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Conférence, le 23/09/2001
Napoléon Bonaparte.
La synthèse entre les principes républicains et les valeurs monarchiques


De tous les personnages qui ont marqué l'histoire de France, il apparaît comme l'un de ceux qui ont le plus pesé sur le destin de notre pays et sur celui de l'Europe. Sans doute est-ce pour cette raison qu'il n'est par ailleurs de figure plus populaire dans l'histoire universelle que celle de Napoléon. Une liste exhaustive de tous les écrits qui lui ont été consacrés serait impossible à réaliser.

À l'origine de cet engouement, il y a la passion qu'il suscite, qu'elle soit admiration pour les uns ou haine pour les autres, il ne laisse pas indifférent. Chateaubriand pour prouver que Napoléon était étranger le fait naître un an avant la date réelle de sa naissance, juste avant l'annexion de la Corse à la France. De son côté, l'article sur Bonaparte du Grand Dictionnaire universel de Pierre Larousse le fait mourir à Saint-Cloud le 18 brumaire. Mais, à l'inverse, les témoignages d'idolâtrie sont également nombreux. Vers 1840, Louis Geoffray dans un beau livre méconnu "Napoléon apocryphe", imaginait que son héros, loin d'être vaincu en Russie, parvenait à conquèrir le monde. C'est que ce prodigieux rêveur a su faire rêver à son tour écrivains et hommes d'État, grands capitaines et artistes. La plus grande conquête de Napoléon n'est peut-être pas l'Europe, mais celle de l'imagination des générations qui ont suivi l'empire. «Vivant il a marqué le monde ; mort il le possède», dira Chateaubriand.

Et, à ce titre, sa mémoire est encore aujourd'hui non seulement très présente mais toujours très controversée comme s'il restait encore à bien des égards dans l'actualité de notre pays.

Adulé par les uns, critiqué par les autres, aimé ou haï, il demeure un sujet de controverse entre ceux qui lui vouent une admiration sans borne et ceux qui l'assimilent à un tyran.

Pour notre part, nous assumons toute l'histoire de France, en nous efforçant de juger avec recul et sérénité les aspects positifs et les côtés négatifs de chaque période. Et, pour ce qui me concerne, je considère que Napoléon Bonaparte constitue aujourd'hui une référence. Son œuvre a marqué positivement l'histoire de France et se trouve être pour nous aujourd'hui riche de nombreux enseignements et de nombreux acquis dont nous pouvons nous prévaloir, et c'est à leur étude que je voudrais consacrer l'essentiel de cette conference.

La premier enseignement est lié au caractère extraordinaire du destin de l'homme. On a parlé à juste titre d'une épopée napoléonienne et c'est bien ce dont il s'agit. Sans transformer cette conférence en cours d'histoire, laissez-moi en quelques minutes vous rappeler les principales étapes de ce destin hors du commun.

Napoléon Bonaparte est né le 15 août 1769 à Ajaccio. Boursier, il fait ses études au collège d'Autun d'où il passe aux écoles militaires de Brienne puis de Paris (1785). En septembre 1785, il est nommé lieutenant artilleur au régiment de La Fère. Pendant six ans, jusqu'en 1791, il connaît la vie de garnison à Valence, Lyon, Douai, Auxonne et de nouveau à Valence. Formé sous l'Ancien Régime, il accueille avec sympathie la Révolution, par goût de l'action peut-être... En septembre 1793, il reçoit le commandement de l'artillerie du siège de Toulon et contribue le 19 décembre à la reprise de la ville aux Anglais, ce qui lui vaut le grade de général de brigade. En raison de ses relations avec les Jacobins, il connaît une période de disgrâce après le 9 thermidor. Il se retrouve un moment emprisonné, puis sans affectation. Il refuse un commandement en Vendée, mais se lie avec Carnot et Barras.

Et le 13 vendémiaire, c'est à lui que Barras fait appel pour réprimer une insurrection royaliste à Paris. Il mitraille les émeutiers sur les marches de l'église Saint-Roch: un épisode peu glorieux, il faut le dire.

Devenu peu de temps après, général de division avec le commandement en chef de l'armée intérieure. Puis, en mars 1796, il obtient le commandement en chef de l'armée d'Italie, une armée de complément par rapport aux forces engagées sur les champs de bataille d'Allemagne.

À la tête de 38 000 hommes et avec trente pièces de canon, contre des forces austro-piémontaises presque deux fois supérieures en nombre, il mène une foudroyante campagne où se révèle soudain tout son génie militaire. Frappés de stupeur, les souverains italiens abandonnent précipitamment l'alliance autrichienne. Bonaparte bat les unes après les autres les armées autrichiennes lancées contre lui et marche sur Vienne. Le 18 avril 1797, l'Autriche demande et obtient l'armistice et la campagne se conclut le 17 octobre 1797par la paix de Campoformio qui assure à la France la rive gauche du Rhin et crée en Italie la République Cisalpine.

