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Discours, le 19/11/2005
Préparons la relève
Discours au Conseil national du MNR


Ce Conseil national, vous l'avez compris, revêt une importance toute particulière. Je pense qu'il peut marquer le début de notre retour sur la scène publique, le début du renouveau politique que nous avons toujours voulu réaliser et que nous n'avons jamais perdu l’espoir d'accomplir.

Cela fait maintenant plusieurs années que, grâce à vous, nous tenons et nous durons. Et, si nous l'avons fait, c'est parce que nous avons toujours cru dans ce que nous incarnons, c'est parce que nous avons toujours su que la roue tourne et que des occasions allaient inévitablement se présenter.

Eh bien je crois profondément que ce moment va venir et qu'une « fenêtre de tir » va s'ouvrir. En tout cas, il y a de plus en plus de chances pour qu'elle s'ouvre. Et donc chers amis, nous devons nous y préparer car notre devoir est d’être là, où il faut, au bon moment.

Et tel est le sens de cette journée de travail. Elle n'est pas seulement une rencontre amicale et fraternelle, elle n'est pas seulement l'occasion de resserrer les liens et de consolider notre appareil, elle doit être vécue par chacun d'entre nous comme le signal d'un grand défi à relever, comme le coup d'envoi d'un nouveau départ. Et comme si le destin nous répondait en écho, les événements sont venus à notre rencontre nous conforter dans notre démarche.

Comment ne pas avoir en effet, dans ces émeutes tragiques qui ont secoué toute la France, la confirmation spectaculaire de nos analyses et de nos mises en garde ? Comment ne pas y voir la justification de notre combat ? Et croyez-moi, c'est ainsi que d'innombrables Français vont comprendre ces événements, c'est dans ce sens qu'ils vont en tirer des enseignements. De ce point de vue, les émeutes des cités marquent un tournant dans l'histoire contemporaine de notre pays. Elles vont rester dans les esprits et vont engendrer, j'en suis convaincu, des bouleversements importants, même si rien ne se produit immédiatement.

Car maintenant que le calme est à peu près revenu, il ne faut pas sous-estimer l'ampleur de cette crise. Je crois pour ma part qu’il s'agit de la crise la plus grave que la France ait traversée depuis Mai-68. Et, comme à cette époque, les conséquences ne seront pas immédiates, mais elles vont être profondes. Rappelez-vous, après Mai-68 il ne s'est rien produit de spectaculaire. Tout est rentré dans l'ordre. Le régime gaulliste en est sorti apparemment renforcé. Pourtant, un an plus tard, de Gaulle démissionnait et la gauche prenait progressivement le pouvoir dans notre pays.

Après ces émeutes, rien ne va changer en surface. Mais en profondeur de grands bouleversements vont survenir dans les quelques années qui viennent, des changements bénéfiques qui vont aller dans notre sens. Certes, ces émeutes tragiques pourraient, c'est vrai, marquer le début d'une sorte de conquête étrangère et islamique de nos banlieues, mais elles marquent d'abord et avant tout l'échec spectaculaire de la politique d'immigration menée depuis des décennies par la classe politique, qu'elle soit de droite ou de gauche. Ce qui est parti en fumée au cours des dernières semaines, ce sont certes des voitures, des autobus, des écoles et des usines mais c’est aussi l’idéologie immigrationniste, la pensée unique et le politiquement correct.

Ou plutôt ce sont les fondements de cette idéologie qui se sont effondrés et qui viennent de disparaître sous nos yeux. Car les apparences de cette pensée unique sont encore là comme une image virtuelle qui se substitue à la réalité. Quand on écoute les politiques, quand on lit la presse, quand on regarde la télévision, tout se passe en effet comme s'il n'y avait rien de changé, comme si le système n'avait tiré aucune leçon de ces événements.

