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Conférence, le 15/12/1996
Économie et nation.
Le modèle, les principes et la stratégie d'une nouvelle politique économique


Droit dans le mur
Depuis des années, les dirigeants de l'établissement, incapables de peser sur la réalité, laissent se développer le chômage, la précarité et la misère, quand ils ne favorisent pas la baisse du pouvoir d'achat ou la destruction de notre appareil de production. Or, plus la situation se détériore, plus ils s'entêtent dans leurs erreurs, expliquant aux Français qu'il n'y a pas d'autre politique possible et que personne ne pourrait faire mieux. Ils se comportent comme ce conducteur fou qui, voyant son véhicule quitter la route et foncer contre un mur, ne trouverait rien d'autre à faire que d'appuyer sur l'accélérateur. Face à un tel aveuglement, comment s'étonner dès lors de voir nos compatriotes s'enfoncer dans la résignation et parfois dans le désespoir?

Aujourd'hui, en effet, la France cumule les inconvénients de tous les systèmes. Écrasée par l'étatisme, elle souffre de l'héritage marxiste et de ses effets néfastes pour le dynamisme économique. Prise à la gorge par l'ultralibéralisme international, elle subit de plein fouet le souffle dévastateur de la concurrence sauvage. Livré à la fois aux pesanteurs du socialisme et à la loi d'airain du marché mondial, notre pays est broyé par les mécanismes aveugles auxquels nos gouvernants l'ont livré et dont ils ne maîtrisent aucun des rouages. Notre peuple en est la victime passive qui subit jusque dans sa chair les effets dévastateurs de ce séisme économique et social.

Un modèle nouveau
C'est pourquoi je m’oppose à la politique du pouvoir et propose une autre voie, fondée à la fois sur une autre conception de l'organisation économique et sociale et sur une autre politique économique. C'est donc à la fois ce modèle et cette stratégie économique que je voudrais présenter maintenant.

Le modèle que je propose procède d'une démarche originale qui ne relève ni du socialisme ni du libéralisme pur et dur. Il peut se définir comme une troisième voie économique et sociale en rupture avec le mondialisme dont procèdent maintenant les deux systèmes qui autrefois se combattaient. Ce modèle exprime d'abord la volonté de placer l'économie en position subordonnée par rapport à la souveraineté nationale, de rejeter la domination des valeurs marchandes et d'éviter la confusion entre l'État et l'économie. Il se conçoit d'autre part comme une synthèse entre les principes de liberté sur le marché intérieur, de régulation ou de protection dans les échanges extérieurs. En bref, il subordonne l'économie à l'intérêt national.

Le gérant, pas le maître
Tel est en effet le sens de la hiérarchie des valeurs selon lequel la nation ne doit pas être soumise aux lois de l'économie ni aux valeurs marchandes. Un peuple a d'autres préoccupations, d'autres modes de comportement et d'autres activités que ceux décrits par les économistes et un pays n'a pas comme seule expression matérielle la production et l'échange. L'économie en retour se trouve donc déterminée par des facteurs qui ne relèvent pas de sa sphère, de même qu'elle doit être subordonnée à des objectifs qui sont étrangers à son domaine. À vrai dire, elle n'est pas de l'ordre des fins mais des moyens. Sa fonction consiste à produire des biens et des services pour l'ensemble du corps social. Et, à ce titre, elle doit servir la société et la nation et non leur imposer des objectifs. Ce n'est pas un hasard si le terme d'économie renvoie étymologiquement au domaine de la bonne administration des choses : l'économe est à l'origine l'administrateur de la maison (oiko, nomos), c'est-à-dire le gérant, pas le maître.

L'État à sa place
Pour remettre l'économie à sa place, il importe donc de renforcer la fonction souveraine et à cette fin de dégager l'État de ses préoccupations mercantiles pour le rétablir dans ses missions régaliennes. Aujourd'hui, en effet, l'État gère des services industriels et commerciaux, s'immisce dans tous les rouages de la société civile et devient de ce fait impuissant à assumer ses véritables responsabilités. Demain, il doit cesser d'être ce monstre obèse et impotent qui se laisse subvertir par les valeurs marchandes pour accomplir sa mission souveraine de sécurité, d'indépendance, d'identité, de protection et de justice.

L'impératif national
Ainsi recentré sur ses principales missions régaliennes, l'État doit se désengager du secteur économique. L'économie de son côté doit donc occuper une place plus limitée dans les préoccupations de nos gouvernants. Elle en retirera un surcroît de liberté et un cadre plus propice à l'épanouissement de ses activités propres. Elle n'en demeure pas moins subordonnée à l'échelon souverain, notamment pour la définition de sa finalité. Et là se situe le changement majeur à opérer par rapport à la situation actuelle. Aujourd'hui, l'État a totalement envahi la sphère économique mais celle-ci est laissée à elle-même pour ce qui est des buts à poursuivre. Demain, la puissance publique devra se dégager de l'appareil de production et d'échange, mais il lui appartiendra en revanche de fixer l'objectif à suivre par le système économique. Car l'économie doit servir l'intérêt national.

