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Conférence, le 11/12/2004
Relever le défi de l'Islam
Intervention au Colloque


L'Islam est à n'en pas douter le défi numéro un qu'il nous faut relever en ce début du XXIe siècle. Et le mot est je crois le bon car c'est bien un véritable défi qui nous est lancé par l'Islam. Un défi qui nous met en cause dans notre avenir, dans notre identité, dans nos valeurs et plus globalement à travers la civilisation qui est la nôtre.

La question n'est donc pas comme certains le croient, ou font semblant de le croire, d'intégrer dans la société une religion nouvelle. En réalité, c'est un autre monde, une autre civilisation qui nous regarde qui nous pénètre, qui veut nous circonvenir et nous supplanter.

Ne nous y trompons pas l'Islam est en pleine offensive. Après une longue léthargie essentiellement due à l'occupation coloniale des territoires où il se trouvait implanté, l'Islam s'est réveillé et connaît aujourd'hui un formidable dynamisme. Un dynamisme démographique d'abord puisque, face à une Europe qui vieillit et dont la population va commencer à diminuer, face à une planète où beaucoup de pays du tiers-monde comme le Brésil où la plupart des provinces indiennes ou chinoises ne renouvellent plus leurs générations, les pays musulmans constituent, quant à eux, la zone de plus grande fécondité. Cette vitalité démographique se traduit d'ailleurs par les puissants courants migratoires qui conduisent les musulmans à s'installer un peu partout en Occident et plus particulièrement en Europe où ils ont déjà implanté des communautés puissantes qui ne cessent de se renforcer et qui font de l'Islam la deuxième religion en terre chrétienne.

À cela s'ajoute une vitalité politique, je dirais même géopolitique, puisque les territoires occupés par les musulmans sont passés d'après Samuel Huntington de 2,5 millions de kilomètres carrés en 1920 à 15 millions de km² en 1993. Et cette expansion est allée de paire avec une valorisation stratégique et économique des territoires islamiques puisque beaucoup de pays musulmans sont producteurs de pétrole à commencer par l'Arabie Saoudite le premier exportateur mondial.

De plus l'Islam a perdu ses complexes. Il est aujourd'hui porté par des croyants de plus en plus nombreux, animés par une foi vigoureuse qui ne connaissent pas le doute ni les états d'âme. Riche de « la foi et de l'or noir », le monde musulman va de l'avant.

Et ce dynamisme n'est pas le fait d'un courant archaïque qui serait amené à se diluer progressivement dans le monde occidental, à se modérer en même temps qu'il entrerait dans le troisième millénaire. L'Islam n'est pas engagé dans un processus de ce type car il est déjà beaucoup plus contemporain qu'on ne le croit. Il est même en phase avec le monde moderne. S'il n'était sans doute pas adapté au XXe siècle, l'Islam est en phase avec le XXIe siècle. Il est en adéquation avec les faiblesses, les lignes de forces et les aspirations de ce début de millénaire.

D'abord il est à la mode en Occident et plus particulièrement en Europe. Il est à la mode car il répond pleinement à l'idéologie dominante du monde occidental qui est celle de la lutte contre les exclusions. Cette idéologie fondée sur l'antiracisme est en quelque sorte la religion de l'autre, c'est-à-dire l'obsession de l'autre, la volonté de le placer en permanence à côté de soi, de lui donner la prééminence, de l'idéaliser, de le sublimer, en s'anéantissant soi même au passage. L'autre est mieux que soi. Aussi pour faire vivre cette idéologie faut-il qu'il y ait un autre concret, identifiable et proche. Et dans ce schéma le musulman constitue l'autre idéal, celui qui diffère totalement par l'origine, par la religion par la culture et la civilisation. C'est donc celui qu'il faut valoriser, défendre et promouvoir. L'Islam est à la mode puisqu'il est le pivot de l'idéologie à la mode en occident.

Mais il l'est surtout parce qu'il est adapté à la société mondialiste d'aujourd'hui. À une époque où les nations, les peuples, les États sont jugés dépassés, dans un monde où l'on nous explique que les frontières n'ont pas de sens, l'Islam se trouve comme un poisson dans l'eau. En effet les musulmans ne connaissent pas les États et les nations, jugés par eux comme une construction occidentale. L'Islam ne connaît que l'Uma, la communauté des croyants. Et la solidarité transnationale des musulmans est en pleine harmonie avec le développement des réalités transnationales de la planète mondialisée.