La politique de la ville a lamentablement échoué, mais on nous explique qu’il faut la renforcer encore davantage. Il faut donc plus d'aide, plus d'argent, plus d’associations et plus d'animateurs. Il faut casser de nouvelles barres d’habitation, reconstruire et rénover toujours davantage. Et la situation qui en résulte sous nos yeux est lourde d’enseignements pour tous les Français. Voilà des jeunes qui, à l'évidence, se comportent comme des barbares. Ils détruisent, ils agressent, ils brûlent, ils saccagent et ils s’en prennent à tous les instruments de notre vie sociale et à tous les symboles de notre civilisation jusqu’à nos églises, comme celle de Roman incendiée par des voyous. Leur comportement révèle donc une brutalité, une inhumanité totales qui les conduisent à blesser des personnes âgées ou des handicapés comme s'ils étaient dépourvus de tout sens moral. Et sans doute sont-ils tellement incultes, tellement déracinés, qu'ils ignorent même la distinction entre le bien et le mal.

Et face à cette vague de haine et de violence, qu’ont déclaré le gouvernement et la classe politique ? Ils ont certes, tenus des propos convenus sur la nécessité de rétablir l'ordre et la sécurité, mais, pour le reste, l'essentiel du discours vise à « comprendre » et à « dialoguer », il s'agit pour eux de plaindre ces « malheureux », et de leur venir en aide. Et le décalage est là total avec la réalité que vivent nos compatriotes. On s'intéresse à ces « pauvres jeunes », on s'apitoie sur leur sort, mais on ignore totalement leurs victimes.

Lorsque deux jeunes voyous se sont stupidement et accidentellement électrocutés en se précipitant dans un transformateur EDF, toute la classe politico -médiatique s'est émue : réception place Beauvau, marche silencieuse — et naturellement digne —, enquête administrative, mobilisation de la justice. Mais lorsqu’un père de famille de cinquante ans, français de souche, s'est fait battre à mort à Épinay en pleine rue, en plein jour, devant sa femme et sa petite-fille : aucune émotion, un fait divers ordinaire, une enquête de routine, toutes les autorités s’en contrefichaient.

Au plus fort des événements, monsieur de Villepin a consulté, il a reçu à Matignon des délégations de « jeunes », mais, bien sûr, aucune délégation de victimes. Parmi les habitants des cités, on ne reçoit que les immigrés, alors que c'est dans leurs rangs que l'on trouve tous les casseurs. Mais on ne reçoit pas les Français de souche alors qu'il n’y a parmi eux que des victimes. Et je voudrais à ce stade exprimer mon soutien et celui du MNR à tous nos compatriotes des banlieues qui ont vécu un enfer pendant cette période. Je pense à ceux qui, un matin, au moment de partir travailler, ont découvert leur voiture carbonisée, je pense à ceux qui ont passé des nuits blanches, dans une ambiance de guerre civile, à rassurer leurs enfants terrorisés. Je pense à ceux qui se sont rendus à leur travail pour constater que tout avait brûlé et apprendre qu'ils étaient au chômage technique. À tout ceux-la nous exprimons notre compassion et notre sympathie. Et envers tous ceux-là, nous prenons l'engagement de nous battre jusqu'au bout pour leur rendre une vie et un avenir de sécurité et de prospérité.

Et je suis scandalisé de voir à quel point la classe politique s'engage dans une autre voie, je devrais dire, poursuit dans la mauvaise voie, celle dans laquelle elle s'est engagée depuis des années. Le plan Villepin pour redresser la situation comprend certes l’état d'urgence, mais surtout de nouveaux soutiens pour les jeunes. Ils brûlent, ils blessent, ils saccagent, ils pillent, ils détruisent et on leur annonce des aides nouvelles en matière d'éducation et d'association, en matière d'emploi et de logements. Ce sont déjà 100 millions d'euros qui ont été débloqués et ce n'est qu'un début. Mais les aides pour ceux qui ont perdu leur voiture, leur emploi ou pour les entreprises ou les communes qui doivent reconstruire tout ce qui a été détruit, ces aides là, s’il y en a, sont secondaires, elles ne constituent pas une priorité.

En réalité, la classe politique ne comprend rien ou refuse de comprendre. Elle vient de se fracasser sur un mur et elle repart en fonçant encore plus vite droit sur le mur suivant. Pourtant, tous les Français de bon sens l'ont bien compris, c'est la politique d'immigration massive et incontrôlée, telle que la classe politique la pratique depuis des décennies qui est à l'origine de cette catastrophe. Cela fait des années que nous l'annonçons et les émeutes viennent de nous donner tragiquement raison. Aussi, c'est conforté par les événements que je dis aujourd'hui solennellement : il faut arrêter, il faut une révision déchirante mais salutaire des idées dominantes. On ne peut plus continuer comme cela.