Les succès remportés en Italie ont valu à Bonaparte une immense popularité. Cependant, il se rend compte que son prestige n'est pas encore suffisant pour lui permettre de s'emparer du pouvoir.

Comme il le dira lui-même, «il fallait que le Directoire éprouvât des revers en son absence et que son retour ramenât la victoire sous nos drapeaux».

C'est dans cette perspective qu'il obtient la possibilité de lancer en Égypte une opération destinée à affaiblir l'Angleterre en Méditerranée orientale, en prenant position sur la route des Indes pour intercepter le commerce d'Orient. Cette campagne sera certes un succès militaire sur terre mais elle se révèlera sans issue, notamment en raison de la suprématie maritime de l'Angleterre. Bonaparte rentre en octobre 1799 en France où il trouve un Directoire affaiblit qui se débat dans les rivalités et les intrigues et qui doit assumer la défaite des armées françaises face aux Autrichiens et aux Russes.

C'est alors le coup d'État du 18 brumaire et l'instauration du Consulat. Bonaparte nommé Premier consul pour dix ans dispose alors d'un pouvoir considérable. Fort de cet atout, il entreprend d'abord de gagner la guerre contre la seconde coalition. Ayant rassemblé secrètement une armée, il franchit le Grand-Saint-Bernard et rétablit d'un seul coup la position française en Italie par la victoire de Marengo. L'Autriche menacée en son coeur par la victoire de Moreau à Hohenlinden signe la paix de Lunéville le 9 février 1801 et l'Angleterre, restée isolée, signe le traité d'Amiens le 27 mars 1802. Dès lors, la paix semble assurée au bénéfice de la France et pour une longue période. Bonaparte se consacre alors pleinement à une entreprise de pacification, de remise en ordre et de réforme. Il conforte également son pouvoir. Par le plébiscite du 29 juillet 1802, il devient Consul à vie et obtient le pouvoir de désigner lui-même son successeur. Puis, profitant des complots ourdis contre lui, Bonaparte se fait proclamer empereur par le Sénat le 18 mai 1804 et sacrer par le pape à Notre-Dame le 2 décembre 1804. Auparavant, il aura procédé à un coup sanglant pour frapper de terreur l'opposition et rassurer les républicains, en faisant enlever et exécuter un membre de la maison de Bourbon, le duc d'Enghien.

Napoléon entre alors dans sa période triomphale qui va le conduire peu à peu à dominer presque entièrement l'Europe.

L'Angleterre a en effet formé avec l'Autriche, la Russie et les Deux Siciles, la troisième coalition. Napoléon projette d'envahir l'Angleterre et met sur pied à Boulogne une armée d'invasion. Malheureusement, le désastre naval de Trafalgar (21 octobre 1805) anéantit à jamais ce projet. Napoléon se retourne alors contre l'Autriche. Après la victoire d'Ulm et d'Austerlitz, la paix signée à Presbourg offre à la France une influence prépondérante en Allemagne, où Napoléon crée la Confédération du Rhin le 12 juin 1806. L'effondrement du Saint Empire romain germanique s'accompagne d'une simplification considérable de la carte politique de l'Allemagne, préparant ainsi l'unité allemande.

L'Autriche étant hors jeu, l'Angleterre pousse alors la Prusse contre la France. Mais la guerre se solde par la victoire française d'Iéna. Napoléon soumet les Prussiens et entre dans Berlin le 27 novembre 1806. Il y signe le décret de Berlin organisant contre l'Angleterre le Blocus continental.

Resté face à face avec les Russes, Napoléon les bat à Friedland et assure la paix de Tilsit le 9 juillet 1807 qui débouche sur une alliance entre la France et la Russie au détriment de la Prusse.

Entre-temps, pour assurer le Blocus continental, la Toscane est occupée et le Portugal envahi. Un peu plus tard, dans la même logique destinée à conforter le blocus, Napoléon étend encore ses conquêtes européennes. En 1808, Rome est occupée et Murat intervient en Espagne où les Bourbons sont remplacés par Joseph Bonaparte. La France est alors à son apogée, elle a annexé l'Étrurie, les États pontificaux, la Hollande et une grande partie de l'Allemagne. En 1811, la France impériale compte 130 départements. Napoléon est au faîte de sa gloire.

