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Conférence, le 24/09/2005
Immigration : pas de fatalité !
Intervention au colloque : L'immigration est-elle une fatalité ?


L'immigration est-elle une fatalité ? Avant de répondre à cette question, je voudrais d’abord faire un constat. Aujourd'hui, l’immigration est une réalité. Une réalité qui a pris au fil des années une ampleur considérable. Car si tout continue comme aujourd'hui, elle pourrait bien modifier en profondeur les caractéristiques de notre peuple et à terme plonger notre pays dans le chaos.

Le processus engagé est en effet celui de la communautarisation. Et notre nation, qui est fondée sur le principe de l'unité et de l’indivisibilité de la République, peut en effet voler en éclats et se fragmenter, non pas en provinces enracinées comme le rêvent certains, mais en communautés ethniques et religieuses antagonistes. Déjà, dans certains quartiers, ce sont les musulmans qui s’opposent aux Africains. Dans d'autres, ce sont les Asiatiques qui dominent. Et, bien sûr, lorsqu'on y regarde de plus près, les Turcs s’opposent aux Maghrébins, les Marocains aux Tunisiens, les Sénégalais aux Ivoiriens et les Chinois aux Coréens.

Certes, de telles situations sont encore limitées à certains quartiers, à certaines communes. Mais déjà des zones entières de Paris ou de Seine-Saint-Denis ont basculé dans ce communautarisme qui n'a plus rien de républicain ni plus rien de français.

Pourtant, le problème est plus grave encore car, si l'immigration soulève de terribles difficultés dans les secteurs géographiques où elle se trouve massivement implantée, elle crée maintenant des problèmes à l'échelle du pays tout entier. Le débat sur le port du voile à l'école, qui a eu un retentissement national et qui a justifié le vote d'une loi spéciale, en est le signe le plus patent. Mais ce sont maintenant tous les secteurs de la vie nationale qui se trouvent progressivement affectés par l'immigration. La sécurité publique, les finances de l'État, l'équilibre des systèmes sociaux, l’Éducation nationale, le marché de l'emploi, les services publics et même l’armée et, plus globalement, les grands équilibres qui assuraient la cohésion nationale sont tous, à un titre ou à un autre, affectés par la montée de l'immigration.

Il est vrai que nous abordons maintenant la troisième phase du processus migratoire. Au cours des années soixante, nous avons connu une immigration de travailleurs. La France était en pleine expansion et le patronat, approuvé par les pouvoirs publics, a commis l'erreur monumentale d'importer de la main-d'œuvre à bon marché plutôt que de mécaniser les tâches et d'augmenter les bas salaires.

Mais, très vite, l’immigration, sollicitée bien à tort par la France, a été remplacée par une immigration spontanée, motivée par les avantages sociaux mirifiques que notre pays assure à ceux qui s'installent sur notre sol. Ce phénomène a connu son essor grâce au décret sur le regroupement familial signé par Giscard et Chirac et qui a, en quelque sorte, inauguré une nouvelle phase : l'immigration de peuplement.

Aujourd'hui, nous sommes entrés dans la troisième phase du processus. Les immigrés qui s'installent chez nous ne cherchent plus seulement à jouir des avantages sociaux que leur offre notre système tout en s’accommodant tant bien que mal des contraintes que leur imposent notre mode de vie et nos institutions. Non ! Maintenant ils veulent vivre sur notre sol comme ils vivent dans leur propre pays. Et beaucoup d'entre eux s’organisent pour faire modifier à leur profit certaines de nos lois et de nos coutumes. Leur attitude s’apparente désormais à un phénomène de colonisation à rebours. Un phénomène dans lequel l’islam joue un rôle moteur.

Car, de toutes les cultures qui s'installent sur notre sol, l'islam est celle qui possède de loin la plus grande force de rassemblement et de fédération. Une force qui la pousse à s'ériger en alternative communautaire et à défier notre propre civilisation.

Aujourd'hui, en effet, la plupart des immigrés musulmans, confortés par leur masse et par la faiblesse de nos dirigeants, encouragés par les médias et les organisations prétendument antiracistes, cherchent à imposer leurs normes et leurs valeurs à notre société. Et ces revendications sont délibérément structurées et orchestrées par des organisations islamistes qui ne visent ni plus ni moins qu’à faire de notre pays une terre d'islam.