Il faut stopper l'immigration et là je n’engage même pas le débat de fond, je ne soulève pas tous les arguments qui légitiment notre refus de l'immigration. Non, là, je dis simplement : il y a le feu, il faut couper l'arrivée d'essence. L'immigration provoque l'embrasement des cités, il faut arrêter l'immigration. Aussi, nous demandons solennellement, en urgence, l’interruption du regroupement familial, l'expulsion de tous les clandestins présents sur notre territoire et la réduction de l'asile à quelques personnes par an dont le cas est justifié.

Je dis qu'il faut d’autre part remettre les idées à l'endroit et rétablir l'autorité de l'État et de la République. Actuellement le pouvoir est soumis. Il suffit de voir comment le gouvernement s'est justifié dans l'affaire du transformateur EDF. « Mais non, ils n'étaient pas poursuivis. Mais non, les policiers ne cherchaient pas à les interpeller ! » Moi je le dis : et quand bien même ! Si ces jeunes ont tellement mauvaise conscience qu'ils se mettent à courir dès qu'ils voient un policier, s’ils sont tellement stupides qu’ils vont se faire électrocuter en pénétrant dans un transformateur EDF, ce n'est pas de la faute de la police ni du gouvernement et ça ne justifie pas 25 000 voitures brûlées et trois semaines d’émeutes.

Quant au gaz lacrymogène dans la mosquée, ce n'est tout de même pas une affaire d'État. Que je sache, personne ne s'est ému des attaques contre les églises. Et quand l’incendie de l’église de Roman a tout de même suscité quelques réactions, cela a été pour nous dire qu’il n’était pas certain que cela soit lié aux émeutes. Quand on entend les propos mielleux, obséquieux, quasi serviles, que le Premier ministre et les politiciens adressent aux musulmans on ne peut qu’être frappé par la soumission du pouvoir.

C’est pourtant une attitude tout autre qui aurait du être adoptée par le gouvernement et le président de la République. Pour en sortir, il faut en effet cesser de considérer que les « jeunes », et plus globalement les immigrés, sont des malheureux, qu'ils vivent dans des conditions indécentes, qu’ils n'ont pas de travail, pas de distraction, qu'ils sont victimes de la part des Français de discriminations honteuses, que leur situation est indigne et que la France est donc coupable de leur réserver d'aussi mauvaises conditions de vie. Il faut en finir avec cette fable qui conduit les immigrés, surtout les « jeunes », à considérer que la France leur est redevable de tout et qu’ils n’ont chez nous que des droits et aucun devoirs, qu'ils peuvent tout obtenir et qu'ils doivent tout exiger. Je dis ça suffit !

Car c'est ce discours, installé dans leur tête par les politiques et les médias, qui a provoqué les émeutes. C'est la classe politico-médiatique qui a inspiré leur révolte et leur a soufflé leurs revendications. En réalité, ces immigrés et ces « jeunes » ont des conditions de vie sans comparaison avec celles qui seraient les leurs dans leur pays d'origine. Ils ont tout : des logements bon marché, la santé gratuite, l’école gratuite, tous les sports et plein de loisirs gratuits, ils ont des allocations de toutes sortes. Contrairement à ce qu'ils disent, on a fait énormément pour eux, bien plus que pour les Français de souche, on a déversé des milliards et des milliards d'euros partout où ils vivent.

Ils doivent maintenant s'entendre dire que la France leur a tout apporté et qu'en revanche, eux, n’ont rien apporté à la France que des jérémiades, des insultes, de la haine et de la violence et que tout ça, maintenant, ça suffit !

Ils doivent savoir qu'ils ont des devoirs, qu'ils doivent respecter nos lois, nos coutumes et notre civilisation, qu'ils doivent respecter la France et les Français. Et je dis que c'est aux politiques au plus haut niveau de tenir ce discours et de le transformer en actes.

