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Discours, le 01/12/2007
Toujours utile à la France
Discours de clôture de Bruno Mégret au Conseil national du MNR


Nous sommes maintenant entrés de plain-pied dans une période de profonde mutation politique. La crise que nous traversons n'est pas propre au MNR, elle concerne toute la droite nationale et elle va en réalité bien au-delà puisqu'elle frappe toute la classe politique.

Regardez donc ! M. Bayrou qui a été pendant la campagne présidentielle un héros des médias est aujourd'hui complètement isolé. Il vient même de perdre l'un de ses derniers soutiens emblématiques en la personne de M. Cavada. Il n'a plus avec lui que deux députés. On ne l'entend plus, on ne l'interroge plus, on ne l'écoute plus. Au parti socialiste ça n'est pas plus brillant. Beaucoup se sont laissé débaucher par Sarkozy. Les autres se consacrent à leurs querelles internes. Et personne chez eux n'a plus rien à proposer ni rien à critiquer. On ne les voit presque plus, on les a presque oublié. Tout le monde se demande où ils sont passés. Il faut que les seigneurs du showbiz, les actrices et les amuseurs publics montent au créneau pour suppléer à leurs carences. En tout cas c'est ce que croit Mme Balasko qui va apporter son soutien aux soi-disant mal logés et qui s'esclaffe : '' mais où est donc passé le Parti socialiste ? ''

Du côté du FN, nous le savons, ça va très mal également. Au congrès de Bordeaux on a pu mesurer à quel point ce parti est devenu une coquille vide dont la direction consacre l'essentiel de ses efforts à assurer la transmission du patrimoine partisan du père à la fille. Et lorsque l'on questionne les journalistes spécialisés ils pronostiquent tous une prise en main du parti par la fille Le Pen et dans la foulée une disparition du mouvement qu'elle sera, disent-ils, incapable de diriger.

Est-ce à dire que la politique est en pleine dégénérescence et qu'elle est vouée à disparaître ? Je ne le pense pas. Je pense que c'est l'idéologie dominante, celle du politiquement correcte et de la pensée unique, qui se trouve en pleine décomposition. Et le paradoxe est que cette décomposition coïncide avec sa victoire absolue. Cette idéologie s'est imposée partout, elle a triomphé politiquement, médiatiquement, culturellement et elle domine aujourd'hui tous les rouages de la vie nationale. Et en particulier elle a neutralisé toute opposition et réduit au silence et à l'impuissance la force politique que nous incarnons. Et c'est précisément parce qu'elle a tué toute opposition et toute alternative, c'est parce qu'elle règne en maître depuis des années que la politique est aujourd'hui aussi malade dans notre pays. Car alors qu'elle domine tout, cette pensée unique a échoué. Elle se révèle incapable de résoudre aucun problème. On peut même dire qu'elle les aggrave quand elle ne les crée pas purement et simplement. Et face à cette crise majeure, Sarkozy apparaît comme le sauveur. Non pas le sauveur de la France, mais le sauveur du système. Il est pour lui l'homme providentiel, celui qui peut le sortir du marasme et le pérenniser. De ce point de vue, il en est plus que d'autres le pur produit : chez lui tout est artifice, tout est médiatique, tout est fait pour briller et pour tromper. Afin d'éviter le naufrage du politiquement correct il fallait un homme approprié. Il a été trouvé, il a été choisi, il est venu et il a vaincu. Mais il ne va rien sauver ni rien résoudre.

Car chers amis, quels que soient les artifices et les habiletés que l'on déploie, ce sont, au bout du compte, les valeurs et les idées qui s'imposent. Or la classe politique n'en n'a plus aucune, elle est totalement soumise à la pensée unique. Nous en revanche, nous sommes porteurs d'idées et de valeurs, nous représentons une véritable alternative par rapport au système actuel, nous répondons aux aspirations profondes des Français. En ce sens l'avenir nous est ouvert. Nos idées ne sont pas obsolètes, elles sont au contraire portées par le vent de l'histoire. Elles sont plus légitimes que jamais. Elles sont attendues par une large majorité de nos compatriotes. Aussi, rien n'est-il joué. Tout demeure possible. Parce que nos idées ont de l'avenir nous avons de l'avenir. Et je vous remercie de le croire et d'être là. Je vous remercie d'incarner ce ferment de renouveau et d'espoir dont notre peuple a besoin.