Enfin, l'Islam est d'autant plus moderne qu'il apporte des réponses au monde d'aujourd'hui. Il se développe en effet face à un monde occidental en pleine crise. Un monde occidental rongé par le déclin, miné par le doute sur ses propres valeurs, culpabilisé par ce qu'il est et ce qu'il a fait, un monde occidental où domine le matérialisme, où l'acquisition de biens de consommation constitue l'alpha et l'oméga de l'activité sociale, un monde occidental ou la morale s'efface, où les règles et les normes s'affaiblissent et s'estompent. Eh bien face à ce monde européen en désarroi, l'Islam apparaît comme une réponse forte et puissante, spirituelle, morale et politique.

En tout cas, l'Islam lui n'est pas gagné par le doute, il est fier de lui et de ses croyances, il n'est pas non plus matérialiste, il offre des perspectives spirituelles exigeantes. Enfin l'Islam n'est pas décadent, il défend des règles morales strictes. L'Islam est donc fort et attractif. Et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les conversions de Français de souche à la religion musulmane commencent à se multiplier.

L'Islam est donc en phase avec notre temps. Mais il l'est d'une façon pernicieuse et fallacieuse car il demeure par ailleurs intrinsèquement archaïque. Il fonctionne donc comme une porte, de plain-pied sur le monde moderne, attirante et engageante, mais une porte qui entraine celui qui la franchi dans une grave régression vers un monde dépassé. Telle est l'ambiguïté de l'Islam : une force moderne qui est pourtant intrinsèquement arriérée à l'image de ces terroristes formés aux technologies de pointe mais animés d'une vision archaïque du monde.

C'est pour cette raison que l'Islam et si dangereux et peut nous causer des dommages considérables. Et je le dis donc en pesant mes mots : l'Islam peut nous détruire, il peut détruire notre civilisation. Car l'Islam est totalement incompatible avec notre civilisation européenne et chrétienne.

Il a tout d'abord une conception de l'homme très différente de celle du monde occidental. En Europe l'homme est un être libre et responsable. C'est une personnalité à part entière, douée d'un libre arbitre qui maîtrise son destin et qui existe par elle-même. Pour l'Islam il en va différemment. L'Islam nie cette liberté et ne reconnaît de droit qu'à Allah car l'Islam est soumission. Le mot Islam signifie d'ailleurs soumission. Une soumission qui conduit à la fatalité ou à la résignation.

Cependant si la personne humaine se voit refuser par l'Islam la liberté, l'autonomie et la reconnaissance qu'on lui accorde en Occident, c'est encore plus vrai de la femme en particulier. Et là le divorce est, si je puis dire, total. Car de tout temps, même lorsqu'elle ne disposait pas des mêmes droits politiques et sociaux que l'homme, la femme a toujours occupé dans notre civilisation une place centrale et s'est vue reconnaître le même statut que l'homme en tant que personnalité à part entière. Le mariage conçu comme l'union exclusive d'un homme et d'une femme en étant le signe le plus patent. Rien de tel dans le monde islamique qui rejette la femme dans une position de soumission voire de servitude et qui autorise la répudiation, la polygamie, le droit pour l'homme de battre sa femme quand ce n'est pas le droit sur elle de vie ou de mort. Sur la nature de la personne humaine, sur la notion de liberté et sur la conception de la femme, il y a un abîme entre l'Europe et l'Islam.

Mais il existe un autre fossé en matière d'organisation politique et sociale. Car l'Islam n'établit pas de séparation entre le spirituel et le temporel. Or cette distinction entre la sphère privée et la sphère publique est à la base de la conception européenne du politique. Que ce soit dans la Grèce antique ou dans la civilisation chrétienne, à travers le célèbre « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », les nations et les sociétés d'Europe ont de tout temps clairement distingué le sacré du profane. Et aujourd'hui dans le monde moderne cette réalité est encore plus nette puisqu'au nom des droits de l'homme l'Occident se veut sécularisé.

À contrario, l'Islam est un bloc religieux juridique et social dont rien n'est exclu. Cité de dieu et cité terrestre s'y confondent. Et ce mélange entre temporel et spirituel entraîne de très nombreuses conséquences qui rendent l'Islam incompatible avec notre propre système de civilisation.