J'ai été consterné par la prestation télévisée du Président de la république au sortir de cette crise. Car lui aussi a tenu des propos de convenance sur la nécessaire fermeté pour le retour à l'ordre. Mais pour le reste, que de mièvrerie doucereuse à l'égard de ceux qui viennent de tout détruire et que de non-sens et d'absurdité de la part du chef de l'État ! Il déclare que les incendiaires sont des enfants de la République et leur annonce beaucoup de compréhension et beaucoup d'aide. Mais l'éducation des enfants, ça passe par des punitions s'il y a transgression. M. Chirac et son gouvernement se comportent comme ces parents dont l'enfant vient de casser la vaisselle dans un geste de colère et qui, pour le calmer, lui donnent de l'argent pour aller s'acheter un nouveau jouet. C'est consternant ! Je ne connais pas Claude Chirac, mais si elle a été éduquée comme cela, je suis inquiet pour elle, et pour la France, compte tenu de ses fonctions à l'Élysée ! Le président explique ensuite que ces jeunes manquent de repères et qu’il faut
rétablir les valeurs qui structurent la vie sociale. Mais là aussi, la meilleure façon de rétablir des repères, c’est de sanctionner ceux qui les ignorent et de culpabiliser, non de comprendre, les fauteurs de troubles ! Car si l'on préfère les comprendre plutôt que les punir c'est toute la population qui elle ne comprend pas. Il est temps de remettre les pieds sur terre et d'en revenir à des notions simples et de bon sens.

Il est temps par exemple de prendre des mesures législatives exceptionnelles pour que les casseurs soient durement sanctionnés et pas seulement quelques-uns à deux mois de prison. Il faut que les émeutiers soient placés pour une longue durée dans des centres de redressement pour mineurs. Que leurs parents soient poursuivis pour les exactions commises par leurs enfants. Il faut aussi que la double peine soit rétablie et que tous les parents étrangers des jeunes voyous soient expulsés avec leurs enfants. Il faut enfin mettre en pratique les dispositions relatives à la déchéance de la nationalité pour tous ceux qui commettent de graves exactions.

Voilà chers amis, M. Sarkozy voulait traiter les cités au Karcher, les cités lui ont explosé à la figure. Moi je dis qu'il ne faut pas les traiter au Karcher mais au charter. Car la priorité c'est maintenant l'arrêt de l'immigration et le retour chez eux de tous ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas s’assimiler.

Nous nous approchons maintenant de l'heure de vérité. Car plus les événements vont se préciser, plus la situation va se dégrader, et plus la réalité va apparaître aux yeux de tous. Et les Français vont devoir choisir : poursuivre vers l'abîme avec la classe politique, ou engager le redressement grâce à un renouveau politique d'envergure. Si tout continue comme maintenant, la situation va se dégrader et nous connaîtrons dans les quelques années qui viennent, de nouvelles émeutes, certainement plus étendues et plus violentes, qui pourraient bien faire plonger notre pays dans une véritable guerre civile. Mais dans le même temps, le renouveau politique peut survenir, car les émeutes qui viennent de se produire vont accélérer la prise de conscience des Français, aiguiser leur volonté de sanction à l’encontre de la classe politique et leur désir d’un grand changement pour notre pays. En profondeur, les évolutions vont dans le bon sens.

Déjà, c'est clair, les Français sont exaspérés par la classe politique et, depuis trois ans, ils la sanctionnent systématiquement. Nous l'avons déjà dit, mais je le répète, il y a un phénomène de zapping qui s'accélère et qui devient de plus en plus violent. En 2002, la gauche a été brutalement sanctionnée, en 2004 ça a été le tour de l’UMP et en 2005, pour le référendum, ce sont tous les partis du système, les partis dits de gouvernement, qui ont été massivement désavoués.

Alors c'est vrai, me direz-vous, ça ne nous avance pas à grand-chose car, pour sanctionner ceux qui sont en place, ils votent pour ceux qu'ils avaient sanctionnés la fois précédente. Certes, le processus est formellement négatif, mais son existence est en soi quelque chose de positif. Et d'ailleurs, je crois qu'il ne faut pas sous-estimer nos compatriotes, ils seraient prêts à se tourner vers une force nouvelle et ils pourraient se mobiliser, reprendre espoir, se remettre au travail et même accepter des sacrifices, à condition qu'ils aient le sentiment que ça en vaut la peine, que l'on est en train de résoudre les problèmes, que notre pays repart, que ceux qui le dirigent vont de l’avant avec courage et qu'on peut donc leur faire confiance. Mais aujourd'hui ils regardent autour d’eux pour voir s'il y a une force politique capable d'un tel renouveau et ils n'en voient pas. Et pour cause ! À l'extérieur de la classe politique il n’y a que le FN qui est tout sauf crédible et porteur d'espoir. Car, bien sûr, nous aujourd'hui, ils ne nous voient pas.