Or, il y a une incompatibilité fondamentale entre l'islam et notre société. Une incompatibilité qui n'est pas de nature religieuse mais qui relève du choc des civilisations. L'islam en effet n'est pas soluble dans la république et il est incompatible avec notre civilisation européenne et chrétienne. Que ce soit sur la place de la femme dans la société ou sur la séparation du sacré et du laïque, le divorce entre l'islam et notre civilisation est total.

On prétend en effet assurer dans notre pays la promotion de la femme et réaliser une parité absolue et, dans le même temps, certains nous expliquent qu'il n'y a aucun problème pour intégrer au sein de notre société des musulmans qui rejettent la femme dans une position de soumission, qui pratiquent la répudiation et la polygamie.

Et que dire de la laïcité ? Les musulmans la rejettent et la combattent car elle est contraire à leurs croyances. Pour eux, le sacré et le profane ne font qu'un. Et là le paradoxe est total : on nous explique que le système républicain, fondé notamment sur la laïcité, est une formidable machine à intégrer. Or, c'est précisément ce dispositif propre à notre République qui est combattu par les islamistes.

Et nos compatriotes sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à prendre conscience de cette incompatibilité. Et pas seulement ceux qui partagent nos convictions mais aussi les laïcards de gauche, les militants des droits de l'homme, les représentants des juifs français. Car l'islam est incompatible avec l'ensemble de notre civilisation. Que ce soient les valeurs du monde européen telles qu'elles nous viennent de l'Antiquité grecque et romaine, qu’il s’agisse des vertus inhérentes au christianisme, que ce soient les principes de la philosophie des Lumières, tout cela est mis en cause par l'islam.

Dès lors, c'est clair : si on laisse libre cours à l'islam, il n’y aura pas d’intégration mais bien plutôt désintégration de notre société. Et c'est donc toute la politique d'immigration qu'il faut mettre en cause et revoir. D'autant qu'à ce problème identitaire fondamental s'ajoutent tous les autres maux que l'immigration a apportés à notre société depuis déjà de très nombreuses années.

Ainsi en est-il de la montée de l’insécurité. Les immigrés, chacun le sait, ont un taux de délinquance supérieur à celui des Français de souche. Ils représentent 70 % des effectifs dans les prisons. Et les banlieues, les cités, les quartiers où ils résident majoritairement sont aussi les secteurs de plus grande délinquance.

Le coût de cette immigration pour les finances publiques est par ailleurs considérable. Dans chaque secteur où les immigrés sont en grand nombre, l'État engage des dépenses budgétaires supplémentaires. Là où ils habitent, il a fallu créer la Politique de la ville et engloutir des milliards d’euros chaque année. Là où ils vont à l'école, il a fallu créer les ZEP et débloquer des crédits supplémentaires tout aussi importants. Dans le secteur de la santé, ce sont eux qui accaparent une grande partie de la CMU et la totalité de l’AME, lesquelles sont par nature des postes totalement déficitaires. Et il en va de même de toutes les autres prestations sociales : que ce soient les aides au logement ou le RMI par exemple.

Et à ces fléaux qui gangrènent les équilibres de la société française s'ajoutent bien sûr les problèmes liés à la cohabitation et au déracinement. Ceux qui dirigent notre pays, qui vivent dans les beaux quartiers et se déplacent en voiture particulière, ignorent ce dont il s'agit. Mais les Français qui habitent au milieu des immigrés doivent endurer quotidiennement la difficulté de devoir vivre comme des étrangers minoritaires dans leur propre pays. Et il est scandaleux que les pouvoirs publics ne prennent jamais en compte cette souffrance de beaucoup de Français déracinés dans leur propre ville. Sans doute d’ailleurs faut-il aussi prendre en compte celle de nombreux immigrés qui se trouvent eux aussi victimes de cette situation dont ils sont au fond les simples jouets.

Car les responsables, ce sont les hommes politiques, les journalistes et les intellectuels qui ont cautionné et organisé cette migration. Par idéologie, par lâcheté, par conformisme, par naïveté ou par aveuglement, ils ont laissé faire ou activement encouragé ce processus migratoire auquel nous sommes maintenant confrontés. Pourtant, leur enthousiasme pour l'immigration s'est aujourd’hui considérablement refroidi.