Ainsi l'Islam ne peut pas être neutre à l'égard de l'État. Comme l'explique M. Hussein-el-Kouatly, l'un des directeurs de Dar-el-Fatwa, l'institution sunnite libanaise qui diffuse des fatwa c'est-à-dire des avis juridiques, je le cite : « le vrai musulman ne peut pas assumer une attitude neutre vis-à-vis de l'État. Ou le chef de l'État est musulman et la loi est musulmane, alors il sera en accord avec l'État et le soutiendra. Ou le chef de l'État est un non musulman et la loi non musulmane alors il rejettera l'État, s'opposera à lui et travaillera à le détruire paisiblement ou violemment, ouvertement ou secrètement. Cette position est logique parce que l'Islam est un système complet et une attitude totalisante ».

De même il ne peut y avoir de différences entre la loi religieuse et la loi civile, les deux se confondant dans la Charia. La logique de cette confusion entre le spirituel et le temporel contraint donc le musulman à appliquer la Charia qui n'est pas seulement une prescription religieuse mais qui concerne tous les aspects de la vie en société depuis la morale jusqu'aux soins d'hygiène en passant par la justice, la vie sociale et l'action politique. La loi des musulmans n'est donc pas compatible avec les lois et les règles traditionnelles de la France et de l'Europe.

Par ailleurs l'Islam n'est pas non plus compatible avec la démocratie. Dès lors en effet que les lois civiles ne font qu'un avec les lois religieuses, elles ne peuvent pas être mises au vote et ne peuvent être qu'imposées par Allah. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si pratiquement aucun pays musulman n'est organisé selon le modèle de la démocratie occidentale.

À l'évidence l'Islam n'est donc pas compatible avec notre civilisation et ce n'est pas moi qui le dis mais la Cour européenne des droits de l'homme. Celle-ci a en effet été amenée il y a quelques années à juger de la compatibilité entre l'Islam et la démocratie à l'occasion du conflit opposant le parti islamique turc Refah au gouvernement alors en place à Ankara qui l'avait dissout. Les islamistes du Refah qui avaient recueilli plus de 30 % des suffrages en Turquie, avaient plaidé auprès de la Cour l'illégalité de la décision prise pour les dissoudre. La Cour européenne des droits de l'homme avait observé que le parti Réfah se référait explicitement à l'Islam et à la Charia, que par conséquent son projet était incompatible avec les valeurs démocratiques et qu'il était donc légitime de l'interdire. C'est une décision du 31 juillet 2001 qui reconnaît donc officiellement et juridiquement l'incompatibilité entre l'Islam et la démocratie et donc entre l'Islam et la civilisation européenne.

Et cet antagonisme entre l'Occident et l'Islam est d'autant plus grave que l'Islam est par nature expansionniste et violent. Car, et c'est une autre différence avec le monde européen et chrétien, l'Islam est intrinsèquement guerrier. Mohamed était lui-même un chef de guerre autant qu'un chef religieux et c'est par la guerre qu'il a commencé à imposer sa religion. La guerre sainte, le djihad, se trouve au cœur de la vision islamique du monde. Il y a certes, nous dit-on, deux conceptions du djihad, le djihad intérieur qui consiste à rechercher la perfection personnelle et à développer sa propre foi, mais il y a aussi le djihad extérieur qui pousse à la guerre de conquête.

De ce point de vue, la doctrine islamique traditionnelle définit en effet clairement deux zones géopolitiques distinctes et ennemies : «La demeure de l’Islam» (Dar-al-Islam), c’est-à-dire l’ensemble des pays reconnaissant l’Islam comme religion d’État et «la demeure de la guerre» (Dar-al-Harb), à savoir le monde non-musulman à qui il faut faire la guerre et qu'il faut conquérir et convertir. Pour le Coran, il n’existe donc que deux types de territoires et de peuples : les musulmans et ceux qui ont vocation à le devenir ! Car, comme le souligne Alexandre Del Valle, « dans l’idéologie islamiste, toute altérité religieuse n’est appréhendée qu’en termes d’inimitié politique. L’autre est un ennemi politique parce qu’il est un ennemi religieux. »

Voilà pourquoi le problème de l'Islam est aussi grave. Ce n'est pas un problème religieux. C'est un problème politique, je dirai un problème de civilisation. Et de ce point de vue je voudrais donc être très clair. Nous respectons l'Islam en tant que religion. Nous reconnaissons à chacun, notamment aux musulmans présents sur notre sol le droit de pratiquer leur religion et d'honorer leur dieu. Le problème que nous posons ici est tout autre, c'est celui du projet politique des islamistes de mettre en pratique le Coran sur notre sol dans toutes ses conséquences publiques, politiques et sociales. Ce que nous contestons, ce que nous voulons combattre c'est un projet politique, le projet des islamistes d'islamiser notre terre, notre peuple et notre nation.