Actuellement, le système de production et d'échange, tel que le conçoivent les membres de l'établissement, n'a d'autre finalité que de maximiser le bien-être des individus. Ce projet est déjà des plus réductionnistes, car l'économie étant par excellence le domaine de ce qui peut se quantifier, il conduit donc à limiter le bien-être à la seule maximisation des biens et services susceptibles d'être comptabilisés. Ce faisant il réduit l'homme à l'homo economicus et tend à diffuser une vision purement matérialiste du bonheur humain. La comptabilité nationale pose ce problème avec une acuité particulière puisqu'elle mesure le bien-être collectif à l'importance du PIB. Or, celui-ci est ainsi évalué qu'il ne peut pas intégrer par exemple des notions comme la qualité de la vie ou l'équilibre écologique. La perversité des chiffres est dans le cas d'espèce si prononcée que la pollution, pour peu qu'elle nécessite des activités d'épuration, génère un surcroît de production et donc un accroissement du PIB!

Pour la France et les Français
Il convient donc de relativiser la notion de bien-être telle que les économistes peuvent l'appréhender. En réalité, le but qu'ils affichent est plus prosaïquement la maximisation de la satisfaction des consommateurs mesurée en quantité de biens et services marchands. Cet objectif n'est cependant pas à rejeter et peut constituer une finalité légitime du système de production et d'échange. Encore faut-il en voir les limites, car cette conception ne prend pas en compte la globalité de la dimension économique des individus, ni leur appartenance à des groupes. En effet, elle ne voit en eux que des consommateurs alors qu'ils sont aussi des travailleurs et qu'à ce titre leur contentement dépend également de la possibilité qui leur est ou non offerte d'accéder à un emploi valorisant. De plus, elle ne considère que les personnes alors que celles-ci n'existent que rassemblées en communautés, en peuples et en nations. Il convient donc d'ajouter à la notion classique de maximisation de la satisfaction des personnes une perspective sociale et communautaire qui passe par un second objectif: celui de la maximisation des avantages pour la nation.

La prise en compte de cette dimension supplémentaire conduit à renforcer en retour la satisfaction des personnes. Car, à ne s'intéresser qu'aux Français pris isolément, on les réduit à des êtres déracinés, sans histoire ni appartenance et rien ne vient contenter la partie de leur personnalité qui en eux relève de la communauté et de son harmonie. Pourtant, il n'est pas indifférent, à un niveau de richesse donnée, d'appartenir ou non à une nation puissante qui assure une forte sécurité et le rayonnement de son identité. Cela est si vrai que certaines nations n'hésitent pas à limiter la satisfaction des personnes pour accroître les avantages de la collectivité. Ainsi, les autorités japonaises ont, pendant de nombreuses années, pratiqué délibérément des niveaux de prix élevés sur leur marché intérieur pour fournir à leurs entreprises une base renforcée dans la conquête des marchés extérieurs. Le bien-être des consommateurs était sacrifié à la puissance extérieure du pays.

Sans nécessairement vouloir imiter cette pratique, il convient cependant de placer l'ensemble de l'appareil national de production et d'échange non seulement au service des Français, mais aussi au service de la France.

La puissance et le social
Ainsi l'économie nationale doit-elle œuvrer à l'indépendance et à la puissance du pays. Cela signifie que, pour maintenir l'autonomie de la nation, il n'est pas acceptable, par exemple, de laisser disparaître des entreprises stratégiques au motif qu'on peut acheter outre-mer moins cher qu'on ne produit en France. Ainsi en est-il du secteur de l'armement mais aussi des principales industries de base sans lesquelles notre pays deviendrait peu à peu un simple sous-traitant de l'étranger et un pion dans le cadre de la division internationale du travail.

Ajoutons que, dans le monde actuel, de plus en plus interdépendant, l'autonomie ne peut pas se conserver par l'autarcie, mais par la puissance. Les liens d'interdépendance ne sont en effet pas neutres, ils sont conditionnés par les rapports de force : le plus libre est le plus fort. L'économie, qui constitue avec les armées l'un des principaux facteurs de puissance, représente donc un instrument primordial de l'indépendance de la nation. Aussi l'économie nationale doit-elle se fixer également comme objectif de renforcer la puissance du pays, ce qui implique la croissance, l'exportation, les performances technologiques, le contrôle de secteurs clefs, mais aussi une volonté politique et une vision stratégique.

De même, le système de production et d'échange dès lors qu'il prend en compte l'intérêt de la collectivité doit aussi être mis au service de la cohésion sociale. En effet, celle-ci n'est pas automatiquement assurée par le libre jeu des mécanismes naturels du marché. On le constate aujourd'hui de façon dramatique avec le fléau du chômage et de la pauvreté qui frappe une partie croissante de la population. Il n'est pas question de passer cette terrible réalité par pertes et profits et il faut donc en conséquence placer l'économie au service de la communauté afin de rétablir l'ordre et l'harmonie sociale.

Ainsi, l'économie doit être subordonnée à la fonction souveraine et à ses valeurs, ce qui implique symétriquement que l'État se désengage du secteur marchand pour se consacrer à ses missions régaliennes. Par ailleurs, l'économie se doit de servir non seulement la prospérité des personnes, mais aussi l'intérêt de la nation, lequel passe par sa puissance et sa cohésion sociale.

S'agissant des mécanismes de fonctionnement, le modèle que je propose doit se concevoir comme une synthèse originale entre différents impératifs.

