et tout se normalisera.

Pour nous la crise c'est l'insécurité, la délinquance, la criminalité, la drogue et le racket, les cambriolages et les agressions qui se multiplient et créent chez beaucoup de nos compatriotes l'angoisse et la souffrance. Pour eux ce problème est réglé. Sarkozy a pris les mesures qui s'imposaient. Et d'ailleurs s'il y a encore la moindre difficulté, il suffit de l'appeler, il viendra personnellement régler le problème sur place... À condition bien sûr qu'il y ait une caméra de télévision pour le filmer.

Pour nous la crise, c'est le mal-vivre de beaucoup de Français qui connaissent des difficultés pour boucler les fins de mois, qui n'ont plus d'emplois stables et qui doivent jongler avec les petits boulots et les allocations de toutes sortes. C'est le sentiment d'injustice qu'éprouvent de nombreux Français en constatant que la plupart des étrangers peuvent quant à eux vivre sans rien faire des trafics et des prestations sociales. Pour les responsables de la classe politique, ça n'est pas le problème. Il faut certes encore accentuer la solidarité mais surtout il faut renforcer la répression anti-raciste pour que les Français cessent de vouloir obtenir autant que les immigrés.

Pour nous la crise ce sont les valeurs qui s'effacent, les repères qui s'estompent, la famille qui perd sa place privilégiée, les enfants qui ne sont plus assez nombreux, l'école qui ne remplit plus son rôle d'instruction. Pour eux, il n'y a aucun problème de ce côté-là. Sans doute faut-il faire un geste supplémentaire en direction des homosexuels, renforcer encore la lutte contre le racisme et mieux inculquer aux enfants des écoles les valeurs citoyennes, mais pour le reste, on est sur le bon chemin.

Pour nous la crise c'est la France qui perd son rang et sa force et qui ne se fait plus respecter. C'est l'Europe qui asphyxie les nations, qui n'a pas la puissance pour les défendre et qui veut s'élargir jusqu'à la Mésopotamie. Pour eux, il n'y a pas de problème là non plus. La solution c'est Bruxelles, et même si les Français ne sont pas d'accord il suffit de faire plus d'Europe pour résoudre les difficultés.

Non, pour eux la crise est plus précise, plus récente et, à leurs yeux, beaucoup plus grave encore. Pour eux la France est en crise car les Français ont répondu non au référendum sur la constitution européenne.

Pourtant ils ont tout fait pour empêcher ce désastre. Tous les partis officiels ou presque se sont mobilisés pour le oui. Les médias unanimes ont utilisé tous les moyens à leur disposition pour imposer le oui. La propagande a été massive et a pris toutes les formes possibles. Tous les ténors du système ont été mobilisés. Y compris bien sûr les acteurs de cinéma, les chanteurs du show-biz, les top modèles et les footballeurs. Mais rien n'y a fait, les Français ont voté non avec une majorité de 55 % des voix.

Et ça en effet c'est une crise majeure, non pas pour la France mais pour la classe politique. Car c'est tout le système politicomédiatique qui a été désavoué. Et pas sur une question secondaire mais sur l'un de ses credo les plus essentiels. Les Français ont en effet rejeté l'Europe bruxelloise qui est au centre de l'avenir qu'ils nous préparent.

Pourtant les politiques comme les journalistes n'en ont tiré aucune des conclusions que la démocratie leur imposait de tirer. Leurs actions et leurs discours sont désavoués, leurs projets remis en cause et, au-delà, c'est la pensée unique, dont ils sont les grands prêtres, qui est rejetée. Et malgré ce formidable camouflet, ils ne se remettent nullement en question et ne modifient ni leur ligne politique, ni leurs orientations idéologiques. La conclusion qu'ils en tirent, c'est simplement que la France est malade du chômage.

Certes, le chômage est dramatique pour tous les Français qui en sont victimes et tous ceux qui en sont menacés, mais hélas, les problèmes de la France ne se limitent pas à ce fléau. Ils vont bien au-delà. Et d'ailleurs le rejet de cette constitution, c'est le rejet de l'Europe bruxelloise, mais plus précisément, le rejet de cette Europe qui, au lieu de nous protéger, nous désarme pour nous livrer sans défenses aux vents fous de la mondialisation. Une mondialisation qui produit les délocalisations et la désindustrialisation et qui engendre, c'est vrai, le chômage mais qui provoque aussi l'immigration et l'islamisation, le déracinement et la perte d'identité, et plus globalement la destruction de tout ce que nous sommes en tant que nation et civilisation.

La classe politique refuse de voir cette réalité. Elle se voile la face devant cette vérité. Elle s'accroche envers et contre tout à cette pensée unique qui la domine et qu'elle sert. Le malentendu est donc total. C'était une victoire du peuple contre la classe politique et un rejet de la pensée unique. Ils ont préféré voir une victoire de la gauche contre la droite et un mécontentement dû au chômage. Moyennant quoi, ils ne se remettent nullement en cause et pour eux tout peut continuer comme avant.