Car c'est bien de cela dont il est question. Il faut que chacun en soit conscient. Comme le disait autrefois M. Erdogan avant de devenir l'actuel premier Ministre turc : « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles sont nos casques, et les mosquées sont nos casernes ». Les islamistes sont engagés dans une démarche de conquête à caractère politique. Et, pour reprendre une comparaison moins militaire que celle de M. Erdogan, leurs associations sont leurs partis, la Charia est leur programme, les moquées sont leurs permanences, les fidèles leurs militants. Et leur action est bien politique et utilise les techniques de l'agit-prop chères aux révolutionnaires d'extrême gauche. L'affaire du tchador est à cet égard exemplaire. Il n'y avait pas autrefois de tchador à l'école car le Coran ne l'impose pas. Mais il a été délibérément soulevé pour faire avancer la cause islamiste et faire reculer la République. La méthode est classique. On fait mettre le tchador à certaines jeunes filles militantes. On observe la réaction. S'il ne se passe rien on augmente le nombre de jeunes filles voilées. En cas de réaction on crée l'événement et on médiatise. Si la réaction est trop ferme on recule et on relance une initiative ailleurs ou plus tard. Mais on persévère, on marque des points et on progresse.

Alors je le sais, on me dira que cette démarche n'est pas le fait des musulmans dans leur ensemble mais d'une petite minorité islamiste et qu'il n'y a par conséquent pas d'inquiétude à avoir. Certains répondront que cette distinction entre Islam modéré et islamisme n'a pas de fondement ni théorique ni pratique et qu'il n'y a en réalité qu'un seul Islam. Pour ma part je ne voudrais pas m'engager dans ce débat parce qu'il me paraît inutile. Bien sûr que la majorité des musulmans présents en France n'est pas engagée dans une démarche subversive. Mais il en est ainsi dans toutes les révolutions. Les révolutionnaires sont toujours une minorité, pourtant, lorsqu'ils entraînent les masses, ils peuvent tout bouleverser. Or ce dont il faut être conscient c'est qu'en France, les islamistes, bien que minoritaires, peuvent parfaitement mobiliser demain les masses musulmanes au service de leur projet. Comme le montre les succès électoraux de l'UOIF, ils ont déjà réussi à s'imposer comme les plus représentatifs au Conseil français du culte musulman. Il ne faut donc pas se leurrer, nous avons en face de nous une entreprise majeure de subversion de notre société et de notre civilisation.

Et face à ce défi, la classe politique française et européenne choisit le camp de la menace. Au nom des droits de l'homme, elle approuve, elle légitime, elle encourage les avancées du camp adverse. Et elle désapprouve, elle pénalise, elle sanctionne ceux qui voudraient s'y opposer. Aveugle et sourde, angélique et utopique, bête et bornée, elle refuse de voir la réalité et collabore à la montée des dangers.

Ne voulant voir dans le problème de l'Islam qu'une difficulté passagère liée à l'installation d'une nouvelle religion sur notre sol, elle a renoncé à toute politique réaliste et éclairée. Elle n'agit qu'en fonction des droits de l'homme, en se contentant de déplorer ce qu'elle a provoqué et en prenant comme remède les causes du mal. Il faudrait pourtant réagir avec vigueur et de façon maintenant urgente. Car les solutions existent. Il suffit de les mettre en œuvre.

Pour contenir et juguler l'Islam, il est essentiel de mener une stratégie offensive comportant quatre priorités. Il faut maîtriser l'immigration, écarter l'Islam de la sphère publique, promouvoir nos valeurs et contrer l'islamisme dans le monde.

La première initiative à prendre et sans doute la plus importante est de limiter l'immigration. Aujourd'hui plus de 86 % des immigrés présents sur notre sol — Algériens, Marocains, Tunisiens, Turcs, Africains noirs, Albanais, Indo-pakistanais — sont musulmans. Or le problème de l'Islam en France est directement proportionnel au nombre des musulmans présents sur le territoire. Il est donc capital d'en arrêter l'augmentation et si possible d'en réduire le nombre. Et de ce point de vue la politique indispensable pour juguler l'immigration doit être à la fois ferme et sélective. Car ce sont les musulmans dont il faut stopper prioritairement l'arrivée, beaucoup plus par exemple que celle des immigrés d'Europe de l'Est.