Rappelez-vous : il y a encore vingt ans, ils clamaient avec beaucoup d'assurance : « L'immigration est une chance pour la France. Elle est bénéfique car elle constitue un apport enrichissant sur le plan démographique, économique et culturel. Et, en dehors du racisme de certains Français, affirmaient-ils, elle ne crée aucune difficulté. »

Ensuite, face à la réalité des problèmes, ils ont adopté une autre attitude, celle du réalisme optimiste : « C'est vrai, ça n’est pas si simple, mais si nous faisons un effort pour intégrer les immigrés, ils vont y parvenir. Les difficultés actuelles disparaîtront. »

Aujourd'hui, le discours a encore changé ou plutôt il n’y a plus de discours officiel. On ne nous parle plus de chance, on ne nous dit plus qu'ils vont s'intégrer. Mais en revanche certains intellectuels commencent à nous déclarer qu'ils n'aiment pas l'islam, certains syndicalistes qu'ils ne veulent pas du voile, certains défenseurs des droits de l'homme qu'ils sont inquiets du raciste anti-juif et anti-blanc.

Je crois qu'il s'agit là d'une prise de conscience qui va aller s'amplifiant et dont le facteur déclenchant a été l'islam. Dès lors en effet qu'une fraction importante de la population immigrée est musulmane, la pratique d'ouverture à tout va et le discours de l'intégration sans problème se trouvent radicalement remis en cause. Aujourd'hui, c'est donc toute la politique d'immigration telle qu'elle a été conduite depuis trois décennies qui se révèle comme un échec monumental.

Au demeurant, quelle est-elle ? Car il faut à cet égard distinguer la politique apparente, celle du discours officiel, de la politique réelle, celle des actes et des faits. Officiellement, on expulse les clandestins, on limite l'arrivée des immigrés en situation régulière et on les intègre. Dans la pratique, on expulse très peu, on ne limite pas vraiment et on intègre à peine. Et cette situation est certes le fruit de la lâcheté et de l’indigence de la classe politique mais elle est aussi la conséquence de sa doctrine. Car, une fois de plus, la classe politique refuse de voir la réalité et croit toujours, même si elle n'ose plus l’affirmer, que l'immigration n'est pas réellement néfaste et qu'il n’y a au fond rien de bien grave à laisser les portes ouvertes et à s’abandonner au laxisme.

La politique véritable est donc celle de l'ouverture à tout va, non pas par décision officielle, mais par laxisme volontaire. Et, comme toujours aujourd'hui, cette politique est plus le fait des médias que des politiques. Car, dans cette démarche d'irresponsabilité totale, les médias sont une fois encore les plus nocifs. Ils vont en effet bien au-delà de la simple acceptation des populations immigrées. Dans leurs émissions, dans leurs reportages, dans leurs articles, ils font des immigrés des personnages emblématiques, parés de toutes les vertus. Ce sont en quelque sorte les héros du quotidien qui incarnent la modernité et l'avenir. Aussi les médias parlent-ils beaucoup d’eux, s'intéressent-t-ils énormément à eux : ils n'ont jamais tort, ne font jamais rien de mal, sont toujours victimes et méritent d’être promus, encouragés et encensés.

Forts de ce soutien, les immigrés se placent naturellement dans la situation de recevoir sans donner. Ils ne se sentent aucun devoir à l'égard de notre nation. En revanche, ils ne cessent de faire valoir leurs droits. Et cette attitude très négative, provoquée et encouragée par les médias et les autorités, freine une intégration déjà bien hypothétique. Dès lors, l’immigration massive et incontrôlée devient le problème numéro un de la société française.

Pourtant, s'il s'agit d'une terrible réalité, ce n'est pas une fatalité. Car elle est avant tout le fruit de la politique menée depuis des années par le système qui nous dirige. Et je l'affirme, une autre politique est possible qui pourrait changer complètement les évolutions actuelles et résoudre très largement le problème.

En premier lieu, et la question est bien sûr essentielle, il faut stopper le processus d'islamisation et remettre l’islam à sa place. Nous avons déjà traité de cette difficile question, je me contenterai donc de rappeler les principes qui nous paraissent essentiels à mettre en œuvre. Il s'agit, comme c'est déjà le cas, de permettre aux musulmans présents en France de pratiquer leur religion en toute liberté. En revanche, il n'est pas question de donner à l'islam une position comparable à celle du christianisme. On ne peut pas en effet placer sur le même plan une religion qui a façonné notre civilisation pendant quinze siècles et une religion qui n’est présente sur notre sol que depuis vingt ans. Les musulmans doivent donc accepter qu'en résidant en France, ils vivent au sein d’une civilisation européenne et chrétienne qu’ils n'ont pas la latitude de changer.