Mais les signes du déclin commencent à se faire sentir. Les conseillers les plus habiles comme Talleyrand, Fouché et le général Bernadotte se détachent de Napoléon ou le trahissent. En Allemagne, le sentiment national se réveille. En Espagne, l'armée française s'enlise et Napoléon se retrouve de nouveau face à la Russie dont le tsar exige l'évacuation des troupes françaises de Poméranie et de Prusse. Napoléon est de nouveau contraint à la guerre. A la fin du mois de juin 1812, la Grande Armée qui compte près de 700 000 hommes venus de toutes les nations d'Europe franchit le Niemen. C'est la campagne de Russie dont chacun connaît l'issue. Napoléon entre pourtant à Moscou le 14 septembre. Mais un formidable incendie détruit son ravitaillement et le contraint à la retraite le 19 octobre. La Grande Armée va se trouvée engloutie dans la plaine et l'hiver russe. C'est le début de la fin. Napoléon rentre à Paris, reconstitue une armée de 400 000 hommes avec laquelle il commence brillamment la campagne de 1813. Mais tous les États se soulèvent contre lui et malgré les victoires qu'il continue de remporter, notamment au cours de la campagne de France, il est submergé par le nombre de ses ennemis. Les Alliés entrent à Paris le 31 mars 1814, Napoléon abdique le 6 avril et part en exil à l'île d'Elbe. Malgré l'extraordinaire sursaut du retour et des Cent-Jours, c'est la fin de l'épopée napoléonienne.

Il y a là un premier enseignement tout à fait considérable : celui du pouvoir de la volonté sur l'Histoire. L'extraordinaire épisode de cette période de l'histoire de France est d'abord lié à la personnalité de Napoléon. Sans elle, rien de tel ne se serait produit. Certes, Napoléon est survenu à une période de grandes potentialités pour la France où tout était remis en cause par la Révolution et où notre pays disposait de par sa richesse et sa population d'un formidable potentiel de puissance. Les événements sont donc le fruit de cette rencontre historique entre un homme et des circonstances, un homme de volonté et de génie avec des circonstances exceptionnelles.

Cette épopée démontre donc le poids de la volonté dans l'histoire et constitue en quelque sorte une extraordinaire démonstration du triomphe du politique. Car le propre du politique est bien de peser sur les événements, d'infléchir le cours des choses, de mener à bien un projet. Et aujourd'hui, à une époque où les politiques sont impuissants, où ils se contentent de subir et de faire semblant de vouloir ce qui survient, à une époque où nos responsables ne gouvernent plus par des actes mais se contentent de faire de la communication, cet enseignement, ce rappel de l'impératif de puissance, aussi excessif qu'il puisse paraître à certains, est à mes yeux essentiel et doit nous inciter à reprendre en compte cette exigence au regard de laquelle Napoléon a excellé.

Un second enseignement est celui de l'ordre et de l'autorité comme facteurs de renaissance. Bonaparte, puis Napoléon, a en effet reconstruit la France après l'époque de chaos qu'a représentée la Révolution. Et il l'a fait bien sûr en prenant des décisions intelligentes, en réformant, mais avant tout en rétablissant l'ordre politique et l'autorité de l'État.

Destruction du système ancien, remise en cause de toutes les traditions, de toutes les valeurs qui avaient fondé la France en treize siècles de monarchie. Anarchie, instabilité politique, terreur, idéologie déracinante, prévarication, intrigues, désorganisation, ruine financière, débacles militaires menaçantes, telles sont quelques-unes des caractéristiques de la situation créée par la Révolution, lorsque Bonaparte entre en scène. On ne connaissait même pas, au ministère de la Guerre, le nombre des soldats sous les armes, ces soldats en guenilles et affamés qui, après avoir vécu aux frais de l'ennemi, commençaient à refluer vers la France et à exercer le droit de réquisition sur des Français.

Bonaparte sitôt nommé Premier consul se met à l'œuvre pour rétablir l'ordre dans tous les sens du terme.

Il cherche d'abord à pacifier, à réconcilier et à rassembler les Français. S'agissant des enrichis et des nantis, comme de la masse paisible de la population, il entreprend de rassurer et pour cela cherche à effacer les restes du jacobinisme dictatorial. L'impôt forcé progressif et l'odieuse loi des otages sont abolis. D'autre part, il permet aux émigrés de rentrer sans crainte en France, il rend les églises au culte et pacifie la Vendée par l'arrêt des persécutions religieuses. Il ordonne la libération de nombreux prêtres et prisonniers royalistes, il rappelle les proscrits du 18 fructidor. Dans le même esprit, il conclut avec Pie VII le concordat du 16 juillet 1801, qui, complété par les articles organiques de 1802, rétablit partout le libre exercice de la religion catholique.

Par ailleurs, la Révolution avait introduit l'élection partout dans l'administration comme dans la magistrature et dans la police. C'est tout juste si elle ne l'avait pas introduit dans l'armée et c'était l'une des causes de l'anarchie dont ses gouvernements étaient morts. Bonaparte met des préfets et des sous préfets à la place des comités d'élus et, en ce sens, rétablit et multiplie les intendants de l'Ancien Régime tout en changeant leur nom. Mais, contrairement aux intendants de la monarchie qui étaient entravés dans leurs actions par les franchises et par les parlements qui en étaient les gardiens, les préfets administrent librement au nom du pouvoir central.