Et le moment venu les opportunités vont apparaitre car Sarkozy ne peut pas réussir. Sarkozy va décevoir. Sarkozy va échouer. Il n'est pas l'homme de la rupture avec le système, il est l'ultime recours de ce système malsain qui est en train d'agoniser. Plus concrètement Sarkozy va échouer parce qu'il ne pratique pas le grand changement qu'attendaient les Français et parce qu'avec lui, derrière le rideau des apparences flatteuses, tout va continuer comme avant. Il avait annoncé qu'il voulait en finir avec le politiquement correct et la pensée unique. Mais avec lui tout est plus correct et plus unique que jamais. Car je pose la question : la fin du politiquement correct était-ce l'avènement de Fadela Amara ? Était-ce la promotion de Rama Yade ? Était-ce l'omniprésence de Rachida Dati ? Était-ce la lecture de la lettre de Guy Moquet ? Était-ce le limogeage du préfet d'Indre-et-Loire condamné pour avoir expliqué que l'insécurité augmente là où s'installent des Romanichels ?

Alors je sais, certains me répondront qu'il agit et qu'il fait ce qu'il peut. Eh bien moi je réponds qu'il gesticule et qu'il ne fait rien. Ou plutôt qu'il ne fait rien d'essentiel. Car pour agir c'est vrai il agit. On peut même dire qu'il tient toutes ses promesses. Le seul problème c'est qu'il tient ses promesses par des réformettes qui ne changent rien. L'homme est adroit et il nous l'a encore prouvé lors de sa dernière intervention télévisée de jeudi soir. Il sait ce qu'il faut dire et ce qu'il faut annoncer pour donner le sentiment du mouvement, de la rupture et du renouveau. Le problème c'est que, passé les annonces et les paroles, lorsque l'on observe les réalisations de près, on s'aperçoit que lui, lorsqu'il courre, il fait du sur place.

Prenez l'exemple de la réforme des régimes spéciaux. Voilà une question sur laquelle tous les gouvernements se sont cassé le nez. M. Juppé lui-même y a brisé sa carrière politique. Sarkozy, lui, a régler le problème en quinze jours : Quel homme ! Cela faisait plusieurs décennies que l'on dénonçait l'injustice de ces privilèges au bénéfice de ceux qui prennent régulièrement les Français en otage en paralysant les services publics. Eh bien la grève aura été rude mais somme toute relativement courte et Sarkozy a tenu bon. Le gouvernement n'a pas cédé : les régimes spéciaux seront supprimés, tout le monde devra cotiser quarante ans et le système de décote sera maintenu. Fort bien mais quand on y regarde de plus près on s'aperçoit que la négociation va apporter des compensations substantielles qui ne changeront donc pas grand-chose au système antérieur. Ainsi par exemple les conducteurs de trains pourront continuer de prendre leur retraite à 50 ans. Ils cotiseront 40 ans mais ils partiront à 50 ans. Et pour s'assurer que leurs retraites ne seront pas inférieures à celles qu'ils perçoivent aujourd'hui, les salaires seront relevés en fin de carrière et les primes intégrées au calcul de la retraite. Bref, les régimes spéciaux seront supprimés mais les avantages des bénéficiaires seront maintenus. Ainsi va la méthode Sarkozy : on réforme de façon spectaculaire mais on ne change rien à la réalité, on se contente de l'habiller un peu différemment. On peut d'ailleurs s'interroger sur le bénéfice que les Français retireront de cette opération. Car la grève a coûté cher et les économies liées à la prétendue suppression des régimes spéciaux ne se concrétiseront que dans vingt ou trente ans. En attendant le problème du financement des retraites reste entier.

Il en va de même de la question centrale de l'immigration. Celui qui voulait karchériser les banlieues, qui stigmatisait les racailles, vient de faire adopter une nouvelle loi, je devrais dire une quatrième loi, sur l'immigration. Celle-ci a d'ailleurs donné l'occasion d'une empoignade avec les grands prêtres et les belles âmes du politiquement correct. Pensez donc, Sarkozy y a prévu le principe des tests ADN. Et là encore beaucoup de nos compatriotes sont tombés dans le panneau : '' c'est formidable, Sarkozy impose des tests ADN et il tient bon ! '' Oui, sauf que ces tests ne sont pas prévus pour limiter le regroupement familial mais pour donner une autre chance à ceux qui sont déboutés. Au demeurant cette loi n'est qu'une gesticulation de plus. Quelles que soient en effet les mesures qu'elle contient, elles seront très largement inopérantes car cette loi ne s'appliquera pas aux ressortissants des pays qui ont passé des accords bilatéraux avec la France. Comme la plupart des pays du Maghreb et d'Afrique noire ont conclus de tels accords, cette loi ne concernera au mieux que 20 % du problème.