Enfin non, c'est vrai ! Il y a eu tout de même un événement majeur. Un événement qui peut tout changer, qui peut tout régler : Villepin a remplacé Raffarin. Villepin est venu, il a vu et il a vaincu. Enfin il va vaincre. En tout cas il doit vaincre. Il doit même le faire dans les cents jours pas un de plus pas un de moins. C'est tout de même incroyable, ils avaient cinq ans, ils se donnent cent jours. D'ailleurs le rendez-vous est pour bientôt puisque les cents jours viennent à échéance au mois de septembre. Et déjà l'intéressé nous prépare à ce rendez-vous : '' j'ai l'impression qu'il y a quelque chose de changé en France '', a-t-il récemment déclaré. Je ne sais pas s'il faisait allusion au contrat nouvelle embauche qu'il a créé pendant ces cents jours car en dehors de cela, je ne vois pas ce qu'il y a de changé.

À moins que ce soit le retour de Zidane dans l'équipe de France de football. Car ça évidemment c'est un événement majeur. Mais cela sera-t-il suffisant pour assurer le succès de Villepin et pour faire sortir la France de la crise ? On ne sait pas. Actuellement les analystes, les observateurs, les sondeurs se penchent doctement sur la question, mais ils n'ont pas encore la réponse.

Il est vrai que la classe politique comptait sur les Jeux olympiques à Paris pour résoudre tous nos problèmes. Et reconnaissons-le, tout a été fait pour réussir. Nous avions, c'est bien connu, le meilleur dossier. Pensez donc, avec Delanoë et Chirac ça ne pouvait pas échouer. Malheureusement le Comité olympique n'a pas été sensible aux charmes du maire de Paris ni à la détermination politique du président de la République.

Résultat : il a fallu tout miser sur Zidane. Et heureusement qu'il y a eu cette nuit au cours de laquelle il a entendu une voix l'invitant à rejoindre l'équipe de France. Et c'est là où Villepin est très fort. Il commande même aux esprits... À moins qu'il ait utilisé le téléphone.

En tout cas pour nous les Français, tout cela ne changera rien. La crise est bien là. Elle est générale, durable et profonde. Et elle pourrait, c'est vrai, compromettre l'avenir de notre pays. Car si tout continue comme aujourd'hui, la France pourrait ne pas s'en relever.

Si l'on prolonge les évolutions actuelles, notre peuple va être submergé par des vagues migratoires successives qui vont le dissoudre. Notre nation va être vidée de sa substance par l'empilement des institutions européistes et mondialistes qui vont lui retirer tout pouvoir. Notre civilisation va se mélanger aux autres dans un grand brassage culturel conduisant au déracinement et à la standardisation. Et certains - y compris parmi nos proches - d'en conclure que la France a son avenir derrière elle.

Pourtant, je pense que rien n'est dit. Car ces évolutions, n'ont pas pour cause des réalités objectives et naturelles contre lesquelles on ne pourrait rien. Elles sont le produit de quelques idées dominantes qui structurent la pensée unique et qui orientent et déterminent l'action des politiques. Or ces idées, qui sont d'ailleurs en tout petit nombre, sont des idées fausses. Elles ne se fondent pas sur des données objectives. Elles sont contredites par les réalités. Elles s'apparentent aux dogmes d'une pensé magique et à ce titre, elles sont d'une grande fragilité.

Certes, elles ont aujourd'hui un poids considérable, elles s'imposent à tous et à tout. Et leurs conséquences sont dévastatrices. Mais ces idées, parce qu'elles sont fausses, sont condamnées à disparaître et, par là même, à interrompre leurs effets nocifs.

La première d'entre elles concerne l'assimilation des immigrés. C'est l'idée que '' l'intégration ça marche ''. Et cette rengaine, on l'entend partout. L'immigration, nous dit-on, est un phénomène à la fois inéluctable et profitable. Passé la période d'adaptation, toutes ces populations vont se fondre dans notre peuple comme l'ont fait autrefois les Polonais, les Italiens ou les Espagnols. Ne vous inquiétez pas, ne vous crispez pas, soyez ouverts, tolérants et accueillants, disent-ils aux Français. Ce phénomène est bénéfique pour notre pays. Ces populations immigrées compensent les naissances qui manquent à notre peuple pour assurer son avenir. Ce sont elles qui effectuent le travail que nous ne voulons pas accomplir. Ce sont-elles aussi qui payeront nos retraites.

Et n'est-il pas extraordinaire de voir ainsi notre société s'enrichir de cultures, de coutumes et de modes de vies venus des quatre coins du monde ? Peu importe qu'il y ait chez nous un chômage massif, peu importe que le coût de cette immigration ait pu financer sans difficulté une grande politique nataliste, peu importe que la coexistence des cultures crée des tensions et des conflits, il faut y insister : tout va bien. Et peu importe que, pour le moment, ce processus soit surtout marqué par les nouveaux ghettos urbains, la surdélinquance immigrée, la clandestinité, le chômage, la violence et la drogue. Peu importe que ce phénomène provoque pour l'instant une montée du communautarisme et une intensification des conflits intercommunautaires. Car les populations étrangères que nous accueillons chez nous s'intègrent, elles vont s'intégrer, elles s'intégreront. Tout va rentrer dans l'ordre.