En second lieu, il faut écarter l'Islam de l'espace public et le confiner dans le domaine privé. Il faut donc décourager la construction de mosquées, interdire le tchador, cesser d’adapter l’école à l’Islam. Il ne faut plus favoriser les interdits alimentaires islamiques, ni financer des associations musulmanes avec de l’argent public. En clair, il faut arrêter le processus d’institutionnalisation de l’Islam sur le sol français.

La construction de mosquées et notamment de mosquées monumentales n’est absolument pas nécessaire. Le culte musulman peut être pratiqué dans des lieux privés. Il n’a pas à l’être dans des mosquées cathédrales qui constituent autant de symboles ostentatoires de la volonté hégémonique de l’Islam. D’autant qu’aucun mode de financement de ces édifices n’est acceptable, ni celui par des États ou des organisations étrangères, ni celui par le contribuable français.

Dans le même esprit, il faut refuser l’invasion de l’espace public par le tchador. Le voile islamique opprime et il doit être combattu. Combattu à l’école où il est bon qu'il soit purement et simplement interdit. Combattu dans la fonction publique, dans les hôpitaux et dans les entreprises, où il doit être, là aussi, purement et simplement interdit.

Il n’est pas davantage acceptable de voir les interdits alimentaires musulmans sur le porc ou les méthodes d’abattage de la viande s’imposer dans les cantines publiques des écoles ou des hôpitaux. D’autant qu’on est subrepticement passé d’une politique permettant aux musulmans d’obtenir des repas spéciaux à une politique interdisant aux non-musulmans de manger les plats traditionnels de leur culture.

De même, il n’est pas admissible de voir les médias publics tout comme les lycées ou les collèges faire la promotion du ramadan. Il est pour le moins singulier de voir ceux qui ont combattu hier le carême chrétien et qui le jugent aujourd’hui parfaitement ringard, trouver très convivial et très festif le ramadan, pourtant incompatible avec une scolarité normale.

Par ailleurs, l’école républicaine n’a pas à s’adapter aux règles islamiques. Les programmes doivent être appliqués, sans concession, à tous les élèves, y compris les programmes de sport ou de sciences naturelles. De même, il ne doit pas être question de privilégier des cours sur l’Islam ou sur la civilisation arabo-musulmane. On a suffisamment reproché aux instituteurs de l’époque coloniale de parler de « nos ancêtres les Gaulois » aux petits Africains pour ne pas imposer maintenant aux petits Français un enseignement sur « nos frères musulmans. »

D'une façon plus générale, il faut empêcher toute manifestation visible de l'Islam et proscrire toute dérogation à nos coutumes en faveur de l'Islam. Ainsi faut-il fermer les "espaces de prière" dans les lieux publics ou de travail, cesser d'accorder des autorisations pour prier par exemple pendant le ramadan dans les écoles, les entreprises ou les administrations.

La loi française doit être appliquée avec rigueur notamment pour ce qui concerne la polygamie qui ne doit donner lieu à aucune aide sociale ou pour la répudiation qui doit être sanctionné comme abandon de famille, sans parler de l'excision qui doit être sévèrement punie pour mutilation.

Un contrôle très strict doit par ailleurs s'exercer sur les cadres des partis islamistes. Les imans doivent faire l'objet d'enquêtes régulières de la DST et être expulsés dès lors qu'ils manifestent la moindre sympathie avec le terrorisme. Des leaders comme Tarik Ramandan doivent être interdit de territoire français. Les associations musulmanes, souvent infiltrées par les islamistes, ne doivent pas être financées sur fonds publics mais, au contraire, étroitement surveillées. Il faut aussi dissoudre les associations islamistes subversives.

Enfin il importe de ne pas institutionnaliser l'Islam en France et de ce point de vue la création du Conseil français du culte musulman n'est pas une bonne chose et il doit être dissout. Dans la mesure où il n'existe pas de clergé, il donne le pouvoir à des organisations dites musulmanes qui ont à l'évidence une dimension politique voir extrémiste comme l'UOIF. De plus le conseil ne permet pas en retour de contrôler l'organisation de la religion musulmane en France puisque les musulmans sont désorganisés et refusent les hiérarchies.

Tout cela ne sera cependant possible et efficace que si la France, son peuple et ses élites relèvent le défi de l'Islam, cessent d'avoir de lui une peur révérencieuse et affirment avec force et sans complexes nos propres valeurs de civilisation.

