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le service de l'état
Peut-être est-ce par mon père, qui était l'archétype du grand serviteur de l'État, que j'ai, de tout temps, ressenti cette aspiration au service public et à l'engagement pour la grandeur de la France. C'est pourquoi j'ai choisi de faire Polytechnique et de m'engager dans la haute fonction publique. Mais c'est aussi pourquoi j'ai toujours eu, dès mon plus jeune âge, la vocation de l'engagement politique qui devrait être, à mon avis, la plus haute façon de servir la nation. Pour autant, je n'ai pas éprouvé le besoin de m'engager lorsque j'étais étudiant. Contrairement à beaucoup, je n'ai jamais été attiré par les engagements activistes.

le club de l'horloge
Mon premier engagement politique s'effectue en 1975, lorsque j'adhère au Club de l'Horloge, un cercle de réflexion récemment créé par un groupe de hauts fonctionnaires. Il s'agissait de renouveler la pensée de droite par une activité de création intellectuelle et de diffusion d'idées. J'en deviens l'un des membres dirigeants et je collabore à plusieurs de ses ouvrages. C'est une période de formation et de maturation particulièrement riche, mais j'aspire à un engagement plus direct.

le rpr
C'est pourquoi, en 1979, je décide d'adhérer au RPR. Je suis loin d'être convaincu par cette formation qui me semble déjà très opportuniste et très soumise à l'idéologie de gauche. Mais le RPR me paraît alors être la moins mauvaise des solutions. Je m'y engage donc, je deviens membre de son comité central et commence un travail de militant tout en poursuivant mon activité professionnelle auprès du ministre Galley, lui-même forte figure du RPR.

mai 81
Aussi, lorsque survient la défaite de Giscard et que l'Assemblée nationale est dissoute par Mitterrand, je demande à aller aux élections et je reçois l'investiture du RPR pour la circonscription de Conflans-Poissy dans les Yvelines. Mon adversaire est Michel Rocard. Je me bats avec énergie et réussis à le mettre en ballottage.
Puis se pose la question de l'avenir. Mon analyse est que la gauche n'a pas gagné, mais que c'est la droite qui a perdu. Faute d'avoir affirmé leurs valeurs, le RPR et l'UDF s'étaient soumis ideologiquement à la gauche et, en même temps qu'ils affaiblissaient notre pays, ils faisaient le lit de leurs adversaires.
Je pense aussi que la situation politique, qui était en quelque sorte figée depuis 1958 autour du gaullisme et de ses alliés, se trouve totalement remise en cause : ce qui était impossible hier devenait possible aujourd'hui. On pouvait donc œuvrer à l'émergence d'une nouvelle force politique de droite capable d'assurer une véritable alternative à la gauche. Mais, pour cela, je ne fais pas du tout confiance au RPR et encore moins à Chirac.

l'engagement
Je quitte donc le RPR et, début 1982, je fonde les Comités d'action républicaine (CAR). L'honnêteté m'oblige à préciser qu'à l'époque, le RPR ne m'a pas maltraité. Après les législatives, on me propose de monter en ligne à une municipale partielle à Poissy. Déterminé dans ma décision, je refuse et celui qui me remplace, Jacques Masdeu-Arus, deviendra très vite député maire de Poissy. J'aurais donc pu faire carrière au RPR et occuper des fonctions importantes au sein du parti et du gouvernement. Je ne l'ai pas fait et je ne le regrette pas car l'évolution du RPR a été, en tous points telle que je la refusais.

les car
Je milite donc à la tête des CAR ; l'idée est de renouveler les idées, de faire émerger une nouvelle génération de cadres et de militants politiques et, à terme, de constituer une nouvelle force électorale. Dans cet esprit, les CAR multiplient les actions contre la gauche, développent leur implantation et cherchent à fédérer tous les clubs et associations d'opposition en créant la Confédération des associations républicaines (CODAR), à l'initiative de laquelle se tiendront les états généraux de l'opposition. L'objectif est d'être présent aux élections européennes de 1984 et de créer dans la foulée un nouveau parti. Malheureusement, faute de moyens financiers suffisants, cette tentative échoue et c'est le Front national qui effectue, à cette occasion, sa première percée électorale. L'émergence d'une nouvelle force de droite que j'avais pressentie comme possible et que je voulais réaliser s'est donc concrétisée à travers le Front national. Et, bien qu'il ait d'autres références, d'autres méthodes, d'autres objectifs et d'autres équipes que les CAR, il leur vole la vedette médiatique et se met à occuper la scène politique. Dès lors, les CAR se trouvent vidés de toute perspective.

le rubicon
Quelles conclusions en tirer ? Retourner au RPR pour tenter de le réorienter à droite ? Aucun espoir de réussite. Rejoindre le Front national et agir en son sein pour en faire une force de droite capable de gouverner ? Difficile, mais pas impossible. Ce parti est jeune, dépassé par son succès et manque cruellement de cadres. Quant à Le Pen, que j'avais rencontré à l'époque, il m'était apparu, en privé, comme ouvert à une telle évolution.
Bien que je n'aie jamais eu de contact avec cette famille politique, je décide de m'y engager et d'agir au sein du FN. Il faut dire que, dans la perspective des législatives de 1986, Le Pen semblait aller à la rencontre de mes convictions, puisqu'il avait largement ouvert son mouvement et créé dans chaque département des listes d'ouverture et de rassemblement national.
Fin 1985, avec mes amis des CAR, je décide de franchir le Rubicon et de m'engager au Front national. Tout le monde ne m'y accueille pas avec bienveillance et nombreux sont les dirigeants qui me font comprendre que je n'y suis pas chez moi. Cette hostilité sourde durera d'ailleurs jusqu'à la rupture de 1999. Mais elle ne m'empêchera pas de rencontrer partout, dans les fédérations et dans la hiérarchie, des cadres et des militants exemplaires tant par leur courage que par leur dévouement.



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