Les concepts du développement
Sur le plan économique, il procède des principes du marché libre qui l'emportent en efficacité sur les méthodes de l'étatisme. Les vertus de la concurrence, de la liberté d'entreprendre, de la juste rémunération du travail et du bénéfice légitime pour les initiatives, constituent en effet le moteur le plus performant pour créer la richesse et assurer la prospérité. Cette vision s'oppose aux conceptions planificatrices et collectivistes qui ont prévalu peu ou prou dans le passé et fait confiance aux acteurs économiques et plus particulièrement aux entrepreneurs. Ceux-ci sont en effet les mieux placés pour maximiser la production de richesse dès lors qu'ils sont allégés des contraintes inutiles et qu'ils jouissent d'une large liberté de manœuvre sur le marché. À cet égard, j’adhère aux principes de l'économie de liberté. Certains parleraient de libéralisme, mais le mot n'est pas approprié car il renvoie à une doctrine plus contestable et plus globale qui dépasse le cadre économique et l'espace national.

En effet, si le libre jeu de l'entreprise et du marché permet d'atteindre un optimum en termes marchands, celui-ci n'est bénéfique qu'appliqué sur un territoire donné. Pas question de négliger la dimension nationale des enjeux économiques et de considérer que les principes du marché libre peuvent ignorer les frontières.

Pour moi, les lois de la liberté économique sont valables dans l'espace national ou européen, mais s'arrêtent à ses extrémités, là où doivent être rétablies des frontières pour défendre les intérêts nationaux. Il est en effet indispensable que notre pays et notre continent se dotent des moyens propres à préserver l'appareil industriel nécessaire à sa sécurité et à assurer l'intégrité de son système économique et social face aux attaques déloyales et intempestives venues de l'extérieur. Afin de maintenir l'indépendance de notre nation et la cohésion sociale de notre peuple, il convient donc de limiter les lois de l'économie de marché au territoire français ou européen et de concevoir à ses frontières un minimum de protection. Celle-ci n'est d'ailleurs pas destinée à interrompre le commerce avec l'extérieur et à couper notre continent du reste du monde, mais à réguler les échanges de façon qu'ils s'effectuent dorénavant à l'avantage de nos pays. Ce système d'échanges régulés est à établir aux frontières de la France, mais il pourrait être repoussé aux limites de l'Union européenne si les autres États membres cessaient de concevoir l'espace européen comme une zone ouverte et acceptaient de mettre en œuvre systématiquement le principe de la préférence européenne.

Ajoutons que le modèle que je préconise comporte un troisième concept de base, celui de l'ordre social. Les seules lois du marché libre même protégées de la concurrence extérieure ne permettent pas en effet d'assurer spontanément l'harmonie sociale au sein de notre peuple. Il importe donc de développer un ensemble de principes originaux propre à fonder un nouvel ordre social qui ne procède en rien du socialisme. À cette fin, il convient de s'appuyer sur les valeurs traditionnelles qui fondent notre nation : les communautés naturelles, le principe de préférence, la notion d'enracinement, la justice sociale et la dignité des personnes. Dès lors, l'économie doit être mise également au service de cet objectif et de ses principes, sans pour autant rétablir par ce biais ni l'étatisme ni l'assistanat. Car l'originalité de cette voie sociale est qu'elle tourne le dos à la vision collectiviste et redistributrice du socialisme et qu'elle propose des mesures sociales qui ne sont pas contradictoires avec les nécessités du dynamisme économique. Ainsi en est-il par exemple du développement de la propriété, de la préférence nationale, de la politique familiale ou du relèvement des bas salaires. Il n'en demeure pas moins que l'équilibre à rechercher n'est pas nécessairement celui que donnerait l'application pure et simple du libéralisme. L'optimum national choisi par la puissance régalienne peut être légèrement différent de l'optimum économique que définiraient les seules lois du marché.

Tels sont les fondements du modèle que je propose : le marché libre, l'échange régulé, l'ordre social.

Dès lors, la question qui se pose est de savoir quelle stratégie il convient de mettre en œuvre pour donner corps à cette conception économique.

Le refus de la fatalité
La France n'est pas acculée à la faillite économique et à l'explosion sociale. Elle dispose de nombreux atouts et, contrairement à ce qu'affirme la classe politique, il existe une stratégie de redressement capable de la sortir de l'impasse où elle s'est fourvoyée. Certes, de très fortes pesanteurs semblent bloquer totalement l'économie française et un véritable sursaut est donc nécessaire. Mais la France dispose d'un modèle de développement alternatif et il existe pour le mettre en œuvre une méthode spécifique qui, constitue pour notre pays, la voie privilégiée du redressement.

Encore faut-il sortir des schémas fatalistes que véhicule l'établissement. Soumis au diktat de la pensée unique et du politiquement correct, ce dernier considère en effet, qu'il n'y aurait qu'une seule politique économique possible et que la France n'aurait d'autre choix que de suivre la triste voie qu'il lui a tracée. En d'autres termes, le champ du possible se serait totalement rétréci sous la pression des contraintes internationales et, privé de toute marge de manœuvre, le gouvernement français ne pourrait donc qu'observer et au mieux accompagner les évolutions qui s'imposent à lui. Cette vision quasi déterministe de la situation n'est pas conforme à la réalité, car l'étendue des possibilités est infiniment plus vaste que ne le prétendent les dirigeants de la classe politicienne.