Face à l'Islam avec lequel nous avons un conflit de valeur il y a en effet un combat culturel à mener et c'est la troisième priorité mais peut-être la plus importante. Car comme l'écrit Oriana Fallaci, « la guerre que l'Islam a déclarée à l'Occident n'est pas une guerre militaire. C'est une guerre culturelle. Une guerre (…) qui veut atteindre notre système de vie, notre philosophie de la vie. Notre manière de penser, d'agir, d'aimer. Notre liberté. » Pour faire face à cette offensive, il nous faut donc réaffirmer nos propres valeurs et notamment la liberté, le respect des personnes et tout ce qui constitue notre identité.

La liberté de pensée, la liberté de conscience et la liberté de s'exprimer doivent de nouveau être mises en valeur. Les libertés qui sont pourtant l'apanage de notre civilisation sont aujourd'hui menacées. Elles sont menacées par la pensée unique et par le politiquement correct, par le bourrage le crâne organisé par certains enseignements et certains médias.

Pour contrer cette évolution délétère, il faut d'abord réapprendre l'esprit critique, le goût du raisonnement juste, rétablir l'autonomie de la pensée. Car, comme l'affirme encore l'auteur de la Force de la raison, la passivité, l'angélisme, la soumission empressée des élites face à l'Islam, cet espèce de "collaborationnisme" qui enthousiasme apparemment les classes dirigeantes semble provenir d'un déclin de l'intelligence. Aussi le recours à la raison, à l'esprit critique, à la liberté de pensée sont-ils indispensables pour inverser le cours des choses car, affirme-t-elle, « ne pas défendre son propre territoire, sa propre essence, c'est contraire à la raison. Accepter passivement les mensonges cyniques ou stupides qu'on nous administre comme de l'arsenic dans la soupe, c'est contraire à la raison. S'habituer, se résigner, se rendre par lâcheté ou par paresse, c'est contraire à la raison. »

Pour réagir et sauvegarder notre civilisation, pour guérir nos élites de ce syndrome de Stockholm et organiser la riposte culturelle, il faut aussi libérer notre pays de la répression, médiatique et juridique, qui s'abat sur tous ceux qui veulent jouir de leur liberté. En d'autres termes et en clair il faut que l'on puisse critiquer l'Islam, il faut que chacun et tout particulièrement les intellectuels puissent dénoncer son archaïsme et son obscurantisme. Aujourd'hui ce n'est pas réellement possible Claude Imbert ou Michel Houellebecq pourraient en témoigner.

Or comment arrêter la progression de l'Islam, comment maintenir la prééminence de nos valeurs chez nous, si l'on ne peut pas argumenter sur la nécessité de le faire, si l'on ne peut pas contrer la propagande islamiste ? Comment convaincre les femmes de ne pas porter le tchador, de ne pas accepter de se faire battre, comment les inciter à se libérer si on ne peut pas leur expliquer que leur condition est aliénante. Il serait tout de même hallucinant qu'en France où la religion catholique a été si vivement attaquée pendant un siècle et demi, on ne puisse pas mettre en cause l'Islam au motif que c'est une religion. Il est donc essentiel de rétablir la liberté d'expression.

Dans ce combat culturel face à l'Islam, il faut aussi valoriser ce qui fait la spécificité et la grandeur de notre civilisation. Et je pense à la conception que nous avons de la personne humaine. Face à l'Islam nous devons donc mettre en avant la défense des femmes, de leur dignité, de leurs libertés et de leurs droits fondamentaux. Il est en effet pour le moins paradoxal de voir la classe politique multiplier les initiatives en faveur des femmes dans notre pays et accepter dans le même temps qu'un nombre croissant de femmes soumises à l'Islam connaissent chez nous un sort indigne, totalement contraire à nos lois et à nos principes.

Cette réalité ne doit plus être tolérée. Il faut donc dénoncer ces conceptions islamiques, mettre en accusation ceux qui les pratiquent et agir pour qu'elles soient condamnées et abandonnées. Tous les efforts en faveur des droits des femmes doivent maintenant être tournés prioritairement dans cette direction. Il faut lutter contre cette aliénation des femmes par l'Islam et le faire avec vigueur et sans complexe au nom des valeurs de notre civilisation.