Cela signifie qu'il est hors de question de modifier quoi que ce soit de nos lois et coutumes pour les adapter à l'islam. Les mosquées et lieux de prières doivent rester discrets et tous les militants qui prônent un islam conquérant doivent être expulsés et leurs organisations dissoutes. L'islam peut être pratiqué dans la sphère privée mais il ne doit en aucun cas chercher à s'imposer dans le domaine public.

Mais, loin d’en rester à cette attitude défensive, il faut s’engager par ailleurs une offensive pour contrer celle qu'a lancée l'islam contre notre société. Pour ce faire, il faut miser sur les jeunes filles musulmanes qui, confrontées aux deux cultures, peuvent comprendre laquelle sert le mieux leur personnalité et leur liberté. Un effort important doit donc être entrepris pour faire respecter les femmes, leurs droits et leur dignité. Les militants des droits de l’homme, si prompts à pourchasser le moindre mot de travers chez les Français, feraient bien de se mobiliser sur cette question majeure. Il faut sanctionner durement la polygamie, les mariages forcés, les séquestrations et interdire quasi systématiquement le port du voile.

Ce sont nos valeurs qu'il faut maintenant chercher à répandre chez les musulmans. Mais, au-delà, il faut évidemment s'attaquer à la question plus globale de l'immigration, car l'islam se nourrit en France du caractère massif et incontrôlé de celle-ci.

Et sur ce plan il faut d'abord résoudre le problème des clandestins qui représente sans doute le plus grand scandale qui soit. Certains de nos compatriotes ont pu en prendre conscience lors des incendies de squats à Paris. Bien sûr, je déplore ces drames et je compatis à la douleur des familles qui ont perdu un être cher. Mais cette douloureuse affaire a par ailleurs mis en lumière l’attitude ahurissante des pouvoirs publics sur la question des clandestins. Le gouvernement fait preuve en effet d'un laxisme total à leur égard : alors qu'il s’agit de hors-la-loi, il leur assure des prestations auxquelles jamais les Français n’auraient droit.

Il y a actuellement des centaines de milliers de Franciliens qui souhaiteraient habiter Paris et qui se contentent de la banlieue, faute d’avoir les moyens suffisants pour acheter ou louer un logement dans la capitale. Or ces clandestins ont tous été relogés dans Paris intra-muros simplement parce qu'ils l’ont exigé. Par ailleurs, chacun le sait, la polygamie est interdite en France. Or, pour reloger ces clandestins, les autorités ont accepté de prendre en compte les familles polygames et de leur trouver des habitations adaptées. Enfin, chacun dans notre pays doit payer se loger et les SDF français qui hantent les rues de nos villes ne se voient jamais accorder de logements gratuits. Pourtant ces familles de clandestins ont été relogées gratuitement aux frais du contribuable.

En fait, au-delà du cas des squatters parisiens, ce sont tous les immigrés clandestins qui sont actuellement largement pris en charge par la puissance publique. Ainsi l’AME, l’Aide médicale d’État, est-elle spécialement consacrée à la prise en charge à 100 % de toutes leurs dépenses de santé. Résultat : un hors-la-loi coûte en moyenne 1 900 € par an à la sécurité sociale quand un assuré ordinaire en coûte 1 500. Et cela ne s'arrête pas là puisque les clandestins ont le droit de faire scolariser leurs enfants et naturellement la possibilité d'obtenir la cantine gratuite.

Le scandale est donc total : les hors-la-loi, ceux qui violent la loi, peuvent être logés, soignés et éduqués gratuitement. C'est un peu comme si l'on fournissait des bons d’essence gratuits à ceux qui commettent un excès de vitesse et des crédits d'impôt à ceux qui fraudent le fisc. Et tout cela est maintenant officiellement organisé par les administrations de la République. Et il s'en faut de peu que l'État ne délivre des certificats de clandestinité ou ne fournisse des papiers de sans-papiers.

En agissant ainsi, les autorités créent une injustice totale : les clandestins qui bafouent la loi sont aidés, les Français qui commettent une infraction sont punis. Ainsi les clandestins qui occupent illégalement des habitations sont relogés gratuitement. Inversement les Français qui contreviennent au code de la route ou qui paient leurs impôts avec retard sont impitoyablement sanctionnés.