Encore faut-il bien sûr que les Français coopèrent, qu'ils abandonnent ce comportement trop naturellement xénophobe qui est le leur. Encore faut-il qu'ils pratiquent la tolérance et le partage. Et s'ils ne se soumettent pas spontanément à cette attitude d'accueil, s'ils se laissent aller à des comportements discriminatoires, il faut bien les sanctionner très durement. Mais pour éviter d'en arriver là, il faut pratiquer la pédagogie, expliquer sans relâche combien il est mal de ne pas aimer l'autre, combien nous devons éradiquer chez nous et chez nos congénères toute attitude de refus ou de rejet. Aussi faut-il mobiliser tous les moyens de la société, l'école, les médias, les intellectuels, la justice, le social afin d'obtenir enfin des Français un comportement correct.

Mais, pour peu que les Français y mettent du leur, les populations immigrées vont s'intégrer. Elles vont se fondre harmonieusement pour créer une communauté citoyenne, unie et solidaire. Qu'on se rassure l'intégration ça marche !

Eh bien non, c'est faux, l'intégration ne marche pas. Chacun est maintenant en train de s'en rendre compte. Et parmi toutes les raisons qui conduisent à ce constat il en est une qui s'impose à tout le monde, c'est l'islam ! L'islam, c'est comme du sable dans le mixeur.

Dès lors qu'une fraction majeure de la population immigrée procède de l'islam, tout le discours sur l'intégration républicaine s'effondre. L'islam, en effet, n'est pas soluble dans la République et il est incompatible avec notre civilisation européenne et chrétienne. Que ce soit sur la place de la femme dans la société ou sur la séparation du sacré et du laïc, le divorce entre l'islam et notre civilisation est total.

Dès lors, le mensonge ou la paranoïa sur l'intégration apparaît dans toute sa nudité. On prétend d'un côté, assurer la promotion de la femme, réaliser une parité absolue et lutter contre tous les comportements machistes. Et de l'autre côté on nous explique qu'il n'y a aucun problème pour intégrer au sein de la société des musulmans qui rejettent la femme dans une position de soumission, voire de servitude. Des musulmans qui autorisent la répudiation, la polygamie, le droit pour l'homme de battre sa femme, quand ce n'est pas le droit sur elle de vie ou de mort.

Et que dire de la laïcité ? Les musulmans la rejettent et la combattent car elle est contraire à leurs croyances pour lesquelles le sacré et le profane ne font qu'un. Et là, le paradoxe est total. On nous explique que le système républicain, fondée notamment sur la laïcité, est une formidable machine à intégrer. Or c'est précisément ce dispositif propre à notre République qui est contesté et combattu par les islamistes.

Et chacun en est aujourd'hui de plus en plus conscient et pas seulement ceux qui partagent nos convictions mais aussi les laïcards de gauche, les militants des droits de l'homme, les représentants des juifs français. Car l'islam est incompatible avec l'ensemble de notre civilisation.

Que ce soient les valeurs du monde européen, tels qu'ils nous viennent de l'antiquité grecque et romaine, que ce soient les vertus inhérentes au christianisme, que ce soient les principes de la philosophie des lumières, tout cela est incompatible avec l'islam et sa conception théocratique. La liberté, la responsabilité, la charité, l'amour de son prochain, la démocratie, les droits de l'Homme, la laïcité, l'égalité entre les sexes, rien de tout cela n'est en harmonie avec le monde islamique.

Alors certes, on peut me répondre que l'islam va se laïciser, s'occidentaliser et se moderniser. On peut affirmer que les musulmans présents en France vont s'adapter, mettre de l'eau dans leur vin, se plier à nos normes et à nos coutumes. Une telle perspective serait en effet parfaitement vraisemblable si nous avions affaire à une petite minorité, adepte d'une religion marginale. Mais tel n'est pas le cas.

Nous n'avons pas en face de nous une petite collection d'individus isolés qu'il suffirait de passer au moule républicain pour régler le problème. Nous avons en face de nous une communauté dont l'effectif est considérable et dont les membres sont liés par leur commune appartenance à une grande religion en pleine expansion. Une communauté qui compte des millions de personnes et qui se trouve partie prenante à un ensemble transnational particulièrement fort et solidaire

D'ailleurs l'actualité nous en apporte régulièrement et tragiquement la preuve. Comment expliquer autrement que les musulmans qui ont posé des bombes au mois de juillet à Londres, aient été de nationalité britannique ? Pour ces musulmans, qui ont tué ou blessé sauvagement et gratuitement des centaines de leurs prétendus compatriotes, leur allégeance va à l'islam et nullement à la nation dont ils ont la carte d'identité. Et c'est aussi cette réalité de fond qui explique la montée de l'antisémitisme dans notre pays. Un antisémitisme musulman qui résulte de l'importation sur notre sol du conflit israëlo-palestinien. À l'évidence les musulmans français sont infiniment plus proches de leurs frères palestiniens que de leurs compatriotes juifs !

Aucune des conditions n'est donc réunie pour que cette communauté s'intègre. Et d'ailleurs beaucoup d'intellectuels commencent à le reconnaître plus ou moins explicitement comme Alain Finkielkraut, Claude Imbert ou Michel Houellebecq. L'intégration ne marche pas.

Toute la politique d'immigration au nom de laquelle on veut maintenir sur notre sol des millions d'étrangers et en faire venir sans cesse de nouveaux repose sur une idée fausse. Une idée dont l'inanité apparaît de plus en plus évidente à une partie croissante de la population.