Il est vrai que, pour tenter de sortir de ce carcan, et malgré la dictature de la pensée unique, deux voies alternatives sont cependant timidement proposées par certains membres de l'établissement. La première consisterait à rejouer la partition de la relance inflationniste. «Acceptons l'inflation, nous dit-on, empruntons pour stimuler l'activité, abandonnons le franc fort, renonçons aux critères de Maastricht et retrouvons la croissance.» Une telle politique, surtout si elle ne remet pas en cause l'ouverture des frontières et l'étatisme, est aujourd'hui condamnée à l'échec. Elle se heurterait en effet à la contrainte de la concurrence internationale et à l'état désastreux des finances publiques. L'augmentation des prix annihilerait les effets d'une dévaluation du franc et pénaliserait notre appareil productif face à l'étranger. Quant au relâchement budgétaire, il provoquerait des déficits immédiats tellement insupportables qu'il conduirait à la catastrophe. D'ailleurs, de telles aventures ont déjà été tentées par M. Mauroy, puis par M. Rocard, dans des circonstances plus favorables que celles que nous connaissons aujourd'hui. Elles se sont fracassées sur la question des déficits publics et de la concurrence extérieure et se sont terminées par un retour aux pratiques antérieures. Gageons que, si une telle politique était de nouveau lancée à l'initiative par exemple d'un Seguin, elle se solderait comme les précédentes par un échec d'autant plus retentissant que la situation actuelle est particulièrement préoccupante.

L'autre solution avancée cette fois dans les rangs des économistes ou des chefs d'entreprise de l'établissement, relève de l'optique ultra-libérale et vise à imiter la politique menée en leur temps par Mme Tatcher et Ronald Reagan. Les partisans de cette démarche font valoir que le taux de chômage insupportable qui frappe actuellement la France n'est pas dû à un excès de libéralisme mais à une insuffisance de ce dernier. Ils soulignent que notre pays a maintenu des réglementations incompatibles avec le libre-échangisme comme par exemple le salaire minimum interprofessionnel de croissance ou le système étatique d’assurances sociales obligatoire. Supprimons ces contraintes disent-ils, et le chômage reculera ! Cette vision, parfaitement cohérente sur le plan théorique, connaît de surcroît aux États-Unis et en Grande-Bretagne des résultats concrets qui peuvent la légitimer. Aux USA, grâce à une politique de ce type, huit millions d'emplois ont été créés en quatre ans et le taux de chômage a été limité en 1996 à 5,2 p. cent. Quant à la Grande-Bretagne qui subissait, il y a encore dix ans, une crise plus grave que la France, elle connaît en 1996 un taux de chômage de 7,4 p. cent seulement.

Une telle politique conduit donc à d'indéniables succès dans la création d'emplois mais entraîne en contrepartie une régression sociale dont le prix à payer est particulièrement lourd. Aux États-Unis 13 p. cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et en Grande-Bretagne les rémunérations sont actuellement celles de la misère pour un grand nombre de salariés modestes. L'état sanitaire de la population est en général moins bon que celui des Français et la société plus dure encore car la compétitivité, l'efficacité et la rentabilité priment sur toute autre considération. Cette démarche mise en œuvre dans notre pays aggraverait donc la situation déjà dramatique dans laquelle se trouvent nombre de compatriotes. Elle est dès lors à rejeter car elle aboutirait à des résultats opposés à ceux recherchés : il faut en effet sortir notre pays du marasme social et non l'y plonger davantage.

Trancher le nœud gordien
Quelle peut-être dans ces conditions la voie à suivre ? La stratégie repose sur une idée simple : pour sortir notre pays de l'impasse, il faut faire sauter une partie des contraintes dont l'accumulation bloque totalement la situation et redonner ainsi à la France une marge de manœuvre suffisante pour relancer la machine économique.

En schématisant, l'économie française se trouve aujourd'hui prisonnière d'un système d'équations sans solution. Il est en effet impossible, comme le prétend pourtant la classe politique, de procéder à la fois à l'ouverture des frontières, au maintien du niveau de vie et de protection sociale et à la réduction du chômage. On peut certes laisser grandes ouvertes les frontières et diminuer le nombre des sans emplois, mais alors le niveau des salaires et la qualité de la sécurité sociale baisseront : c'est la solution ultralibérale. On peut aussi tenter d'empêcher cette dégradation des rémunérations et jouer le jeu de la concurrence internationale, mais alors le chômage augmentera : c'est en réalité la politique choisie par l'établissement.

L'idée est de rejeter ces deux options et de retenir la troisième voie possible, celle qui consiste à réduire le chômage, à maintenir le niveau de vie et de protection sociale et donc par conséquent à ne pas accepter l'ouverture à tout va des frontières. En d'autres termes, il s'agit de prendre en compte les contraintes économiques telles qu'elles sont. Quand on ne peut pas tout avoir, il faut trancher et je propose de le faire par référence à l'intérêt national en choisissant de défendre d'abord la prospérité des Français.