Dès lors, la première mesure d'envergure à prendre est l'expulsion des clandestins. Pourtant, lorsque l'on exprime cette exigence, on a l’impression d'affirmer une banalité. L'expulsion des clandestins est en effet déjà la règle et tout le monde est apparemment d’accord avec ce principe qui figure dans la législation actuellement en vigueur.

Malheureusement, dans la pratique, les faits ne sont pas à la hauteur des textes. Il existe sans doute 600 000 clandestins en France et il en entre au minimum 100 000 chaque année. La procédure est déjà longue et complexe pour obtenir de la justice une décision définitive d’expulsion. Mais, lorsque celle-ci est prise, sa mise en œuvre est tout aussi ardue. Si bien qu’actuellement, malgré les rodomontades de MM. Sarkozy et de Villepin, seulement 12 000 reconduites à la frontière ont été effectuées à ce jour sur les 23 000 annoncées pour cette année. Ils n’atteignent pas leurs objectifs et leurs objectifs sont dérisoires par rapport à l’ampleur du problème. Nous sommes donc partisans de prendre des mesures qui soient à la hauteur de l'enjeu. Elles sont au nombre de quatre.

D'abord la décision d'expulsion ne doit plus être prise par un juge mais par le préfet, comme cela était de règle dans les années 70. Ce dernier est une autorité responsable, tout aussi honorable qu'un magistrat, et la décision qu’il a à prendre est d'une grande facilité : y a-t-il ou non un titre de séjour ? S’il n’y en a pas, l’expulsion doit être prononcée.

Deuxième mesure : les recours judiciaires qui sont de droit pour toutes les décisions administratives ne doivent pas en l'occurrence être suspensifs. Il faut en effet empêcher les tribunaux de saboter les expulsions. Dès lors, les recours ne devront être diligentés qu'après l’exécution des décisions et depuis le pays d'origine.

Troisièmement : les clandestins doivent cesser d'être officiels. Il est incroyable que des hors-la-loi puissent se présenter comme tels à des guichets administratifs. Dorénavant toute administration qui vient à se trouver en contact avec un clandestin doit faire procéder à son interpellation par les forces de l’ordre. Et cette mesure doit bien sûr s'appliquer tout particulièrement aux manifestations de clandestins qui sont régulièrement organisées et que la police se contente aujourd’hui de canaliser. Dorénavant, elle devra procéder à l'interpellation des intéressés.

J'ajoute en quatrième lieu que les personnes ou les organisations qui emploieraient des clandestins ou qui les aideraient à se soustraire aux autorités devraient être passibles de sanctions pénales.

Si ces quelques mesures pratiques et de bon sens étaient prises, la situation changerait du tout au tout. Le scandale des clandestins cesserait, rétablissant ainsi l'autorité de la loi et la dignité des autorités.

Par ailleurs, le règlement du problème des clandestins rendrait possible celui de l’immigration en général. Aujourd'hui en effet l'État n'a aucune autorité sur les immigrés mêmes réguliers puisque que chacun sait bien que la sanction suprême, le retrait de la carte de séjour, n'entraîne que très peu de conséquences néfastes. L'intéressé pourra rester sur le sol national et continuer à bénéficier de nombreux avantages. Si en revanche cette perspective n'existe plus, tout change et l'État est à nouveau en mesure de maîtriser la population immigrée.

Et, s’agissant des immigrés en situation régulière, se pose une question fondamentale : faut-il refuser toute immigration quelle qu'elle soit ou faut-il considérer qu'il peut y avoir une bonne et une mauvaise immigration ? La réponse du MNR est qu'il peut exister une bonne immigration. Le savant russe qui vient s'installer en France, qui acquiert la nationalité française et obtient le prix Nobel relève à l'évidence de la bonne immigration. Mais, sans aller jusqu'à un cas aussi exceptionnel, il est clair que la plupart de ceux qui viennent d'Europe de l'Est, parce qu'ils procèdent de la même civilisation que nous, la civilisation européenne et chrétienne, constituent des immigrés sans problème, qui, passé la première génération, peuvent s'assimiler comme l'ont fait avant eux des générations d’Italiens, d’Espagnols, de Polonais ou de Portugais.

Reconnaissons également qu'il existe parmi les populations non européennes des personnes qui respectent nos lois, entreprennent et travaillent, paient leurs impôts et aiment la France et qui sont parfaitement assimilées.