Deuxième idée fausse : '' la mondialisation est bénéfique '' Et là aussi tout est fait pour nous imprégner de cette idée. À l'école, dans les médias, dans les discours politiques, dans les études universitaires, il n'y en a que pour cette idée sommaire : la planète est devenue un village. Les frontières entre les nations vont disparaître, les barrières qui séparent les peuples vont s'effondrer. Les échanges iront se multipliant. Les mélanges de population, de culture et d'idée vont se généraliser. Et ce grand brassage servira la paix et l'harmonie. Les guerres, les conflits, les antagonismes s'effaceront. Les orgueils nationaux, le chauvinisme, l'intolérance et le racisme disparaîtront. Avec ce melting-pot mondial, l'humanité est à l'aube d'une formidable mutation qui va la hisser à un degré supérieur de civilisation.

Il faut donc communier dans ce grand mouvement rédempteur qui assurera le salut du genre humain. Jetons au bûcher ces vieilles idées qui ont fait son passé. L'attachement à sa terre, l'amour de son peuple, la fierté de sa nation. Mettons au musée tout ce que nous avons été : notre culture, notre langue, notre art de vivre. Et entrons dans la modernité, celle du monde multicolore à la langue unique et au mode de vie standardisé.

Et toute occasion est bonne pour accélérer ce processus. Organise-t-on un festival de musique ? Ce sera sur le thème du métissage des cultures ! Veut-on vendre un soda ? On nous montrera des femmes et des hommes du monde entier se donnant la main en chantant '' nous sommes le peuple du monde '' ! Interroge-t-on un artiste, un acteur, un membre du show-biz sur ses racines ? Il répondra qu'il est bien chez lui, mais qu'il se sent avant tout un citoyen du monde et qu'il est chez lui partout !

En revanche malheur à celui qui refuse de se soumettre à ce credo mondialiste. Dire qu'on préfère la France ou l'Europe, c'est incongru, malséant ou carrément odieux. Émette la moindre réserve à l'égard de ce brassage, c'est s'engager sur un terrain miné, c'est se montrer réactionnaire ou pire encore. Bref, le mondialisme est bénéfique. Un point c'est tout.

Eh bien non. Cette idée aussi est une idée fausse. Une idée qui repose sur une mauvaise interprétation de la réalité. Au motif que les distances sont réduites par les moyens de transport et que les échanges commerciaux se multiplient du fait des nouvelles réalités industrielles, les sectateurs du mondialisme en concluent que le monde est désormais en marche vers son unité et que ce processus va faire le bonheur de l'humanité. Or, rien n'est plus faux.

Le monde de ce début du XXIe siècle est à bien des égards moins uni et moins uniforme que celui des années 1900. À l'époque, l'Europe dominait le monde et imposait à tous les peuples de la planète sa tutelle politique et sa suprématie culturelle. Depuis, la décolonisation est survenue, le bloc soviétique s'est effondré le nombre d'État indépendant a décuplé, des civilisations endormies comme celle de l'islam, de l'Inde ou de la Chine se sont réveillées.

L'idée d'un monde qui se globaliserait et qui s'uniformiserait est donc largement fallacieuse. Elle est le fait de certaines élites européennes qui voient le monde à l'image de l'Europe. Ainsi par exemple, les phénomènes migratoires, si traumatisants pour les pays occidentaux, ne concernent nullement les autres nations du monde : pas d'immigration au Japon, en Chine ou en Inde.

La mondialisation ne débouche pas sur l'unification du monde, elle ne conduit pas non plus à la paix et à l'harmonie. Bien au contraire, en resserrant l'espace et en multipliant les échanges, elle décuple les facteurs d'affrontements et de conflits. Certes les enjeux sont actuellement essentiellement économiques et ne débouchent généralement pas sur des conflits guerriers. Mais la compétition économique à laquelle elle donne lieu s'apparente, à bien des égards, à une guerre économique mondiale. Une guerre dont les belligérants ne sont pas rassemblés en deux blocs qui s'affrontent mais éparpillés en plusieurs camps qui se battent chacun pour son compte.

Et la guerre qui fait rage provoque, comme toutes les guerres, de graves dégâts. Les destructions, les morts et les blessés se retrouvent essentiellement dans le camp des perdants, c'est-à-dire chez nous. Les effets dévastateurs de ce conflit se retrouvent d'ailleurs sous nos yeux. Les délocalisations, les faillites, les restructurations et les plans sociaux en sont les signes les plus patents. Mais cette guerre est aussi responsable de la baisse des revenus salariaux et de celle des prestations sociales. Elle est la cause de la précarité et du chômage.

À l'évidence cette mondialisation ne fonctionne pas comme on nous l'avait annoncé. Elle ne conduit pas à l'unité ni à la paix. Et cette idée de la mondialisation bénéfique et harmonieuse est une idée fausse. Une idée fausse dont chacun est en train de prendre conscience. L'idée majeure dont on nous rebat les oreilles à tout bout de champ dans les médias et dont les politiques nous expliquent qu'elle détermine leur action est une idée fausse.