Dans la réalité, le problème est bien sûr plus complexe que dans le modèle simplifié qui vient d'être évoqué, mais la logique demeure : elle consiste à trancher le nœud gordien des contraintes incompatibles. Le navire de l'économie française est échoué, il faut briser certaines des forces qui le maintiennent immobilisé pour pouvoir le remettre à flot, lui donner de l'air et lui permettre ensuite de reprendre le bon cap. La stratégie de redressement consiste donc à briser le maximum des contraintes qui bloquent actuellement l'économie française pour lui rendre la marge de manœuvre nécessaire à son assainissement.

Cinq contraintes doivent être à cet égard levées.

Lever les contraintes extérieures
La première est celle de la concurrence sauvage venue de l'extérieur qui amplifie le chômage et tire les salaires vers le bas. Pour libérer la France de ce handicap, il conviendra de dénoncer la logique du libre-échangisme mondial et de proposer une régulation du commerce international. Certes, il n'est pas question de faire obstacle aux échanges et encore moins de replier notre pays sur lui-même dans une démarche autarcique. Mais il est nécessaire de rétablir un minimum d'ordre et de règles pour assurer la poursuite des échanges commerciaux sans que ceux-ci déstabilisent les économies et les systèmes sociaux des nations développées. À cette fin, la France devra proposer un modèle d'organisation du commerce mondial qui ne soit plus fondé sur la concurrence sauvage et la loi de la jungle, mais sur des écluses douanières à établir entre les ensembles économiques et sociaux homogènes, afin d'en préserver la stabilité.

La deuxième contrainte à lever est également d'ordre externe. Il s'agit d'abandonner la politique monétaire du franc fort qui créée une astreinte inutile et coûteuse pour l'économie nationale. L'objectif n'est pas de recourir à une sous-évaluation délibérée de la monnaie, mais de la laisser flotter pour qu'elle s'établisse à son juste prix. De la sorte, notre devise cessera d'être surévaluée et les produits français y gagneront en compétitivité sur les marchés internationaux pendant que les importations étrangères s'en trouveront renchéries d'autant. Une telle initiative pourra de plus être réalisée sans craindre l'effet pervers d'un retour à l'inflation, dans la mesure où la conjoncture déflationniste écarte tout risque en ce domaine. Gageons par ailleurs que le franc ne deviendra pas pour autant une monnaie faible, il retrouvera simplement un niveau conforme à l'état de l'économie française et cessera dès lors de constituer un handicap pour notre appareil de production et d'échange.

Depuis de nombreuses années en effet, les gouvernements successifs de notre pays ont mené une politique néfaste visant à arrimer le franc au mark. Ce faisant, ils ont systématiquement surévalué la devise nationale, comme si la valeur de la monnaie déterminait le succès économique. En agissant ainsi, ils ont lourdement handicapé notre système de production et d'échange. Aujourd'hui en effet, avec un franc surcoté, nos entreprises sont pénalisées à l'exportation, alors que les produits étrangers sont favorisés sur le marché intérieur. Les effets néfastes du libre-échangisme s'en trouvent donc encore amplifiés.

Aussi faut-il dès maintenant abandonner la politique dite du franc fort pour pouvoir utiliser la devise nationale comme instrument de manœuvre au service de l'économie française. Bien sûr, il n'est pas question d'affaiblir massivement la monnaie ou de recourir à des dévaluations de faillite comme en pratiquait la IVe République. Il s'agit simplement, avec une politique de franc libre, d'ajuster les taux de change en fonction de la conjoncture économique et de l'intérêt national comme le font d'ailleurs les plus grands pays industriels. Ainsi, le Japon utilise avec le yen pour absorber avec souplesse les brusques variations du commerce mondial. Plus près de nous, l'Italie avec ses dévaluations successives et la Grande-Bretagne avec le flottement de la livre utilisent des procédés comparables. Et ne parlons pas des États-Unis qui manipulent les taux du dollar en fonction de leurs intérêts bien compris. La France doit donc imiter ces grandes nations et se doter d'une politique monétaire offensive.

La logique vertueuse
Il conviendra aussi de faire disparaître une troisième contrainte, celle qu'exerce sur l'économie nationale la population immigrée installée sur notre sol. À cet égard, la politique préconisée visant à organiser le retour dans leur pays d'origine des étrangers qui ne peuvent pas ou ne veulent pas s'intégrer lèvera le handicap très lourd que constitue leur présence pour un retour aux équilibres fondamentaux. Leur départ allégera la charge qu'ils font peser sur les comptes de la nation, provoquera une détente sur le marché de l'emploi et conduira dès lors mécaniquement à une baisse du chômage et à une limitation des déficits budgétaires et sociaux.

Cette mise en cause de la contrainte migratoire agira donc comme un levier permettant, par une action d'essence non économique, de casser la spirale régressive dans lequel est engagé notre système de production et d'échange. En schématisant, on peut en effet considérer que les mécanismes actuels de la société française s'apparentent à un cercle vicieux : plus le chômage se développe, plus il coûte cher en prestations et plus il nécessite de ponctions fiscales et sociales pour les financer. Or, plus le poids des charges s'accroît, moins l'économie est performante et plus le nombre de chômeurs augmente. Le retour des immigrés dans leurs pays constitue donc un moyen de briser cette chaîne infernale puisqu'il permet de réduire le chômage indépendamment même de ses causes économiques. Dès lors, le nombre des sans emplois diminuant, le coût des indemnisations baissera lui aussi et les charges qui en découlent s'en trouveront allégées. L'économie en sera revivifiée et le chômage en sera à son tour abaissé. On aura ainsi substitué au cercle vicieux de la régression une logique vertueuse de redressement.