S'agissant de la magistrature, Bonaparte se garde de lui rendre l'indépendance dont elle avait abusé sous l'Ancien Régime et instaure un système de magistrats nommés par le gouvernement, la garantie des justiciables étant assurée par l'inamovibilité des juges. Ainsi Bonaparte donne à la France des institutions solides fondées sur la centralisation administrative qui place la nation sous l'autorité d'un État fort et qui se révèlera si fécond que tous les gouvernements et tous les régimes qui se sont succédé depuis les conserveront.

Dans ce cadre, dès août 1800, Bonaparte décide la création d'une commission de juristes qui vont élaborer le Code civil (1804), le Code de procédure civile (1806), le Code de commerce (1807), le Code d'instruction criminelle (1808) et le Code pénal (1810), œuvre immense d'uniformisation du droit que de nombreux jurisconsultes de l'Ancien Régime avaient tenté de mener à bien sans y parvenir. Le Code civil que Napoléon devait répandre à travers l'Europe faisait passer dans la pratique certains des principes fondamentaux qui avaient inspiré la Révolution: laïcité du droit, égalité devant la loi, abolition du droit d'aînesse et des privilèges, défense du droit de propriété que nous connaissons encore aujourd'hui.

Parallèlement à cette vaste réorganisation de l'État, le gouvernement de Bonaparte s'efforce de rendre son essor à la vie économique. Il s'attaque à l'atroce misère due aux assignats, misère que le Directoire malgré ses promesses avait été impuissant à guérir. La Révolution avait en effet ouvert un gouffre financier. La mort du papier monnaie n'avait pas été un remède et, sous Bonaparte, on comprenait enfin pour la première fois que la réorganisation des finances et le retour de la prospérité dépendaient d'une réorganisation politique et d'un gouvernement fort. Les finances sous l'Ancien Régime avaient été mises à mal par la résistance des intérêts particuliers défendus par les parlements. Elles avaient été ruinées par la démagogie révolutionnaire. Il fallait une autorité ferme pour les rétablir. Bonaparte, sans tarder, appela auprès de lui un ancien fonctionnaire de la monarchie, Gaudin, plus tard duc de Gaète, qui entreprit la réforme du système des impôts.

Par ailleurs, la loi du 28 pluviose an VIII créa officiellement la Banque de France, la loi du 7 germinal an XI donna naissance à une nouvelle unité monétaire, le franc germinal, qui devait rester en vigueur jusqu'en 1928.

Après toutes ces remises en ordre, le bilan économique se révèle positif. La guerre a joué un rôle d'accélérateur. Sur le plan agricole, le blocus a provoqué la multiplication des défrichements et le développement de nouvelles cultures telles la pomme de terre ou la betterave pour le sucre.

En libérant la France de la concurrence anglaise, le Blocus continental a permis à l'industrie française de progresser rapidement sans toutefois rattraper son retard sur sa rivale insulaire. Les innovations techniques ont été nombreuses. Et l'augmentation globale de la production industrielle sera de l'ordre de 25% par rapport aux dernières années du XVIIIè siècle.

Cet essor a bénéficié aux paysans d'autant qu'avec la vente des biens nationaux, la propriété paysanne a progressé de 10 à 30%. Les paysans ont de surcroît profité de la hausse des prix agricoles liée au blocus. Il n'est jusqu'aux journaliers qui, bénéficiant de la montée des salaires due à la "disette des bras", n'aient pu accéder à la propriété de petits lopins.

II en va de même dans les villes pour les ouvriers. Les levées de la conscription, en raréfiant la main-d'œuvre, encouragent la hausse des salaires et suppriment le chômage que le développement du machinisme et le retournement de la conjoncture ressusciteront sous la Restauration.

C'est cependant la bourgeoisie qui bénéficiera le plus de l'essor économique. Notons à cet égard que les trois principaux ressorts de ce développement économique sont le retour de l'ordre, le blocus continental et la guerre à l'extérieur qui permet à la France de ponctionner à son profit des richesses sur le sol étranger.

Je crois qu'il y a là un étrange parallèle avec ce que nous préconisons dans un tout autre contexte pour rétablir la prospérité en France. Rétablir l'ordre, assurer un minimum de protection aux frontières et non pas aller ponctionner des richesses à l'extérieur mais cesser d'être ponctionnés à l'intérieur par l'étranger comme c'est le cas aujourd'hui avec l'immigration.

De ce point de vue encore, Napoléon nous offre un exemple à suivre qui conserve une extraordinaire actualité. Aujourd'hui aussi, le chaos se répand. Certes, il est moins anarchique et moins sanglant, mais il s'agit néanmoins d'un chaos en termes psychologiques, idéologiques, sociaux, politiques et moraux. Le système de valeurs est bouleversé, voire inversé, l'ordre public est mis en cause, le chômage, la précarité et la misère détruisent les équilibres sociaux. Nous sommes dans une situation de désordre. Et, de ce point de vue, Napoléon montre par son exemple comment une grande politique peut, en rétablissant l'ordre et l'autorité, faire revenir la prospérité et l'harmonie.