Dans cet esprit et plus globalement il faut affirmer sans complexe notre identité et accepter de lui donner toute son épaisseur. Notre identité ce n'est pas simplement la démocratie et les droits de l'homme. C'est mille cinq cents ans d'histoire, c'est un héritage de 4000 ans de civilisation qu'il faut remettre à l'honneur. Il faut reprendre conscience de nos racines grecques et romaines et assumer pleinement le caractère chrétien de notre civilisation. Car que l'on soit chrétien ou non, pratiquant ou non, on ne peut pas nier que notre civilisation a été imprégnée par 1500 ans de christianisme. Il faut donc revendiquer cette réalité identitaire faute de quoi notre nation ne sera plus qu'une page blanche sur laquelle les islamistes pourront tracer leurs arabesques.

Et ce n'est pas moi qui le dis. Même Alain Finfielkraut qui n'est pas chrétien lui-même en reconnaît la nécessité : « Quant à la prétendue injustice que représenterait l'application du calendrier catholique, alors que coexistent précisément toutes sortes de religions, il s'agit du cœur du problème, à savoir la mutation progressive de la France, qui est de moins en moins une nation et de plus en plus une société. (…) Une société ne compte que des plaignants, une nation, que des citoyens héritiers et dépositaires d'un passé. Ce passé, la France l'ouvre à tous. Mais ce passé est, en effet, partiellement catholique. Et (…) l'on ne comprend rien aux œuvres de culture si l'on ne veut rien savoir de leur substrat catholique. (…) Nous ne sommes pas seulement une société, nous devons être aussi une nation. »

Encore faudrait-il que de tels propos soient partagés par tous ou à tout le moins par une partie de l'intelligentsia. Car toutes les mesures que l'ont peut proposer pour contrer l'islamisme n'auront de portée véritable que si elles rencontrent au sein des grandes institutions de notre pays soutien et approbation. L'école, l'université, les églises — parce qu'elles exercent une influence directe sur les esprits — devraient accompagner les responsables politiques dans leur démarche.

Imaginons que l'Église au lieu d'épuiser son énergie dans d'improbables « dialogues » avec « nos amis musulmans », reprenne son bâton de pèlerin pour se consacrer à sa mission première qui est de convertir les non-croyants. Imaginons qu'elle cesse de se séculariser à outrance qu'elle ose à nouveau faire porter l'habit à ses prêtres et à ses religieuses et qu'elle affirme sans réserve sa foi et ses valeurs ! Imaginons que ses prélats, lorsqu'ils sont invités à la télévision, au lieu de nous donner leur avis sur tel ou tel sujet de société, fassent passer ne serait-ce qu'un peu de cette spiritualité dont nos compatriotes ont tant besoin. Si l'Église s'engageait un tant soit peu dans cette voie, cela changerait tout.

Si les professeurs dans les écoles et les universités, plutôt que d'expliquer à leurs élèves que l'Europe est coupable et n'a pratiquement rien apporté à l'humanité cessaient de vanter les mérites des autres civilisations et notamment de la civilisation arabo-musulmane et éblouissaient leurs auditoires par le récit des prodigieuses découvertes dont peut s'enorgueillir notre continent; Si tous les acteurs de la culture, cinéastes, écrivains, éditeurs, journalistes, artistes tournaient le dos à la pensée unique pour rendre à nos compatriotes le goût de ce que nous sommes et de ce que nous avons accompli; Si le monde culturel allait si peu que ce soit dans ce sens, la bataille contre l'islamisme serait déjà presque gagnée.

Il ne resterait plus alors, et c'est la quatrième priorité, qu'à se préoccuper de combattre le terrorisme islamique et l'islamisme dans le monde. Car le problème n'est pas que français, il est planétaire. L'Islam est en expansion partout. Et la plupart des conflits qui existent aujourd'hui sur la planète sont des conflits qui opposent le monde musulman à une autre civilisation. Il en va ainsi au Sin-kiang, aux Moluques, à Timor, aux Philippines, au Cachemire, en Tchétchénie, au Proche-Orient, dans l'Afrique subsaharienne et plus près de chez nous en Bosnie et au Kosovo. La politique étrangère de la France et de l'Europe devrait donc être entièrement revue pour prendre en compte l'objectif de contenir l'Islam dans le monde.

Pour ce faire, il faut d'abord engager de façon beaucoup plus ferme la lutte contre le terrorisme islamique. Si celui-ci pratique la guerre contre l'Occident, il faut lui faire la guerre avec tout ce que cela implique en termes de moyens et de méthodes. Si c'est la guerre, il ne faut pas se contenter des moyens classiques de la police et de la justice mais utiliser aussi les moyens militaires. Il ne faut pas appliquer seulement des sanctions pénales mais procéder aussi à des représailles, voire à des opérations préventives. Bref il faut cesser de subir et prendre aussi l'offensive.