De nouvelles marges de manœuvre
La quatrième contrainte, celle de l'étatisme, est sans doute paradoxalement moins facile à relâcher, car, pour obtenir des résultats dans ce domaine, il faut pouvoir exercer un effort soutenu pendant une période suffisamment longue. Aussi convient-il d'imposer aux bureaucraties étatiques, sociales et locales une contre-contrainte qui les placent dans l'obligation absolue de réduire leur budget. En l'occurrence, il s'agit de les obliger au respect d'une règle simple mais impérative : bloquer les dépenses globales en francs courants. Compte tenu de l'inflation de 2 à 2,5 p. cent par an et de la croissance annuelle, cette politique abaisserait en sept ans le poids des charges publiques en valeur réelle de 450 milliards de francs. Une telle diminution des engagements financiers de la puissance publique ferait passer le taux des dépenses publiques par rapport au PIB en dessous de 40 p. cent et donnerait ainsi à l'État une marge de manœuvre supplémentaire pour assainir les finances publiques et baisser les impôts.

La levée de ces contraintes ne sera cependant pas suffisante pour libérer totalement notre pays de l'immobilisme qui paralyse actuellement ses réactions de survie. Il faudra de surcroît lever une cinquième contrainte, d'ordre institutionnelle celle-là : l'Europe de Maastricht. Si en effet notre pays reste soumis aux mécanismes de fonctionnement propre à l'Union européenne, il ne pourra pas retrouver une marge de manœuvre suffisante pour se dégager des quatre contraintes précédentes. Il conviendra en conséquence de provoquer une renégociation des traités européens. Pour y parvenir, la France devra au préalable décider de plusieurs initiatives unilatérales de rupture.

Ces mesures étant prises unilatéralement par la France, le fonctionnement de l'Union européenne s'en trouvera affecté et il s'en suivra à n'en pas douter une crise politique d'une certaine ampleur. Il appartiendra dès lors à notre pays de prendre l'initiative et de proposer des solutions pour que l'Europe puisse retrouver des principes de fonctionnement qui satisfassent l'ensemble des États membres et notamment la France et ceux de nos partenaires qui l'auront rejointe dans ses positions. Ces principes ne pourront qu'introduire une plus grande souplesse de fonctionnement et un meilleur respect des nations. Ils devront prévoir notamment le mécanisme de l'Europe à la carte, le rétrécissement du champ de compétence de l'Union, la hiérarchie des préférences et la clarification du fonctionnement des institutions en ramenant le rôle de la commission au rang d'une simple administration.

Dans un tel schéma, l'Europe cesserait d'être une contrainte pour la France. Fondée sur le principe de la coopération et non plus sur celui de l'intégration, elle pourrait cesser d'être un facteur de paralysie pour devenir un instrument de puissance comme elle l'est déjà avec Ariane et Airbus. L'Europe pourrait dès lors devenir un atout pour la politique de redressement économique de la France.

Les moteurs du développement
Lever la contrainte de la concurrence sauvage et du franc fort, faire sauter celle de l'immigration et de l'étatisme et se dégager de la tutelle de Maastricht, telle est la première étape de la stratégie à mener. Stratégie totalement différente de la pseudo-politique conduite par l'établissement. Là où les gouvernements politiciens se laissent acculer à l'impuissance, je fais le choix de relâcher cinq des contraintes majeures qui bloquent actuellement notre pays. De ce fait, je permets à notre économie de retrouver des marges de manœuvre nouvelles et je permets que s'engage son redressement. Encore faut-il que celui-ci puisse se nourrir d'une dynamique de croissance. Il s’agit de rallumer les principaux moteurs du développement économique.

L'appareil productif, le premier d'entre eux, doit donc être encouragé et favorisé. Les entreprises françaises et tout particulièrement les PME doivent bénéficier d'un plan d'urgence de grande envergure par lequel elles retrouveront, elles aussi, les marges de manœuvre nécessaires à leur croissance. Il s'agira de supprimer les réglementations tatillonnes dont elles sont victimes et notamment les seuils sociaux et le contrôle administrativo-judiciaire de leurs effectifs. Une réforme fiscale visant à réduire le poids de leur charge sera à engager parallèlement et dans les meilleurs délais, ainsi qu'un programme de mesures propres à les rendre prioritaires dans l'accès aux crédits et aux capitaux. Le tissu des PME constituera le principal gisement de postes de travail nouveaux. En le redynamisant, on rallume le moteur de la création d'emploi.

Le système éducatif devra parallèlement retrouver son efficacité pour fonctionner à nouveau comme un moteur du développement. De ce point de vue, la priorité sera donnée à l'apprentissage. Il est aujourd'hui avec ses deux cent mille jeunes gens en formation, le parent pauvre de l'Éducation nationale. Il doit devenir un enseignement à part entière comme en Allemagne où l'on compte deux millions d'apprentis. Il pourra ainsi former les jeunes gens qui sombrent actuellement dans le chômage et fournir aux entreprises la main-d'œuvre qualifiée et adaptée dont elles ont besoin pour se développer.