Pour autant ils sont maintenant déterminés à sanctionner systématiquement et massivement la classe politique jusqu'à ce qu'il se produise un véritable changement. Ce qui veut dire, surtout après les émeutes des cités, que cela va continuer et qu'il y aura un nouveau coup de torchon en mai 2007.

D’autre part, je l'ai dit et je le répète, nos idées progressent. Elles progressent même à grand pas comme nous pouvons le constater. Car, sur beaucoup de sujets sensibles, nous ne sommes plus seuls contre tous. C'est vrai de la question turque : l’UMP, l'UDF et de nombreuses personnalités de gauche sont officiellement engagées à nos côtés contre cette adhésion.

Et je dois souligner combien nous avons raison d’être contre. Savez-vous que le premier ministre turc, M. Erdogan, a déclaré que les violences urbaines dans les banlieues françaises sont la conséquence de la loi interdisant le port du Tchador dans les écoles. En clair, il vient s'immiscer dans nos affaires intérieures pour plaider la cause des musulmans et légitimer en quelque sorte, au nom de l'islam, la révolte des banlieues. Or il est encore à l'extérieur de l'Europe. Qu'est-ce que ce serait s'il était président en exercice de l'Union européenne ?

Mais, sur l'islam aussi nous ne sommes plus seuls contre tous. Nous avons à nos côtés, si je puis dire, les syndicalistes de l'Éducation nationale partisans de la laïcité, les juifs français victimes de l'antisémitisme musulman, les défenseurs des droits de l'homme préoccupés par la condition qui est faite aux femmes dans les milieux musulmans. Il y a aussi les intellectuels tels que Michel Houellebecq, Claude Imbert ou Alain Finkielkraut.

Nos idées progressent et j’en veux pour preuve l’attitude de M. Sarkozy. C'est vrai qu'avec lui ça part dans tous les sens, mais, tout de même, son projet est de se situer à droite. Or Sarkozy est un opportuniste. Il n'a pas de convictions. S’il cherche à se donner une image droitière, c'est parce qu'il sait que c'est à droite qu’il y a le plus de voix à gagner. S'il pensait que le vent soufflait à gauche, il tiendrait des propos de gauche. Le fait qu'il cherche à occuper l'espace de la droite populaire, démontre que c'est cette droite, notre droite, qui a le vent en poupe.

Elle l’a même tellement que, lorsque Sarkozy donne des gages aux médias et au politiquement correct, il les remet en cause quelque temps après sous la pression populaire. Rappelez-vous, il avait, de façon scandaleuse, supprimé la double peine. Or, il y a quelques jours, il a annoncé à l'Assemblée nationale qu'il donnait instruction aux préfets de faire expulser tous les étrangers impliqués dans les émeutes. Alors, je ne sais pas s'il reviendra aussi sur le droit de vote des étrangers, mais en tout cas, en observant Sarkozy on voit que le vent souffle dans notre direction.

Et cela d'autant plus que nos adversaires sont en train de connaître un formidable reflux sur le plan des idées. La gauche, qui a dominé la vie politique française, est en fin de parcours historique. Comme les êtres vivants, les courants idéologiques naissent, se développent, connaissent leur apogée, régressent et meurent. Le socialisme, lui, a connu son apogée et est maintenant entré dans la période de régression. Toutes les idéologies inspirées du marxisme se tenaient. Lorsque l'Union soviétique disparaît, c’est ensuite le communisme qui s'effondre. Et, j’en suis convaincu, après la disparition du communisme viendra l'effondrement du socialisme.

Oh, cela va sans doute durer un certain nombre d'années, et le Parti socialiste pourra encore connaître des soubresauts et des retours de flamme passagers. Il peut encore faire des scores, comme il l'a montré en 2004, mais la tendance lourde est celle de son effacement progressif. Et cela est pour nous essentiel, car la politique, comme la nature, ayant horreur du vide, ce sont nos idées, nos valeurs qui vont progressivement reprendre le dessus et occuper l'espace politique ainsi libéré.