Rien de commun entre ces immigrés et ceux qui vivent en parasites, voire en prédateurs, bafouant nos lois, méprisant la France, ne cherchant qu’à bénéficier des largesses de notre système social. Rien de commun avec ceux qui, plongés dans leur religion musulmane, vivent entre eux, cherchant à imposer leur mode de vie et ignorant la France, son histoire et ses lois. Rien de commun avec ceux qui veulent niquer la France et qui n'hésiteraient pas comme leurs congénères anglais à poser des bombes à Paris.

Aussi peut-on parler de bonne et de mauvaise immigration et le moment me paraît venu de faire maintenant clairement la différence. Acceptons la première avec prudence et refusons la seconde avec détermination. Je suis même convaincu que nous pourrions compter sur la première pour contrôler et refouler la seconde. Et c'est dans cet esprit que j'ai pris connaissance avec intérêt des propositions de M. Sarkozy qui veut lui une immigration choisie et non une immigration subie.

Cette proposition est intéressante dans son principe. Mais, comme toujours en politique, comme sur la question de l’expulsion des clandestins, tout dépend de la manière dont on met les principes en application.

Et si l’on regarde de près la proposition de M. Sarkozy, on s’aperçoit qu’elle ne changerait pas grand-chose à la situation. Son idée est simplement de mettre un peu d’ordre dans l'octroi des visas et des cartes de séjour en établissant des quotas. Mais il n'est pas question pour lui de mettre en cause le regroupement familial ni bien sûr le droit d'asile qui constituent les deux sources principales de nouveaux arrivants. Dès lors on peut craindre que sa démarche ne conduise qu'à augmenter le nombre des immigrés qui arrivent par le troisième canal : celui de la simple demande d'autorisation de séjour. D'autre part, il n'envisage pas d'établir des quotas par nationalité mais par qualification professionnelle. On aboutit alors à une absurdité : si l'on prend les mieux qualifiés, on pénalise les diplômés français qui sont hélas nombreux à connaître le chômage. Et si l’on retient les moins qualifiés, en quoi la situation est-elle différente de celle que l'on connaît actuellement ? M. Sarkozy ou l'art de tout changer tout en continuant comme avant !

Pour autant les principes proposés sont intéressants et j'y souscris. Je suis d'accord pour refuser l'immigration subie. Mais quelle est-elle ? Elle correspond à deux procédures : le droit d'asile et le regroupement familial.

Le droit d'asile doit donc être profondément revu. Aujourd'hui, se présentent sur notre sol des demandeurs d'asile dont la seule justification est la situation économique ou politique de leur pays. Mais, s'il faut accepter tous ceux qui vivent dans un État où il n’y a ni démocratie ni prospérité, ce sont des centaines de millions de personnes qui seraient éligibles au droit d'asile sur notre sol. Il faut donc limiter l'octroi de l'asile à une toute petite minorité de personnes effectivement persécutées dans leur pays pour leur activité politique. Et, pour verrouiller au mieux cette source d'immigration subie, la loi devrait fixer un quota maximum d’un ou deux milliers chaque année que les autorités ne pourraient en aucune façon dépasser. Et là encore, pour éviter que la loi ne soit tournée, l’instruction des dossiers ne devrait pas durer plus d'un mois et ceux qui ne sont pas retenus devraient être expulsés sans délai.

Pour ce qui est du regroupement familial, il devrait de son côté être purement et simplement supprimé. Sa mise en œuvre a en effet ouvert la porte à un flux migratoire massif et totalement incontrôlé. La présence en France ne doit nullement ouvrir un droit à faire venir sa famille. Ceux qui veulent rejoindre leurs parents présents en France devront demander un visa et un titre de séjour selon les procédures de droit commun et ne pourront venir que s'ils sont considérés eux-mêmes comme faisant partie de la bonne immigration.

Si donc le droit d'asile est réduit au minimum légitime, si le regroupement familial est interrompu et l'immigration clandestine efficacement combattue, alors seulement on pourra dire qu’il n’y a plus d’immigration subie dans notre pays. Mais qu'en est-il alors de l'immigration choisie ?

Tout dépend du critère que l'on retient. Dans la classe politique et pour les maîtres penseurs du politiquement correct, un débat s'est engagé pour savoir s'il faut retenir les plus qualifiés ou les moins évolués. Nous, nous considérons qu'il ne faut retenir ni l’un ni l’autre et que le critère de l'immigration choisie doit être recherché ailleurs.