Enfin, le principal moteur à rallumer est bien sûr celui de la motivation des Français pour le travail, la créativité et l'entreprise. À cet égard, le programme de redressement, dès lors qu'il produira ses premiers effets, ramènera la confiance et l'espoir et produira en conséquence un premier regain de motivation. Ce mouvement sera encouragé par exemple par une amnistie fiscale qui permettra le retour des capitaux français actuellement exilés à l'étranger.

Mais l'essentiel du retour de la motivation des Français viendra de la réforme fiscale qui devra être entreprise dès que les finances publiques auront pu être assainies. Cette réforme qui se traduira par une baisse globale des prélèvements devra aller dans le sens de la simplification et organiser parallèlement un basculement du poids relatif des différents impôts : aujourd'hui les prélèvements publics pèsent principalement sur le travail, ils devront demain taxer plutôt la consommation et la spéculation.

Les charges fiscales et sociales constituent pour le travail un lourd handicap. Dans l'entreprise en effet, les cotisations sociales et la taxe professionnelle sont assises principalement sur la masse salariale, à l'échelle des personnes, c'est encore la rémunération du travail qui est frappée par l'intermédiaire de l'impôt sur le revenu. Il s'agit là d'une situation malsaine car, à l'heure où le travail est devenu rare et fragile, il paraît peu judicieux de le pénaliser, d'autant que son coût désavantage nos entreprises dans le jeu de la concurrence internationale. Sur le plan fiscal, il se révèle tout aussi absurde d'asseoir les impôts et les charges sur les seuls actifs puisque ceux-ci, pour l'instant, de moins en moins nombreux, constituent une base qui va se rétrécissant. Notre système de prélèvement fiscal et social doit donc être réformé à la baisse mais aussi dans ses structures de façon à épargner le travail pour frapper plutôt la consommation. Une telle orientation serait bénéfique à plus d'un titre. Ces impôts sur la consommation rétablissent en effet une certaine justice puisqu'il concernent tous les citoyens, y compris ceux qui fraudent ou qui spéculent. En revanche, ils ne touchent pas l'épargne qui doit être encouragée et ne pénalisent pas les fabrications françaises, les produits importés étant également taxés.

Ainsi, la réforme fiscale constituera, par la motivation qu'elle rendra aux acteurs productifs de l'économie, un moteur des plus efficaces pour le retour à la prospérité.

Le social sans le socialisme
Cette stratégie de redressement devra par ailleurs se développer sans lever la contrainte sociale car j'entends non seulement maintenir la protection sociale de nos compatriotes mais aussi améliorer leur niveau de vie, notamment celui des Français aux revenus les plus modestes. De façon emblématique, le SMIC sera donc conservé et même revalorisé. Sur ce point en effet, les ultralibéraux ont raison : une telle disposition est incompatible avec le libre-échangisme international. Mais j’en tire une conclusion inverse de la leur : il faut réguler les échanges et maintenir le SMIC.

Dans le même esprit, la politique sociale sera par ailleurs amplifiée quant à ses effets, mais totalement revue quant à ses fondements. Il s'agira en effet de la reconstruire sur des bases radicalement différentes de celles de l'idéologie marxiste. Pour la gauche, l'objectif était en effet d'intensifier la redistribution des revenus et de multiplier les allocations d'assistance de toutes sortes. Le but est de permettre à un nombre croissant de nos compatriotes de vivre dignement du fruit de leur travail sans avoir à quémander des aides auprès de l'État. Car le vrai progrès social ne réside pas dans le développement des prestations, il consiste à les rendre inutiles en élevant les bas revenus.

Mais l'aspect le plus spectaculaire du nouvel ordre social à créer réside dans le recul massif du chômage qui résultera de la politique engagée.

Il ne s'agit pas, comme le préconise l'établissement, de subventionner les emplois ou de partager le travail, mais de s'attaquer aux causes mêmes du chômage. Ainsi convient-il de protéger les postes de travail existants, de réduire le nombre des demandeurs d'emploi et de susciter la création de nouveaux emplois.

La protection des emplois
Si le chômage continue de se développer d'année en année, alors que l'économie française, même en plein marasme, crée des postes de travail supplémentaires, c'est en raison de la destruction des emplois existants qu'il est dès lors essentiel de vouloir préserver. Comme la suppression des postes de travail résulte principalement de la concurrence sauvage qui provoque faillites et délocalisations, il est du devoir de l'État pour protéger les emplois de combattre le libre-échangisme mondial et de lui substituer le mécanisme de l'échange régulé.

Une telle politique visant à protéger les emplois existants produira des effets bénéfiques sur le marché du travail. En effet, une partie des deux millions de postes de travail, dont le rapport Arthuis sur les délocalisations annonçait la disparition dans les années à venir, pourra dès lors être sauvée et réduire le chômage d'autant. Que 30 p. cent seulement de ces emplois soient préservés et c'est, sur la période, une réduction du nombre de chômeurs de l'ordre de 600 000 !

Le travail pour les Français
En second lieu, rappelons que le chômage résulte non seulement d'une insuffisance d'offres mais aussi d'un excès de demande sur le marché du travail, lequel est aujourd'hui artificiellement gonflé par la présence massive des immigrés sur notre sol. La politique de retour chez eux des étrangers et de priorité pour les Français est donc de nature à réduire la demande d'emploi et par conséquent à faire baisser significativement le taux de chômage.