La seule mesure réellement nouvelle et qui risque malheureusement d'avoir un impact est la création d'une nouvelle filière d'immigration : l'immigration choisie pour raisons professionnelles. Les immigrés pourront maintenant venir en France au motif qu'ils possèdent certaines qualifications professionnelles. Et lorsqu'on prend connaissance de cette liste, on ne peut qu'être consterné. On pouvait en effet s'attendre à y voir mentionner les travailleurs saisonniers pour l'agriculture, les serveurs dans les restaurants ou les manoeuvres dans le bâtiment et les travaux publics. Mais on trouve aussi des médecins, des géomètres, des informaticiens ou des ingénieurs. Comme s'il n'y avait pas dans notre pays des Français bac plus trois, bac plus quatre ou bac plus cinq qui ne trouvent pas d'emploi à la hauteur de leur qualification et qui sont contraint de pratiquer des petits boulots. La préférence étrangère se renforce et là encore il n'y a pas de rupture : rien ne change, tout continue comme avant.

Il en va d'ailleurs de même s'agissant de l'expulsion des clandestins. M. Hortefeux, très fier, annonçait le mois dernier qu'il avait procédé l'an passé à 18 000 expulsions. Ce chiffre, qui est certes supérieur aux 12 000 pratiquées il y a encore quelques années, est en réalité dérisoire au regard des 100 000, 200 000 voire 300 000 entrées clandestines chaque année. Là encore, 18 000 c'est mieux que 12 000, mais il n'y a aucune rupture. Et qu'on ne nous dise pas que l'on ne peut rien faire. Les Italiens qui ont voulu frapper un grand coup pour procéder à l'expulsion en masse des Rom qui leur rendent la vie impossible, ont su trouver la bonne méthode. Ils procèdent à l'expulsion par simple décision administrative sans recours judiciaire possible. Il s'agit exactement de la solution que propose le MNR depuis des années et dont les Italiens viennent de prouver qu'elle est parfaitement viable, même dans un pays qui respecte les droits de l'homme.

Et je ne peux m'empêcher d'évoquer également l'imposture que constitue la méthode Sarkozy s'agissant des institutions européennes. Pendant la campagne électorale il avait pourtant affirmé la main sur le coeur qu'il respecterait l'opinion des Français lesquels avait rejetés par référendum le projet de constitution européenne. Il avait cependant indiqué qu'il proposerait un mini-traité contenant les quelques mesures indispensables pour permettre à l'Europe de fonctionner à nouveau correctement et cela n'avait rien en soi de scandaleux. Aussitôt élu il s'emploie donc à négocier ce traité. Et lorsque le texte est rendu public, chacun constate avec stupéfaction qu'il reprend la quasi totalité des dispositions de la constitution européenne pourtant rejetée par les Français. N'y figurent pas le drapeau européen, l'hymne européen. Quant au ministre des affaires étrangères il s'appellera Haut représentant aux affaires étrangères. Autant dire qu'on se moque du monde. D'autant que ce texte n'a rien d'une simplification. La constitution de Giscard d'Estaing avait au moins le mérite d'être un texte cohérent qui devait se substituer à l'ensemble des traités européens accumulés depuis 1958. Or le traité de Sarkozy est un texte de plusieurs centaines voire plusieurs milliers de pages selon les éditions qui viendra s'ajouter à l'écheveau déjà inextricable des traités antérieurs. Il s'agit donc d'un document qui n'est ni simple ni minimum que M. Sarkozy va faire ratifier par voie parlementaire en faisant un véritable bras d'honneur aux Français et à la démocratie.