Dès lors, tout peut bouger. D'autant qu'au plan politique les structures partisanes sont profondément malades. Je ne parlerai pas du PS qui connaît de profondes divisions, mais j’observerai l'échec de l’UMP. Ils avaient créé une structure nouvelle plus rassembleuse, plus moderne, ils avaient obtenu tous les pouvoirs en 2002 et ils n'en ont rien fait. Il ne reste rien de l'action de Raffarin. Les prétendues grandes réformes laissent entiers tous les problèmes. Ainsi, la réforme Douste-Blazy sur la sécurité sociale, qui devait rétablir l'équilibre des comptes, est totalement inopérante, puisque le déficit est toujours considérable et dépasse encore les 10 milliards d’euros. C'était une réforme en trompe-l'oeil. On donne l'illusion de résoudre les problèmes, mais comme on a peur de déplaire à tel ou tel, comme on ne veut pas affronter les lobbies, on prend des mesures qui donnent le sentiment du changement, mais qui en réalité ne changent rien. Ce ne sont pas des remèdes que l’UMP administre à la société française mais des placebos.

Quant à Villepin, on l'a vu lors des émeutes, il n’a nullement fait acte d'autorité. Il a courbé l’échine, il s'est incliné devant les musulmans, il a courtisé les jeunes des banlieues et il reprend la politique de la ville chère à ses prédécesseurs pour y engloutir à nouveau des milliards d'euros en pure perte. Pendant que les voitures brûlaient, Villepin recevait à Matignon des jeunes des banlieues. À se demander si les intéressés ne partaient pas incendier des voitures en sortant du bureau du Premier ministre.

Dans cette affaire, Villepin a donc pris le parti de faire le moins de changements possibles. On met le couvre-feu, car on ne peut pas faire autrement, on donne comme priorité aux policiers d'éviter à tout prix les bavures et, pour le reste, on annonce plus de crédits pour la politique de la ville et on attend que ça se passe en s'excusant auprès des musulmans. Il n’y a donc rien à attendre d'un Villepin qui n'est finalement qu'un Chirac en plus jeune.

Mais il n’y a rien non plus à attendre de Sarkozy qui a montré, lui aussi ses limites lors des émeutes. M. Sarkozy, de son côté, a continué à appliquer ses méthodes purement médiatiques. Et tous les Français ont pu observer le décalage effarant qui existait entre les banlieues qui brûlent et le ministre de l’intérieur qui vibrionne devant les caméras. Tout le monde a pu mesurer le fossé qui sépare les propos du ministre, des événements qui se produisent. Quelqu'un m'a dit : « Sarkozy, il faut le reconnaître, il a encore été bon à la télé. » Mais, bien sûr, il est toujours bon à la télé : il maîtrise parfaitement les médias, le problème c’est qu'il ne maîtrise nullement la réalité. Sarkozy n'est pas la solution et l’UMP mène notre pays droit dans le mur.

Et au-delà que dire du FN ? Comment ne pas être frappé par son absence lors de ces émeutes dramatiques ? Le fait qu'il n'ait pas été au côté des Français lors de cette épreuve montre qu’il a, à bien des égards, déjà quitté la scène. Tout se passe comme nous l'avions prévu et comme nous l'avions annoncé. Le Pen est en fin de course et il ne veut pas de successeur, il ne veut pas que son parti lui survive. D'ailleurs, le processus en ce sens accélère : il a éliminé Bompard, il a évacué Carl Lang, il a suspendu Stirbois et il va continuer ce jeu de massacre jusqu'à la disparition complète du FN. D'autant que dans le même temps il assure la promotion de Martinez, partisan du SMIC planétaire et nouveau rallié à la mondialisation généralisée.

La succession de Le Pen ne va donc pas se décider à l'intérieur du FN devant les militants et les cadres. Elle va se jouer à l'extérieur du FN devant les électeurs : l'après Le Pen est en train de s'ouvrir.