Et il en va de même d'une troisième idée. Une idée selon laquelle l'Europe serait notre avenir. Car tel est bien le discours qu'on nous fait subir. L'Europe, nous dit-on, est bénéfique, nécessaire, inéluctable. Elle est la modernité, le progrès, le futur. Il faut s'y préparer, s'y adapter, s'y habituer. Et ceux qui en douteraient ou qui auraient à son égard quelques réticences ne peuvent être que des ringards ou des passéistes à courte vue. L'avenir n'est plus dans les nations. La France, l'Allemagne, l'Italie sont voués à s'estomper, à se diluer et à disparaître. Il faut détruire les frontières, abattre les barrières, combattre les préjugés. Le soleil se lève à Bruxelles.

Et peu importe que les structures européennes soient si peu appréciées par les peuples. Peu importe qu'elles imposent partout des règles nouvelles toujours plus contraignantes et souvent traumatisantes ! Peu importe que l'abaissement des frontières européennes ait aggravé la pression du mondialisme, augmenté l'immigration clandestine et facilité tous les trafics ! L'Europe doit poursuivre son chemin. Il faut sans cesse l'élargir à d'autres pays, augmenter ses compétences, la doter de nouvelles institutions.

Et surtout, nul ne doit freiner cette dynamique de progrès sinon, nous explique-t-on, le pire pourrait survenir : l'Europe serait en panne. Pourtant lorsqu'elle ne l'est pas et qu'elle avance, rien ne semble aller mieux. Le traité de Maastricht, avec l'instauration de l'euro, devait accélérer la croissance européenne, réduire le chômage et améliorer le niveau de vie des Européens. Rien de tel n'est survenu. La croissance annuelle du PIB de la zone euro plafonne à 2 %, quand le taux moyen de la croissance mondiale est de 4 %. L'Europe est loin derrière la Chine, l'Inde et les États-Unis.

Mais peu importe, il faut redoubler d'efforts pour expliquer aux Français et aux Européens qu'ils ont tort de douter de Bruxelles. Pour que l'Europe aille mieux, il faut simplement plus d'Europe, plus de règlements, plus d'institutions et plus d'États membres. Il n'y a pas à en démordre : l'Europe c'est notre avenir.

Or, là encore, c'est faux. Et ce qui est faux, ce n'est pas que l'avenir de la France passe par l'organisation de la famille de nations que constitue l'Europe. Ce qui est faux, c'est que l'entreprise bruxelloise conduise à l'Europe. Comment en effet pourrait-elle le faire dans la mesure où les deux idées forces qui sous-tendent le projet européiste ne sont pas spécifiques à notre continent et ne conduisent nullement à l'Europe ? Quand on y regarde de près on s'aperçoit en effet que la première des idées qui structure l'entreprise bruxelloise est celle du libéralisme économique. Un libéralisme qui doit s'épanouir à l'intérieur de l'Union, mais qui doit aussi la conduire à s'ouvrir aux échanges mondiaux. Il s'agit de libéraliser toujours plus les économies européennes pour les intégrer au monde globalisé.

Quant à la seconde idée force, c'est celle des droits de l'homme, qui représentent l'essentiel des références de l'Union et qui innervent toutes ses actions. Qui plus est, ce sont eux qui servent à définir l'Union. Dans le projet de constitution européenne rejeté par la France en mai 2005, l'article deux précisait que, pour faire partie de l'Union, la seule condition exigée d'un État était son adhésion à une série de valeurs relevant toutes des droits de l'homme.

D'ailleurs l'architecture même de cette constitution avortée était révélatrice de mon propos. Car si le titre I définissait les institutions, le titre II était entièrement consacré aux droits de l'homme et le titre III aux différentes politiques, c'est-à-dire pour l'essentiel à la libéralisation économique.

Or aucune de ces deux idées ne peut construire l'Europe. Car à l'évidence ces deux notions n'ont rien de spécifiquement européen. On peut même affirmer qu'elles sont par nature mondialistes. Elles représentent d'ailleurs les deux piliers de l'idéologie de la mondialisation. Selon celle-ci le monde doit en effet être unifié par les échanges économiques dans le cadre d'une libéralisation intégrale. Quant aux droits de l'homme, ils doivent constituer le socle des valeurs communes à la planète. Dès lors, on le voit, les européistes prétendent construire l'Europe en utilisant les outils des mondialistes. Et plutôt que l'Europe, n'est-ce pas au fond le monde globalisé qu'ils sont en train d'édifier ?

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les frontières ultimes de l'Union européenne n'ont jamais été définies. On élargit sans cesse le nombre de ses membres, mais aucune limite n'est fixée à cette extension. Et pour cause, il n'est pas prévu de s'arrêter aux frontières du continent ! Après l'entrée de la Turquie, les européistes envisagent déjà le cas du Maroc et de la Tunisie.

C'est donc clair : cette construction prétendument européenne n'a rien d'européen. Elle ne sert pas l'Europe et ne mène pas à l'Europe. Elle n'est au fond qu'une étape dans le grand projet de mondialisation. Il ne s'agit pas de détruire les nations pour ériger une super nation. Mais de détruire les nations pour les diluer dans un ensemble qui se diluera lui-même dans le reste du monde. L'Europe de Bruxelles est une machine à dissoudre. Et là se trouve sans doute la source de toutes les confusions et de tous les errements que nous vivons depuis tant d'années. L'un des mots d'ordre les plus puissants qui structure la vie politique française et européenne est mensonger : la construction européenne ne construit pas l'Europe.