C'est donc clair, avec Sarkozy ça change sans que rien ne change. On le voit encore avec l'affaire de Villiers le Bel qui semble reproduire à l'identique les événements dramatiques de 2005 à Clichy. Il s'agit de la mort accidentelle de deux jeunes qui se précipitent sans casque et sans respecter les priorités ni les limitations de vitesses sur un véhicule de police. Ce n'est donc qu'un accident de la circulation. Un accident tragique puisqu'il se solde par la mort des deux jeunes, mais un accident comme il y en a hélas des centaines chaque mois dans notre pays. Alors pourquoi cette émotion ? Pourquoi le procureur est-il saisi ? Pourquoi ordonne-t-on une enquête judiciaire ? Pourquoi une marche silencieuse ? Pourquoi un tel intérêt des médias ? Pourquoi une telle sollicitude des autorités pour ces jeunes et leur famille ? Je pose la question : si les deux jeunes avaient été blancs il y aurait eu un tel remue-ménage ? Bien sûr que non ! Alors y a-t-il dans notre pays une telle discrimination positive que la mort de deux ressortissants d'origine marocaine et sénégalaise est vécue comme un drame bien plus grave que celle de deux Français de souche ? Ou bien est-ce parce que ces jeunes sont soutenus par des voyous et que ceux-ci comptent plus que les honnêtes citoyens ?

Toujours est-il que nous avons été à nouveau au bord de l'insurrection. Les bandits on provoqué des incendies de voitures et de bâtiments publics, ils ont tirés à bout portant sur les policiers, la banlieue nord de Paris a connu à nouveau les émeutes. Et tous les élus locaux de nous expliquer que rien n'a changé depuis 2005 : la situation s'est même aggravée. Et force est de constater que depuis cette date M. Sarkozy a été ministre de l'Intérieur puis président de la République et qu'il a multiplié les déclarations à l'emporte-pièce comme il l'a encore fait à la télévision jeudi soir. Pourtant rien n'est venu et rien ne viendra : Les banlieues n'ont pas été karchérisées et les racailles n'ont pas été mises au pas. Elles sont toujours aussi arrogantes, agressives et sûres de leur impunité. Et ce n'est pas Mme Fadela Amara, qui a d'ailleurs disparu complètement lors des émeutes, qui va changer quoi que ce soit ?

En réalité c'est plus globalement l'insécurité qui continue de se développer comme le montre de façon dramatiquement emblématique le meurtre odieux d'Anne-Lorraine, cette jeune fille retrouvée assassinée dans le RER après s'être courageusement battue contre son agresseur. Et là encore rien ne change. On cache l'identité de l'agresseur '' il s'agit d'un homme de quarante ans '' nous dit-on et lorsque l'on réussit enfin à la connaître, on découvre qu'il s'agit d'un certain Oglou, un immigré turc qui n'aurait jamais dû rester sur le territoire national puisque c'est un délinquant sexuel que l'on a remis en liberté sachant qu'il allait inéluctablement récidiver. Et comment ne pas être choqué lorsque l'on compare l'intérêt que les autorités et les médias ont portés aux deux victime d'un accident de la circulation à Villiers-le-Bel et l'indifférence et le silence qui entoure l'assassinat de la jeune Anne-lorraine. Et je pose la question : la vie de tous les Français n'a-t-elle pas la même valeur pour les autorités de la République ? En réalité c'est toujours la préférence inversée, la préférence aux délinquants sur les victimes, la préférence aux étrangers sur les Français. Avec Sarkozy ça change dans le discours mais rien ne change dans la réalité.

Sarkozy nous avait aussi expliqué que dorénavant on pourrait gagner plus en travaillant plus. Et là encore rien n'est venu. La seule mesure qui ait été prise à ce jour, la défiscalisation des heures supplémentaires, est une usine à gaz tellement complexe qu'il a fallu éditer un véritable livre pour aider les entreprises dans la mise en application de ce dispositif. Pour les petites entreprises cela semble même tellement complexe que l'affaire ne s'est pas concrétisée. Et tout cela est tellement décevant que Sarkozy a été obligé d'annoncer Jeudi de nouvelles mesures. On ne sait pas quelle en sera l'efficacité mais ce qu'on sait déjà c'est qu'elles viendront accroitre encore un peu plus la complexité déjà toute byzantine du code du travail.