Il y faut l'autorité de l'État et la force légale. Il y faut des idées claires et simples qui seules sont suffisamment fortes pour peser sur le réel. Il y faut de la volonté et de la persévérance pour donner corps aux réformes par la pérennité et la stabilité. Il y faut de l'harmonie avec l'état de l'opinion et les aspirations de la population. Il y faut de surcroît la volonté de ne pas se payer de mots mais de s'attacher aux actes et aux résultats. Autant de qualités dont Bonaparte s'est montré porteur et qui sont aujourd'hui nécessaires pour agir et remettre de l'ordre dans notre pays.

Le troisième enseignement est celui de la grandeur. Les peuples et les nations ne vivent pas seulement de réalités matérielles. Il n'y a pas que les données concrètes, économiques, institutionnelles ou militaires qui comptent. Il y a aussi l'idée que les peuples se font d'eux-mêmes et à cet égard il y a la grandeur et le rêve qu'elle suscite. De ce point de vue, Napoléon a donné à la France une grandeur inégalée. Il l'a fait rêver et à ce titre lui a donné une force de survie extraordinaire autant qu'une influence sur le monde.

Avec Napoléon, la France atteint en effet l'apogée de sa puissance et de son rayonnement. En 1811-1812, la France domine pratiquement toute l'Europe. L'impérium napoléonien s'étend non seulement à la France proprement dite mais à la Belgique transformée en départements dès la Révolution, à la Hollande annexée en 1810, aux villes de la Hanse, Brême et Hambourg, à toute la rive gauche du Rhin, à l'Italie du Nord, à Rome et aux provinces illyriennes. Napoléon est médiateur de la Confédération helvétique et protecteur de la Confédération du Rhin. Il a pour vassaux le roi d'Espagne et le roi de Naples. La Suède, le Danemark, le grand duché de Varsovie sont des alliés. Plus de la moitié de l'Europe continentale est alors placée sous l'autorité de l'empereur. Seuls lui échappent la Prusse, l'Autriche et la Russie, ainsi que l'empire ottoman qui occupe les Balkans.

Il s'agit là du sommet historique de la puissance française et ceci est à mes yeux un résultat extraordinairement exaltant. Bien sûr, beaucoup objecteront qu'à son départ l'empereur laissera une France plus petite qu'il ne l'avait trouvée. Mais la vie est pulsation, il n'est pas dans l'histoire de nations qui aient pu maintenir leurs frontières de façon permanente et intangible. Les grandes nations sont celles qui ont pu à un moment de leur histoire réaliser d'immenses conquêtes et tendre à l'universalité. Et quelle que soit l'issue finale, le résultat reste acquis indéfiniment pour le peuple qui en a été le héros. Il marque son âme, son esprit ou son subconscient à jamais. Savoir que nous avons à un moment de l'histoire dominé l'Europe, soumis pratiquement toutes les nations, que notre armée est entrée à Moscou, ce que les Allemands eux-mêmes n'ont jamais pu faire, que nous avons pu marquer durablement l'histoire de notre continent, tout cela est une source de fierté qui va bien au delà du chauvinisme ou de l'exaltation du sentiment national. C'est un capital mythique que nous pouvons valoriser pour retrouver le génie, la vitalité et la force de notre peuple. C'est le signe pour aujourd'hui que nous sommes un grand peuple, que nous pouvons marquer l'histoire, que tout est possible si demain nous le voulons.

J'ajoute de surcroît que ces conquêtes n'ont pas été imaginées par Napoléon selon un plan préétabli et froidement calculé. On a beaucoup reproché à l'empereur les guerres incessantes qui pour finir l'ont conduit à l'échec et qui ont affaibli notre pays. C'est largement injuste, d'abord parce qu'on ne peut pas parler de saignée démographique pour la France. La population est passée entre 1800 et 1817 de 25 à 27 millions d'habitants, augmentation qui s'explique par un fort accroissement de la nuptialité que suit la natalité favorisée par la nouvelle législation civile et sociale et le système de conscription qui exemptait les hommes mariés du service militaire. Quant aux morts de la Grande Armée, le chiffre en a été ramené par des recherches récentes à environ 1 471 000 décès officiellement enregistrés et 530 000 disparus. Les pertes civiles de leur côté n'ont été importantes qu'en 1814 puisque les autres campagnes napoléoniennes se sont toujours déroulées en dehors du territoire national.

S'agissant par ailleurs de la logique de la guerre, il faut comprendre qu'elle est issue de la Révolution. Comme le dit Bainville, «en 1792, la Révolution pour s'achever avait voulu la guerre. A tous égards, elle en avait vécue, elle s'en était nourrie. Elle n'en pouvait plus sortir sans s'arrêter. Mais déjà il ne dépendait plus d'elle d'en sortir. Elle en était prisonnière comme Napoléon en sera prisonnier parce qu'elle avait provoqué un ennemi, l'Angleterre, qui était résolu à ne poser les armes qu'après avoir vaincu.»