Il s'agit là encore d'une idée fausse. Une idée fausse qui est apparu clairement comme telle lorsqu'on a commencé à expliquer aux Français qu'il fallait que la Turquie fasse partie de l'Union européenne. Voilà en effet un pays qui n'a rien d'européen. Il s'agit d'un pays asiatique, de religion musulmane et d'histoire ottomane. Mais pour les responsables bruxellois, il pratique le libéralisme économique, il suffit donc qu'il fasse encore quelques efforts dans le domaine des droits de l'homme et il aurait selon eux, toute sa place dans l'Union. Et pour cause, pour eux, l'Europe n'a pas besoin d'être européenne.

Et c'est, je crois, cette question turque qui a révélé aux Français la vraie nature de l'entreprise bruxelloise. C'est principalement à cause d'elle qu'ils ont voté non au référendum. Ils ont compris que le projet bruxellois n'était pas clair et qu'au nom de l'Europe on les entraînait vers des horizons qui n'ont rien d'européen.

Et nos compatriotes en ont aujourd'hui la confirmation. Car les responsables politiques auraient du comprendre que le rejet de la constitution, était un non à l'Europe mondialiste et tout particulièrement un non à la Turquie. Or ils ne tirent apparemment aucune conséquence démocratique de ce vote. Ils veulent toujours faire entrer la Turquie dans l'Europe. Les négociations doivent même commencer, début octobre. Certes certaines responsables de l'UMP ou du gouvernement tiennent actuellement des propos laissant entendre qu'ils ne seraient plus d'accord. Mais en politique ce sont les actes qui comptent et s'ils s'opposent verbalement, ils ne feront rien pour empêcher l'ouverture des négociations. Ce qui est tout de même ahurissant.

Quand en mesure le choc qu'a déjà produit l'élargissement de l'Union à dix petites nations pourtant européennes et chrétiennes, on imagine le traumatisme que provoquerait l'entrée d'un grand pays asiatique et musulman. Et si les responsables français et européens ignorent cette réalité évidente, s'ils veulent faire entrer coûte que coûte ce pays dans l'Union, c'est qu'il s'agit pour eux d'une question de principe fondamentale. Il faut que l'Europe sorte des limites étroites du continent européen. Il faut éviter à tout prix qu'elle reste, selon la formule de certains d'entre eux, un '' club chrétien. ''

La construction bruxelloise est bien une idée fausse. Une idée fausse qui apparaît de plus en plus pour ce qu'elle est. Car ils sont maintenant innombrables les Français, mais aussi les responsables du système, à s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union. Et c'est d'ailleurs à ce combat que le MNR va consacrer sa rentrée politique.

Dès lors, chers amis, on comprend mieux pourquoi notre pays traverse une crise profonde, mais aussi pourquoi il pourrait en sortir prochainement.

Il y a en effet trois idées fondamentales qui organisent tout dans notre pays : '' l'intégration ça marche '', '' l'Europe est notre avenir '' et '' la mondialisation est bénéfique. '' Tout tourne autour de ces trois postulats. Tout en découle, tout y concourre. Aucune d'entre elle ne peut être mise en cause. Tous les partis y adhèrent. Quel que soit le résultat des élections ces idées demeurent. Les médias s'en font les propagandistes permanents. Et toutes les décisions, toutes les actions doivent s'en inspirer. Ces idées constituent l'alpha et l'Omega de l'univers officiel dans lequel nous sommes plongés.

Or ces ides sont des idées fausses. Tout l'édifice de la pensée unique est fondé sur des principes qui sont contredit par la réalité. Tout l'échafaudage politique et intellectuel que nous impose le système repose sur du vent.

Il ne faut pas s'étonner dans ces conditions que notre pays se porte mal. Il est régit depuis des décennies par plusieurs idées fausses dont les effets ne peuvent par nature que conduire à de sérieux troubles.

Mais parce qu'il s'agit d'idées fausses, l'édifice qu'elles soutiennent est d'une grande fragilité. La pensée unique et le politiquement correcte sont donc vulnérables. Et cette vulnérabilité augmente à mesure que les Français découvrent l'imposture des idées qu'ils véhiculent.

Or c'est bien à ce processus que l'on assiste. L'intégration devait fonctionner. Mais l'islam vient montrer tous les jours que ça ne peut pas marcher. La mondialisation devait être bénéfique. Mais les délocalisations, la précarité et le chômage viennent prouver que ce phénomène est au contraire néfaste et dangereux. L'Europe bruxelloise devait être notre avenir mais le projet de faire entrer la Turquie dans l'Union prouve que ce n'est pas l'Europe que l'on construit.

Voilà pour les idées. Elles sont fausses. Pour les hommes je serai plus bref. Je me contenterai de quelques devinettes.