En tout cas, si les Français ne réussissent pas à gagner plus en travaillant plus, une chose est certaine, ils payent plus pour consommer moins. L'essence et le fioul ont augmenté de façon vertigineuse, les prix des produits alimentaires connaissent des augmentations spectaculaires, les loyers suivent. Quant à l'euro, il n'en finit pas de grimper et le dollar de descendre pénalisant chaque jour un peu plus notre économie y compris les secteurs les plus performants. L'euro aurait dû servir les économies européennes, aujourd'hui il les dessert. Airbus annonce par exemple qu'il se trouve acculé à délocaliser certaines de ses activités dans la zone dollar. Mais que va-t-il rester dans notre pays ? C'est en effet la dégringolade générale et la France recule dans tous les classements : PIB, croissance, exportation, niveau de vie, université.

Et pendant ce temps, on ne nous parle que des minorités on ne se préoccupe que de leurs problèmes. Elles occupent le devant de la scène française et monopolisent la sollicitude des autorités comme celle des médias. Les banlieues sont devenues la nouvelle frontière de la France d'aujourd'hui. Avec cette différence qu'elles ne nous apportent rien. Elles ne constituent aucune pépinière de talent, aucune source d'enrichissement. Elles sont pour notre pays un poids de plus en plus lourd qui obère notre avenir. L'immigration monopolise une part croissante des ressources de notre pays. On la trouve partout où il y a des problèmes qu'on ne parvient pas à résoudre, que ce soit l'insécurité, la santé, l'enseignement ou le logement. Quant à la France, elle disparaît peu à peu derrière cette réalité bariolée et souvent violente. Avec Sarkozy, tout continue comme avant.

Voilà pourquoi, chers amis, Sarkozy va échouer. Progressivement le décalage va s'amplifier entre ce qu'il a promis et ce qu'il réalise. Progressivement c'est un fossé qui va se creuser entre son agitation, ses déclarations, ses rodomontades et ses promesses d'une part et de l'autre la triste réalité d'une France qui continue de décliner et de Français dont la vie ne cesse de se dégrader. Certes, l'homme est habile et cherchera jusqu'au bout à dissimuler ses insuffisances et à camoufler ses échecs derrière des paroles et des gestes séduisants. Mais le moment viendra où les Français constateront que les prétendues réformes se sont accumulées mais qu'elles n'ont eu aucun effet et que tout continue comme avant. Dès lors la déception sera grande et sans doute aussi le ressentiment qui les conduira à rejeter Sarkozy. À ce moment-là tout redeviendra possible pour nous.

Pour autant, je le dis, les Français ne se reporteront pas spontanément vers la droite nationale. Encore faut-il que celle-ci soit en mesure de leur présenter une alternative crédible, moderne, séduisante et enracinée dans des convictions solides. Inutile de dire que ce n'était pas le cas lors des échéances de mai et juin dernier. Il faut donc nous préparer à ce nouveau rendez-vous. Et pour cela la seule solution c'est la refondation de la droite nationale. Tel est notre projet, telle est notre ambition, tel est notre objectif.

La refondation passe d'abord par le rassemblement, la réunification de la droite nationale dans toutes ses composantes au sens large du terme. Il faut à terme pouvoir réunir le MNR, le FN, le MPF, les amis de M. Dupont Aignan et tous les autres groupes qui constituent la droite nationale au sens politique du terme. Alors je sais, aujourd'hui cela paraît difficile. Le Pen et sa fille y sont opposés, Villiers est retourné à l'UMP. Pourtant cette aspiration à l'union est partagée par une écrasante majorité de cadres et de militants de la droite nationale. Nous disposons donc d'un levier très puissant en nous appuyant sur la base car nous pouvons créer une dynamique à ce niveau. Et c'est tout l'intérêt de l'initiative lancée par Nicolas Bay et Jean-François Touzet avec ce forum qu'est Convergence nationale. Car si demain par des adhésions massives, par des réunions au succès croissant, nous réussissons à susciter un espoir et à créer une volonté tout peut devenir possible.

C'est pourquoi je vous demande de vous investir dans ce projet et de le faire dès maintenant à l'occasion des élections municipales. Nous devons mettre sur pied le maximum de liste du MNR et pratiquer l'union partout où c'est possible.