L'immigration choisie doit en effet l'être en fonction de l'intérêt de la France et l'intérêt de notre nation est de n’accepter que des immigrés qui peuvent s'assimiler à notre peuple. Aussi faut-il instaurer un système de quotas par nationalité et mettre en place un barème en fonction de la capacité des intéressés à se fondre dans la société française. Dès lors, les quotas en provenance des pays musulmans et africains devraient être quasiment nuls, compte tenus des difficultés que pose déjà le grand nombre de leurs congénères présents aujourd'hui en France. En revanche, les quotas en provenance de pays culturellement plus proches comme les pays européens pourraient être beaucoup plus généreux.

Ainsi pourrait être mise en place une politique d'immigration réaliste et conforme aux intérêts de la France. Encore faut-il s'interroger également sur la manière de gérer les immigrés réguliers déjà présents sur notre sol. À cet égard la même méthode devrait être adoptée. La carte de séjour qui est actuellement de dix ans automatiquement renouvelable devrait voir sa durée considérablement réduite. Pourquoi par exemple ne pas la ramener à un ou deux ans ? À condition bien sûr qu'elle cesse d’être tacitement reconductible ! Ceux qui voudraient prolonger leur séjour devraient faire la preuve de leurs capacités à s'assimiler. Seraient pris en compte leurs emplois. Pourquoi en effet conserver sur notre sol des étrangers qui ne travaillent pas ? Serait également déterminant le casier judiciaire. Tous ceux qui ont commis un délit même mineur ne devraient pas voir leur carte de séjour renouvelée et il en irait de même pour ceux dont les enfants ont commis des exactions. Pourrait aussi être prise en compte la pratique de la langue française. Il va de soi enfin que tout ceux qui se livrent à un activisme islamique même non violent n'auraient aucune chance de voir leur carte de séjour renouvelée.

Il s'agit en effet d’établir clairement que la présence d'un étranger en France ne lui ouvre aucun droit à y rester indéfiniment. La prolongation de son séjour doit relever de la seule appréciation de l'État, lequel juge en fonction de l'intérêt national. Et sur ce plan la loi devrait être explicite afin d'éviter que les juges ne reviennent systématiquement sur toutes les décisions administratives.

De cette façon, la population étrangère présente sur notre sol pourrait être progressivement réduite et assainie. Ceux qui posent problème seraient amenés à quitter le territoire national et ceux qui arriveraient seraient choisis en fonction de leur aptitude à ne pas en poser.

Reste la troisième catégorie, celle des immigrés ayant acquis la nationalité française. Si les dirigeants présents et passés de notre pays avaient agi dans l'intérêt de la France, cette dernière catégorie ne devrait poser aucun problème. Car seuls ceux qui sont déjà parfaitement assimilés auraient dû être acceptés comme Français.

Malheureusement, ce n'est pas le cas. Du fait des acquisitions automatiques de nationalité, de nombreuses personnes qui n'ont en réalité rien de français sont aujourd'hui détentrices d'une carte nationale d'identité. Et la situation est même tellement absurde que parmi les terroristes d’Al-Qaïda il y a des Français ou prétendus tels. Certains ont été impliqués dans l'affaire des attentats du onze septembre, d'autres ont été faits prisonniers en Afghanistan par l'armée américaine, d'autres encore ont commis des attentats dans le monde et même sur le territoire national.

Tout cela ne peut évidemment plus durer. Il faut revoir dans cet esprit le code de la nationalité. Le droit du sol doit être abrogé et une procédure unique d’acquisition de la nationalité doit être instituée avec, comme seul critère, la preuve apportée par l’impétrant qu’il s’est déjà pleinement assimilé.

Cela étant dit, que faire de ceux qui ont déjà la nationalité française et qui n'ont rien de français ? On peut, comme l’a proposé M. Sarkozy, sans d'ailleurs le mettre en application, utiliser un article existant du code de la nationalité pour déchoir les naturalisés récents qui commettent de graves exactions pénales. On peut aussi s’interroger sur le principe de la double nationalité que certains pratiquent assidûment. Est-il normal par exemple que des personnes censées être françaises votent pour les élections algériennes ? Est-il normal que des citoyens officiellement français partent faire leur service militaire en Algérie ?