Et c’est là que nous avons toutes nos chances car, ce qui était impossible quand Le Pen était présent deviendra possible quand il ne sera plus là. Ce que nous incarnons correspond à ce qu'attendent les Français, mais nous n'avons pu, à ce jour, le réaliser car le socle électoral de départ sur lequel nous comptions est resté mécaniquement fidèle à Le Pen. Mais dès lors qu'il ne sera plus là — et il pourrait bien ne plus être là dès la présidentielle de 2007 — tout devient possible. Car nous avons sans conteste la légitimité la plus grande pour rassembler les anciens électeurs du FN. Ceux-là en effet n'ont jamais voulu faire la différence entre nous et le Front national. Et ce terrible handicap qui nous a pénalisé jusqu'à aujourd'hui pourrait bien devenir un formidable atout pour mobiliser sous nos couleurs l’ancien électorat lepéniste.

Et dès lors que nous obtenons un score électoral significatif, même s'il ne correspond pas à la totalité des 15 - 16 % du FN, tout devient possible. Car nous réapparaissons politiquement, nous rompons avec le cercle vicieux dans lequel nous sommes actuellement enfermés. Aujourd'hui nous n'avons pas d'électeurs, et donc pas de médias. Et moins nous avons de médias, moins nous avons d'électeurs. Si nous recommençons à faire des scores, nous aurons des médias et plus nous en aurons plus nous ferons de voix. Car si la roue tourne, si le destin nous offre une chance, nous, nous saurons exploiter la dynamique. Nous apparaîtrons comme un mouvement nouveau, jeune, moderne, tourné vers l'avenir, crédible, capable d'exercer des responsabilités de pouvoir et, nous, nous saurons rassembler au plus large, nous saurons construire et porter nos idées au pouvoir. Si Le Pen n'est plus là, tout redevient possible.

Alors, je sais, certains vont me répondre que ça n'est pas vrai parce que maintenant il y a Villiers et que Villiers veut ouvertement récupérer l'électorat de Le Pen. Alors, à ce sujet je voudrais être clair. D'abord je le dis très solennellement, si demain quelqu'un réussit là où nous avons pour l'instant échoué, je serai le premier à vous dire : « nous ne nous battons pas pour le MNR, nous nous battons pour nos idées et pour la France. Il est en train de réussir ce que nous ne sommes pas encore parvenus à accomplir, tirons-en les conclusions et soutenons-le, rejoignons-le. »

Mais tel n'est pas le cas, mais alors pas du tout le cas de Villiers. Aujourd'hui Villiers a simplement l'avantage d'avoir des médias. Et pourquoi en a-t-il ? Parce que les médias l'ont choisi pour être le porte-parole du non de droite au dernier référendum. Et pourquoi l'ont-ils choisi ? Parce qu'il est le moins gênant, le moins dangereux, parce qu'il est le plus proche du système et le plus tenu par lui. C'est tout. Pour le reste, Villiers a déjà montré qu'il ne savait pas construire. En 1994 il a obtenu un score considérable lors de la première élection européenne à laquelle il se présentait. Il n'a rien fait de son succès et il est rentré chez lui. Ensuite, en 1999 avec Pasqua cette fois, il a bénéficié d'une nouvelle opportunité tout à fait extraordinaire. Ensemble, rappelez-vous, ils avaient réalisé un score supérieur à celui du RPR et avec le RPF, ils auraient pu changer la donne dans notre pays. Ça n'a pas duré six mois. Ils ont tout cassé. Et le moins coupable n'est pas Villiers.

Par ailleurs Villiers n'a nullement le profil personnel et le parcours approprié pour nous supplanter vis-à-vis de électorat FN. Ce n'est pas l'opportunisme qui peut constituer demain la base d'un grand renouveau politique. D'autant qu'il se contente de reprendre les slogans et les discours du FN vieux de quinze ans sans les adapter, sans les faire siens. Quand on le voit avec son affiche « aime-la ou quitte-la » on a vraiment du mal à y croire. Villiers, ce sera comme Chevènement. Rappelez-vous Chevènement devait tout balayer à la dernière présidentielle. Ce ne fut qu'un épiphénomène médiatique. Il en sera de même de Villiers. Quant aux quatre ou cinq ex FN ou ex MNR qui l’ont rejoint croyant que ça va marcher, ils le quitteront pour aller encore ailleurs là où ils croiront que ça marchera mieux. Villiers fait du parasitage mais il ne nous empêchera pas de mener à bien notre stratégie... et de la réussir.