Chers amis nous sommes à un tournant. Le Pen termine sa carrière politique. Ce qui n'était pas possible avec lui peut le devenir sans lui. Quant à sa fille, rien n'assure qu'elle va l'emporter. N'est-elle pas arrivée loin derrière Gollnisch à l'élection au comité central à Bordeaux ? Et rien non plus ne permet d'affirmer que si elle l'emporte elle ne sera pas contrainte à l'union. Car la rénovation s'impose. Ceux ou celles qui pensent qu'il suffira de changer le prénom du président du FN pour que tout recommence comme à l'époque glorieuse de ce parti, n'ont rien compris. Le moment est venu de rénover notre famille politique à la fois dans ses structures et dans son projet.

Sur le plan des structures il faut une organisation de vaste rassemblement qui rompe avec le système autocratique du FN. Il faut une organisation plus décentralisée, plus polycentrée qui laisse la place aux initiatives, qui valorisent les militants, l'action locale ainsi que les techniques modernes de communication et d'action. Une organisation qui prenne en compte tous les talents et qui permette à chaque leader de trouver sa place en fonction de ses capacités.

Il faut aussi une rénovation du projet. Car on ne peut pas proposer, comme le font certains au FN, le retour à la France des années 50. Et bien sûr on ne peut pas non plus, comme le fait la fille vouloir rénover en alignant le discours sur celui de l'UMP. La solution est ailleurs, elle est dans un projet élaboré, moderne et enraciné comme celui que nous avons progressivement mis au point au sein du MNR. Encore faut-il poursuivre ce travail. Car il faut l'adapter en permanence aux nouvelles questions qui émergent, aux grands défis qui nous sont lancés. De ce point de vue il importe par exemple de préciser notre position sur la question de l'environnement.

Je suis frappé de constater à quel point cette question qui occupe la une des médias a été confisquée par la gauche et les tenants du mondialisme. Leur discours sur la nécessité de lutter contre les pollutions et d'économiser l'énergie et les ressources de la planète est utilisé pour aller encore plus loin dans la voie du mondialisme. Le slogan qui revient d'ailleurs comme une rengaine est révélateur à cet égard. On ne nous parle que de '' sauver la planète ''. Et pour cela il nous faudrait adopter le mode de vie des bobos écolo gauchistes. Et tous les jours on nous explique que pour sauver la planète il faut se mortifier. Rien n'est plus débile. Car ce n'est pas les Français tous seuls dans leur Hexagone qui sauveront la planète en ne tirant la chasse d'eau qu'une fois par jour, en ne se lavant qu'une fois par mois, en roulant à bicyclettes sous les averses, ou en triant chaque matin ses ordures sur la table de la cuisine. Chaque fois qu'on économise un mètre cube de CO2 en France, les Chinois en produisent 1000 mètres cubes supplémentaires rien qu'en produisant les objets que nous leur achetons faute de pouvoir les produire chez nous.

Tout cela est aberrant. Il faut au contraire bien comprendre que ces nouveaux enjeux écologiques peuvent nous permettre de sauver la France et l'Europe. Ils offrent en effet de nouvelles opportunités à notre pays et à notre continent. Plus que d'autres en effet nous sommes en situation de nous abstraire de la dépendance à l'égard du pétrole par exemple alors que la croissance chinoise va rapidement se heurter à la rareté de l'énergie et des matières premières. De même, les exigences écologiques peuvent constituer le meilleur des arguments pour s'opposer à la mondialisation sauvage. La taxe carbone dont on parle ne doit pas s'appliquer aux Français mais aux produits chinois, américains ou indiens et réduire la compétitivité de ces pays qui polluent allègrement et provoquent chez nous le chômage et la désindustrialisation. Il faut aussi mettre en cause les transports massifs de marchandises à travers les océans et prôner des économies plus auto centrées et donc un maximum d'industrie sur notre sol et sur le sol européen. Encore faut-il pour cela que la France et l'Europe s'érigent en un pôle de puissance capable d'imposer cette volonté à l'échelle du monde. Là encore la prise en compte des questions environnementales passe par les solutions imaginées par le MNR : la régulation de la mondialisation, la puissance de l'Europe, le développement de son indépendance et de son industrie, la diffusion de sa technologie et de son modèle.

Malgré les apparences nous sommes donc plus utiles et plus nécessaires que jamais. Nous devons donc continuer notre combat et nous préparer à incarner une grande alternative. Et pour cela il faut continuer à tenir et durer en étant présents aux élections municipales et en développant notre stratégie de rassemblement, de rénovation et de refondation.

Chers amis, la France a toujours besoin de nous.
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