Qui sont-ils ? Ils sourient toujours même quand ils sont crispés. Ils parlent avec des mots simples et directs pour être compris par tous, même si personne ne les écoute et s'ils n'ont souvent rien à dire. Ils sont bien habillés, souvent sans cravate, parfois même sans veste. Ils sont jeunes ou font tout pour le paraître. Ils sortent des grandes écoles et ils ont des idées, du moins c'est ce qu'ils prétendent. Mais ils n'ont aucune certitude car ils sont ouverts et toujours à l'écoute. Ils sont responsables, tolérants et respectueux sauf quand il faut s'indigner, condamner ou se protéger. En toutes circonstances ils ont des convictions et même s'ils ne savent pas ce qu'elles sont, ils n'hésitent pas à les exprimer. Ils compatissent à tous les malheurs qu'on nous montre et cautionnent toutes les causes qu'on dit nobles. Ils aiment presque tout le monde et ils s'aiment aussi, même quand ils sont modestes. On les rencontre sur les plateaux de télévision et partout où il y a des caméras. Ils posent pour les magazines avec des actrices ou des sportifs et ils tutoient les vedettes et les journalistes.

Qui sont-ils ? Ils sont ministres, députés, présidents. Ce sont nos hommes politiques. Ils ont tout pour eux et ils font tout pour être aimés.

Pourquoi dès lors les Français ne les aiment-ils pas ? Comment se fait-il que, scrutin après scrutin, les électeurs les rejettent toujours davantage ? Pourquoi ont-ils maintenant si peu de crédit dans l'opinion ?

Ils sont pourtant irréprochables : ils se considèrent comme intelligents, brillants, beaux parleurs. Ils se sont adaptés au monde moderne : ils font tout pour être branchés, à la mode, dans le coup. Ils tiennent compte de toutes les critiques qu'on leur fait : ils essaient d'aller sur le terrain, de cultiver l'humilité et de mépriser les fastes officiels. Et ils ne ménagent pas leur peine pour réussir : ils se disent travailleurs, dévoués, désintéressés. Où est donc la faille ?

Elle est en réalité très profonde et porte sur l'essence même de ce qu'ils sont. Car la politique concerne l'exercice du pouvoir. Les hommes de gouvernement sont censés être des hommes de pouvoir. Or du pouvoir ils n'en ont pratiquement pas. Car ils s'en sont dessaisis, ils l'ont fui ou ils l'ont rejeté. En tout cas, ils se sont laissés dépouiller de cet attribut essentiel qui constitue pourtant l'apanage des hommes de leur espèce. Ils sont aux hommes politiques ce que les droïdes sont au genre humain. Ils sont apparemment parfaits mais il leur manque l'essentiel : la puissance.

Dès lors ils ne servent à rien et les Français ne s'y trompent pas qui voient en eux des comédiens. Stéréotypés, aseptisés, polis par les normes de la communication et passés au moule du politiquement correct, ils jouent un rôle. Mais s'ils sont des acteurs ce n'est pas sur la scène de l'Histoire, mais sur celle des médias.

La classe politique, dans sa configuration actuelle, ne pèse plus sur les événements. Elle ne décide plus, ne tranche plus, n'oriente plus. Elle simule, elle joue la comédie. Ses membres s'agitent, parlent, votent, se font élire ou se font battre, mais rien de tout cela ne change quoi que ce soit au destin de notre pays. Tout se passe comme si la scène politique n'était plus qu'un théâtre de marionnettes. Il n'y a plus de pilote dans l'avion France.

Deuxième devinette. Qui sont-ils ?

Hier ils étaient presque tous chevelus, aujourd'hui beaucoup sont chauves. Hier ils combattaient le pouvoir, aujourd'hui ils sont au pouvoir. Hier ils voulaient interdire d'interdire, aujourd'hui ils décident de ce qui est interdit. Hier ils lançaient des pavés, aujourd'hui ils lancent des anathèmes. Ils s'opposaient au pouvoir de l'argent, mais avec leur pouvoir certains d'entre eux ont gagné beaucoup d'argent. Ils combattaient la justice bourgeoise, mais ils ont créé une justice bobo. Ils dénonçaient les médias à la botte du pouvoir, mais ils ont mis le pouvoir à la botte des médias. Ils rejetaient la morale de grand papa mais depuis, ils font la morale à tout le monde. Hier ils voulaient faire la révolution, aujourd'hui ils veulent conserver leurs positions. Ils dénonçaient les méfaits du capitalisme, mais beaucoup se sont faits acheter par le grand capital. Ils croyaient construire avec leurs idées, mais leurs idées ont détruit beaucoup de ce en quoi ils prétendaient croire.

Qui sont-ils ? Ce sont les soixante-huitards, ils ont aujourd'hui dépassé la cinquantaine. Et s'ils étaient dans la rue en mai 68, ils peuplent aujourd'hui les palais nationaux, les palais de justice et les salles de rédaction. Leurs idées ont triomphé et ils se sont installés partout où il y a du pouvoir. Ils sont rédacteurs en chef, directeurs de journaux, animateurs de télévision, juges et chefs d'entreprise, intellectuels et maîtres penseur.

Leurs idées comme leurs personnes occupent tous les points stratégiques de notre société. Ils tiennent en main la nation et sont donc les principaux responsables de son déclin. L'idéologie de gauche, dont ils sont la figure emblématique, a en effet dominé notre pays depuis trente ans et se termine aujourd'hui par un lamentable échec.