Par ailleurs, sur le plan de la politique étrangère, il s'agit d'intégrer aux objectifs de la diplomatie française et européenne celui de contenir l'Islam dans le monde. Les alliances à conclure, les soutiens à apporter et les pressions à exercer doivent être revus en fonction de cette préoccupation qui doit devenir une priorité. Tous les pays musulmans qui agressent leurs voisins, toutes les rébellions islamistes qui déstabilisent un État doivent être dénoncés et combattus par tous les moyens diplomatiques et le cas échéant militaires. En revanche les pays musulmans laïcs qui cherchent à séculariser l'Islam et à démocratiser leur régime doivent recevoir aide et soutien.

Dans cet esprit il ne faut pas écarter une collaboration avec les États-Unis contre l'islamisme et le terrorisme islamique à condition que les Américains revoient en conséquence leur politique. Ils doivent notamment cesser de soutenir l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Ils doivent aussi cesser de se tromper de cible comme ils l'ont fait avec leur intervention militaire en Irak. Car l'Irak était un pays laïc alors que l'Arabie Saoudite ou le Koweït sont sous la houlette d'un régime très islamiste qui finance l'Islam partout dans le monde et notamment la construction de mosquées quand ce n'est pas l'action des organisations terroristes.

L'Europe aussi doit corriger ses erreurs comme celle qu'elle a commise dans le conflit des Balkans. Car la création d'un État bosniaque largement musulman est une faute tout comme l'a été la gestion de la crise du Kosovo qui s'est effectuée de façon scandaleusement favorable aux kossovars musulmans.

Enfin, et c'est sans doute la question majeure des années qui viennent, il est essentiel que l'Europe maintienne la Turquie à l'extérieur de ses frontières. Ce pays, qui a par ailleurs tout notre respect, n'est en effet pas européen. Il ne l'est pas parce qu'il est musulman mais aussi parce qu'il est asiatique et que son histoire l'a toujours opposé à l'Europe. Il y a dans la démarche des européistes bruxellois quelque chose d'absurde. La Turquie est en effet un pays laïc depuis que Kemal Attaturk a imposé la laïcité et l'occidentalisation par la force. Or cette laïcité et cette occidentalisation n'ont pu être maintenues après sa mort que parce que les structures politiques de la Turquie n'étaient pas totalement démocratiques et permettaient à l'armée d'intervenir pour empêcher toute dérive.

Or la principale sinon la seule exigence de la Commission européenne à l'égard de la Turquie consiste précisément, au nom des principes démocratiques, à exiger le démantèlement de ce garde-fou. Autant dire qu'en obtenant des garanties formelles de démocratie, la Commission ouvre toute grande la possibilité de voir basculer la Turquie dans l'islamisme intégriste et cela au sein même de l'Europe dans l'hypothèse où elle l'aurait rejointe.

Quand on sait de surcroît que la Turquie sera bientôt plus peuplée que le plus peuplé des pays européens et que derrière la Turquie il y a quelque 200 millions de turcophones susceptibles de devenir turc quasi automatiquement, on mesure l'ampleur des populations musulmanes qui pourront ainsi circuler et s'installer librement dans l'Union. On mesure aussi le poids politique qui serait celui de la Turquie au sein de l'Europe. Un poids qui lui permettrait de dominer l'Union, d'imposer sa volonté et de faire prévaloir ses intérêts.

Il faut donc être fou pour ne pas voir le danger. La Turquie dans l'Europe se serait à terme l'islamisation du continent. Ce que l'empire ottoman n'a pas réussi par la force, la Turquie moderne pourrait le réaliser grâce à la bêtise de nos dirigeants.

Car finalement tout dépend de nous. Il n'y a de problème islamique qu'en raison de la faiblesse ou de l'aveuglement des classes dirigeantes françaises et européennes. Que la France et l'Europe le décident et le problème islamique sera réglé. Les solutions techniques et politiques existent. Il suffit de le vouloir. Il suffit de vouloir redevenir nous-mêmes, de vouloir défendre à nouveau notre civilisation, de vouloir rester fidèle à l'héritage qui est le nôtre.

Au fond, l'Islam n'est fort que de nos faiblesses, il n'est menaçant qu'en raison de nos renoncements. Et le défi qu'il nous lance, nous ne devons pas le relever contre lui. Nous devons le gagner sur nous-même.
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