La France avait en effet commis un acte inacceptable pour les Anglais : l'annexion de la Belgique, de la rive gauche du Rhin et le contrôle de la Hollande avec les principaux ports continentaux utilisés par le commerce britannique. Or, pour la France, il n'était plus question de revenir en arrière et d'abandonner cette conquête. Quant à l'Angleterre, jamais elle ne permettrait que les Français fussent maîtres de ces contrées. Pour les en chasser, aucun effort ne serait trop coûteux.

Et dès lors tout va s'enchaîner. La France ne pouvant vaincre l'Angleterre sur les mers va renforcer sa puissance continentale pour chercher à la vaincre sur le continent.

L'Angleterre voyant la puissance française se renforcer redoublera d'audace pour l'abattre. Et c'est la volonté d'asphyxier l'Angleterre par le Blocus continental qui conduira Napoléon à se rendre maître de toutes les côtes et à pousser toujours plus loin ses conquêtes. Bonaparte était donc lié par cette conquête de la Révolution. Et, comme le dit encore Bainville, «son histoire est celle de la recherche d'une chose impossible, la capitulation de l'Angleterre sur le point qu'elle n'avait jamais admis, l'annexion de la Belgique.»

Et d'une certaine manière, ce n'est pas l'empereur mais l'Angleterre qui voulait la guerre. C'est elle qui l'a entretenue en faisant renaître sans cesse les coalitions contre la France. L'empereur ne voulant pas céder n'aura pas au bout du compte agrandi la France de nouveaux territoires, mais il lui aura offert ce qui est peut-être presque aussi important : la grandeur qui traverse les siècles.

Autre grande leçon que nous a livrée l'empereur, celle de sa modernité, de sa capacité à comprendre le monde de son temps, d'y adapter ses projets et de le façonner. Bonaparte réussit parce qu'il est en phase avec son temps.

Il l'est d'abord avec l'idée nationale qui émerge sous sa forme moderne avec la Révolution et qu'il concrétise à travers I'État centralisé et fort dont il dote notre pays, lequel sera conservé par tous les régimes qui le suivront et qui contribuera grandement à parachever l'unité nationale. Il la concrétise aussi dans les esprits en donnant corps au sentiment patriotique, en l'exaltant, en lui donnant matière à s'épanouir à travers la gloire et la grandeur qu'il offre à la France.

Il œuvrera aussi pour cette idée au-delà même de notre pays en contribuant, parfois malgré lui, au développement de l'idée nationale en Europe, suscitant même à la fin de son règne un éveil des sentiments nationaux à son encontre.

Il est en phase avec son temps en organisant les acquis les plus positifs de la Révolution française, ceux liés aux droits de la personne notamment, et en les exportant hors d'Europe où il contribue à mettre fin au système féodal et à celui du servage.

C'est aussi un visionnaire qui imagine, après Charlemagne, le projet d'un empire européen qu'il voudrait français et sous l'impérium français.

Napoléon est aussi en phase avec l'époque moderne lorsqu'il s'affirme comme un chef populaire, cherchant à s'enraciner directement dans le peuple dont il est issu à travers sa renommée et son prestige mais aussi à travers le système qu'il organise et qui réduit considérablement les pouvoirs intermédiaires. Sa dimension populaire prend aussi racine dans la référence au mérite. Prenant acte de l'abolition des privilèges, il reconstitue, par la Légion d'honneur d'abord, puis par l'aristocratie d'empire, ce qu'il conçoit comme une hiérarchie du mérite et du talent.

Tout dans sa démarche s'organise autour d'une volonté de renouveau, mais pour autant il ne commet pas l'erreur des révolutionnaires de vouloir faire table rase du passé et de chercher à créer ex nihilo une nouvelle société et de nouvelles institutions. En réalité, sur le plan institutionnel, il rétablit un régime monarchique entièrement renouvelé. Le choix même du terme d'empereur est à cet égard révélateur. II s'agissait de trouver une formule qui ne suggère pas le retour pur et simple à l'Ancien Régime, le titre de roi n'était donc pas possible et le terme d'empereur revêtait à l'époque une connotation moderne et renouvelée qui pour autant renvoyait à nos origines historiques et culturelles : Rome et surtout Charlemagne. Ce terme avait de surcroît l'avantage de marquer pour la France sa victoire et sa prééminence sur le monde germanique puisqu'en créant l'empire français, on mettait définitivement un terme au Saint Empire romain germanique. La volonté de renouveau, la modernité de Napoléon est une des clefs de sa réussite et un enseignement qu'il nous faut suivre.

Cette réalité me conduit d'ailleurs à évoquer un dernier point qui constitue sans doute l'enseignement le plus précieux de Napoléon.