Elle consiste d'abord à organiser le retour des immigrés et à cette fin de transformer la carte de séjour, actuellement valable pour dix ans et tacitement renouvelable, en un document valide pendant une année seulement et non automatiquement prorogeable. Dès lors, le titre de séjour des immigrés au chômage ne sera pas renouvelé et tous les étrangers en fin de droits seront amenés à quitter notre pays. Le nombre officiel de ceux-ci est inconnu ou tenu secret mais il se monte à plusieurs centaines de milliers, sans doute cinq cent mille. Par cette seule mesure le chômage peut d'ores et déjà baisser d'un chiffre équivalent.

Par ailleurs, la politique de préférence nationale assurera une priorité d'embauche pour les Français et, en cas de licenciements collectifs, une priorité de débauche pour les étrangers. Dès lors, les postes de travail occupés aujourd'hui par des immigrés seront progressivement libérés pour être offerts à des Français actuellement au chômage. Cette priorité d'emploi pour les nationaux permettra de réduire le nombre de nos compatriotes sans travail.

Famille et formation
La réduction du nombre des demandeurs d'emploi sera par ailleurs encore amplifiée par les mesures d'envergure prévues dans le domaine de la politique familiale. Je suis en effet partisan d'instaurer le revenu parental pour les mères, éventuellement les pères, qui choisissent de se consacrer à plein temps à l'éducation de leurs enfants. Ce faisant, les parents, actuellement au travail, qui choisiront de bénéficier de cette allocation seront amenés à quitter leur emploi, libérant ainsi des postes susceptibles d'être occupés par des chômeurs français. Cette mesure, destinée à conforter les familles et à encourager la natalité, aura donc de surcroît des conséquences très bénéfiques sur le marché du travail. Mise en œuvre de façon progressive en commençant par les familles françaises de trois enfants et plus, elle sera appliquée, au fur et à mesure que les financements se dégageront, aux familles de deux puis d'un seul enfant. Les études montrent que cette mesure est susceptible de libérer peu à peu de cinq cent mille à un million de postes de travail et à faire baisser le chômage d'autant.

La croissance créatrice
Enfin, la dernière et la principale cause de réduction du nombre de chômeurs viendra de la création d'emplois nouveaux liés au retour de la croissance et de la prospérité.

Déjà la priorité donnée au développement des PME, grandes pourvoyeuses d'emplois, devrait accélérer la création de nouveaux postes de travail. La réduction de la réglementation, l'assouplissement de la législation sur le temps de travail ainsi que la suppression de la taxe professionnelle et la baisse des charges sociales apporteront aux petites et aux moyennes entreprises ainsi qu'aux commerçants et aux artisans, un afflux d'oxygène et un surcoît de dynamisme capable de les engager dans la voie du développement et donc de l'embauche.

Par ailleurs, l'ensemble de cette politique économique conduira naturellement au retour à la croissance. La baisse des charges et des impôts, qui résultera du plan de compression des dépenses publiques, de la réforme de la protection sociale, ainsi que du retour chez eux des immigrés, redonnera aux entreprises françaises une compétitivité que renforcera encore l'abandon de la politique du franc fort. Elle apportera de plus aux consommateurs un surcroît de pouvoir d'achat qui contribuera à son tour à redynamiser la production. Dès lors, la croissance pourra s'accélérer et atteindre le seuil à partir duquel la création nette d'emplois est quasi mécanique. La réduction du nombre des chômeurs qui en résultera fera en retour baisser les charges liées au chômage et améliorera encore les performances de l'économie française. Une spirale vertueuse de développement et d'assainissement consolidera la reprise et le processus de création d'emplois nouveaux.

Le problème résolu
En combinant plusieurs mécanismes importants de réduction du chômage, cette politique permet donc d'apporter une solution d'envergure au problème que la classe politique s'évertue en vain à résoudre depuis plus de vingt ans. Qu'on en juge : six cent mille emplois sauvés, cinq cent mille chômeurs immigrés de retour chez eux, un million de postes de travail libérés pour des Français par des étrangers quittant notre pays, entre cinq cent mille et un million d'emplois débloqués par les effets du revenu parental, cent mille emplois nets créés chaque année par la croissance retrouvée, les perspectives de redressement sont à la hauteur du dramatique défi lancé à notre société par l'explosion du chômage. Certes, ces chiffres correspondent à des estimations sommaires et ne sont pas tous nécessairement cumulables mais, par leur ordre de grandeur, ils révèlent néanmoins que le nouvel ordre économique et social peut réduire le taux de chômage à celui incompressible du chômage frictionnel, soit 4 à 5 p. cent de la population active.

Sans doute cette politique ne pourra-t-elle pas atteindre ses objectifs instantanément. Mais si ses différentes composantes exigent du temps pour produire leurs effets, elle commencera cependant à mettre en mouvement la spirale vertueuse du redressement dès la deuxième ou la troisième année et à l'issue d'un septennat (il est vrai ramené aujourd'hui à un quinquennat) tous ces bienfaits auront été accomplis. Les Français pourront dès lors retrouver avec le plein emploi les vertus de l'harmonie sociale et s'appuyer sur une économie assainie capable de rétablir tous ses équilibres.
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