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la députation
Pour les élections de 1986, le Front national m'investit dans le département de l'Isère. Je n'y avais pas d'attache, mais je m'y engage totalement et, après une campagne harassante sur le terrain, je suis élu député. Au mois de mars, j'entre à l'Assemblée nationale, pour constituer avec trente-quatre autres élus le groupe Front national-Rassemblement national dont je deviens vice-président.

l'assemblée nationale
Pendant deux années, c'est une expérience unique. Bien que jeune député, je suis amené à prendre la parole très souvent et à prononcer, au nom de mon groupe, des interventions sur des questions majeures. Chirac n'a pas voulu envisager le moindre accord avec le Front national qui se trouve délibérément et brutalement rejeté dans l'opposition. Je me trouve dès lors conforté dans les choix que j'ai faits. D'un côté, Chirac se laisse subjuguer par la gauche. Après l'affaire Malik Oussekine, il renonce à toute réforme d'envergure à droite et accentue sa soumission au politiquement correct. De l'autre, le groupe parlementaire du FN réussit à imposer une image de qualité et Le Pen me confie la direction de sa campagne présidentielle avec l'objectif de préparer la marche vers le pouvoir.

la tentative de rénovation
Tout semble s'engager favorablement et l'avenir est prometteur. La campagne que je mets sur pied permet au FN de commencer à jouer dans la cour des grands et Le Pen réalise 15% des suffrages. Certes, nous perdons le groupe parlementaire et je suis battu dans les Bouches-du-Rhône où je viens de m'implanter. Mais, un an plus tard, je suis élu député européen. Et surtout, dès 1989, je deviens délégué général du Front national. Très vite, je m'impose comme le numéro deux de ce mouvement et j'entreprends de le rénover. Équipes, image, doctrine, formation, programme, élections, je m'efforce, dans tous les domaines, de pousser le Front national à rompre avec ce qui fait son image sulfureuse et à s'affirmer comme un mouvement de droite sans complexe, capable de s'allier et de gouverner.

les succès électoraux
Et nous obtenons des résultats. Aux élections, le FN progresse et, à titre personnel, je ne ménage pas ma peine dans mon département des Bouches-du-Rhône. Aux législatives de mars 1993, dans la circonscription de Vitrolles-Marignane, je frôle l'élection avec un score de
49, 5 %. Aux municipales de 1995, je réalise à Vitrolles, avec 43 % des suffrages, le score record du mouvement national dans les villes de plus de 30 000 habitants. Un an et demi plus tard, mon épouse est élue maire de Vitrolles avec 52, 5 % des voix, après une campagne exceptionnelle et une victoire de haute lutte, obtenue seule contre tous. Aux législatives de 1997, j'obtiens 35 % des suffrages au premier tour et, aux régionales de 1998, je réalise dans les Bouches-du-Rhône un score de 27 % des voix, en progression de quatre points par rapport à 1992.

l'élan brisé
Pourtant, malgré ces résultats encourageants, je ressens un malaise croissant. Le Pen ne veut pas rompre avec ce qui pénalise son mouvement : il multiplie les prises de position, les dérapages et les provocations qui discréditent nos idées et diabolisent le mouvement. Progressivement, j'acquiers la conviction qu'il ne veut pas du pouvoir et qu'il ne cherche pas à changer réellement les choses dans notre pays. Chaque fois que le FN paraît proche d'obtenir un grand succès, Le Pen brise l'élan par des propos ou des initiatives néfastes. Dès 1989, avec la scandaleuse affaire du détail, il exacerbe la diabolisation. En 1998, lorsque le FN remporte des succès lors des élections régionales et conquiert des positions-clefs dans les régions, Le Pen fait échouer les accords entre les différentes forces de droite. En exigeant par ultimatum la présidence de la région Provence pour lui, il prive le FN de ce poste que la droite parlementaire acceptait de confier à l'un de ses lieutenants.
En réalité, Le Pen entrave toute évolution bénéfique et cherche à faire du Front national une simple officine politique à son usage personnel. Il se sert du FN, non pas pour conquérir le pouvoir, mais pour en retirer des avantages personnels en termes de finances et de notoriété. Il s'entoure d'une petite camarilla familiale, se méfie de tous ceux qui ne sont pas ses affidés inconditionnels et méprise ses cadres et ses militants.

le conflit
Dès lors, le conflit devient inéluctable. Je ne supporte plus de cautionner ses outrances et ses dérapages. Je n'accepte pas de me battre pour un projet qui n'est plus le mien. De son côté, il n'accepte pas le poids et l'aura que j'ai acquis au sein de son mouvement. Il ne supporte pas que je ne sois pas un simple exécutant. Et, au congrès de Strasbourg en 1997, après la victoire de Vitrolles, lorsque je suis adoubé par les cadres comme second du mouvement, il décide alors d'organiser mon éviction. Un an plus tard, il annonce que lui-même étant inéligible à l'élection européenne, ce sera son épouse Jany qui conduira la liste. Une déclaration de guerre qui sera suivie d'innombrables attaques.

la rupture
La rupture intervient le 5 décembre 1998 lors d'un conseil national. Et se produit alors ce que Le Pen n'avait pas imaginé : l'essentiel des cadres et de la substance du FN s'opposent à lui et refusent qu'il continue d'exploiter leur action et leur combat. Une majorité de cadres s'engagent alors à mes côtés. Un congrès est demandé par des milliers de militants. Le Pen refuse de l'organiser. Il se tiendra malgré tout à Marignane. Le Pen n'y vient pas. La rupture est consommée.



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