Ils sont donc entièrement responsables du déclin que connaît notre pays. Car nous sommes là dans un cas d'école tout à fait exceptionnel. Voilà une caste qui s'est emparé de tous les pouvoirs dans notre société, qui les a contrôlés pendant plusieurs décennies et qui a appliqué avec constance et persévérance tous les préceptes de son idéologie. Or le résultat est sous nos yeux : c'est un fiasco.

Troisième devinette. Qui sont-ils ?

Tous les Français les connaissent. Ils sont à peine plus d'une dizaine toujours vêtus de noir. Ils ne suivent pas la mode, ils la font. Ils sont beaux en tout cas ils le croient et ils le montrent. Ils ont toujours le sourire aux lèvres sauf lorsqu'ils rient. Et ils rient beaucoup même lorsqu'ils ne sont pas drôles. Ils fréquentent tous ceux dont on parle et on parle beaucoup d'eux. Ils gagnent énormément d'argent mais ils ne supportent pas les inégalités. Ils sont vulgaires, mais ils le font exprès. Ils sont bêtes, mais c'est pour faire rire. Ils ne savent rien, mais ils ont réponse à tout. Ils n'ont rien à dire, mais ils parlent tout le temps. Tout chez eux est incorrect sauf leurs idées. Ils n'ont que des amis car ils peuvent détruire ceux qui ne le sont pas. Ils ont toujours raison car ils sont applaudis sur commande. Ils n'ont peur de rien sauf de l'audimat.

Qui sont-ils ? Ils sont animateurs de talk-shows ou de réality-shows. Ils passent en '' prime time '' tous les jours ou toutes les semaines. Ils invitent les intellectuels, les artistes et les hommes politiques, mais ils s'invitent aussi entre eux. Ils disent ce qu'il faut penser, ce qu'il faut aimer et ce qu'il faut détester. Ce sont les grands prêtres de la pensée unique. À longueur d'émission, ils célèbrent les idées correctes. Et toutes les ficelles sont utilisées, de préférence les reportages croustillants et les plaisanteries salaces. Ils ridiculisent les valeurs non conformes, ils font huer ceux qui les défendent et applaudir ceux qui les combattent.

Et comme il ne s'agit pas de journalisme ni d'information ils peuvent désinformer, ignorer toute partialité et toute neutralité. Ils peuvent façonner l'opinion, travailler les esprits, labourer les consciences. Sous couvert d'humour et de divertissement, ils exercent un vaste pouvoir d'influence. Et à ce titre, ils constituent la grosse artillerie du pouvoir médiatique. Car derrière eux, il y a tout l'arsenal de la presse et des journalistes. Et l'ensemble représente aujourd'hui une puissance redoutable qui joue dans notre pays le premier rôle. On a coutume de considérer que les médias représentent dans nos démocraties le quatrième pouvoir derrière les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires. C'est faux, ils se sont imposés aujourd'hui comme le premier pouvoir, le plus important, celui qui domine tous les autres.

On mesure dès lors l'état de décrépitude de la classe dirigeante française. Les politiques qui sont censés actionner le pouvoir au service du peuple et de la nation n'ont plus aucun pouvoir. La prétendue élite dirigeante qui est censée ouvrir des voies et trouver des solutions a perdu toute légitimité puisqu'elle s'est figée dans la pensée unique, et qu'elle est à ce titre responsable de tous les échecs de notre pays et de toutes les idées fausses qui lui sont imposé. Et la situation est tellement dégradée que ce sont maintenant les médias qui exercent le plus de pouvoir. Et en leurs sein, au sommet de cette absurde pyramide, ceux qui sont les plus puissants ce sont les saltimbanques, les Ardisson, les Coué, les Ruquier, les Fogiel, les Zéro.

Ce sont eux qui donnent le ton aux médias, ce sont les médias qui donnent le ton à l'intelligentsia, et c'est l'intelligentsia qui dicte leur conduite aux politiques. En caricaturant à peine, je dirai que la France est aujourd'hui dirigée par une poignée d'amuseurs publics. Le fou du roi est monté sur le trône et continue de faire le pitre. Et le pire c'est qu'on ne rigole même pas.

Comment s'étonner dans ces conditions que la France aille si mal ? Et comment imaginer qu'un système aussi malade puisse perdurer encore longtemps ?

La scène politicomédiatique est devenue une pitrerie. La pensée unique et ses idées fausses sont en passe d'être démasquées. Les fauteurs de crise sont actuellement en crise. Ceux qui au fil des décennies écoulées ont provoqués, par leurs insuffisances et par leurs idées, le déclin de notre pays sont aujourd'hui eux même en déclin.

De grands changements politiques sont donc possibles dans les quelques années qui viennent. À nous de nous préparer pour assurer une relève. Nous n'avons jamais cédé, nous n'avons jamais compromis, nous n'avons jamais reculé, nous n'avons jamais faillis. Nous sommes légitime pour représenter notre peuple dans sa volonté de redressement. Nous incarnons pour cela une élite de Françaises et de Français qui refusent le déclin. Nous sommes porteurs d'idées nouvelles qui peuvent assurer le renouveau.

Notre seul devoir est d'être maintenant présents aux prochaines échéances électorales pour offrir une voie nouvelle aux Français. Notre devoir est de tout faire pour être au rendez-vous du destin.
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