Son œuvre la plus importante et la plus bénéfique pour la France aura été de trouver une issue à la Révolution française. Celle-ci était en effet dans une impasse totale et plongeait la France dans le chaos d'une désorganisation immense, la coupant de son passé, de ses valeurs, de sa foi et de tout ce qui avait fait la grandeur de l'Ancien Régime. Il était vain cependant de croire, après un pareil bouleversement des mentalités, à l'aspect bénéfique d'une restauration pure et simple du régime ancien, lui-même à bout de souffle, privé de sève, de force, de légitimité populaire et de ce fait discrédité et coupé des aspirations de l'époque.

Napoléon face à cette alternative sans espoir aura la grande intelligence politique d'établir un nouveau régime qui exprimera en quelque sorte un heureux syncrétisme entre la république et la monarchie. On peut dire en effet qu'il continuera et pérennisera la révolution en n'en retenant que ses aspects les plus positifs et qu'il rétablira dans le même temps le système monarchique en remettant en vigueur ce qu'il y avait de plus positif dans l'Ancien Régime. «Bonaparte, dit Thiers, venait sous les formes monarchiques continuer la Révolution dans le monde.»

Bonaparte est en effet à la fois un homme de la Révolution et de l'Ancien Régime. À cet égard, c'est un homme du XVIIIè siècle. Il était imprégné des idées nouvelles mais il avait aussi été formé sous l'Ancien Régime. Il a reconnu lui-même ce qu'il devait à ceux qui l'avaient instruit et parle avec gratitude de ces maîtres à l'École militaire. Et, dans les faits, il perpétue en réalité beaucoup plus de choses qu'il n'en apporte de nouvelles. C'est ainsi qu'il voue un culte à Frédéric II, le héros qui l'avait précédé et qu'il a effacé dans l'imaginaire des Européens.

Beaucoup de ces réformes sont d'ailleurs inspirées par le système de l'Ancien Régime. Ainsi la réforme fiscale qu'il introduit revient en réalité à rétablir certains impôts indirects abolis par la Révolution. Reconnaissant ainsi sans le dire que tout n'avait pas été si mal sous l'ancien régime.

C'est aussi bien sûr dans cet esprit qu'il rétablit la religion catholique dans ses droits et conclut le concordat de 1801 par lequel il imposait cette nouvelle reconnaissance de l'Église aux élites révolutionnaires encore très anticléricales, pendant que l'autorité ecclésiastique imposait la reconnaissance du nouveau régime à un clergé encore très hostile.

Cette réhabilitation du système monarchique est même poussée très loin, puisqu'il va jusqu'à renouer avec la légitimité du sacre par l'Église, cherchant ainsi à retrouver le caractère sacré de la monarchie française et à prendre sa place dans la continuité de notre nation en fondant une quatrième dynastie.

Il y a donc là une démarche exemplaire qui, si elle avait pu s'enraciner dans la durée, aurait rendu à notre nation un régime de type monarchique entièrement rénové, ayant intégré les acquis les plus positifs de la Révolution sans pour autant dégénérer en un système monarchique à l'anglaise, une piètre monarchie constitutionnelle. Avec l'empire, le souverain jouit en effet de tous les pouvoirs dans l'esprit du despotisme éclairé. Il s'agissait là en quelque sorte d'une actualisation et d'un réenracinement de la monarchie française dans l'époque moderne. De ce point de vue, on peut dire que le projet de Napoléon c'était celui de Louis XIV après la Fronde transposé au XIX è siècle. Sans cette démarche, la Révolution française aurait pu laisser dans notre pays des plaies beaucoup plus béantes que celles quelle a laissées. Un régime révolutionnaire se pérénnisant dans notre pays aurait eu avec la durée des conséquences catastrophiques pour l'avenir en cassant définitivement treize siècles d'héritage. De même, une restauration brutale conçue comme un simple retour en arrière, comme le simple rétablissement de ce qui prévalait avant 1789 outre le fait que cela paraissait fort difficile sinon impossible à réaliser, aurait créé à l'intérieur de notre pays une cassure encore bien plus profonde que celle que nous avons en définitive connue.

En ce sens, l'entreprise napoléonienne, par son intelligence politique, a offert à mon sens à la France la meilleure voie pour sortir de l'épreuve révolutionnaire. Certes, elle s'est soldée au bout du compte par une restauration mais celle-ci s'est précisément mise en place dans des conditions qui auraient été totalement impossibles sans l'épisode du Premier empire, lequel a largement perduré dans ses œuvres sous tous les régimes qui l'ont suivi.

Cette démarche syncrétique devrait nous conduire à une réflexion profonde sur notre rôle en cette fin de siècle où l'exemple de Napoléon peut être particulièrement fécond.

En effet,on trouve souvent à l'origine de beaucoup de grandes réussites historiques, des synthèses menées entre forces ou idées antagonistes prééxistantes.