Voilà pourquoi chers amis nous devons tout faire pour être présent aux élections législatives et présidentielles de 2007. C'est en effet à l'occasion des scrutins électoraux que les basculements politiques peuvent se produire et je suis convaincu qu'un grand bouleversement pourrait intervenir à cette occasion. Je suis persuadé qu'une fenêtre de tir pourrait s’ouvrir pour nous. La fenêtre, l'occasion que nous attendons depuis maintenant de longues années et qui pourrait nous permettre de faire notre percée et de réussir à concrétiser tout ce que nous incarnons pour la France et les Français.

Aussi avons nous un devoir essentiel, celui d’être présent aux élections. Si nous ne faisons pas tout pour être à la présidentielle et aux législatives, nous risquons de le regretter amèrement toute notre vie. Et je vous le dis, il n'aurait alors servi à rien d'accomplir tous les efforts que nous avons accomplis pour traverser le désert, pour tenir et durer si nous ne sommes pas là quand la fenêtre s'ouvrira.

Oh, je sais ce n’est pas une certitude qu'elle s’ouvre et certains pourraient se dire : « attendons ». Mais si nous attendons de savoir si elle va s’ouvrir pour nous préparer il sera trop tard. Car si, lorsque la fenêtre s’ouvre, vous devez courir à la cuisine chercher le fusil, descendre à la cave pour prendre les cartouches, charger le fusil, l’armer et revenir à la fenêtre, il sera trop tard ! Nous devons donc, une fois de plus, avoir la lucidité et le courage de tout faire pour être présent, sans naturellement avoir aucune certitude sur l'issue de ce que nous entreprenons.

Aussi je vous demande ne pas perdre de vue tout ce qui survient aujourd’hui dans notre pays et d’être plus visionnaires que ces politiciens qui refusent de voir la réalité. N'oubliez pas, nos idées progressent de plus en plus, elles ont le vent en poupe. La classe politique est en crise, la gauche n’a plus rien à proposer, l’UMP est en échec permanent, quant à Le Pen, il est au bout de son parcours et n’incarne plus aucun avenir ni aucun espoir. Or les Français n'en peuvent plus, ils ne veulent plus du système politique, ils aspirent à autre chose, ils attendent une force nouvelle, crédible, qui parle vrai, qui soit porteuse de convictions, de courage et de lucidité.

Chers amis, nous pouvons être cette force de renouveau qui permettra à notre pays de connaître un sursaut.

Nous sommes un petit nombre, me répondrez-vous. Mais ce sont les petites minorités qui font l'histoire. Et croyez-moi, si nous devons faire une percée politique en 2007, en quelques semaines nous serons rejoints par toutes sortes de nouveaux venus et nous recevrons de partout des moyens et des soutiens.

Je vous demande donc de penser à tout cela. Je vous demande d'avoir la foi dans ce que nous incarnons et de vous engager sans réserve, avec courage et sang-froid. Et du sang-froid, il vous en faudra, car d'ici avril 2007 nous ne saurons rien du sort qui sera réservé à notre entreprise. D’ici à quelques semaines du scrutin tout va continuer comme aujourd'hui, on nous occultera, on nous minorera dans les sondages, on parlera de Le Pen, de Villiers et dans les apparences rien de nouveau ne semblera se présenter. Mais il faudra y croire, continuer d'y croire car c'est dans la dernière ligne droite que tout se joue toujours. C'est dans les dernières semaines que les manœuvres sont déjouées, que les prises de conscience se font et que les grands événements se concrétisent. Il faudra donc persévérer imperturbablement jusqu'au dernier moment. Car c'est toujours au dernier moment que surviennent les configurations que personne n'avait ouvertement prévu, que les basculements se produisent et que les forces nouvelles apparaissent.

Chers amis, nous sommes entrés dans une période qui pourrait bien être celle d’un grand sursaut. La France a connu dans son histoire bien des moments critiques où tout paraissait perdu et, au bord du précipice, elle a toujours su se ressaisir et réagir. Je pense que nous pouvons connaître l'un de ces moments privilégiés, l'un de ces instants historiques où ce qui paraissait impossible devient brutalement possible.

Chers amis, les émeutes dramatiques de ces derniers jours pourraient bien être comme les signes annonciateurs de ce grand changement.

Et si la France se réveille, croyez-moi nous serons au cœur de ce renouveau. Je compte sur vous pour vous y préparer.
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