Certainement pas ! Et là encore des clarifications sont nécessaires. La nationalité française ne peut plus représenter, comme c'est le cas actuellement pour beaucoup, une super carte de sécurité sociale. Elle doit concrétiser une adhésion, un engagement sincère et global.

Encore faut-il, pour que tout cela retrouve un sens, que la France change d'attitude à propos d'elle-même. Il faut pour cela mettre un terme à la culpabilisation permanente des Français, notamment dans ce qui touche à nos relations avec l'Afrique et le monde musulman. Nous n'avons rien à nous reprocher à propos de l'époque coloniale. L'œuvre accomplie par la France était bénéfique et généreuse. Certes, comme toute entreprise humaine, elle a pu connaître certains aspects négatifs mais pas moins que chez les autres peuples et dans les autres civilisations.

Nous n’avons rien à nous reprocher à propos de la guerre d'Algérie. Les exactions commises par le FLN n’autorisent pas les Algériens à se plaindre de quoi que ce soit. Nous n'avons pas à nous couvrir la tête de cendres à propos de l'esclavage. Si des Français y ont participé, les tribus africaines et les marchands musulmans y ont joué un rôle tout aussi actif. Or l'esclavage, qui existe encore dans certains pays islamiques, n'a jamais existé dans le nôtre et la France fut la première à l’abolir juridiquement. Quant aux croisades, pourquoi devrions-nous être coupables de quoi que ce soit, alors que les Lieux saints ont été conquis par les musulmans et que personne ne vient faire de reproches aux islamiques pour l'occupation de l'Espagne ?

Tout cela doit donc cesser et les Français doivent retrouver la fierté de ce qu’ils sont. C'est une nécessité pour la France, mais c'est aussi une nécessité pour assimiler ceux des immigrés qui le méritent. Comment en effet un immigré pourrait-il souhaiter devenir français si les Français ont honte de ce qu'ils sont et de ce qu'ils ont fait ?

Dans le même esprit, il est essentiel que les autorités, c'est-à-dire les politiques et les médias, changent radicalement d'attitude à l'égard des immigrés. Il faut cesser de les considérer comme des victimes permanentes et d'assurer leur promotion incessante. Par cette attitude outrancière et fallacieuse, les autorités ne servent d'ailleurs pas les immigrés. En les installant dans l'idée qu’ils n'ont que des droits et en occultant complètement leurs devoirs à l'égard de la nation qui les accueille, les autorités politiques et médiatiques rendent l’intégration et a fortiori l'assimilation totalement impossibles.

Il faut aussi modérer les discours et les actions antiracistes qui sont souvent injustes et excessives. En attendant une réforme radicale de la législation à cet égard, deux mesures d’urgence devraient être prises. Il faut retirer aux associations prétendument antiracistes le droit d'engager des poursuites judiciaires, un droit qu'elles ont complètement dévoyé en en faisant un outil de lutte politique partisane. Il faut par ailleurs que l’État engage maintenant des poursuites contre le racisme anti-blanc afin de protéger nos compatriotes, de lutter contre le communautarisme et de rétablir la justice.

Car cette nouvelle politique d’immigration doit au fond reposer sur le principe essentiel de justice. Justice pour les Français et justice pour les immigrés. En ce sens, il est logique et juste que les uns soient chez eux prioritaires sur les autres. Mais il est juste aussi que la France qui jouit malgré tout d'une grande prospérité vienne en aide aux pays d'émigration. Et c'est en ce sens que la politique d'aide aux pays pauvres pourrait être renforcée, dès lors que ces pays aideraient la France à résoudre son problème d'immigration. Politique de coopération et politique d'immigration devraient dans cet esprit être étroitement liées.

Ainsi faudrait-il réorienter radicalement la politique d’immigration. Et je suis convaincu que, si ces principes et ces mesures étaient mis en œuvre, elles changeraient fondamentalement la donne.

Sans doute subsisterait-il encore pendant de nombreuses années de graves difficultés. Et notre nation, c'est sûr, ne sortirait pas indemne du terrible traumatisme que représente un afflux aussi important et aussi brutal de population étrangère.

Pour autant, la France peut maintenir son identité et sa culture, rester fidèle à son histoire et conserver un avenir. Elle doit simplement renouer avec ce qu'elle est et retrouver le bon sens et la volonté.

L'immigration n'est pas une fatalité. Pour résoudre ce problème, il suffit au fond que les Français redeviennent eux-mêmes.
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