Ainsi les rois mérovingiens et tout particulièrement Clovis dont nous fêtons cette année le 1 500è anniversaire, ont-ils pu s'imposer et triompher et en même temps fonder le royaume de France parce qu'ils ont su réaliser la synthèse de la celtitude, de la romanité et de la germanité. Ils ont mis fin de cette façon à des antagonismes, à une dualité dangereuse pour la société de l'époque, tout en assurant l'encadrement et la préservation des forces anciennes et en favorisant l'enracinement des forces nouvelles du christianisme dans les terroirs et dans les traditions de ce qui allait devenir la France.

Aujourd'hui, il est clair que même si la situation de notre pays est moins critique qu'en 1793, le monde que nous connaissons semble entrer dans une phase de profonde remise en cause, comme s'il était de nouveau déchiré entre deux ordres, deux systèmes de valeur, deux visions du monde. Celle traditionnelle de notre nation et de son système de valeurs. Celle du mondialisme et de l'exacerbation de l'idéologie des droits de l'homme.

Et, à cet égard, se repose à une moindre échelle et dans d'autres conditions le même dilemme qu'à l'époque du Directoire. Et le même défi nous est lancé que celui que releva le Premier consul puis l'empereur : rétablir un ordre ancien et traditionnel tout en l'enracinant dans la modernité du temps présent et à venir.

De ce point de vue, notre mouvement doit opérer une synthèse de même nature finalement que celle qu'opéra en son temps Napoléon Bonaparte.

Beaucoup de valeurs sacrées, morales, identitaires ou nationales défendues par le mouvement national ont été prônées dans le passé par des mouvements ou des penseurs contre-révolutionnaires, antidémocrates ou antirépublicains. La mission du MNR consiste précisément à rendre possible la renaissance de ces valeurs à l'aube du XXIè siècle dans le cadre de la république et du principe démocratique de la souveraineté populaire. Grâce à cette conception nouvelle qu'il nous faut inventer de démocratie organique ou de république naturelle, le Mouvement national républicain peut réussir à assurer la réconciliation définitive de la France d'hier avec celle d'aujourd'hui, il peut reprendre le fil de nos valeurs d'avant la philosophie des Lumières pour le renouer avec le cadre moderne de la république.

Dans le même esprit, le MNR se doit de réaliser la synthèse entre deux aspects plus contemporains mais aujourd'hui encore antagonistes entre ce qui faisait hier l'apanage de la gauche, à savoir le social, et ce qui faisait le corps de doctrine de la droite, à savoir le libéralisme. Créer cette synthèse par l'idée nationale en montrant combien les libertés économiques sont nécessaires et bénéfiques, combien l'État doit être centré sur ses fonctions régaliennes, mais combien tout cela n'a de sens que si ces règles économiques s'exercent à l'intérieur d'un territoire lui-même protégé et si l'économie elle-même est mise au service non pas des consommateurs mais de la communauté nationale, ce qui implique la prise en compte de la solidarité au sein du peuple français et l'émergence d'une nouvelle conception du social qui ne procède pas du socialisme.

Tout cela nous éloigne de Napoléon. Dans la nature des préoccupations sans doute, mais certainement pas dans la méthode, car c'est celle qu'il a mise en œuvre et dont nous devons, me semble-t-il, nous inspirer.

Ainsi Napoléon Bonaparte est bien l'auteur d'une grande politique qui a contribué à faire la France. Et, de cette politique, nous pouvons retenir plusieurs enseignements.
Il a exprimé plus que d'autres la nécessité de la puissance du politique et il a porté, à son point maximal, cette volonté de puissance sans laquelle les peuples et les nations finissent par être asservis ou par disparaître.

Il a incarné le retour à l'ordre et à l'autorité, démontrant ainsi combien l'ordre politique était fécond et bénéfique pour l'ensemble des activités humaines.

Il nous a légué un héritage de gloire, de grandeur et de force dont nous devons faire usage pour permettre à notre peuple de retrouver confiance en lui-même et pour qu'il puisse à nouveau se projeter dans l'avenir.

Il nous a montré également combien en politique la modernité est une nécessité féconde, quel que soit le projet que l'on poursuit. Car on ne peut réussir qu'en prenant en compte les réalités du présent et en ouvrant des perspectives qui ne soient pas simplement celles d'un retour en arrière.

Et, enfin, il a accompli une action politique de synthèse qui a permis à la France de sortir grandie de la Révolution et dont nous devons nous inspirer pour notre propre action.

J'ajoute en conclusion que nous avons avec le personnage de Bonaparte un lien indéniable. Car la tradition qu'il incarne, celle d'un pouvoir fort fondé sur l'autorité mais enracinée dans le peuple et nourrie par le patriotisme et le sentiment national, est très proche de notre conception. Nous sommes pour un État fort, un gouvernement national, républicain et ce n'est pas par hasard si les politologues, lorsqu'ils distinguent structurellement en France trois droites, nous assimilent généralement à la droite qualifiée de bonapartiste.

Je ne reprendrai pas à mon compte cette classification un peu trop simpliste, ni cette dénomination, mais je terminerai en disant qu'avec nous peut-être Napoléon ne sera pas totalement absent du XXIè siècle.
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